Bonjour à tous… La presse, aujourd’hui, a retenu la leçon d’André Gide. « Nahanaël, Nathanaël, je te parlerai des attentes… » ! La presse, attend donc, comme tout le monde, 20 heures, ce soir, pour savoir ! Mais d’ores et déjà, le Journal du Dimanche juge le suspense « passionnant », avant d’évoquer un scrutin historique et un paysage politique chamboulé. Le Parisien partage le même avis et veut considérer que si Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, sont à priori favoris, rien n’est joué, tout peut arriver, tant il y aurait d’indécis parmi les 44 millions 508 000 électeurs inscrits à cette élection présidentielle. … Même les sondeurs, condamnés au silence, balancent selon Georges Marc Benamou, qui rappelle dans Nice Matin, qu’il faut remonter au choc Giscard-Mitterrand de 1981, pour se souvenir d’une telle tension, et d’un tel intérêt pour une élection. Pascal Barrand, dans le Journal de la Haute-Marne, n’est pas sûr, et il l’écrit noir sur blanc, que les candidats aient bien dormi cette nuit. Leurs destins sont en jeu… leurs ambitions et leurs égos aussi… Et nous donc ? Courrier International s’en inquiète et titre en lettres rouges sur fond noir « lepinasation des esprits, Europe, Economie ; Aïe, la France vote aujourd’hui et la presse étrangère s’inquiète. » « Il est vrai que l’incertitude domine jusqu’au bout, analyse Dominique Valès, dans La Montagne, mais au moins, tout le monde est dans le noir. Et finalement, c’est assez réconfortant. Que serait la démocratie, si elle devenait une science exacte ? Quelle marge de détermination resterait-il aux électeurs ? » Nathanaël, Nathanaël, je te parlerai des attentes et de la ferveur ! Rendez-vous à 20 heures, titrent sans trop d’impatience et ensemble, la Dépêche du Midi et La Montagne de Clermont-Ferrand. Les Dernières Nouvelles d’Alsace ne s’affolent pas davantage en attendant l’heure du choix et en annonçant sous forme de scoop, que le grand vainqueur de ce 22 avril, c’est le soleil. Le soleil et la fête écrit même Olivier Picard, dans son éditorial, avant d’expliquer que l’été insolent n’est pas l’adversaire espiègle de la participation au scrutin. Alors, bon vote, conclut-il, avant de conseiller : « Tachez de bien user du secret de l’isoloir. Savez-vous que de très nombreux couples seraient cachottiers sur leur choix… Où va se nicher l’érotisme de l’insondable mystère conjugal. » Le Journal du Dimanche ajoute à cela, des informations qui peuvent être de proximité et intéresser les badauds… Je les retranscris dans l’ordre alphabétique. François Bayrou, va vote rue Larigotte, à Pau, dans deux heures. Olivier Besancenot votera cet après-midi, rue Flocon dans le XVIIIème arrondissement à Paris. José Bové, à Pierrefiche dans le Larzac, dès 10 heures. Marie-George Buffet, accomplira son devoir électoral à 11 heures et demie, au Blanc-Mesnil, en Seine Saint-Denis. Pour Arlette Laguiller, ce sera aux Lilas, et à onze heures aussi. Même heure, 11 heures pour Jean-Marie Le Pen, à Saint-Cloud dans les Hauts de Seine. Monsieur Nihous votera à Baudreix, Pyrénées Atlantiques dès 10 heures. Ségolène Royal le fera à Melle dans les Deux-Sèvres entre 11 heures 30 et 12 heures 30. Notez la part d’incertitude. Pour Nicolas Sarkozy, ce sera plus près de chez lui, dans l’Ile de la Jatte, à 10 heures et demi, dans une école maternelle de Neuilly sur Seine. Gérard Shivardi, n’a pas voulu le dire à mes confrères du JDD. Philippe de Villiers, lui n’a pas caché qu’il voterait, tout à l’heure, aux Herbiers, en Vendée. Idem pour Dominique Voynet, qui votera rue Marceau, à Montreuil, à 17 heures 30. Une chouette commune qui a eu la bonne idée l’été dernier de débaptiser une rue Gallieni, pour la donner au capitaine Alfred Dreyfus. Confidence pour confidence, je passe tout à l’heure dans un isoloir de l’Eure et Loir, une mini-commune de 75 électeurs, où il n’est pas très difficile de savoir, qui vote quoi ? Oui, savoir, savoir… A cet égard, le Journal du Dimanche prévient dès ce matin qu’il risque d’y avoir, dès 18 heures des estimations sur les sites d’Internet. Gare, écrit Olivier Blond à la toile contre la loi. Et le Journal du Dimanche, d’en profiter, pour répertorier les six scénarios possibles du scrutin. Du plus classique au plus fou. Scénario Numéro 1… Royal contre Sarkozy… Le plus attendu, le plus probable, selon le journal. N° 2. Bayrou contre Sarkozy… possible. N° 3. Bayrou contre Royal… surprenant. N° 4. Le Pen contre Sarkozy… Improbable. N° 5. Le