Bonjour à tous. Au Kiosque ce dimanche, les riches, les pauvres, les poètes, les paysans et les créoles se partagent assez équitablement la vedette. Le soutien aux Guadeloupéens, tenait hier, aux manifestations de Paris et de Toulouse, en un seul slogan : « Assez… Assez… assez de profitations ! ». Point n’est besoin de traduction de ce mot d’ordre, anti-béqué monopoleur. Elie Domota, le leader du LKP, le justifie brièvement lui aussi dans une interview au JOURNAL du DIMANCHE. « Nous sommes encore loin d’un accord. Nous demandions 200 euros, vendredi les patrons nous ont proposé d’augmenter les salaires de 50 à 70 euros, l’Etat s’engageant de son côté, à verser un complément par le biais du RSA. C’est flou, difficile à mettre en œuvre. On n’achète pas la paix sociale avec une allocation ». Question alors d’Anne-Laure Barret au leader LKP : « Que voulez-vous ? Et Nicolas Sarkozy vous entend-il ? ». « Nous demandons l’exonération de la CSG et de la Contribution au Remboursement de la Dette Sociale. L’Etat n’aurait plus alors qu’à négocier un complément avec le patronat. Hélas, le Président de la République entend, mais il ne répond pas. Parce qu’il a peur que la contestation sociale ne gagne la France ». Question encore d’Anne-Laure Barret : « Etes-vous favorable aux Etats Généraux sur l’Outre-mer que propose Monsieur Sarkozy ?». « On se méfie », répond Elie Domota, « le Chef de l’Etat a-t-il en tête un projet de fusion du département et de la Région Guadeloupe. Nous n’avons pas demandé l’ouverture d’un chantier d’évolution de notre statut ». Et enfin, quand ma consoeur du JOURNAL du DIMANCHE demande au leader LKP si la grève qui dure depuis un mois, en Guadeloupe, peut s’achever cette semaine, Elie Domota répond prudemment : « On va essayer… on va voir ». Le PARISIEN-Dimanche relève que Ségolène Royal (non mandatée par son parti) est allée voir sur place ce qu’il fallait faire pour que la paix revienne. Elle assistera aujourd’hui aux obsèques du syndicaliste Jacques Bino, tué mardi dernier, on ne sait trop par qui. Le PARISIEN relève encore, avec nombre de quotidiens régionaux ce matin, que le cours de la vie reprend presque normalement sur l’île. Ce que soulignait de son côté le Président de la République hier, lors de sa visite au Salon de l’agriculture. « Le paroxysme de la crise est peut-être derrière nous. La vie reprend, c’est important. J’espère qu’on va aboutir ». Le POPULAIRE du CENTRE ajoute, qu’au moins, il n’y a pas eu de fausse note cette année, à l’inauguration du Salon. Tout au moins, lors de la halte du Chef de l’Etat et du ministre de l’agriculture, Michel Barnier. Une photo le prouve, avec des sourires à 4,95 un poil appuyés en première page du journal de Limoges. La photo plein cadre du JOURNAL du DIMANCHE où l’on voit Nicolas Sarkozy, caresser un agneau pelucheux dans les bras d’un agriculteur aussi barbu qu’attentif, n’est pas de la même eau. Le Président semble déconcerté. Mais peut-être l’est-il parce qu’il a eu par avance, connaissance du sondage IFOP, publié en page 6, avec cette chute de 7 points au baromètre mensuel de popularité. 37 % de satisfaits et 62 % de mécontents. Jean-Luc Parodi, dans son commentaire, souligne que la chute est particulièrement forte chez les 18-24 ans, les femmes et les salariés du service public. Selon lui, la communication présidentielle marche mal et les mécontents le sont aussi, parce que le Chef de l’Etat propose trop de choses en même temps. Sur la même page 6 du JOURNAL du DIMANCHE, dans une Tribune plutôt sévère, Claude Askolovitch remarque que 37 % de satisfaits, c’est le creux historique de Valéry Giscard d’Estaing, en mars 81, juste avant sa chute. « Sarko-Giscard », écrit-il, « même espérance, même déception et qui sait, même syndrome, même tragédie ? A l’arrivée, le Président de droite absolue, arcbouté sur des fondamentaux économiques, tout en encadrant le malheur social, finit sacrifié, par sa faute ou malgré lui ». Et Askolovitch de conclure, sur le risque « d’indifférence méchante des Français, face à l’homme de Neuilly qui se voudrait le porte-voix du vrai peuple ». « Bref », dit-il, « Nicolas Sarkozy au cœur de l’actualité quotidienne, risque d’être réduit aux constructions de ses ennemis, tout pénétré qu’il est de sa logique et de sa confiance ». Car comme chacun sait, l’opinion est le plus injuste des alchimistes. « Qu’est-ce que cela sera, quand la crise viendra », se demande Eric Le Boucher, dans la page Idées du journal les ECHOS. Et le chroniqueur d’insister en expliquant « que la France économique est très durement touchée. Mais que la France sociale n’a pas encore senti le froid». Et il ajoute, « Chez nous, le peuple crie avant et tient mieux que ses voisins, car les filets de protection sociale sont là. Et que notre secteur public, met à l’abri de la crise, un salarié sur cinq». Le MONDE renchérit sur ce point avec Pierre-Antoine Delhonnais qui rappelle qu’entre 1929 et 1933 (Hitler) le froid, la glace et l’échec du New Deal, contrairement à ce que l’on croit, il s’est passé 4 ans ! Et Delhonnais de citer Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, lequel conseiller craint que la crise d’aujourd’hui qui déroule tous les chapitres d’un manuel d’économie, ne déroule bientôt ceux d’un manuel d’histoire. Gare, dit Delhonnais aux montées de populisme et des extrémismes, ces dérives des années 30, dont l’on ne guérit jamais. La CROIX y pense aussi, en nous proposant treize idées pour chasser la morosité et guérir de la crise, par une autre façon d’envisager le monde et la société. Ce qui n’empêche pas Frappat de demander où est passé le plan de vol. Où sont les pilotes ? Est-ce que l’équipage va tenir ? Faut-il tout dire aux passagers. La crise est en nous-mêmes, dit aussi Claire Boudier, dans REFORME. Sur les poètes et les paysans, j’ai gardé pour la bonne bouche Michel Serres dans le JOURNAL du DIMANCHE : « Les paysans français sont admirables ». Et lecture de Georges Brassens, « Les croquants, ça les attriste, ça les étonne ».

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