« C’est un métier de fou. Un métier impossible. » Mais qui peut bien dire cela, à propos de la fonctionne qu’il occupe maintenant depuis trois ans et demi ?

« Un métier de fou. Un métier impossible. » Qui dit cela ? C’est le pape François. Et c’est à l’un de ses très proches qu’il a récemment confié. Ce proche s’appelle Andrea Riccardi. Il est historien spécialiste du christianisme, et à l’occasion de la sortie de son dernier livre, il décrit, dans LE PARISIEN, le quotidien du souverain pontife. « C’est, dit-il, un homme qui se réveille avant les autres. Il se lève chaque jour vers 5 heures du matin. Il commence par lire la Bible, puis il dit la messe à 7 heures. Mais le soir, il est toujours très fatigué. Et, pour lui, dîner s’apparente à une condamnation à mort. » Et l’historien se souvient d’un voyage à Jérusalem : « Un soir, François avait accepté un dîner, mais en sortant, il a lancé : ‘C’était la dernière fois !’ » Du coup, le pape ne dîne plus. Mais s’accorde-t-il néanmoins quelques moments de détente ? « Oui, parfois, dans sa chambre, il écoute de la musique. », rapporte Andrea Riccardi. « Mais à ce poste, la décompression n’est pas permise. Il ne se promène pas. Il ne prend pas de week-end. » « Pape, m’a-t-il confié un jour, c’est un métier de fou. Un métier impossible. »

Et président de la République, n’est-ce pas un poste impossible ? Et ne faut-il pas être un peu fou pour avoir envie de l’exercer ? Ce dimanche, en tout cas, ils sont sept à rêver d’être désignés candidat de la droite et du centre pour l’élection présidentielle. C’est aujourd’hui le premier tour, et le sujet fait la Une de quasi toute la presse ce matin…« Primaire, c’est le jour J », titre ainsi LE COURRIER DE L’OUEST… « Primaire : l’heure du verdict », confirme à sa Une L’UNION, tandis que SUD OUEST évoque un « premier acte à suspens »… Car oui, il y a du suspens et « la droite retient son souffle », commente LE PARISIEN, pour lequel il s’agit d’un vote où « tout parait possible »… Et l’enjeu est de taille, précise le dossier, car « celui qui sortira vainqueur à l’issue du second tour a de bonnes chances de devenir président de la République ». D’après le quotidien, la campagne a été plutôt de bonne tenue, ce qui n’était pas acquis d’avance. On a vu également exposés des programmes – pas vraiment très différents les uns des autres et, pour la plupart, d’inspiration à la fois libérale et sécuritaire – mais avec tout de même des nuances et puis des personnalités et des styles très tranchés qui, sans doute, détermineront le choix des électeurs. Combien seront-ils, d’ailleurs ? C’est l’une des inconnues. Deux millions et demi, comme pour la primaire de la gauche il y a cinq ans ? Trois millions ? Trois millions et demi ? Finalement, la seule certitude, si l’on en croit le journal, c’est que les destinées des trois poids-lourds du scrutin se joueront à un fil, d’où l’un d’eux tombera forcément. Et il sera difficile au perdant de résister à la rancœur où même à l’envie de contester les résultats dans le cas où ils seraient très serrés.

Trois poids-lourds, dit LE PARISIEN qui, du coup, présente à sa Une uniquement les bulletins de ces candidats-là. Bulletin de Nicolas Sarkozy, bulletin d’Alain Juppé, bulletin de François Fillon… Trois hommes mis également en avant dans LE JDD : photo de leur regard à la Une avec ce titre : « un duel à trois ».

Récit des principaux enjeux dans tous les journaux ce matin. Et puis cette question récurrente sur le site HUFFINGTON POST : le résultat de la primaire sera-t-il, ou pas, influencé par la météo ? Question qu’on se pose chaque jour de scrutin : pour que la participation soit bonne, vaut-il mieux qu’il pleuve ou qu’il fasse beau ? Sachant que ce dimanche, Météo France a prévenu que le tiers nord-ouest de l’Hexagone pourrait subir des vents violents jusqu’en milieu de journée… Or lorsque l’on observe la géographie électorale, on s’aperçoit que les départements de la façade ouest – ceux, donc, où il va faire très moche – sont théoriquement plus favorables à Alain Juppé et François Fillon qu’à Nicolas Sarkozy.

« C’est sûr qu’on aurait préféré des inondations à Nice qu’une tempête à l’Ouest », a confié à MARIANNE un proche du maire de Bordeaux. « Mais à l’Ouest, on est habitué au mauvais temps », tente de se rassurer un proche du candidat de la Sarthe. On peut, dès lors, s’attendre à ce que certains, ce soir, accusent la météo d’avoir perturbé le scrutin. Et ça leur coupera peut-être l’envie de dîner… Quoi qu’il en soit, LE MONDE nous promet une soirée électorale « sous haute tension ».