Pen contre Royal… Renversant. N° 6. Bayrou contre Le Pen… Baroque. Le signataire de ces situations et de ces commentaires– même pas en rêve… est Jean-Luc Parodi, directeur de recherche au Centre d’Etudes de la vie politique française. Plus juste en tout cas, dans Le Monde daté dimanche-lundi, cette analyse de Christophe Prochasson, c’est un historien, il est directeur d’Etudes à l’EHSS, qui revient sur cent ans de vie politique française… pour conclure : « La gauche d’ancien style est morte. » On ne parle plus de classes sociales, mais de souffrance des individus… Nous vivons une période de basse intensité idéologique ou doctrinale. Le triomphe du « moi je » sur le « nous on » entraîne une psychologisation sans précédent de la vie politique, dont les effets sont décuplés par les médias. Et on ne parle plus de classe sociale, mais de souffrance, de victimes. La souffrance est devenue la catégorie majeure de la perception du social et du politique. On l’a vu dans les émissions de télévision d’un nouveau genre où l’on demandait aux candidats d’être en empathie avec les gens. Depuis la Révolution française, la politique a été par définition le lieu du collectif. Elle ne l’est plus, ou pas seulement. On peut presque parler d’un tournant anthropologique. Fin de citation. Deux pages plus loin toujours dans Le Monde… Eric Le Boucher… évoque ses trois doutes et ses trois paris… Je vous laisse découvrir ses paris tout seul. Mais Eric Le Boucher se réjouit en constatant qu’en 2002 les trois candidats de ces trois grands partis n’avaient recueilli que 42,90% des voix au premier tour de l’élection présidentiel. En 2007, on s’accorde à considérer que Madame Royal, Monsieur Sarkozy, Monsieur Bayrou, représentants des trois grands partis en question… devraient totaliser selon tous les instituts de sondages 70% des voix. Réhabilitation réussie, conclut Eric Le Boucher dont il faudrait féliciter je le cite… Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, et François Bayrou. Voilà, Nathanaël, Nathanaël… je te parlerai des attentes… Je vous propose pour tromper encore l’attente… Il y a d’abord, c’est de la poésie. Il y a Jacques-Pierre Hamet qui évoque dans Le Point, « le fleuve Aragon », les œuvres complètes d’Aragon… Il y a cette phrase magnifique : Pourquoi cette fraicheur perce-neige quand il décrit notre campagne qui va de Roncevaux à Brocéliande et de la place de la république à la place du Colonel Fabien. Et c’est vrai qu’Aragon nous manque, Aragon est un fleuve et même en ce jour d’élection, on peut le rappeler. Et puis il y a dans l’Express, une interview du premier ministre israélien d’Ehud Olmert … On lui demande ce qu’il pense des élections à venir et il dit : Ecoutez quel que soit le président élu en France, ce sera un ami d’Israël et mon ami personnel. Et maintenant, je m’adresse aux 12 candidats à l’élection présidentielle… Ecoutez Olmert qui dit : Vous savez quand on est au pouvoir, c’est pas simple de se lever chaque matin dans cette atmosphère empoisonnée créée par les médias mais c’est la vie… Tout président, tout chef de gouvernement est confronté à cette brutalité. Moi quand j’observe la campagne électorale en France, et que je lis certaines phrases, je ne me sens pas envieux. Mais ici, en Israël, je suis indestructible, je suis là depuis 35 ans… j’ai survécu à tout on ne m’a jamais fait de cadeau. On m’a dit que je n’avais aucune chance et me voilà premier ministre… selon les sondages, je ne suis pas populaire. Je l’étais, je le serai de nouveau. Je ne m’apitoie pas sur mon sort, tous les jours je me lève, je fais mon jogging, je travaille tous les jours au-delà de minuit et je regarde le foot à la télé… Et vous verrez si vous revenez l’année prochaine, je serai toujours là… Et j’en aurai fini quand je vous aurais dit qu’on va fêter le centenaire d’un très grand chanteur… Tino Rossi… On célèbre le centenaire de Tino Rossi dans le Nouvel Observateur. On dit bon, il avait une voix androgyne… tchi-tchi ou petit papa Noël… et le Nouvel Obs revient sur la vie de la star en question et termines sur la chanson que tout le monde chante… Tu n’as que 16 ans et faut voir comme que tu affoles déjà tous les hommes… Est-ce ton œil si doux qui les mine… Tchi-tchi… et alors le Nouvel Obs dit : on a demandé à Tino Rossi, de son vivant : mais qu’est-ce que c’était que ce tchi-tchi… pourquoi il faisait tchi-tchi… Et oui, on ne pouvait pas dire pouet-pouet !

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