Bonjour à tous. F comme France. F comme fête. F comme France en fête, après la victoire tant espérée du XV de France sur les Irlandais… F comme Fidel… (le leader maximo réapparu hier à la télévision cubaine, malade, vieilli mais vivant dans son survêtement… Et vous pouvez continuer avec les titres des journaux de ce samedi 22 septembre, jour d’expiation et de pardon pour les juifs qui fêtent Kippour. F comme François Fillon, et comme Faillite, le mot, l’horrible mot qu’il ne faut pas prononcer, mais que la Premier ministre a lancé – imprudemment – ou délibérément, vendredi, devant des agriculteurs hier à Ajaccio. Faillite, de l’italien « faillita » = faute. Dérivé de faillir (manquer). Manquer de l’argent nécessaire pour payer une dette. Situation d’un commerçant dont un tribunal a constaté la cessation de paiement. Faillite peut être aussi, précise Le Robert, l’échec d’une entreprise, d’une idée, d’une expérience, d’une politique. Et les synonymes ne sont pas plus réjouissants : Banqueroute, débâcle, déconfiture, krach, ruine. J’en passe… qui pourrait expliquer les atténuations apportées par le Premier ministre à sa première expression. Et aussi justifier la réplique de Dominique de Villepin hier soir sur Europe 1. « J’ai laissé, a-t-il dit, l’Etat dans une situation meilleure qu’aujourd’hui… grâce à une politique de désendettement qui a amélioré les choses.» Et le même Villepin a cru bon d’évoquer le paquet fiscal voté cet été, d’une flèche assassine : « On a dépensé beaucoup d’argent, plus de 15 milliards d’euros qui ont aggravé la situation financière de la France. » Et pan sur son successeur ! LE PARISIEN rapporte fidèlement tout cela, dans un article signé Bruno Micoine, et intitulé : « Fillon décrète l’état de faillite. » Je cite in extenso les propos du Premier ministre de Nicolas Sarkozy, qui suscite déjà beaucoup de polémiques. Les uns considérant que c’est un dérapage. On ne dit pas cela, le mot est trop fort. Les autres, parlant de calcul, pour préparer l’opinion à l’austérité, au plan de rigueur : « En vérité, moi, je suis à la tête d’un Etat en situation de faillite sur le plan financier, un Etat qui est depuis quinze ans en déficit chronique, un Etat qui n’a jamais voté un budget en équilibre depuis vint-cinq ans, ça ne peut pas durer ! (…) J’ai l’obligation de ramener le budget de l’Etat en équilibre à la fin du quinquennat. Sinon, on ne pourra rien bâtir de solide. » LES DERNIERES NOUVELLES D’ALSACE reprennent le propos du Premier ministre, mais sans la polémique qui a suivi. LIBERATION le restitue en bonne place dans sa page politique avec ce titre : « Fillon parle de faillite, Villepin s’agite. » Et ce commentaire : « Le discours de François Fillon hésite entre la bourde politique et l’autopromotion en sauveur d’une France vouée au dépôt de bilan. » LIBERATION précise néanmoins, comme LE PARISIEN, que le Premier ministre a atténué dans la soirée, l’effet ravageur du mot faillite, en expliquant dans un communiqué : « Il faut parfois utiliser des images. C’est ce que j’ai fait devant des agriculteurs qui demandaient toujours plus, toujours plus à l’Etat. Je leur ai dit que si la France était une entreprise, un ménage, elle serait en cessation de paiement. Notre pays s’endette, il faut que les Français prennent conscience qu’il est temps de mettre un terme à des solutions de facilité qui ont été employées depuis 25 ans, et qui placent la France dans une situation de faiblesse. » Mais ne me demandez pas ce que LE FIGARO pense de tout cela… Dans le cahier saumon, très bien fait, consacré à l’économie par ce journal, rien sur la faillite nous voilà… En revanche, un article bien documenté sur l’euro qui crée un malaise en Europe, et ajoute à la crainte de voir la croissance européenne entravée. Avec en complément, une page sur la guerre aux fraudeurs déclarée par Nicolas