Bonjour à tous… Riches, très riches les journaux dominicaux. Et à toutes les pages, toutes les rubriques : sports, politique, économie, faits divers, politique étrangère, livres, musique. Surtout musique, puisque comme l’écrit le JOURNAL DU DIMANCHE, c’est l’été, c’est la fête ! 21 juin, le jour la plus long de l’année correspond à la 28ème édition d’une France à l’unisson, autour d’une idée de Jack Lang et Maurice Fleuret. Et quelle idée ! Jouer, chanter, faire du bruit en amateur ou en professionnel de la musique moderne ou classique. Des dizaines de pays s’y sont mis, y compris les Etats-Unis. Et comme l’écrit Carlos Gomez, Jack Lang coupable et responsable de tout ça, assume tout ! Il sera d’ailleurs ce soir à Denfert-Rochereau pour écouter un cartel de nouveaux groupes musicaux, tandis que Christine Albanel fera, rue de Valois, dans les jardins de son ministère, le lien entre ceux qui chantent ou jouent et ceux qui écoutent. « Envoyez la musique ». Tel est le titre du PARISIEN ce matin. « Musique maestros ! ». Telle est la une de PRESSE-OCEAN en Loire-Atlantique. « En avant la musique ! » C’est le cri de ralliement du journal l’ALSACE à Mulhouse. Manchette identique pour le MAINE LIBRE qui salue la présence au Mans de 110 groupes excellant dans les registres musicaux les plus divers. Le MAINE LIBRE en profite pour souligner la présence chez Drucker cet après-midi dans « Vivement Dimanche » de Juliette Gréco. « Si tu t’imagines, fillette, fillette, qu’ça va, qu’ ça va ksa va durer toujours… ». Quant à la VOIX DU NORD, elle fait éclater en une la musique en fanfares et en photo avec cette légende : « Il y en aura à Lille, pour tous les goûts et tous les âges : danse, musette, chansons françaises et chorale. Car quoi qu’on dise, la fanfare ce n’est pas ringard ! Le flamenco espagnol non plus. Il serait même, selon LE MONDE, en plein renouveau, comme on peut le vérifier au festival de la danse à Montpellier. Dans la même édition du MONDE, datée dimanche-lundi, Stéphane Davet vous invite au festival hard-rock de Clisson, en Loire-Atlantique. C’est le dernier jour du Hellfest, ce rendez-vous de rock extrême que l’énorme chanteur de God Forbid présentait en hurlant : « We came to rock you fucking brains out… ». « On est venu retourner vos putains de cerveaux » . Face à cela évidemment, nos Jean Cocteau et nos Boris Vian font figure de mauviettes. Cocteau, quand il évoquait la langue française difficile pas répugne à certaines douceurs. Gide, disait-il, a raison d’écrire qu’elle est un piano sans pédales ! On ne peut en noyer les accords. Elle fonctionne à sec. Sa musique s’adresse plus à l’âme qu’à l’oreille. Carlos Gomez dans le JOURNAL DU DIMANCHE, partage peut-être cet avis puisqu’il écrit que la fête de la musique risque de faire se retourner Jean-Sébastien Bach dans sa tombe. Pour Bach en effet, la musique doit servir la gloire de Dieu et le délassement des âmes… Sinon le jeu des instruments n’est que nasillements et beuglements diaboliques. Berlioz lui aussi était très critique, quand il affirmait qu’en France tout le monde adore la musique… mais personne ne l’aime. Allons donc, je me souviens de Louise de Vilmorin pour laquelle Malraux aménagea à Versailles « la Lanterne » où Premiers ministres et Présidents de la République vont rêver à leur gré… Louise qui chantait dans « l’alphabet des aveux » : « Si – ré – fa – do – sol – si – ré (Sire et fade au sol ciré) La – do – ré – do – ré – do – si (L’adoré, dos raide aussi) La – mi – do – ré – la – si – si (l’ami dort hélas ici). » . Et combien oublier, avec les hebdos cette semaine et les grands quotidiens régionaux et nationaux, que l’on va commémorer mardi Boris Vian, l’auteur de l’arrache-cœur, mort il y a cinquante ans. Le MAINE-LIBRE lui rend hommage, en première page aujourd’hui, comme Isabelle Dhordain l’a fait hier soir sur France Inter, avec une pléiade de vedettes, qui ont enregistré ses grandes chansons sur un nouveau CD. Boris Vian et sa trompette, Boris Vian poète du Tabou, Boris Vian contemporain et copain de Sartre, Beauvoir, de Jean Cau et de Juliette Gréco, vont manquer ce soir à Saint-Germain-des-Prés. Saint-Germain, dont il a dans un manuel fixé la cartographie. Les deux Magots que fréquentaient allemands et collabos. Le Flore où l’on trouvait les résistants à l’occup. et les futurs troglodytes existentialistes. Et puis, au lendemain de la guerre, Claude Mauriac, Merleau-Ponty, Michel Leiris, Mireille, Mouloudji, les frères Prévert, Sartre, Signoret et Gréco. On l’appelait Toutoune, écrit Vian, dans son manuel de Saint-Germain-des-Prés. Elle était très belle. 1 m 65… 58 Kgs… 90 cm de tour de poitrine et de hanches. Signe particulier : toujours vêtue de noir. C’est une personne douce, qui lorsqu’elle dit de quelqu’un « c’est un chien ! » C’est qu’elle ne l’aime pas. Sophie Delassein dans le NOUVEL OBSERVATEUR vous propose de faire l’emplette d’un caddie Boris Vian. Avec tous les livres et tous les disques publiés, pour célébrer le légendaire écrivain-musicien. On ira, écrit-elle, chanter sur sa tombe… Ou alors, on écoutera Barcelone, la pure chanson d’amour de Vian, reprise par Thomas Fersen. Moi, si vous voulez bien, je tenterai ce matin dans la perspective des défilés du mois prochain, d’anticiper sur les brutalités éventuelles des sergents de ville, avec cet hymne-mouvement de Boris Vian. « On n’est pas là pour se faire engueuler ». « Un beau matin de juillet, le réveil A sonné dès le lever du soleil Et j’ai dit à ma poupée « faut te s’couer C’est aujourd’hui qu’il passe ». On arrive sur le boulevard sans retard Pour voir défiler le roi d’Zanzibar Mais sur-le-champ on est r’foulé par les agents. Alors j’ai dit : On n’est pas là pour se faire engueuler On est là pour voir le défilé On n’est pas là pour se faire piétiner On est là pour voir le défilé Si tout le monde est resté chez soi Ca f’rait du tort à la République Laissez-nous donc qu’on le regarde Sinon, plus tard, quand la reine reviendra Ma parole, nous on r’viendra pas". Et me direz-vous, pour Versailles demain, avec le Président Nicolas Sarkozy, qui va parler devant sénateurs et députés réunis… que faudrait-il chanter ou jouer ! La musique de Lulli, la chanson de Guy Béart. «Tournez rotatives… allez savoir ! Pour les communistes et les Verts qui n’y vont pas, proposons : « Non, rien de rien… non je ne regrette rien ». Pour les socialistes qui y vont sans y aller, tout en y allant, la chanson de Marie Dubas : « J’y vas-t-y ! J’y vas-t-y pas ! Il faut-y… Y faut-y pas Si j’y vas… etc » Et pour Jean-Claude Dassier, que l’on attend ou que l’on n’attend pas à l’OM, je propose : « Un Monsieur attendait au café du Palais, devant un Dubonnet… » Ou alors : « Marseille, tais-toi Marseille, tu cries trop fort ». Dans le JOURNAL DU DIMANCHE, Dassier fait savoir qu’il y va mais pas seul. Il voudrait un adjoint, Bernès. L’EQUIPE pose la question : « Bernès de retour à l’OM, oui ou non ! ».

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