Bonjour à tous… Beckett a fortement inspiré la rédaction du Journal du Dimanche. On n’y attend pas Godot mais Nicolas Hulot, qui décidera demain matin, s’il y va ou s’il n’y va pas. On attend aussi José Bové qui se tâte, mais meurt d’envie de s’engager dans la course à l’Elysée. Comme s’il venait de découvrir un espace, à la gauche de la gauche. C’est Jacques Esperandieu qui souligne dans son éditorial les flottements de Ségolène, malgré l’appui que lui ont apporté Martine Aubry et Bertrand Delanoë cette semaine. Car pour la candidate socialiste aussi, on attend, un peu de la façon dont attendaient Vladimir et Estragon. Même si l’espace, le temps, les personnages de la présidentielle 2007, n’ont rien à voir avec ceux de la pièce de Beckett. Dans tous les cas rendez-vous est pris dès maintenant, Ségolène Royal malgré les pressions n’entend pas se déjuger, elle exprimera ses choix politiques, dans trois semaines : le 11 février. Voilà pour Ségolène. Reste et toujours à la première page du Journal du Dimanche, le souvenir d’une autre attente. Celle de Madeleine qui ne viendra pas. Nous connaissons tous, la chanson de Brel : « Ce soir, j’attends Madeleine. J’ai apporté des lilas. J’en apporte toutes les semaines. Madeleine elle aime bien ça. » L’inspiratrice, du célèbre chanteur-compositeur Madeleine Z, apparaît en photo, en première page, oui, du grand journal dominical, avec cette explication que signe Damien Solal. « Madeleine, atteinte d’une sclérose latérale, n’a pas voulu attendre la mort. Elle l’a devancée en mettant à 69 ans, fin à ses jours, afin, a-t-elle dit de mourir dans la dignité. « Oui, a-t-elle confié au journal espagnol El Pais, avant son suicide : « J’ai eu une vie sympathique, mais je ne veux pas la gâcher. Je veux mourir bien… » Et mon confrère du Journal du Dimanche de préciser ce matin le portrait de la Madeleine de Brel. Fille d’un père communiste et d’une mère juive, Madeleine avait échappé aux nazis en 44 puis à un mari brutal quelques années plus tard. A 20 ans, elle fréquenta les poètes, musiciens et artistes de Saint Germain des Prés alors qu’elle travaillait comme modèle pour des coiffeurs parisiens. Dans un restaurant, elle rencontra même un jeune auteur qui lui proposa de vendre ses poèmes contre un petit pourcentage. Il s’appelait Georges Brassens. Puis Madeleine fréquenta un type « au mauvais caractère » mais qui allait volontiers chanter dans les prisons et les hôpitaux. Un certain Jacques Brel. Elle l’accompagnait souvent. Un jour, elle lui posa un lapin, ça nous arrive à tous, et le grand Jacques lui, composa « Madeleine ». Un peu plus tard, Brel la chanta en sa présence et lui dit : « Cela ne te rappelle rien ? » Madeleine avait déjà gagné sa petite part d’éternité. Fin du joli billet du Journal du dimanche aujourd’hui. Après les sentiments, eh ben, l’argent, l’argent. Le Journal du Dimanche anticipe dès aujourd’hui sur la publication jeudi d’un livre blanc du patronat, un patronat effrayé, semble-t-il par les promesses électorales des candidats à l’élection présidentielle. Le livre que présentera à la presse, Madame Laurence Parisot la patronne du Médef, s’appelle « besoin d’air », et se voudrait un traité d’optimisme à l’adresse de tous les Français. En attendant que notre joie revienne, le Médef s’émeut tout de même d’un chiffrage du programme de Ségolène Royal établi provisoirement à 27 milliards et demi d’euros… Celui de Nicolas Sarkozy dépasserait de son côté les 30 milliards d’euros. Deux pages plus haut, dans le même Journal du Dimanche, il y a des chiffres qui parlent davantage, sous la plume de la politologue-sociologue Janine Mossuz-Lavau. Madame Mossuz-Lavau a écrit un livre intitulé « l’argent et nous »… A partir d’interviews, comme celles qu’elle avait réalisées précédemment pour un autre ouvrage sur la sexualité des Français. Après tout, explique-t-elle aujourd’hui, il y a deux tabous dans notre pays, l’argent et le sexe… Mais ajoute la politologue, si on peut passer une semaine sans faire l’amour, on ne peut pas vivre une journée sans dépenser le moindre euro. Question alors de ma consœur Soazig Quéméner, à Madame Mossuz-Lavau, à propos des pauvres, des riches et des « privilégiés » selon François Hollande. En-dessous de quel revenu, Madame, est-on pauvre aujourd’hui dans notre pays ? Réponse de la politologue : Après analyse de ce que les gens m’ont raconté, moi je fixe trois catégories. Les gens qui ont moins de 1.300 euros net par mois sont pauvres. Pas miséreux mais pauvres, dans le sens où ils