Bonjour à tous… « C’était un temps déraisonnable On avait mis les morts à table On faisait des châteaux de sable On prenait les loups pour des chiens… Tout changeait de pôle et d’épaule La pièce était-elle ou non drôle ? Moi si j’y tenais mal mon rôle C’était de n’y comprendre rien ! »... « Est-ce ainsi que les hommes vivent Et leurs baisers au loin les suivent Comme des soleils révolus ». La météo et le PARISIEN prennent à contre-pied ce matin la chanson d’Aragon et promettent ensemble un long week-end de Pentecôte qui devrait nous faire du bien. « Après un hiver interminable, on en a bien besoin », écrit Aymeric Renou tandis que Claude Massonnet se réjouit de voir les établissements hôteliers, situés en bord de mer, afficher tous complet. Jusqu’au caricaturiste du PARISIEN, Ranson, qui croque un quidam dubitatif, face à Nicolas Sarkozy et François Fillon. « Ce long week-end n’est pas mauvais pour l’économie », demande le quidam. « Pas du tout », répondent le Président et le Premier ministre… « Quand les bourses sont fermées, elles ne risquent pas de plonger ». La nature fait la fête, se réjouit aussi Nicolas François dans le guide du week-end du JOURNAL du DIMANCHE, avec des propositions de ballades gratuites et écologiques : dans les Landes, le Morbihan comme en Lorraine. Et même à Paris, puisque demain dimanche les Champs-Elysées seront transformés en jardin extraordinaire. Ce sont de jeunes agriculteurs qui ont composé 8.000 parcelles végétales, représentatives de nos terroirs, qu’on emboîtera cette année entre l’Etoile et le Rond-Point, histoire de célébrer la biodiversité. « Demain, la plus belle avenue du monde sentira la rose, la lavande, la fougère, le jasmin et drainera les foules », prévient le JOURNAL du DIMANCHE. Sans doute comme il y a vingt ans, quand un million de personnes étaient venues assister au ballet des moissonneuses-batteuses, sur les Champs-Elysées, transformés en champs de blé. Est-ce ainsi que les hommes vivent. Et tentent d’oublier les temps déraisonnables ? Evidemment. N’est-elle pas déraisonnable, cette exception française de la dette publique, que dénonce l’éditorial du MONDE daté d’aujourd’hui ? En trente ans, souligne le quotidien, nos déficits se sont emballés et la dette est passée de 21 % du PIB à 80 %. La France est le seul de tous les pays industrialisés à ne pas avoir enregistré un seul excédent budgétaire depuis 1974 ! Trente ans de folie gauloise, poursuit mon confrère avant d’applaudir Nicolas Sarkozy, qui a annoncé jeudi dernier qu’il voulait inscrire dans la Constitution, la règle d’or, selon laquelle en 2012, chaque gouvernement devra s’engager à respecter une trajectoire de baisse de la dette ! Encore faut-il que la droite et la gauche s’accordent sur ce point avant 2012, et l’éditorialiste du MONDE en doute. Et s’il n’y avait que la dette publique, pour nous gâcher l’été et la rentrée. Dans ses pages actualités, l’hebdomadaire LA VIE se demande si l’Europe doit se préparer à la fin de l’emploi. Car si la crise financière est abstraite, le chômage en hausse, les délocalisations frappent de plein fouet notre continent. 23 millions d’Européens sont au chômage. Au point que Jean-Claude Guillebaud, reprenant la question de Max Weber, se demande « si nous avons encore le goût de l’avenir ? ». Et le magazine LA VIE d’imaginer avec Gontran Lejeune, président du Centre des Jeunes dirigeants d’entreprise, un libéralisme responsable, qui relocaliserait l’économie française. Avec des boîtes innovantes, compétitives, humaines où le pouvoir serait partagé avec les salariés. Le même Gontran Lejeune, espère que nous serons tous plus raisonnables, invités par la crise à plus de frugalité ! C’est intéressant cette redécouverte de la chasse au gaspi. L’ancien commissaire au Plan, Jean-Baptiste de Foucault, l’évoque lui aussi dans un livre paru chez Odile Jacob, intitulé « l’abondance frugale » avec en sous-titre, « pour une nouvelle solidarité ». Et l’expert toujours soucieux d’une société en quête de sens, de rêver d’un monde où seraient proscrits le toujours plus, pour quelques-uns, comme le toujours moins, pour tant d’autres. Un quotidien breton, le TELEGRAMME de Brest, pose sur cinq colonnes à la une, la bonne question ce matin : « Est-ce qu’on peut vivre avec une petite retraite ». Photo d’un vieux Monsieur, qui jardine un peu. Et légende éclairante, où l’on peut lire : « 10 % des personnes âgées vivent aujourd’hui en France sous le seuil de pauvreté ». C’est vrai, poursuit le TELEGRAMME de Brest, certains retraités actuels peuvent faire figure de privilégiés. Mais c’est oublier les difficultés que supportent bon nombre de petites pensions ! Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Et vivent-ils jusqu’à cent ans, avec une retraite prise à soixante. C’était la question que posait Dominique Strauss-Kahn, jeudi à la télévision. Une question qui lui vaut, les compliments du FIGARO, en première page et en dernière page aussi, avec la chronique d’Anne Fulda. Et une volée de bois vert de Patrick Apel-Muller dans son éditorial de l’HUMANITE. « Dominique Strauss-Kahn », écrit Appel-Muller, « prend la porte de droite. Il remet en cause la retraite à soixante ans, mais pas les marchés financiers. Pire que ça », conclut l’éditorialiste, « il reste serein et considère même que la crise peut être un mal pour un bien ». Strauss-Kahn – Aubry : première discorde, résume LIBERATION avant de conclure : le directeur du FMI tente de se poser en réformateur responsable. L’hebdomadaire LA VIE que je citais tout à l’heure, oublie délibérément ce débat tr-s franco-français mais l’éclaire d’un petit tour d’Europe, éloquent. En relevant les différences entre les taux de chômage, des uns et des autres. Chômage record en Lettonie : 22,9 %. Irlande : 13,8 % France : 9,6 % Allemagne : 7,3 % Pays-Bas : 4,2 %... avec son système développé d’aide sociale, ce pays prospère a le taux de chômage le plus faible de l’Union Européenne. Car, il y a aussi les bons élèves de l’emploi et les mauvais. Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Et que les jeunes femmes meurent. Toute la presse évoque la triste fin de la petite policière. Aurélie Fouquet, victime de salauds qui ont brisé la vie d’une jeune femme de 26 ans, mère d’en enfant de 19 mois. Mercredi, ses obsèques en présence de Nicolas Sarkozy . Une double envie… aller demain aux Champs-Elysées et mercredi aux obsèques d’Aurélie Fouquet.

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