Quelques secondes de bonnes nouvelles… Une seconde de plus. Partout dans le monde, la dernière minute de la dernière heure du mois de juin sera prolongée d'une seconde. Petite seconde additionnelle, pour réconcilier la nature et les technologies. La terre tourne en effet légèrement moins régulièrement que les horloges atomiques et il est parfois nécessaire d'ajuster les cadrans mondiaux – ajustement imperceptible pour le commun des mortels, mais crucial pour les grands systèmes informatiques ou les appareils de navigation par satellite. Une seconde de plus la dernière minute du mois de juin. C'est à lire dans L'OBS, qui précise que depuis 1972, année de l'instauration du temps universel, 25 secondes supplémentaires nous ont déjà été offertes. 25 secondes, ce n'est pas grand-chose. Chaque week-end, notre revue de presse s'étend, selon les semaines, sur 500 voire 600 secondes : huit à dix minutes dédiées, pour l'essentiel, à ce qui va mal sur la planète, car c'est surtout cela qui occupe les journaux. Mais si, pour une fois, on parlait d'abord de ce qui va bien ? C'est ce à quoi nous invite, ce matin, le FIGARO, avec un supplément entièrement consacré aux « idées qui changent le monde » ... Un « journalisme de solution » , qu'explique Christian de Boisredon dans son éditorial. « Nous nous sentons régulièrement submergés par une actualité catastrophique , écrit-il. Et bien sûr, le rôle des médias est de nous informer et de nous alerter. Mais quand les journalistes relaient aussi les initiatives positives, ils nous inspirent et ils nous donnent les moyens d'agir. » C'est à cet effet que l'association Sparknews a créé l'événement nommé "L'Impact Journalism Day" ; une cinquantaine de médias internationaux, sur les cinq continents, qui publient donc un supplément mettant à l'honneur les hommes, les femmes, les entreprises qui, avec leurs initiatives, leurs projets ou leurs inventions agissent pour le progrès et le bien-être des sociétés. En l'occurrence, le quotidien a choisi de mettre en avant une vingtaine d'idées novatrices. Une vingtaine d'histoires. Il y a ces deux jeunes-filles Sud-Africaines, qui ont conçu un cartable 100% recyclé et équipé d'une lampe solaire, qui permet aux élèves de faire leurs devoirs le soir… Il y a cette ONG américaine qui, dans la cour de récréation d'une école du Ghana, a installé des tourniquets qui fabriquent de l'énergie dès que les enfants les utilisent… Il y a cet Iranien qui a inventé un drone secouriste qui lance des bouées aux nageurs qui sont en train de se noyer… Il y a cette fillette bangladaise qui a permis d'améliorer la vie des femmes de son village, en les invitant à mutualiser leurs économies… Il y a encore cet orchestre surgi sur un immense dépôt d'ordures au Paraguay. Dans un bidonville, un ingénieur écolo et mélomane a lancé l'idée de fabriquer des instruments de musique avec des déchets : des violons avec des passoires, des trompettes avec des bidons et des tubes métalliques, des casseroles et des clés fondues… Puis il a appris la musique aux enfants qui habitaient sur la décharge, et rapidement la musique fut ! Un ensemble harmonique avec instruments recyclés, qui donne désormais des concerts et fait même des tournées internationales… Au final, cet orchestre offre plus qu’un espoir à ceux qui le composent : il leur offre l'idée, et même la certitude qu'une vie meilleure est possible. « Des idées pour changer le monde » : c'est donc à lire dans le supplément du FIGARO. Cependant, dans le reste des journaux, l'actualité n'est, bien sûr, pas toute rose ce matin. Avec, d'abord, des inquiétudes sur les négociations qui n'avancent pas avec la Grèce. Hier, des retraits massifs de capitaux ont battu des records, atteignant 1,5 milliard d'euros. Pour LE MONDE, « Les Grecs ne savent plus s'ils doivent rester confiants ou céder à la panique » . Nouvelle réunion après-demain. « Une réunion d'urgence de la BCE pour éviter une panique bancaire » , titre le quotidien. « La partie de poker menteur se prolonge » , note de son côté Matthieu Verrier dans LA VOIX DU NORD, tandis que LIBERATION propose un tout autre son de cloche, en se penchant sur ce qu'il nomme « l'anatomie d'une manipulation » . Selon le journal, « une commission chargée par le Parlement grec d'établir un audit des finances du pays estime que les plans d'aides des institutions internationales n'avaient, en réalité, pas vocation à sauver Athènes, mais seulement les banques internationales » . La situation des migrants continue de faire la Une également. Pour OUEST FRANCE, il y a « urgence » , mais les Européens pratiquent la politique du chacun pour soi. Tous les jours, la presse évoque de nouveaux drames. Des vies perdues, des corps noyés en Méditerranée. Mais il arrive aussi qu'elle évoque les vies sauvées. Et ceux qui ont permis de les sauver. Pour le trimestriel POLKA, magazine de photos, Elisa Mignot s'est rendue à Vannes