Sarkozy… On estime en effet, que le montant des fraudes sociales et fiscales, atteint dans notre pays, 30 milliards d’euros. Faudra-t-il des peines planchers contre le travail au noir et la fraude à la Sécurité sociale ? demande LE FIGARO, en expliquant que le fisc, la Sécurité sociale et l’Unedic pourraient découvrir les tricheurs en exploitant davantage les données informatiques. L’Etat fragile… parlons-en… propose le quotidien communiste L’HUMANITE… en expliquant qu’il faut peut-être trouver une alternative à la domination financière qui ruine l’entreprise. Et aussi, « en renonçant pour l’hôpital, aux logiques comptables. » Bruno Bouvet dans LA CROIX, nous renvoie là-dessus à Geoffroy Guichard, le fondateur du groupe Casino. Un homme qui s’intéressait à la prospérité de ses affaires autant qu’au développement personnel de ses salariés. Mon confrère de LA CROIX cite à cet égard, la directrice du département Ville d’Art et d’Histoire, à la mairie de St Etienne, la ville du petit épicier légendaire. « Le management de Geoffroy Guichard, dit-elle, peut nous sembler paternaliste… mais il parlait de ses deux mille ouvriers comme de ses deux mille enfants. C’était un homme hors du commun, peu soucieux de s’enrichir personnellement. Il avait un grand sens humain, au point de secourir pour l’embauche, les épouses de ses salariés partis au front en 1914. Mieux que cela, il n’a cessé de réinvestir les bénéfices de son entreprise, dans son entreprise, pour la développer. » LA CROIX, page 21… avec photo du stade Geoffroy Guichard… que marquèrent les Verts… Larqué, Piazza, Rocheteau, Bathenay. C’était avant nos rugbymens, bleus, bleus comme un ciel de Provence, qui l’ont emporté hier au Stade de France, par 25 à 3… grâce notamment à deux essais de Vincent Clerc… D’où cette manchette de L’EQUIPE… qui exulte… en légende d’une photo du trio… Clerc, Poitrenaud et Heymans… « Ils sont toujours vivants et pratiquement qualifiés pour les quarts de finale de la Coupe du Monde. » Pour Libé…. Les Bleus se sont rachetés. Pour LA DEPECHE DU MIDI, c’est (fait) mission accomplie… Pour LE TELEGRAMME DE BREST, les quarts de finale sont à portée de main. LA REPUBLIQUE DU CENTRE et LE PARISIEN se contentant d’une même exclamation « Ouf », saluant une victoire un peu laborieuse. LE PARISIEN y ajoute un dessin plaisant d’Olivier Ranson, où l’on voit Nicolas Sarkozy disant à Laporte : « Bon, on bat la Georgie, les All Blacks. On est champion. Tu es ministre… Et après, on pourra annoncer qu’il n’y aura pas 3% de croissance. » Bof, aurait dit dans les coulisses des tribunes François Chérèque… « Ce n’est pas le résultat d’un match de rugby qui suffira à détendre le climat social en France. » Hélas… aussi vais-je vous résumer la petite histoire des trois enveloppes qu’on racontait autrefois, lors du passage de témoin à l’Elysée entre Giscard et Mitterand, puis entre Mitterand et Chirac. L’un s’en va, l’autre s’en vient… et dans l’entretien en tête à tête, qu’ont les deux présidents, l’ancien dit au nouveau… « Voyez ce coffre… et ces trois enveloppes, à ouvrir à l’heure des difficultés économiques et des manifs… » Dans la première… ce conseil… « On accuse le prédécesseur… » Dans la seconde… « Dénoncez l’étranger. » Et dans la troisième ? « Préparez vos trois enveloppes, et placez-les dans le coffre, pour votre successeur ! » Nous sommes le 22 septembre aujourd’hui, et je ne résiste pas au plaisir de vous citer - non je ne vais pas chanter – les paroles de la chanson de Georges Brassens : « Un vingt-deux de septembre au diable vous partites, Et, depuis, chaque année, à la date susdite, Je mouillais mon mouchoir en souvenir de vous… Or, nous y revoilà, mais je reste de pierre, Plus une seule larme à me mettre aux paupières : Le vingt-deux de septembre, aujourd’hui, je m’en fous. »

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