Bonjour à tous… « S’il vient nous baisser les pieds, ce n’est pas la peine. En revanche, s’il vient pour nous secouer, comme nous en avons besoin, alors sa visite aura vraiment un sens ». C’est l’éditorialiste du journal « Haaretz », qui dit tout à trac ce qu’il attend de la visite de Nicolas Sarkozy en Israël. Une visite d’Etat de trois jours, avec passage rapide à Bethléem en Cisjordanie. Visite qui fait déjà, ici aussi, les premiers titres de la presse hexagonale, avant d’enrichir ce soir les images et les sons des médias électroniques. « Israël : le grand pari de Sarkozy », titre ainsi en manchette le JOURNAL DU DIMANCHE avant d’expliquer que le Président français, par ce séjour millimétré, entend replacer notre pays dans le jeu diplomatique d’un Proche-Orient en mouvement. La journaliste Karen Lajon remarque à cet égard que Nicolas Sarkozy s’est débarrassé de certaines pesanteurs passées. La preuve, selon ma consoeur du JDD, il veut renouer le fil avec la Syrie. « Contrairement à Jacques Chirac, ajoute-t-elle, l’actuel Président français n’est pas obsédé par le bilan et les services secrets de Damas, qui avaient assassiné l’ami de son prédécesseur, Rafic Hariri ». On sait depuis hier que Jacques Chirac aurait l’intention d’être spectaculairement absent de Paris, le 14 juillet prochain, lorsque le syrien Bachar el Assad prolongera, spectaculairement lui aussi, aux Champs Elysées, le Sommet méditerranéen du 13. Le PARISIEN et quelques quotidiens régionaux parlent de boycott, mais le mot communication serait plus juste. Puisque c’est l’entourage de Jacques Chirac qui a souligné l’absence prévue de l’ancien Président de la République. Lequel, me semble-t-il, n’assistait pas non plus au défilé des Champs Elysées l’an passé. Quoiqu’il en soit, aujourd’hui, c’est l’ancien ambassadeur d’Israël en France, Monsieur Nissim Zvili, qui dit au JOURNAL DU DIMANCHE «que vouloir remettre la Syrie dans le jeu, n’est pas une mauvaise idée. D’ailleurs, ajoute-t-il, en réponse aux questions de ma consoeur Karen Lajon : le problème principal d’Israël, ce n’est pas la Syrie, avec laquelle des relations ont été engagées récemment sous les auspices de la Turquie ». La question principale, pour l’ancien ambassadeur, militant de Shalom Archav «la paix maintenant », la question principale c’est la négociation d’accord avec les Palestiniens. Catherine Dupeyron juge elle aussi, dans le PARISIEN ce matin, que le contexte diplomatique qui entoure la visite en Israël de Nicolas Sarkozy est exceptionnel. Tous les dossiers gelés depuis des mois, sont en effet sur la table, largement ouverts : - Cessez-le-feu de 6 mois, conclu jeudi et respecté depuis, entre Israël et le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza. - Au Nord, le Hezbollah et Israël, pourraient déboucher sur un accord, visant à un échange de prisonniers. - Enfin, comme nous l’avons dit, contacts indirects, israélo-syriens grâce aux Turcs. Et alors que Jérusalem et Damas ne dialoguaient plus depuis le printemps 2000. De là à imaginer que le 13 juillet prochain, à Paris, profitant du Sommet de l’Union pour la Méditerranée, l’Israélien Ehud Olmert et le Syrien Bachar el Assad puissent se serrer la main, il y a un pas, que franchit une partie de la presse aujourd’hui. Mais pas le Quai d’Orsay, ni l’Elysée et selon Catherine Dupeyron du PARISIEN, les Syriens l’exclueraient eux aussi. Quant au premier ministre israélien Ehud Olmert, interrogé sur ce point, il répond qu’on verra bien. « J’ai promis au Président Sarkozy, dit-il, de venir à Paris le 13 juillet prochain. Faudra-t-il faire plus ? Je n’en sais rien. Je ne suis pas l’organisateur de la rencontre. Le Président français doit en savoir plus que moi ». Fin de citation. Michel Bôle-Richard met lui aussi dans le MONDE daté dimanche-lundi, l’accent sur les initiatives diplomatiques tous azimuts du gouvernement israélien. Mais une fois cela posé, mon confrère remarque que le gouvernement Olmert est très affaibli et qu’il s’agite peut-être beaucoup pour faire oublier ses ennuis judiciaires. Et Michel Bôle-Richard note enfin, en conclusion de son article, les révélations du New-York Times avant-hier, et selon lesquelles Israël a procédé à des exercices militaires importants en Méditerranée. Serait-ce, demande le MONDE, des manœuvres préfigurant une éventuelle attaque contre les installations nucléaires en Iran. A la même page 4 du MONDE d’aujourd’hui un encadré vient rappeler en quelques dates les relations fluctuantes entre la France et Israël. 