Bonjour à tous. « La colère des imbéciles envahit le monde ». C’est Jean-Claude Guillebaud, qui rappelle aujourd’hui dans le NOUVEL OBS ce cri de Georges Bernanos avant de critiquer gentiment Alain Finkielkraut, lequel voit dans Internet : les égouts de la planète ! « C’est vrai », écrit Guillebaud, « que les colères obtuses du moment trouvent sur le web un porte-voix plus efficace que jamais, mais on ne doit pas pour autant diaboliser ce prodigieux instrument ». Reste cependant pour le chroniqueur du NOUVEL OBSERVATEUR le droit d’exercer, vis-à-vis d’internet, le même esprit critique, réservé aux autres médias et à l’ensemble du monde politique. Pas question pour Guillebaud d’imaginer une censure ou une quelconque police du net, mais la liberté offerte à chacun de tonner contre la colère des imbéciles et les haines proliférantes qu’internet relaie avec un contentement confondant. Et le chroniqueur d’expliquer que le fonctionnement de la toile aboutit en effet à un aplatissement pernicieux des catégories, une égalisation des statuts, qui permettaient jadis de différencier les paroles. Pour faire court, conclut-il, on dira que certains propos étaient tout de même plus valides que d’autres… Levi-Strauss par exemple ou tel spécialiste de l’art précolombien, vaut bien selon Jean-Claude Guillebaud, le blog d’un colérique anonyme, pressé de cracher son ressentiment ou de clamer sa frustration. Bref, sur Internet comme au kiosque, citoyen mon frère, il faut choisir et séparer aujourd’hui comme hier le bon grain de l’ivraie ! Mais quelle responsabilité ! Ai-je bien le droit, ce matin, de vous inviter à lire dans LE POINT le très solide éditorial de Claude Imbert, intitulé : « Composition française ». Ai-je le droit de souligner le point de vue de Denis Tillinac qui revient lui aussi sur la polémique Marie NDiaye-Eric Raoult en écrivant : «Le Prix Goncourt pense que l’Allemagne est plus accueillante que la France pour les étrangers, mais cela m’avait échappé » ? Dois-je oui ou non passer sous silence cette confidence de Thierry Ardisson, révélée au magazine QG : « J’ai dit à Sarkozy, c’est marrant, vous êtes un mix entre Bonaparte et Dechavanne, mais ça ne l’a pas fait rire du tout ». Faut-il, à ce micro dominical taire ou reprendre la dénonciation des duettistes socialistes, Royal et Peillon, de Maurice Szafran dans MARIANNE ? « Vous êtes » leur dit-il « des tricheurs et des détrousseurs d’espoir. Vous nous préoccupez beaucoup plus que Raymond Domenech et l’équipe de France de football ». Dois-je aussi sur le même sujet, légitimer Jean-Marcel Bouguereau, quand sous le titre : « Le bal des faux-culs », il écrit dans la REPUBLIQUE des PYRENEES, que cette affaire de football rappelle le pain et les jeux du poète romain Juvénal et qu’il faudrait y apporter une réponse morale. Malaise, impression de triche, les Français sont troublés s’émeut ici, aujoud’hui, dans NICE-MATIN, Georges-Marc Benamou. Et le même de dénoncer le silence des dirigeants du sport français, qui ont oublié la valeur de l’expression « fair-play » et la nécessité d’un mea culpa. Sue la polémique Royal-Peillon, Benamou préfère ironiser : « Allons », écrit-il, « cette semaine devrait être la semaine de tous les dangers pour Nicolas Sarkozy : déficits, grogne des élus, grand emprunt. Mais grâce aux duettistes du Parti socialiste, le Président de la République a évité tous les écueils ». Merci Ségolène, merci Peillon continuez comme ça jusqu’en 2012… A cet égard, le revuiste de presse, doit-il renvoyer dos çà dos, Madame Royal qui s’en prend dans le JOURNAL du DIMANCHE au désordre fiscal de Nicolas Sarkozy. Et le MONDE qui réplique : Nicolas Sarkozy engage la bataille des régionales en dénonçant la folie fiscale de la gauche. Et ou placer dans ce débat conjoncturel l’entretien accordé au même journal par un Laurent Fabius affirmant que les élus locaux, de gauche ou de droite, ne croient plus à la parole du gouvernement. Allez savoir aussi, si cela vous intéresse aujourd’hui, le pronostic du même Fabius, selon lequel, le moment venu, Nicolas Sarkozy peut parfaitement être battu. Question là-dessus de mes confrères du MONDE : « Au PS, le jeu semble très ouvert. Avez-vous toujours en tête l’idée de concourir ? ». Réponse de Laurent Fabius : « Aujourd’hui, je ne serais pas en situation. Mais que se passera-t-il dans 2 ans et demi ? Personne ne le sait ». L’avenir n’est écrit nulle part, disait l’autre, c’est pourquoi je vous inviterai alors très résolument à quatre lectures-témoignages de vieux sages, merveilleusement présents dans la presse du week-end. Aznavour, fêté dans le magazine LIBERATION et interviewé à la page culture du JOURNAL du DIMANCHE. Charles Aznavour a 85 ans et déclare ingénuement : « Moi je suis un diplômé de la rue. J’ai toujours eu du plaisir à bosser et j’ai envie de vivre longtemps, parce que je suis curieux de voir comment va évoluer l’humanité ». Le même Aznavour voudrait rencontrer Monsieur Sarkozy. Pour lui dire quoi, demandent mes confrères Eric Mandel et Danielle Attali. « Qu’il ne sert à rien de renvoyer trois pauvres Afghans dans leur pays en guerre. Besson a fait une erreur monumentale. Y en avait sûrement d’autres à choper, un dealer, un passeur… Mais seuls les naïfs se laissent prendre. Je voudrais un rendez-vous avec Nicolas Sarkozy car j’ai un programme pour aider les immigrés. Parmi tous ces gens qui sont venus chez nous poussés par la faim, on trouve de tout. Des menuisiers, des pharmaciens, des médecins, des gens qui savent travailler la terre. Pourquoi ne pas en faire de vrais citoyens ? ». Ne pas rater non plus, dans le PARISIEN un autre octogénaire… En bon laïque, l’ancien Garde des Sceaux donne son sentiment sur le port de la Burqa et aussi sur l’identité nationale. « Je suis un adversaire résolu de la burqa. Elle exprime une conception du rapport de la femme aux autres et à la société que nous refusons. Dans l’espace public, et notamment dans les services publics, il est nécessaire de montrer son visage. On ne peut tout de même pas s’adresser à un fantôme ! Si, au regard de la prolifération des burqas dans certaines zones urbaines, il paraît nécessaire d’agir, mieux vaut procéder par des arrêtés municipaux interdisant le port de la burqa dans certains lieux publics, et notamment dans les services publics tels les écoles, postes, hôtels de police, etc. l’arrêté sera contesté et la Conseil d’Etat décidera au cas par cas. Cela devrait suffire ». Sur le même thème… Claude Imbert dans le POINT : « C’est un grand beau mystère que la Nation, écrit-il, avait d’oser noter que l’immigration est nécessaire mais dérangeante . Bref, il va falloir s’accommoder entre la vision intégrationniste et la vision différencialiste. Les cultures ont le droit de se protéger les unes des autres… Une certaine dose de xénophobie n’est pas utile à la pérennité d’une société et ne doit pas être confondue avec le racisme… Mais oui ! » Un mot encore sur une voix éteinte, nature, acidulée, celle de Kriss. Elle parlait, sensible, sans cette colère imbécile des haineux d’aujourd’hui.

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