Et sur la gauche, que peut-on dire ce matin ? Une phrase du Premier ministre, reprise dans tous les journaux. Hier, Manuel Valls s’est dit « prêt à mener le combat pour 2017 » - « comme tous », a-t-il précisé… Dans LE JOURNAL DU DIMANCHE, l’un de ses secrétaires d’Etat l’encourage dans cette direction. C’est Jean-Marie Le Guen, qui estime que si jamais François Hollande ne se représente pas, « Manuel Valls doit se préparer ». Sauf que, visiblement, le Président de la République – qui, lui, ne saute jamais un repas – n’a pas dit son dernier mot. Hier, dans le Sud-Ouest, il n’a eu de cesse de défendre son bilan et lancé cet avertissement : « Nous devons éviter cette culture du dénigrement. On finirait par en oublier nos atouts. » Et c’est précisément le sens de la tribune que publie le JDD : « 65 artistes contre le Hollande-bashing ». Et, en l’occurrence, il n’y a pas que des artistes, mais aussi des sportifs, des penseurs, des entrepreneurs qui, tous dénoncent, je cite : « l’acharnement indigne » que subit aujourd’hui le chef de l’Etat. Acharnement qui, d’après eux, entraîne le débat politique dans une dérive dangereuse pour la démocratie. Dans cette tribune, ils dressent la liste des réussites du quinquennat de François Hollande : réussites dans l’éducation, la santé, la culture… A l’origine du texte : la créatrice Agnès B… Un texte signé notamment par les acteurs Catherine Deneuve, Juliette Binoche, Gérard Darmon, Denis Podalydès et le chanteur Benjamin Biolay…

Quelques jours après sa déclaration de candidature, vous lirez aussi, çà et là, des échos concernant l’ex-ministre Emmanuel Macron… Un documentaire laudateur sera d’ailleurs diffusé demain sur France 3 – Manu sur une scène de théâtre, Manu qui réfléchit, Manu qui se marie… Sa femme Brigitte n’est en effet jamais loin… Et d’ailleurs, L’EXPRESS nous apprend que lorsqu’il était encore ministre, il n’était pas rare que Brigitte organise des dîners au ministère. Tout cela pour soigner ses réseaux. Et parfois deux dîners de suite. Deux dîners dans la même soirée ! Ce n’est désormais plus un secret : Emmanuel Macron a beaucoup d’appétit.

Les journaux évoquent par ailleurs le calvaire de la ville d’Alep en Syrie. « Le martyre d’Alep sous les bombardements », s’alarme MIDI LIBRE. « Alep sous une pluie de bombes », titre LA DEPECHE DU MIDI, tandis que LE MONDE décrit des habitants affamés et totalement à bout de force. Eux, s’ils ne dînent pas, c’est parce qu’ils n’ont strictement plus rien à manger. A quoi s’ajoute l’impact de la victoire de Donald Trump. Alors que les rebelles s’attendaient à ce qu’Hillary Clinton succède à Barack Obama et hausse rapidement le ton à l’égard de Damas et Moscou, ils redoutent désormais que Washington se détourne définitivement d’eux.

La presse revient d’ailleurs sur les premières nominations de Donald Trump… « Trump s’entoure de partisans d’une droite radicale », titre ainsi LE MONDE. Evitant toujours Washington, le président élu continue de composer son équipe à New York, dans sa clinquante Trump Tower, sur la Vème avenue à Manhattan. Et il a donc nommé deux hommes considérés comme « durs » à la sécurité nationale et à la tête de la CIA. Quant au futur ministre de la justice, il est connu pour ses positions radicales sur l’immigration – et connu pour certains propos tout bonnement racistes.

Et puis, côté privé, la femme de Donald Trump fait cette semaine la Une de plusieurs hebdos : VSD, PARIS MATCH… Plein de photos et de confidences rapportées par leurs proches… On l’on apprend notamment que le petit Barron, le benjamin de Trump, se comporte comme son père : il est autoritaire et il vire les nounous et les femmes de ménages qui ne lui conviennent pas… On y lit aussi que Donald trouve à Mélania toutes les qualités, l’une d’elles étant qu’elle ne pète jamais ! C’est une information : Mélania ne pète pas. Et puis elle porte toujours de très belles robes…

Enfin, à propos de vêtement, je ne sais pas si vous connaissez le principe du Vanity sizing ? En français, on appelle ça « la taille de complaisance » et c’est Christine Mateus qui l’expliquait hier dans les colonnes du PARISIEN. Il s’agit d’un tour de passe-passe qui fait croire aux clientes qu’elles sont bien plus minces qu’elles ne le croient. Certaines marques mettent ainsi des étiquettes de taille qui ne correspondent pas à la taille réelle des vêtements. Un pantalon en taille 40, on l’affiche en taille 36… Et les clientes qui rentrent dedans pensent alors qu’elles font du 36 ! Et qu’importe si la vendeuse précise que le pantalon taille grand. Avec le vanity sizing, on flatte l’égo des clients. Un égo flatté, un achat assuré ! Il parait que le système fonctionne également pour les hommes. Y compris ceux qui dînent…

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