1967 : Guerre des six jours et embargo sur les armes, décrété par le Général de Gaulle. Mars 1982 : François Mitterrand s’exprime à la Knesset en faveur d’un Etat palestinien. 2003 : Ariel Sharon, premier ministre, refuse de recevoir son homologue français, Dominique de Villepin, parce que Monsieur Villepin a décidé de recevoir son homologue Arafat. 2004 : Sharon appelle les Juifs de France à émigrer en Israël en raison d’un antisémitisme déchainé. Surprise, surprise. La suite manque, c’est dommage. Pourtant il me semble que Jacques Chirac en juillet 2005 avait reçu officiellement à Paris, Ariel Sharon et de l’avis de l’ex-Président, comme de celui de l’ancien Premier ministre israélien, toujours dans le coma, le courant était passé, et même très bien passé. Comme il devrait passer aujourd’hui à Jérusalem entre Nicolas Sarkozy et Simon Peres. Ce que confirme l’ancien ambassadeur d’Israël en France, Nissim Zvili, quand il dit au JOURNAL DU DIMANCHE : « Ce n’est pas seulement un Chef d’Etat que nous allons recevoir aujourd’hui, c’est un ami. Un ami qui se positionne très durement face à l’Iran et qui vient encore de répéter récemment que l’existence d’Israël n’est pas discutable, et sa sécurité pas négociable ». Wolinski ajoute à cela une caricature plaisante. Dans l’avion qui file en toute simplicité vers l’Orient compliqué, on voit Nicolas Sarkozy avec les écouteurs de son MP3 aux oreilles. A ses côtés, Carla Bruni, et Shimon Peres qui les accueille à Tel Aviv. « Je parie, dit Shimon à Carla, qu’il écoute votre album ». « Non, non, réplique Madame Sarkozy, il trouve mes chansons beaucoup trop intellos, il préfère Enrico Macias ». Je vous laisse une seconde pour sourire. Et puis j’en viens à l’autre grand sujet de la presse ce matin. Il s’agit de Paris, le grand Paris. Avec trois lectures suggérées. Dans le JOURNAL DU DIMANCHE, voyez les grands projets de la gauche, pour la capitale. En effet le Parti Communiste et le Parti Socialiste se sont réunis pour répondre à l’UMP. Dans le PARISIEN, interview à lire de Roger Karoutchi. Roger Karoutchi c’est le ministre chargé des relations avec le Parlement. Et lui il trouve la gauche fatiguée et le Parti Socialiste plus malade que jamais, avant de déclarer : «Oui, je serai candidat à la succession de Monsieur Huchon, à la tête de la Région ». Et enfin toujours sur le même sujet, ce point de vue d’Alain Rémond à la dernière page de MARIANNE. Ca s’appelle : « Ciel mon Grand Paris » « Franchement, vous y comprenez quelque chose vous, à cette histoire de Grand Paris ? D’un côté vous avez Sarkozy. Il trouve que Paris n’est pas assez grand. Du coup, il veut remplacer Paris par un Grand Paris. Pas con. D’un autre côté, vous avez Delanoë. Lui aussi il est à fond pour un Grand Paris. Il est tellement pour qu’il trouve qu’un Grand Paris, ça ne fait pas assez grand. Ce qu’il voudrait, lui, Delanoë, c’est carrément un Paris métropole. Pas con du tout. D’un troisième côté, vous avez Huchon. Lui aussi, il trouve que Paris mérite d’être plus grand. Grand comme la région Ile-de-France, par exemple. Dont il se trouve justement être le Président. Vraiment pas con. Logiquement, ils devraient être d’accord. Mais alors pas du tout. Chacun accuse l’autre de ne rien comprendre aux enjeux du Vrai, du Vrai Grand Paris qu’il nous faut. Tout en disant en gros la même chose. Alors, c’est quoi le problème ? Si c’est un concours à celui qui aura le plus Grand Paris des Grands Paris, je veux bien jouer, moi aussi. Par exemple : Paris de l’Atlantique à l’Oural. Qu’est-ce que vous en dites.

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