Bonjour à tous, en ce dimanche qui renvoie au succès de Julio Iglésias. « Vous les femmes, vous le charme. Vos sourires nous attirent, nous désarment… Vous les anges adorables, et nous sommes nous les hommes, pauvres diables ! » Comment ne pas savourer, à l’heure où les communistes s’apprêtent à lancer, la candidature de Marie-George Buffet, et où les radicaux de gauche balancent sur l’air : Christiane Taubira… Vas-y, non n’y vas pas. Récapitulons… Ségolène, Arlette, Clémentine, MAM peut-être, Marie-George si c’est fait. Elle le dira tout à l’heure, oui sur cette antenne à Roland Mihaïl, et Christiane Taubira, forte tête, qui a déjà montré en 2002 qu’elle était déterminée à y aller et même capter sur son nom, on s’en souvient, les suffrages qui manqueront à Lionel Jospin. Cinq femmes au moins, aujourd’hui parmi les douzaines de candidats masculins, qui croix de fer, croix de bois laissent supposer qu’ils vont se lancer au printemps prochain. Cinq femmes qui ne seront pas forcément impressionnées par l’analyse que signe aujourd’hui Virginie Le Guay, dans les colonnes du Journal du Dimanche. « Jacques Chirac, écrit-elle, dont la forme et l’activisme en surprennent plus d’un, n’exclut rien ! » Entendez qu’au mois de janvier prochain, le Président de la République pourrait surprendre tout le monde et dire : « Français, françaises, j’y vais. Ralliez-vous à mon panache blanc. » Ce serait « inapproprié », car il faut des personnalités nouvelles, dit avec beaucoup de suavité, dans le même Journal du Dimanche, Monsieur Edouard Balladur, interviewé lui aussi aujourd’hui par Virginie Le Guay. Laquelle consœur, du Journal du Dimanche ne résiste pas au plaisir, de reprendre les propos tenus publiquement l’autre jour, par Roselyne Bachelot, dont on sait, qu’elle a déjà choisi son candidat, Nicolas Sarkozy. Si le Président écoute, a-t-elle dit à la radio, avec son ton inimitable, qui rappelle le bruit d’un papier de bonbon qu’on déplierait. « S’il écoute, je lui dis, Jacques parce que je t’aime, il n’est pas bon que tu te présentes à un troisième mandat… Il est temps de passer le relais à quelqu’un d’autre… » Ce propos de Roselyne Bachelot, délicatement empoisonné a tellement plu à Virginie Le Guay, comme il plaira j’imagine à nombre d’impatients, que ma consœur du Journal du Dimanche, le reprend aujourd’hui dans son interview d’Edouard Balladur. Question, Monsieur le président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale… Peut-il y avoir, selon vous, d’autres candidats à l’UMP, que Nicolas Sarkozy, Monsieur de Villepin, Michèle Alliot-Marie par exemple… Bien sûr, répond Monsieur Balladur. Je ne vois pas pourquoi, on interdirait à qui que ce soit une candidature. Oui, mais alors, ne conviendrait-il pas d’attendre, que Jacques Chirac se soit exprimé sur ses intentions ? - Je ne vois pas pourquoi, lance, l’ancien Premier ministre, candidat malheureux en 1995. Au président de la République de dire ce qu’il souhaite au moment où il aura choisi. Et c’est alors que tombe la question Bachelot de Virginie Le Guay… Imaginez-vous que Jacques Chirac, puisse se représenter ? Dix petites lignes de réponse à savourer. « Je n’ai nul conseil à donner à personne. Je me borne à observer que l’expérience de la Vème République a montré, à plusieurs reprises, qu’une présence prolongée au pouvoir ne présente pas que des avantages. J’ajoute que la France aspire à un changement profond. Pour imaginer et conduire ce changement, il faudra des personnalités nouvelles. » Fin de citation. Ca tombe bien, parce que Nicolas Sarkozy, l’ancien ministre d’Edouard Balladur, fait partie de ces personnalités nouvelles, ou tout du moins, apparaît comme tel. D’où cette question alors de Virginie le Guay : « Doit-il quitter le gouvernement, pour retrouver toute sa liberté d’expression. Réponse de l’ancien conseiller de Georges Pompidou : « C’est à lui de voir… Enfin, il dit exactement : « c’est à lui de l’apprécier. Avant lui, Messieurs Giscard d’Estaing, Chirac, Mitterrand, Jospin ou moi-même, nous sommes restés en fonction comme ministre, président ou comme Premier ministre. Quant à la liberté d’expression, qu’il soit ou pas dans le gouvernement, Monsieur Sarkozy devra trouver le juste équilibre entre la solidarité avec la politique suivie depuis quatre ans et demi et son projet