Bonjour à tous… - Ciel pur à Lille, où l’on attend aujourd’hui les héros du doublé Coupe-championnat de France de football. - Ciel pur à Cannes, où le palmarès du 64ème festival international du film sera dévoilé ce soir. - Ciel pur à Roland Garros où commencent ce dimanche les internationaux de France… Ciel dégagé au Yemen, avec le Président Ali Abdallah Saleh contraint de s’en aller… et s’en va ! Ciel clair enfin, en Côte d’Ivoire, au terme de la cérémonie d’investiture hier, de son nouveau Président, Alassane Ouattara. Il n’y a guère qu’à New-York, 71 Broadway, que le ciel reste assombri. Ce qui autorise peut-être le JOURNAL du DIMANCHE à titrer : « La bonne semaine de Nicolas Sarkozy », avec ce commentaire signé Bruno Jeudy : « Dans l’avion qui l’emmenait à Abidjan hier le chef de l’Etat, cachait sa joie. Il refuse d’accabler Dominique Strauss-Kahn, mais savoure les bonnes nouvelles ». Baisse du chômage, succès diplomatique, déboires du Parti Socialiste et embellie dans les sondages. Jean-Luc Parodi, consultant IFOP, équilibre ce dernier point de vue, en expliquant, qu’avec un point de popularité gagné sur un mois, Nicolas Sarkozy interrompt sa chute dans les enquêtes d’opinion. « Notre nouveau baromètre IFOP-JDD », écrit-il, « révèle un Président stabilisé, avec 29 % seulement de Français satisfaits ». Encore faut-il attendre, la semaine prochaine, lorsque Nicolas Sarkozy recevra à Deauville… Obama, Merkel, Cameron et les autres membres du G8, en l’absence de Dominique Strauss-Kahn. « Belle occasion », commente Bruno Jeudy, « pour le Président-candidat de montrer aux Français, sa stature internationale et souligner (en creux) l’inexpérience de François Hollande et de Martine Aubry ». Un argument, insiste mon confrère du JOURNAL du DIMANCHE, que les lieutenants de l’UMP utilisent déjà, la preuve cette cruauté de l’un d’eux : « Quand Nicolas dira… j’en ai parlé à Obama, Hollande répondra qu’il a vu tout ça avec Gérard Dugenou, ramasseur de champignons en Corrèze ». Reste, conclut cependant Bruno Jeudy, que Martine Aubry et François Hollande continuent de devancer Nicolas Sarkozy dans les sondages. Ciel pur, ciel bleu, ciel nuageux, à chacun ses perspectives… C’est ainsi que la presse ce week-end note que Christine Lagarde est le successeur désigné au Fonds Monétaire International, par l’Allemagne, l’Italie, la Grande-Bretagne, bref, l’Europe… Mais s’inquiète le journaliste Nicolas Prissette… si la ministre des finances est donnée favorite, elle est sous la menace de la Cour de Justice de la République et du Conseil d’Etat, dans l’affaire Tapie. D’où la prudence du gouvernement Fillon, qui n’a pas encore désigné pour remplacer Christine Lagarde à Bercy, le tandem Baroin-Mariton. A la rubrique, succession toujours, le PARISIEN-Aujourd’hui en France, voit se dégager le ciel, pour François Hollande. Vous pourrez en juger par cette manchette : « La semaine qui a tout changé pour François Hollande, désormais, le favori du Parti socialiste ». … Et par ce sous-titre… « Le destin de Hollande a basculé au gré de la descente aux enfers de DSK ». Désormais, favori des primaires, François Hollande veut plus que jamais apparaître comme le prototype du Français moyen. Vous avez dit… un candidat normal ? C’est cela, répond sur trois pages centrales, la rédaction du PARISIEN… Avec toutefois un petit dessin de Ranson, rappelant qu’il y a loin de la coupe aux lèvres. Le caricaturiste a représenté l’entrée de la rue Solferino, avec Hollande qui sonne : « Bonjour, il me fait un QG pour ma campagne 2012 ». Réponse sur le pas de la porte de Ségolène Royal, Martine Aubry, Laurent Fabius… « Faut l’accord des copropriétaires ». Le MONDE, daté dimanche-lundi, sourit lui aussi avec Plantu de ce qu’il convient d’appeler le phénomène Hollande. Sur le dessin de Plantu, une salle pleine à craquer, de militants de la rose au poing. A la tribune, Hollande réjoui, qui les harangue et déclare à son voisin de tribune… « Hé, c’est dingue, le monde qui vient à mes discours ! ». L’ennui, c’est que le monde en question, est tourné vers un immense écran-télé, où l’on ne voit qu’une seule tête : celle de Dominique Strauss-Kahn, devant ses juges. A la page 27, du même journal, Yves Simon, dans sa chronique, invite les uns et les autres à se souvenir de la roche Tarpéienne. Là où l’on suppliciait dans la Rome antique, ceux qui avaient failli, à la loi et aux mœurs, en les précipitant dans le vide. Souvenons-nous, oui, de la Roche Tarpéienne, qui jouxtait le capitole, lieu du Pouvoir suprême. Et Yves Simon, le romancier, d’interroger… « DSK voulait-il cela, cette déchéance. L’avait-il désirée au tréfonds de son inconscient afin de ne pas franchir ce qu’il ne voulait pas franchir ? ». Il faudra poser pour la question aux psy… qui n’attendent pas, et on ne leur reprochera pas, puisque les impatiences sont partagées, par les politiques, les médias, et l’opinion comme on l’a vu, tout au long de cette semaine. Excès et indécence, s’indigne Sylvie Kerviel, dans le supplément-magazine du MONDE, en saluant le CSA, qui a invité les chaînes télé, à plus de retenue… Dans le même supplément, Bertrand Legendre profite des cent ans, qu’aurait cette année le Président Pompidou, pour évoquer la manière de vivre et la simplicité de l’homme de Cajarc. Sa chronique est intitulée : « La Porsche de Monsieur Pompidou ». Il en avait une, une vraie, la 356… qu’il rangeait dans la Cour de Matignon. Et Bertrand Legendre, d’en profiter pour rappeler le couple… De Gaulle-Pompidou. Ils étaient complémentaires… Le premier écrit l’histoire, le second la sert. De Gaulle s’occupe de la France, son premier ministre des Français. A lire aussi… c’est dimanche, cette dépêche AFP de RGS, qui suggère à chacun d’entre nous de nous souvenir de l’affaire Paula Jones ! A lire enfin Georges-Marc Benamou dans Nice-Matin : « C’est François Bayrou qui aura la meilleure formule, sur l’affaire DSK : ce glaçant mélange entre tragédie antique et série américaine ». Dans la MONTAGNE, Daniel Ruiz écrit ceci : « … Prisonniers du plafond de verre de nos angoisses, nous guettons en vain une bouffée d’air pur pour résister à nos jours moroses et nous purifier de la violence des catastrophes, des dictatures et des indécences obscènes. Et le soir, nous picorons Césaire, Kundera ou Victor Hugo à chercher une rafraîchissante jouvence. Quête inutile qui n’apporte que la sage certitude de la vanité des hommes. La preuve surgit comme un diable de son fascicule : Ruy Blas (acte I, scène I) : Ah ! Tout perdre en un jour. Pour une amourette avec une suivante, une fille de rien. On m’exile ! Et vingt ans d’un labeur difficile, vingt ans d’ambition, de travaux nuit et jour. Mon crédit, mon pouvoir, tout ce que je rêvais… charge, emplois, honneurs, tout en un instant s’écroule. Au milieu des éclats de rire de la foule ! ».

L'équipe

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.