Bonjour à tous… A chacun son grand chelem. Pour la France du rugby, le pari a été gagné hier, par la victoire des Bleus sur l’Angleterre. « 9ème Grand chelem pour les Français », titrent ce matin le JOURNAL du DIMANCHE, l’EQUIPE et le PARISIEN avec ce commentaire émerveillé du dernier journal cité : « On en rêvait, ils l’ont fait, au prix d’une bataille acharnée ». Ce fut à l’arraché, renchérit le JOURNAL du DIMANCHE. La France a battu l’Angleterre, douze points à dix, en légende d’une photo, où l’on reconnaît Clément Poitrenaud, Lionel Nallet, Julien Malzieu et Julien Bonnaire, radieux. Photo de triomphe aussi, en première page de l’EQUIPE, avec au centre Thierry Dusautoir, le capitaine des Bleus, portant haut le trophée 2010, arraché cent ans tout juste après la première participation de la France au tournoi des cinq nations. Le MONDE Magazine, imprimé avant le match d’hier soir au Stade-de-France, prévoyait prudemment cette victoire, en donnant la parole à Robert Soro, le vieux lion de Swansea, âgé aujourd’hui de 87 ans, et mémoire du rugby. Soro, qui a triomphé des Gallois en 1948, vit aujourd’hui à Arreau dans les Hautes-Pyrénées et il se souvient, en répondant aux questions du journaliste du MONDE, Jean-Louis Aragon. « Les Gallois en 48, ils étaient tellement vexés, que leurs avants m’ont sauté dessus et m’ont piétiné. On a du m’emmener sur le bord du terrain. Je me suis relevé, et, oh, putain, j’ai retroussé les manches ». Et le même vieux lion du XV de France, d’évoquer les autres méchants des tournois de l’après-guerre. Les Irlandais ? Hargneux ! Et méchants même ! Les Ecossais, ne nous impressionnaient pas. Les Gallois ? Attention, ils étaient durs, mais corrects. Les Anglais ? C’étaient les plus méthodiques. Ils te foutaient des coups de godasse et te disaient « I am sorry ! ». Et voici la chute du « Je me souviens » de Robert Soro : « Les Anglais et les Ecossais, on les trouvait snobs comparés à nous. Il y avait une différence de classe. Mais on sentait qu’on était des ouvriers par rapport à eux. Les Irlandais, ils étaient très catholiques, alors pour faire bien, on allait à la messe avec eux. Ce n’était pas nos convictions, mais, eh, oh ! on était de Lourdes ! ». Comme quoi, dans le Midi Olympiques, le rugby conserve. A 87 ans, Soro est toujours frais. Aussi frais, que Bonnaire, s’il faut en croire l’EQUIPE qui juge le 3ème ligne de Clermont étincelant hier. C’est lui, écrivent mes confrères de l’EQUIPE aujourd’hui, qui a permis aux Bleus de s’imposer face à des Anglais qui ont tout tenté jusqu’au bout. Foden et Ashton en particulier. Richard Escot porte un jugement d’ensemble sur le jeu, quand il écrit : « Aux élans anglais souvent désordonnés, les tricolores ont répondu par leur mêlée et leur remarquable défense ! ». La presse régionale partage l’enthousiasme de ses confrères nationaux. Du MIDI LIBRE, à l’INDEPENDANT catalan et d’OUEST-FRANCE aux DERNIERES NOUVELLES d’ALSACE en passant par le REPUBLICAIN LORRAIN, les manchettes des premières pages disent la même chose. Carton plein ! Grand chelem du courage ! Grand chelem pour la France. Jusqu’à la MONTAGNE de Clermont-Ferrand qui y va d’un titre à la Vialatte, en s’écriant sur 5 colonnes à la une : « C’est le sacre du printemps » ! ». Bravo ! la MONTAGNE non seulement pour ce titre, calendaire et musical, mais aussi parce qu’au pays de Bonnaire, on n’oublie pas de saluer les jeunes du XV de France, Parra en particulier. Lequel, selon mes confrères clermontois laisse entrevoir des promesses intéressantes pour le Mondial de 2011. Je ne sais s’il faut saluer de la même façon le titreur du journal MIDI-LIBRE, qui rapproche deux paris. Le chelem de la France du rugby et le chelem promis à la France politique et civique. MIDI-LIBRE titre en effet à la rubrique « Régions » : Grand chelem bleu hier. Point d’exclamation. Grand chelem, rose ce soir. Point d’interrogation. Ce qui me permet de préciser, sans m’attirer les foudres du CSA, que l’expression Grand Chelem, employée au golf, au rugby, au tennis, au ping-pong, en base-ball et en politique… a pour origine un mot d’argot américain, « Slam » qui veut dire « Ecraser ». De dérive en dérive, on est passé au grand chelem pour désigner une série de victoires dans toutes les épreuves d’un ensemble. Grand chelem, grand slam, désignant également une victoire totale, aux jeux de cartes, quand l’un des joueurs fait tous les plis. En ce qui concerne les Régionales… il faut attendre 20 heures, ce soir, pour voir. Dix neuf heures aux Etats-Unis, pour savoir si Barack Obama fait voter sa réforme Santé. Sur nos élections de second tour en région, le FIGARO marque les points chauds. La MARSEILLAISE demande aux électrices et aux électeurs, de donner de la Voix. Et l’éditorialiste du MONDE daté dimanche-lundi, souligne qu’au premier tour, dimanche dernier, un peu plus de deux Français sur cinq n’ont pas voté, ou ont mis un bulletin blanc dans l’urne. Auditrices, auditeurs, mes frères, mes sœurs, dans quel camp vous rangez vous ? Celui des abstentionnistes, qui demain ou après vont regretter de n’avoir usé ni de leurs droits, ni de leur liberté… Ou dans le camp de ceux qui pourront dire à leurs enfants… Moi… j’ai toujours voté et je voterai dans tous les cas, car ce droit-là, il y a sur la planète tant de peuples qui ne l’ont pas. Plantu, dans le MONDE, daté dimanche-lundi, ironise avec gravité sur ce sujet de débat. Il dessine un élu ceint de son écharpe, entouré de techniciens avec micros et caméras. L’élu est muet. Le perchman porte un nagra, marqué « France 2 en grève ». Et le journaliste cameraman de s’écrier : « Allez-y, parlez. De toute façon, ils n’iront pas voter et en plus ça ne passera pas à la télé ». A part ça, la manchette du MONDE mérite interrogation puisqu’elle dit très précisément : « Régionales : après la sanction électorale, y aura-t-il un troisième tour social ? ». En dernière page du même journal, Pierre-Antoine Delhommais signe une magnifique chronique intitulée : « Françaises, français, si vous saviez ». Avec cette clé. "Les élections régionales", dit-il, "ce sont des élections pour beau temps, pas pour forte tempête, quand des citoyens perdus, cherchent des branches auxquelles se raccrocher". Dans le JOURNAL du DIMANCHE, Olivier Jay ajoute : « On est en 2010, pas en 2012 »

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