présidentiel. D’autres avant lui se sont trouvés dans le même cas. » Fin de citation. Bref, conclut ma consœur du Journal du Dimanche, les rivalités, à droite, ça continue, comme en 95, quand vos amis étaient écartelés, entre Chirac et vous… Et voici la réplique, calme et philosophique d’Edouard Balladur. « En France, il y a toujours eu deux traditions à droite : une droite étatiste et une droite libérale. Et il y a toujours eu un candidat représentant chacune de ces différentes droites. En 74, Giscard d’Estaing s’est présenté contre Chaban-Delmas ; en 81, ce furent Giscard d’Estaing et Chirac ; en 88 Chirac et Barre ; en 95, Chirac et moi-même. Il nous appartient de gérer nos différences pour nous retrouver au moment décisif. Claude Imbert dans son éditorial du Point, se veut plus pugnace qu’Edouard Balladur et préfère dénoncer, ce qu’il appelle le délire anti-libéral des Français. Une exception, qui trouverait selon lui, ses relais dans l’électorat ultra-gauchiste, estimé à 10% du corps électoral. Une ultra-gauche écrit Claude Imbert qui pèse sur un Parti Socialiste encore très incertain de ses frontières… « A l’exception de Ségolène Royal, ajoute-t-il, et de Dominique Strauss Kahn, combien de socialistes craignent encore de passer, pour ces social-traitres, que dénonçait jadis le Parti communiste français. Et l’éditorialiste du Point, très en verve et très en colère de s’écrier… « Combien songent, tel Fabius, à rameuter contre le loup-garou libéral les vestiges du Programme commun ? Et parmi les Buffet, Laguiller et autres Besancenot, combien pensent encore que la catastrophe du communisme – ses millions de morts, son massacre des libertés, sa stérilité économique – ne doit être imputée… qu’à quelques erreurs regrettables de Lénine et de Staline ? A leurs yeux, le ver n’était pas dans le fruit de l’équarrissage égalitaire : ils gardent l’illusion d’un équarrissage vertueux… Et vlan ! Deux pages plus loin dans Le Point, Carl Meeus, évoque un Dominique Strauss Kahn en embuscade, avant de citer les témoignages anti-ségoléniens relevés par Philippe Alexandre, dans son livre « Les éléphants malades de la peste… Deux suffiront : Claude Allègre… et Lionel Jospin. En mai 2006, Monsieur Jospin aurait dit : « Avec elle, nous n’aurions plus de Parti socialiste, l’héritage de Jaurès, de Blum et même de Mitterrand serait jeté à la corbeille, et vous auriez une espèce de Parti démocrate à l’américaine, la politique réduite à la pratique du show-business. » Claude Allège, si je puis dire, c’est pire ! Quand on prononce devant lui le nom de Ségolène, il se contient d’abord quelques instants : question image, c’est vrai, elle est très forte. Puis il se fâche : « Elle ne travaille pas. Quand elle était avec moi au ministère, elle ne contrôlait rien. Les nominations d’enseignants partaient dans tous les sens. Un jour, à cause d’elle, je me suis fait remonter les bretelles par Jospin et Strauss-Kahn. Avec ça, elle est intraitable pour le personnel. A son cabinet, ça valsait. Elle a changé trois fois de chauffeur. Après mon départ, elle est passée sous la coupe de Martine Aubry, qui se plaignait d’elle tout le temps. » Voyez que les femmes, c’est pas charmant, je le disais pourtant au début. Réplique de Julien Dray, dans Le Parisien, ce matin… Ségolène, grâce aux débats, a achevé de convaincre… Et voici ce qu’il ajoute : « Depuis des mois, on a dit qu’elle n’était qu’une création artificielle, une bulle médiatique. On a dénoncé son incompétence, son inexpérience… Même pour ceux qui la soutiennent aujourd’hui, il pouvait y avoir encore une hésitation. Mais cette semaine aura permis d’achever de les convaincre. Et ce n’est pas fini. Alors évidemment Le Parisien dit à Julien Dray : elle va peut-être faire un ticket avec DSK ou quelques autres ? - Des ticquets, négocier ? Certainement pas, répond Julien Dray. Et puis maintenant, une information, je vous la donne parce qu’elle est capitale. On la doit à Guy Carcassonne qui est un constitutionnaliste formidable. Dans Le Point il dit : Y’a qu’à faire comme pour le calendrier de l’avant. Vous prenez une constitution, la constitution de la République, un calendrier. Vous regardez… le mandat de Jacques Chirac s’arrête le 16 mai à minuit. Donc, on votera le 15 ou le 22 avril 2007.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.