pour rencontrer un homme qui, l'été dernier, a porté secours à plus de 1.800 migrants. Il s'appelle Philippe Martinez, il a 58 ans et il est capitaine d'un remorqueur de 70 mètres. Son existence à lui, c'est, en alternance deux mois sur terre en Bretagne, et deux mois en mer, afin de ravitailler des plates-formes pétrolières. Et en août, l'an dernier, alors qu'il naviguait avec son équipage près des côtes libyennes, à trois reprises il a sauvé des âmes qui étaient promises à une mort certaine. La première fois, c'était un bateau gonflable avec à bord 700 personnes, des femmes et des enfants, plus d'essence et plus d'eau – abandonnés, là, en pleine mer, abandonnés par les passeurs. Dix jours plus tard, nouveau sauvetage : de nouveau, plus de 700 personnes qu'il recueille sur son port métallique – certaines étaient déshydratés, d'autres à moitié conscientes. Elles fuyaient, pour certaines, la guerre. Pour d'autres, la misère. Quinze jours plus tard, troisième sauvetage : 400 migrants sur une barque, qui n'avait même pas de moteur. « Quand tu les récupères à bord, tu te sens comme un père , raconte le capitaine. Et tu es super mal quand tu les refiles aux Italiens, que tu te retrouves ton bateau vide. » Alors, est-ce que c'est un héros ? Non, dit-il : « Je n'ai pas risqué ma vie. Et en tant que marin, on a l'obligation de porter assistance aux personnes en mer. » Cependant, il sait que d'autres détournent le regard… Récemment, un émissaire du secrétariat d'Etat aux Transports lui a rendu visite, à Vannes, avec une bouteille de champagne. Il a proposé de lui remettre une médaille. Philippe Martinez a d'abord hésité. Puis il a accepté. Il recevra bientôt l'ordre du mérite maritime. Une initiative positive sur le site de POLITIS : la réinsertion des détenus à travers la cuisine. Papier signé Jean-Claude Renard, qui nous apprend qu'un concours de pâtisserie vient de se tenir dans une prison. Un macaron framboise aux éclats de pistache revisité façon mille-feuille : c'était ça, le thème du concours. Initiative très positive, du point de vue des détenus, comme de ceux qui les encadrent. De plus en plus de Français cultivent du cannabis. Dans leur cave, dans leurs placards ou au fond de leur potager. Reportage de Julien Guintard dans M, LE MAGAZINE DU MONDE, qui a donc rencontré, aux six coins de l'Hexagone, ces jardiniers fans de fumette. C'est pour leur usage personnel que tous se sont lancés dans la production d'herbe. « C'est soit ça, soit le Xanax » , se justifie l'un d'eux, un trentenaire cadre dirigeant qui se grille un joint tous les soirs. Ça l'aide à décompresser. « En plus, ça pousse comme du chiendent : même pas la peine d'arroser » , témoigne un de ses collègues, militaire de métier. Aujourd'hui encore, c'est la résine de cannabis en provenance du Maroc qui domine le marché. Mais les choses évoluent, avec, en Europe, des petits producteurs chaque jour plus nombreux. Notamment, donc, en France, où, selon les estimations, ils seraient entre 80.000 et 200.000. Faites tourner ! Quoi d'autre à retenir dans les journaux ? Une seconde, à peine plus. Et, pour l'instant, personne ne sait ce qui a provoqué la chute de la petite acrobate du phare de Lège-Cap-Ferret. Elle avait douze ans et participait au tournage d'une séquence pour le programme de France 2 Le monument préféré des Français . « Le drame reste inexplicable » , titre à sa Une SUD OUEST, tandis que LE TELEGRAMME évoque une « série noire » . C'est le troisième accident mortel survenu au cours du tournage d'une émission de télé française. Une histoire qui fait écho à celle de Vincent Lambert... Les jeunes parents d'un bébé de 7 mois en appellent au tribunal administratif, afin de s'opposer en urgence à l'arrêt des traitements envisagé par les médecins du CHU d'Angers, où leur enfant est hospitalisé. « Ils s'opposent à la mort programmée de leur fille » , commente LE COURRIER DE L'OUEST. Une bonne nouvelle : le chanteur Renaud va enregistrer 14 nouveaux titres cet été. Il le dit dans les colonnes du PARISIEN. Enfin, d’autres chansons, avec, dans LIBERATION, une savoureuse interview de notre ami Patrick Cohen, qui explique sa passion pour la musique. « Quel est le premier disque que vous avez acheté adolescent ? » , lui demande le journal. Réponse : « Un 33 tours de Rickie Lee Jones. La première voix qui m’a rendu amoureux d’une voix. » « Quel est le dernier disque que vous avez écouté en boucle ? » Réponse : « ‘Histoire de J’, de Jeanne Cherhal. » « Et quelle est la chanson que vous avez honte d’écouter avec plaisir ? » Réponse de Patrick : « Un vieux titre de Sardou. Disons ‘Restera-t-il encore ?’… J’aime bien ses premiers albums. Pas de honte, mais je me sens un peu seul… » Mais non, Patrick, mais non… [EXTRAIT MICHEL SARDOU] Et c’était donc Michel Sardou, pour Patrick Cohen. Nous en avons écouté seize secondes.

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