Et vous, comment ça va ?

- Ça va, je vous remercie. Mais je suis un peu fatigué…

- Et toi, ça va comment ?

- Ça va, je te remercie. Mais je suis super fatigué…

Question classique : « Comment ça va ? »

Réponse classique : « Je suis fatigué. »

Cette réponse-là, on l’entend même de plus en plus souvent. Normal, car d’après les médecins, de plus en plus de Français souffrent de ce que l’on nomme ‘une fatigue chronique’, un phénomène à la fois physique et psychologique. Certains évoquent une véritable épidémie, mais une épidémie silencieuse, une épidémie invisible, et surtout sans remède qui fonctionnerait à tous les coups.

Dès lors, comment « en finir avec la fatigue » : c’est le dossier, ce matin, d’AUJOURD’HUI LE PARISIEN, qui propose différentes techniques pour lutter contre l’épuisement. D’abord faire un check-up, pour vérifier qu’il n’y a pas une infection cachée. Ensuite faire du sport : même quand on est à plat, le sport dope le cerveau. Les autres conseils semble des évidences : manger mieux, dormir mieux, tenter de limiter l’alcool et les vitamines, pourquoi pas, mais seulement à petites doses et sur un temps limité.

Alors, si la fatigue persiste, est-ce qu’on doit s’inquiéter ?

« On parle de fatigue chronique si l’on est fatigué plus de quinze jours d’affilée », répond François Baumann, docteur généraliste, qui reconnaît qu’en ce moment, le phénomène paraît contagieux. « C’est dû, explique-t-il, à l’ambiance morose. Le beau temps qui tarde à revenir joue sur notre ras-le-bol. » Et d’ailleurs, il précise que l’on est globalement encore plus fatigué dans le Nord qu’au Sud. L’effet de l’absence du soleil. Sachant que s’ajoute à cela « le climat terroriste et les tracas économiques. Et sachant, dit-il, que la période présidentielle a sa part de faute également. » Sa part de responsabilité dans l’état de fatigue généralisée. Si l’on en croit ce médecin, « L’actualité politique est souvent source de stress et annule certaines de nos capacités physiques. »

Si vous vous sentez fatigués, sachez donc que c’est en partie à cause de la campagne politique qui vient de s’achever !

Nouvelle campagne

Et dans ce cas, on peut s’inquiéter, car depuis hier soir, une nouvelle campagne électorale a commencé : la campagne pour les élections législatives. Premier tour le 11 juin, second tour le dimanche suivant, et les listes des candidats sont donc closes depuis hier.

Dans la presse régionale, vous retrouverez leurs noms, en fonction des circonscriptions. « 28 candidats dans l’Aveyron », titre ainsi CENTRE PRESSE. « 37 candidats dans l’Aube », titre L’EST ECLAIR. « 81 candidats pour six places dans les Pyrénées-Atlantiques » : ça, c’est la Une de SUD OUEST. « 426 candidats pour 33 sièges », annonce LA VOIX DU NORD, sous une photo de l’hémicycle de l’Assemblée Nationale.

De son côté, LE MONDE fait le point sur les craintes et les espérances de chacun des partis. « Au Parti socialiste, on se prépare au naufrage » : les experts électoraux de la rue de Solferino redoutent un remake du scénario de 93. Cette année-là, le PS n’était parvenu à sauver que 57 députés. Chez Les Républicains, tout repose sur les épaules de François Baroin qui, jeudi, est allé faire campagne en Gironde avec Alain Juppé. « La situation de la droite est si périlleuse que cet improbable duo a ravalé sa rancune le temps d’un déplacement », note le journaliste qui les a suivis. Quant à Jean-Luc Mélenchon et sa France Insoumise, il ne vise rien moins que la majorité à l’Assemblée : il entend et espère imposer une cohabitation au tout nouveau chef de l’Etat.

Lequel chef de l’Etat a, dit-on, validé lui-même la liste des candidats se présentant sous l’étiquette de la République En Marche.

Au total, ils sont 526 : 266 femmes et 260 hommes, dont plus de la moitié sont issus, comme on dit, de la ‘société civile’. C’est-à-dire qu’ils n’ont jamais eu de mandat électoral jusque-là. Cela étant, comme l’explique ce matin LIBERATION, « si le renouvellement promis par Emmanuel Macron permet en effet l’émergence de nouveaux visages, les profils de ses candidats ne reflète pas vraiment la réalité de la population française ».

C’est avant tout ce que le quotidien appelle ‘la France qui réussit’ que Macron a mis en avant : les professions intellectuelles, les cadres et les chefs d’entreprises sont massivement représentés. Comme l’écrit Aurélie Dumas, « Cette ‘société civile’ reflète sans doute mieux la diversité que les bancs de l’Assemblée de la dernière législature, mais elle n’en reste pas moins un miroir déformant d’une France sans chômeurs ni retraités ou presque, sans associatifs ou presque, une France sans ouvriers, et avec des représentants de la diversité certes assez nombreux, mais tous surqualifiés. »

Le journal, dès lors, s’interroge à sa Une : « La société civile sauvera-t-elle la politique ? » Pas sûr : c’est ce qui ressort avant tout du dossier. Pas sûr, car les personnalités qui incarnent cette ‘société civile’ dessinent une élite finalement assez proche des professionnels de la politique, même si pour l’heure elles n’ont jamais été élues.