ne sont pas à l’aise. Pourtant, 1.300 euros, c’est bien au-dessus des minima sociaux qui ne permettent tout simplement pas de vivre en France, sauf si l’on bénéficie d’aides familiales, si l’on travaille au noir, si l’on vend du shit ou si l’on vole. Les classes moyennes gagnent, elles, entre 1.300 et 3.000 euros net par mois. A partir de 3000 euros, je considère que l’on est privilégié. Alors question de ma consœur du JDD à Madame Mousuz- Lavau : Mais alors bon, comment analysez-vous la passe d’armes sur la fiscalité entre Jean-François Copé et François Hollande, Ségolène Royal, etc, et tous ceux qu’on accuse de vouloir taxer les classes moyennes. Madame Mousuz Lavau répond : Cela montre qu’un certain nombre de nos décideurs de droite n’ont aucun contact avec la réalité. Moi, j’ai fait du terrain pendant deux ans. Quand je parlais de ma catégorisation à des collèges, ils me répondaient : « je gagne 4.500 euros pas mois et je ne suis pas riche. » Les mêmes me disaient : « Tu mets les pauvres jusqu’à 1.300 euros, c’est trop large, on n’est pas pauvre à 1.250 euros par mois. La France est un pays riche où il y a beaucoup de pauvres. » Encore une question à Madame Mousuz Lavau telle que vous pouvez la lire dans le JDD aujourd’hui : Alors qu’est-ce que vous pensez de la polémique sur le patrimoine du couple Royal-Hollande ? Réponse de Madame Mousuz Lavau : on a tendance à utiliser un argument qui n’est pas bon. Pour représenter les gens de gauche, il faudrait être soi-même modeste alors que, lorsqu’on représente les gens de droite, on peut avoir toute la fortune que l’on veut. Ségolène Royal et François Hollande paient 862 euros d’impôt sur la fortune ; qu’on ne vienne pas me raconter qu’ils ont une fortune gigantesque. Acquérir de la pierre avec ce qu’on gagne, ce n’est tout de même pas un péché. Royal-Hollande. Le Parisien, propose à ses lecteurs, ce matin, un curieux sondage… C’est un sondage avec des questions qui se posent bien sûr, et dont on peut se demander, si elles participent de la vie ou de la vie privée. C’est ainsi que le CSA a demandé, le CSA qui fait des enquêtes a demandé à 1000 personnes, le 18 janvier dernier, si les relations (politiques) précisons-le, Ségolène Royal et François Hollande étaient claires ou pas ! Pas claires 39% des réponses. Complémentaires 41% des réponses Intenables 57% des réponses. Juste à côté de ce sondage (politique) je le souligne encore une fois, Nathalie Segaunes a ajouté… 5 questions sur un couple. C’est le titre de son article. Dont celle-ci… Royal/Hollande, est-ce un vrai couple ? Ont-ils une rivalité politique ? Quelle est la place de Thomas Hollande leur fils, dans la campagne électorale… quel avenir pour Hollande si Ségolène est élue ? Quel avenir pour le même Hollande si elle est battue. Quel avenir pour lui ? La question… Ces questions doivent se poser puisque Jacques Espérandieu les rassemble lui aussi, dans son éditorial du Journal du Dimanche, quand il écrit : « C’est la première fois que le patron du Parti socialiste et la candidate, sont compagnons dans la vie. Cette situation exceptionnelle donne à l’affaire un côté passionnel qui n’arrange rien. » Hier… Bruno Theveny dans Le Journal de la Haute-Marne y allait d’un autre couplet… en écrivant que Madame Royal, s’était fait limée les dents, comme François Mitterrand et donnait le nom du dentiste, qui écrivait-il finement s’était penché sur le palais-royal. Dieu merci dans Le Parisien, ce matin, Max Gallo élève le débat, quand il écrit que Ségolène est mitterrandienne par essence… Mais à la question, pour qui voterez-vous au printemps prochain…Max Gallo répond : Je ne sais pas encore. Simplement, ce qui me scandalise, c’est le processus de diabolisation du personnage Sarkozy et cette façon qu’a le Parti Socialiste de le décrire sur Internet comme « un néoconservateur américain avec passeport français ». Est-ce qu’on veut-on, demande Max Gallo, instiller l’idée qu’il ne serait pas Français depuis assez longtemps ? Je sais, moi, que pour gagner, outre ses qualités propres, Ségolène Royal a besoin que Sarkozy fasse peur mais là, c’est trop. Il n’y a pas d’un côté la Madone et de l’autre le Diable. Jules Clauwaert ajoute dans Nord Eclair : la campagne est bien imprévisible. Les candidats et la campagne elle-même sont hors norme. Et Pierre Taribo qui a regardé pour l’Est Républicain Ségolène Royal hier sur TF1 : C’est « Madame je » qui est venue hier soir à la télévision. Elle n’a jamais dit nous.

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