Bonjour à tous, et même comme on le disait autrefois à Europe 1 : « S.L.C, salut les copains ! » « Non, ce n’était pas le radeau De la méduse, ce bateau Qu’on se le dise au fond des ports Il naviguait en père peinard Sur la grand-mare des canards Et s’appelait les copains d’abord Les copains d’abord ! » L’esprit de la chanson de Brassens, sous-tend parfaitement ce matin les titres des quotidiens impressionné par les solidarités qui ont permis de sauver hier Yann Eliès, le navigateur briochin du Vendée Globe, blessé en mer. « Ils ont sauvé Yann Eliès », s’écrie le TELEGRAMME de Brest, « avant de féliciter les marins australiens et Marc Guillemot, le concurrent du Vendée Globe qui, deux jours durant, a soutenu moralement Yann Eliès, sans pouvoir l’approcher ». Mais tout est bien qui finit bien, malgré le fémur et les côtes brisées, pour le briochin et sa course arrêtée, comme le regrette son épouse Soizic, qui va se rendre en Australie fêter Noël avec lui. « C’est le grand soulagement, soupirent ensemble OUEST-FRANCE et le JOURNAL du DIMANCHE, puisque Marc Guillemot et les anges gardiens du Vendée Globe ont repris la course, rassurés désormais sur le sort du copain récupéré blessé, mais sauvé. Tous pourraient chanter avec Brassens : « C’étaient pas des amis de luxe Des petits Castor et Pollux Des gens de Sodome et Gomorrhe C’étaient pas des amis choisis Par Montaigne et la Boétie Sur le ventre ils se tapaient fort Les copains d’abord ! » Allez, encore un couplet appliqué à l’actualité, avant d’apprécier dans le JOURNAL du DIMANCHE, le dessin bien inspiré de Georges Wolinski : « Au moindre coup de Trafalgar C’est l’amitié qui prenait le quart C’est elle qui leur montrait le nord Leur montrait le nord Et quand ils étaient en détresse Que leurs bras lançaient des SOS On aurait dit les sémaphores Les copains d’abord » Très amical aussi, le camarade Wolinski pour le Président Sarkozy. Jugez-en, sur son dessin en page 4 du JOURNAL du DIMANCHE, l’Océan indien. Et sur la mer déchaînée, le monocoque de Yann Eliès. Au loin, la frégate australienne. Mais au-dessus du voilier Generali, un hélicoptère et au bout d’une corde, prêt à hélitreuiller le briochin, Nicolas Sarkozy qui s’écrie : « Où est-il le marin ? Faut vraiment que je fasse tout. » « Trop tard, Monsieur le Président », lâche le mécano de l’hélico, « les Australiens l’ont récupéré». Et voici dans une troisième bulle la réplique de Sarkozy : « Bon… et bien ramenez-moi à Paris, j’ai un remaniement à remanier ». Légère, la presse à trois jours de Noël ? Evidemment. Et ce n’est pas si fréquent, avec la crise ! Lisez d’ailleurs dans MARIANNE, cette mise en perspective de toutes les crises, passées et à venir. - La crise et la chute de l’empire romain. - La crise des denrées des années 1780, qui débouche sur la révolution française. - Le séisme de 1929 qui détruisit le marché et fracassât la planète entière avec, comme disait Churchill, « le déshonneur et la guerre ». MARIANNE n’oublie pas le Stalinisme, le Maoïsme et tous les fascismes bruns et verts, qui enflammèrent successivement le Chili, l’Argentine et l’Iran. « Khomeiny et les Ayatollahs », écrit Fabrice d’Almeida, « ne se sont pas contentés de détruire leurs adverses politiques. Ils ont déstructuré par la terreur religieuse, la société afin de la soumettre pleinement ». Le dossier « crises » de MARIANNE s’achève sur une analyse de Nicolas Baverez évoquant l’effondrement cet automne, du capitalisme mondialisé. Derrière cet écroulement du mythe de l’autorégulation des marchés, derrière ce désastre de l’argent fou, apparaît selon Baverez, une forte demande de règles internationales. Un nouveau système de contrôle, qui ne peut se mettre en place, cette fois, sans mondialisation de la politique ! Un gouvernement mondial, ce sera une autre paire de manches. D’autant que, comme l’écrit Alain Touraine, dans le magazine ACTEURS de l’ECONOMIE : «Il va falloir rétablir la confiance, la valeur-travail, l’économie et donner à chaque citoyen le sentiment qu’il fait partie de l’avenir". "Aujourd’hui", écrit le sociologue, "chacun se sent encerclé de dangers auxquels on ne peut opposer pour seule défense, que le droit d’être un individu. Or l’individu, doit être la valeur centrale". Notez à ce propos, que le numéro de décembre d’Amnesty International a eu la bonne idée de publier intégralement en supplément détachable la Déclaration universelle des droits de l’homme. C’est une bonne lecture, par grand froid. D’ailleurs l’article premier et l’article 2 ne sont pas sans rapport avec l’actualité du Proche-Orient (où la trêve Gaza-Israël a été rompue) et pas sans rapport non plus avec les irresponsables racistes de Saint-Priest qui ont mis le feu à la Mosquée. Article Premier « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ». Article 2 « Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation. De plus, il ne sera fait aucune distinction fondée sur le statut politique, juridique ou international du pays ou du territoire dont une personne est ressortissante, que ce pays ou territoire soit indépendant, sous tutelle, non autonome ou soumis à une limitation quelconque de souveraineté ». Je n’aurai garde d’oublier Noël. Les kiosques se préparent au grand rush des routes, des gares et des magasins avec dans le PARISIEN, Robert Rochefort, le directeur du Credoc qui remarque, d’une part, que cette année l’on gaspille moins. On garde le repas de fête, on préserve les enfants et on choisit pour les adultes un cadeau, un seul. J’imagine que pas un socialiste n’offrira à Julien Dray une montre de prix, comme il les affectionne. Le député, dont le bureau et l’appartement ont été perquisitionnés par les inspecteurs de la brigade financière, se dit innocent dans le PARISIEN et ne comprend rien à ce qui lui arrive. Ca va mal aussi pour les Bettencourt. Liliane, la milliardaire octogénaire, accusée par son héritière d’être trop généreuse avec François-Marie Banier, déclare au JOURNAL du DIMANCHE : « Je ne veux plus voir ma fille ». Les ECHOS donnent le portrait de l’écrivain-photographe et déclare qu’il a été lancé par Aragon vieillissant et qu’il fut un éphèbe proustien, avant de se consacrer aux photos de vieilles dames, qu’il expose volontiers. Un optimiste pour conclure. Michel Cicurel, banquier heureux et honnête, déclare au JOURNAL du DIMANCHE, « qu’après la crise, les choses vont aller ! » Shakespeare : « Une chute profonde mène souvent vers le plus grand bonheur ».

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