Bonjour à tous… Vous attendiez Ségolène ? C’est Martine ! Vous aviez parié sur Madame Aubry ? Perdu ! Le camp de Madame Royal revendique la victoire et propose pour sortir des confusions de la nuit, d’organiser un nouveau vote des militants. Mais pas question, semble-t-il d’adopter cette solution, puisque selon un communiqué de la direction du Parti socialiste tombé tout à l’heure « Martine Aubry a été élue Première secrétaire du PS avec 42 voix d’avance sur Ségolène Royal » (50,02 % pour la première - 49,98 pour la seconde…). Et voilà le travail ! pourront commenter tous ceux qui à l’instar de François Mauriac, aiment tellement l’Allemagne qu’ils se réjouissent qu’il y en ait deux ! Il y a en effet aujourd’hui à un cheveu près, deux Partis socialistes : celui de Ségolène Royal qui considère comme l’a déclaré Manuel Valls, cette nuit, qu’on lui « avait volé la victoire », et celui de Martine Aubry affirmant avec Claude Bartolone et Daniel Vaillant : « C’est fait, c’est dit… même si la situation est compliquée, personne ne peut nier que Martine Aubry est le nouveau Premier secrétaire du parti ». Le même Claude Bartolone a déclaré à Laure Bretton de l’Agence Reuters, que la Maire du beffroi avait téléphoné cette nuit à la Présidente de la Région Poitou-Charente et lui aurait dit : « Ségolène, nous avons toi et moi, une responsabilité ». « Mais je serai elliptique » a rapporté le député de l’Essonne, « en vous disant que Ségolène Royal n’a pas accepté cette proposition ». Si Claude Bartolone, pratique merveilleusement l’art de la litote, les cris d’oiseau, entendus cette nuit, rue de Solférino et soigneusement rapportés par les radios, disent assez haut, ce que les journaux bouclés avant potron-minet suggèrent eux entre guillemets. Accusations de triche, Royal conteste la victoire d’Aubry titre en manchette le journal mulhousien, L’ALSACE. Score serré pour un Parti socialiste déchiré, écrit de son côté, le journal MIDI LIBRE de Montpellier. « LE PARISIEN », lui, a préféré dater, sans commentaire, son édition de Seine Saint-Denis : « A deux heures du matin, sur fond de tensions, Aubry devance Royal ». Et pour illustrer cette manchette, mes confrères de la capitale, ont choisi une photo de Martine Aubry, affichant au milieu des siens, cette nuit un sourire de vainqueur. En page intérieure, Olivier Ranson, a croqué un éléphant, assis dans un petit chariot à roulettes, poussé avec deux fers à repasser. « C’est vrai », dit l’éléphant vainqueur, « on a eu des divergences avec la base, mais ce n’est pas ça, qui nous empêchera de repartir ». Plaignez, en revanche, les autres quotidiens, imprimés plus tard, oui, plus tard que Le PARISIEN, hier soir. Ceux-là évidemment, n’ont pas, ce matin la fraîcheur nécessaire de la nouvelle, et ne savent pas que, pour en sortir, François Hollande a proposé une réunion du Parlement du parti, mardi. Mais il est intéressant néanmoins, de mesurer la façon dont les journaux qui n’ont ni la souplesse d’Internet, ni celle des radios, ont tourné la difficulté. LE FIGARO est en effet très près de la vérité en titrant sur un Parti socialiste coupé en deux. Et en précisant « le suspens s’est prolongé très tard dans la nuit, les deux camps, criant tour à tour victoire ». Attitude identique à LIBERATION qui titre sur Ségolène Royal et Martine Aubry au coude à coude, « Le Parti socialiste, à l’heure des comptes ». Idem, pour l’EST REPUBLICAIN de Nancy, tout de même plus précis, quand il écrit : « Victoire contestée pour Martine Aubry qui revendique, oui, la victoire, tandis que les partisans de Ségolène Royal, affirment ne pas vouloir, se la laisser voler ». LA VOIX DU NORD, s’en tire avec une question… Martine Aubry à l’arraché ? juste au-dessus d’une photo d’archives montrant Martine et Ségolène très souriantes et tout près de s’embrasser. NORD-ECLAIR WEEK-END, fait de même en titrant « Et maintenant », avant de parier que le processus de désignation qui a déjà été très long puisque pour désigner le successeur de François Hollande il a fallu près de cinq mois et qu’on y est pas, et que la nouvelle dirigeante va avoir bien du mal à gérer les tensions. Dans les départements bretons, OUEST-France, a choisi délibérément de faire l’impasse sur la nuit la plus longue du principal parti français de l’opposition. Un mot seulement sur l’incertitude, et un dossier, sur un sujet qui fâche les Français : le travail du dimanche. Restent, ceux que nous appellerons les petits malins et qui ont finement traité le sujet PS, sans le traiter, tout en le traitant. C’est très fort, comme vous allez le constater, LE POPULAIRE DU CENTRE, fait sa manchette sur « Ségolène, l’élue de la Haute-Vienne ». Tout aussi subtil, PRESSE-OCEAN titre sur Royal qui devance Aubry en Loire-Atlantique. Subtile également LA NOUVELLE REPUBLIQUE, qui explique que la nouvelle patronne de Solférino, va devoir se réconcilier avec sa concurrente. LA DEPECHE DU MIDI, reste dans le noir, elle aussi avec deux photos, et une manchette sur la folle nuit Royal - Aubry. Mais la palme revient me semble-t-il ce matin à l’INDEPENDANT CATALAN, que je vous laisse apprécier : « PS : la Rose, s’offre à une Dame ? ». Laquelle cher confrère ? Allez, on ne vous en veut pas, quand on lit dans LA PROVENCE, chez vos voisins aixois, ce conseil de prudence écrit en caractère d’affiches : « La fréquentation est en hausse… Les Provençaux, oublient tout pour aller au cinéma ! ». Je n’ai rien dit de FRANCE SOIR, qui évoque Noël et les achats malins, avant de surtitrer tout de même : « Parti socialiste, à une heure du matin, Aubry revendique la victoire ». Rien dit non plus de l’HUMANITE qui explique, à ses lecteurs, pourquoi il faut une loi, contre les violences faites aux femmes… Avec en surtitre : « Dijon, Unilever ferme les Usines Amora, la moutarde monte au nez de ses salariés ». Et, tout à côté, un mot pessimiste de Stendhal, en encadré, bien adapté à l’actualité : « La parole a été donnée à l’homme pour cacher sa pensée ».

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.