Bonjour à tous, en ce samedi 22 mars 2008, veille d’un dimanche de Pâques fleuries que nous passerons probablement aux tisons et pas au balcon ! J’ai bien dit samedi 22 mars 2008, et non pas vendredi 22 mars 68, bien que SUD-OUEST, LE DAUPHINE, LA REPUBLIQUE DES PYRENEES, LE REPUBLICAIN LORRAIN, reviennent largement ce matin, sur les évènements de Nanterre, en se demandant si finalement Nicolas Sarkozy n’est pas, lui aussi, l’héritier du printemps 68. Mais comme on disait à l’époque, Dieu est Dieu, nom de Dieu ! C’est même la raison pour laquelle, en ce week-end de célébration de la résurrection, il est bon de s’arrêter au dossier Religion et Spiritualité que lui consacre LA CROIX. Et de s’informer aussi des différences qui marquent les Pâques chrétiennes de ce mois de mars, de la Pâque juive qui sera fêtée les 19 et 20 avril. LE FIGARO publie ce matin, un double témoignage sur ce point, en confrontant l’archevêque de Lyon, le cardinal Philippe Barbarin, et Gilles Bernheim, le grand rabbin de la synagogue de la Victoire à Paris. Tous deux ont signé un dialogue, « Le Rabbin et le Cardinal », aux Editions Stock. Ils le reprennent à la page Débats du FIGARO, en s’accordant pour considérer que « tout commence à Pâques » pour les juifs comme pour les chrétiens. « La résurrection de Jésus, explique Monseigneur Barbarin, est le sommet de la révélation chrétienne. Saint Paul l’affirme avec clarté quand il dit : « le Christ est mort pour nos pêchés. Conformément aux Ecritures, il a été mis au tombeau, il est ressuscité ! Et s’il n’est pas ressuscité, commente l’archevêque de Lyon, alors notre foi est vide, vaine, creuse. Mesurez d’ailleurs le temps que Jésus, puis ses apôtres, prennent pour attester ce fait concret et incroyable de la résurrection. Tout cela, conclut Monseigneur Barbarin, nous l’avons reçu des juifs. Dans la nuit pascale, nous lisons toujours le chapitre XII du livre de l’Exode. Pâques vient d’un mot hébreu qui veut dire à la fois passer et épargner. En effet, dans l’épisode tragique de la mort des premiers-nés d’Egypte, la bible dit que les maisons marquées par le sang de l’agneau pascal seront épargnées. Et le Cardinal conclut, ce rappel aussi pédagogique qu’évangélique : « Pâques, c’est la fête du passage. Après avoir franchi la Mer Rouge à pied sec et marché pendant 40 ans dans le désert, le peuple hébreu entre dans la Terre promise. Pâques ouvre donc sur une immense espérance, puisqu’en ressuscitant Jésus, ce jour-là, Dieu nous assure qu’après la mort, la vie n’et pas détruite, elle est transformée. » Le grand rabbin, Gilles Bernheim, ne débat pas de ce dernier point, puisque les juifs attendent toujours le Messie. En revanche, il explique que Pessah, c'est-à-dire la Pâque juive en hébreu, évoque d’ abord une longue soirée familiale appelée le Seder. Celle-ci commence à la nuit et se prolonge plusieurs heures, au cours de laquelle officiant et participants multiplient les gestes symboliques, les récits, les chants au cours d’un repas succulent, au menu immuable. Le but de ce déploiement de rites est d’étonner et d’instruire les enfants, et de les convaincre que leurs aïeux étaient esclaves en Egypte, jusqu’à ce que le Créateur les fasse miraculeusement sortir des prisons de Pharaon. La Pâque juive, précise Gilles Bernheim, célèbre la véritable naissance du peuple hébreu. Ils étaient arrivés en Egypte, à quelques dizaines tout au plus, deux siècles plus tôt. Ils sont deux millions à repartir, prêts à affronter une longue errance dans le désert, où ils recevront du haut du Sinaï, leur loi, la Torah. C’est Shimon Peres qui remarquait l’autre jour à Paris, que les dix commandements ne comportaient que 169 mots. Qu’ils avaient fait le tour de la terre, et donné peu ou prou, naissance à quelques 1700 religions et sectes, voire à une morale universelle. Résurrection, naissance d’un peuple, passage… dans son dossier religions-spiritualité, LA CROIX reconnaît par la voix du père Michel Deneken, théologien strasbourgeois, qu’il est difficile de croire aujourd’hui en un Dieu créateur. « C’était facile pour les pères de l’Eglise. Pour nos contemporains, c’est plus délicat. Pour avoir foi en la résurrection, il faut adhérer au témoignage des apôtres, et faire confiance à l’Eglise. Or, souligne le théologien, l’Eglise-institution est devenue objet de méfiance. » Le père Louis-Marie Chauvet, de l’Institut catholique de Paris, ajoute à cela que les représentations artistiques de la résurrection, inspirées du livre d’Ezekiel, n’arrangent rien. En effet, on se figure la résurrection de la chair comme une réalité concernant nos cellules biologiques. Avec des ossements qui se rabouteraient les uns aux autres dans un joli cliquetis, la peau et les cheveux qui repousseraient aussi. Bref, conclut le père Chauvet, la confusion entre l’image et le réel est totale, et la résurrection devient incroyable ! C’est pour cela que LA CROIX, citant cette fois un théologien jésuite, le père Martelet, écrit in fine : « On pense souvent que Jésus est mort pour nos pêchés. Ce n’est pas vrai. Jésus est mort pour témoigner du Père. Les jeunes peuvent prendre appui sur le sens qu’ils ont de la personne et saisir que chacun d’eux, compte pour Dieu. » Je n’ai pas fini, et je n’oublie pas que parmi les auditeurs de France Inter, il y a ceux qui croient au ciel, et ceux qui n’y croient pas. Les uns et les autres ne dédaigneront pas de se reporter aussi au journal LA CROIX, qui publie en première page, un sondage de l’Ifop, sur les Français et les religions. Avec quelques bonnes questions, dont celle-ci : « Concernant la loi de 1905, loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, diriez-vous que l’on doit la garder telle qu’elle est… en réformer certains aspects, ou la supprimer ? » La supprimer : 7% des personnes interrogées… En réformer certains aspects : 21%... La garder telle qu’elle est : 71%... Commentaire de LA CROIX… la laïcité, valeur prioritaire… mais pas de laïcité sans religions. Pas de paix, sans esprit de défense… Toute la presse revient ce matin sur le lancement hier à Cherbourg du « Terrible », notre quatrième sous-marin nucléaire… L’assurance-vie de la nation, a dit Nicolas Sarkozy, qui en a profité pour révéler que notre pays disposait de 300 têtes nucléaires. Une information que l’on gardait secrète jusqu’ici. Quelques bonnes lectures pour finir. Lionel Jospin… au MONDE… s’inquiète des déséquilibres qui affectent notre pays aujourd’hui. Et L’HUMANITE demande s’il faut, oui ou non, tourner la page de Mai-68. Dans L’EQUIPE, le record au 100 m Nage Libre, battu par Alain Bernard, 24 ans. Et je ne sais pas si vous avez vu ça hier à la télévision, le titre mondial de patinage artistique pour Delobel et Schoenfelder ? C’était formidable. Je voulais vous dire que dans les commémorations de Mai-68, on oublie quelqu’un ; le général de Gaulle. J’ai retrouvé pour vous dans ma bibliothèque, les mémoires d’Alain Peyreffite. Je vous en lis un extrait… … D’autrefois, d’autrefois ? Il y a encore des obséquieux aujourd’hui !

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.