Et puis, comme toujours, il y a les déçus

Ceux qui n’ont pas été désignés candidats. C’est ce que raconte Mathilde Siraud dans les colonnes du FIGARO : « La déception des recalés de La République en Marche ». Le parti avait reçu plus de 19.000 dossiers : 19.000 personnes désirant se présenter aux législatives sous les couleurs de la majorité présidentielle. 19.000 appelés, 526 élus – et pas encore élus, d’ailleurs. Crispation, par exemple, dans la première circonscription du Morbihan. Hortense Le Pape, maire-adjointe de Vannes et adhérente d’En Marche depuis juillet dernier, figurait sur la première liste des investitures. Elle estime qu’elle présentait « 100% des critères pour être investie ». Mais c’est finalement le député PS sortant Hervé Pellois qui a été choisi : « un vieux routier de la politique », s’énerve-t-elle, persuadée que « Jean-Yves Le Drian a demandé que ses amis bretons socialistes soient sauvés. Or, lance-t-elle, c’est à l’opposé des valeurs d’Emmanuel Macron ! »

Crispation, aussi, dans la 18ème circonscription de Paris, où les adhérents de la République En Marche auraient aimé que leur référente locale soit investie. Mais le mouvement a décidé de geler cette circonscription, et désormais les électeurs d’Emmanuel Macron ont toutes les peines du monde à savoir ce qu’ils doivent faire. Les voilà face à un dilemme : ils doivent choisir entre la candidate PS, l’ex-ministre Myriam El Khomri, et le candidat LR Pierre-Yves Bournazel, lesquels se revendiquent tous les deux de la majorité présidentielle.

Lui, en revanche, il n’est pas candidat

LE PARISIEN nous donne des nouvelles de François Fillon. Un homme qui a décidé de rester désormais éloigné des affaires politiques, mais qui ne restera pas longtemps éloigné des affaires judiciaires. Le 30 mai, il devra répondre à la convocation des juges dans le cadre des soupçons d’emplois fictifs de son épouse.

En ce moment, nous dit-on, il fait beaucoup de vélo et prépare sa reconversion dans le secteur privé. Mais un proche reconnaît que ce ne sera pas facile : « Le virage sera délicat. Son image a quand même pris du plomb dans l’aile. » Un ancien permanent de son QG de campagne se souvient par ailleurs l’avoir entendu dire, quelques jours avant le premier tour, qu’il avait pour projet de s’investir davantage… dans l’alpinisme : François Fillon ambitionnerait de se lancer bientôt dans l’ascension de l’Annapurna !

Lui aussi, son image a sacrément du plomb dans l’aile

« Donald Trump peut-il être destitué ? » Question à la Une du FIGARO ce matin. Quatre mois après son investiture, le président américain est rattrapé par les soupçons de collusion avec le Kremlin, et les rebondissements de ce feuilleton s’enchaînent à un rythme inquiétant. Un engrenage politico-judiciaire infernal, depuis que le locataire de la Maison Blanche a décidé de limoger le patron du FBI ? Lui se défend en évoquant « la plus grande chasse aux sorcières de l’histoire des Etats-Unis », mais comme le note Arnaud de la Grange dans son édito, « la tempête qui souffle sur la présidence Trump est devenue ouragan ». « Tant qu’il tient sa majorité, rien ne pourra lui arriver », poursuit-il. « Mais s’il perd le soutien du Parti républicain tout alors sera possible, y compris sa chute. » « Trump s’enfonce dans la tourmente », commente à sa Une OUEST FRANCE.

Robes

Pour le reste, je vous conseille la lecture du portrait de Jonathan Huguet dans M, LE MAGAZINE du MONDE. Il est styliste et son métier, c’est de choisir les tenues des actrices pour les cérémonies. Notamment pour la montée des marches à Cannes, et notamment les tenues d’Isabelle Huppert. Choisir les robes des actrices, je ne sais pas si c’est très fatigant comme métier.

Enfin, tous les journaux reviennent sur les derniers dérapages de l’animateur Cyril Hanouna

Jeudi soir, dans son émission de C8, il s’est amusé, avec son équipe de chroniqueurs, à piéger des homosexuels sur un site de rencontre. Des moqueries et des rires graveleux. Des blagues aux relents homophobes. En une journée, le CSA a reçu plus de 8.600 plaintes contre Hanouna. Même quand on ne le regarde pas, les outrances et la vulgarité de ce garçon-là nous fatiguent.

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.