Pour le tiercé de 13h30 à Saint-Cloud, les pronostiqueurs du PARISIEN DIMANCHE vous conseillent fortement ce matin de miser sur PASCASHA D’OR.

Cela dit, prévient le journal, cette première compétition de l’année dédiée aux purs sangs de trois ans pourrait réserver des surprises. Pour le trot de 11H à l’hippodrome de Saint-Brieuc : pariez sur UN AUTRE NUAGE. Et n’oubliez pas ALL PEPPER pour la réunion de 15H30 au champ de course de Lyon-Parilly. En revanche, pour le quinté de demain à Compiègne, il y aura sans doute photo au finish – quatre chevaux semblent en mesure de s’imposer à l’arrivée : MANOLITA, GRAND TRIANON, FILS PRODIGUE et TEMPERINO. Et puis il y a FLYINGDESIRE. « Castré en fin d’année dernière, il retrouve la compétition après six mois d’absence, mais il a montré qu’il pouvait déployer des moyens très intéressants lors de ses précédentes sorties. »

Voilà donc pour les pronostics, les pronostics hippiques.

Mais pour les pronostics politiques ce dimanche, personne ne se risque à faire le moindre pari

Même si, là également, on dit depuis plusieurs semaines que quatre canassons se disputent les premières places du scrutin présidentiel – MANOLITA, GRAND TRIANON, FILS PRODIGUE et TEMPERINO – personne ne se risque à prédire un ordre d’arrivée. Parce que, comme le dit le JDD, « jamais un premier tour n’aura été aussi serré ». Confirmation du PARISIEN : « Jamais un premier tour d’une élection présidentielle n’a connu une issue aussi incertaine qu’aujourd’hui ». Titre à la Une du journal : « Le grand suspens ». « La France retient son souffle », confirme L’INDEPENDANT.

Finalement, les seules certitudes tiennent autour de quelques chiffres

Certitude, en effet, sur le nombre de candidats : onze candidats sur la ligne de départ. Certitude également sur le nombre de bureaux de vote : 66 546. Et ce sont près de 47 millions d’électeurs qui sont invités ce dimanche à choisir les deux finalistes de la course à l’Elysée. Hier, les Français d’Outre-mer et ceux de l’étranger ont inauguré le vote. Et, bien sûr, le sujet fait les gros titres ce matin de quasiment tous les journaux.

« Quasiment », car il en est dont, bizarrement, la Une fait totalement l’impasse sur la présidentielle

C’est le cas de NORD LITTORAL, qui s’intéresse au réaménagement du front de mer à Calais. C’est également le cas du PETIT BLEU D’AGEN, qui s’intéresse à la victoire, hier, des rugbymen locaux. Quant au quotidien CENTRE PRESSE, il présente à sa Une la photo d’un homme tenant dans les mains un énorme brochet, photo accompagnée de ce titre : « L’heure de la pêche aux carnassiers approche ! » En l’occurrence, c’est le 1er mai qu’ouvrira la pêche aux poissons carnassiers – et ceci n’a donc rien à voir avec la politique.

Un peu curieux, tout de même, de parler de la pêche un jour de 1er tour d’une élection présidentielle. Sachant que d’autres journaux incitent précisément leurs lecteurs à ne pas aller à la pêche. Autrement dit : à surtout ne pas s’abstenir. « Votez ! » lance ainsi LA PROVENCE, qui espère que la participation sera massive. « Votez ! » lance pareillement LE JOURNAL DU DIMANCHE.

Une injonction à faire son devoir citoyen que l’hebdomadaire illustre avec les appels de différentes personnalités.

« Votez pour qui vous voulez, mais votez. Sinon, il ne faudra pas se plaindre », écrit l’académicien Jean d’Ormesson

« Votez pour éviter d’avoir de remords », écrit Laurence Parisot, ex-patronne du Medef. « Nous avons la chance de vivre dans un pays libre, la chance de pouvoir tenir un bulletin de vote dans nos mains. Il faut utiliser cette chance et ne pas faire les difficiles », écrit pour sa part l’imitateur Nicolas Canteloup. « Il faut aller voter, même si ce n’est pas pour son mec. » Ça, c’est signé Carla Bruni. Quant à l’écologiste Nicolas Hulot, il explique que « le droit de choisir ses dirigeants est un bien qu’il faut préserver – un privilège qu’on ne doit pas injurier.A ceux qui prônent l’abstention, j’ai envie de dire, écrit-il : essayez donc la dictature ! »

Appel similaire sous la plume du blogueur Didier Pobel. Il évoque « Un petit papelard d’apparence banale, un modeste feuillet encore humide des larmes émues des femmes qui eurent – enfin – le droit de se l’approprier en 1944. Un bout de papier dont on s’empare avec la belle énergie de l’espérance ou bien, de temps à autre, en se pinçant le nez, mais qui permet à la fois de tourner la page et d’en écrire une nouvelle. » Il parle donc du bulletin de vote.

Quel sera le taux de participation ?

Ou, dit autrement : quel sera le taux d’abstention ? C’est bien sûr l’une des grandes inconnues du scrutin. Et l’une des clés de cette élection. Ce que décideront les indécis sera en outre déterminant. Témoignage de Soufiane, 31 ans, dans LE PARISIEN. Voilà plus d’un mois qu’il hésite entre deux candidats. Tout en se disant « de nature cool et optimiste », il a l’impression d’être face à un choix cornélien : un dilemme qui le stresse et l’angoisse, à tel point qu’il posé quelques jours de congé cette semaine : « Pour ne pas me planter et pour faire le vide », assure-t-il, en précisant toutefois qu’il ne se décidera sans doute qu’une fois dans l’isoloir.

Mais d’ailleurs, arrive-t-il que l’on se trompe de bulletin à cause, justement, de l’angoisse ? « C’est vraiment rarissime », répond le psychiatre Eric Albert dans les colonnes du quotidien. « En fait, dit-il, quand on est stressé, ça veut dire que c’est un moment très important pour nous. Dès lors, on est très vigilant. »

Vigilant quand on met son bulletin dans l’enveloppe. Vigilant quand on met son enveloppe dans l’urne. L’urne qui, comme le disait Alfred de Vigny, a la forme d’un cœur. Enfin, il l’écrivait d’une façon différente – c’est dans Le Journal d’un poète : « Le cœur a forme d’une urne. C’est un vase sacré tout rempli de secrets. »

Autre inconnue : l’heure à laquelle on connaîtra les noms des qualifiés pour le second tour

Les bureaux de vote ont ouvert il y a maintenant plus d’une demi-heure et fermeront à 19 heures – ou 20 heures dans les grandes agglomérations. Un changement par rapport aux scrutins précédents, pour lesquels les bureaux fermaient à 18 heures. Et, dès lors, il n’est pas certain que l’affiche finale soit connue dès 20 heures, comme habituellement. C’est ce que rapporte Patrick Roger dans LE MONDE : l’annonce des premières estimations pourrait bien être retardée.

Pour la soirée électorale sur France Télévision et les chaînes de Radio France, c’est l’institut IPSOS qui sera sur le pont, et ce décalage d’une heure de la fermeture des bureaux de vote va contraindre ses enquêteurs à une course contre la montre. Quelque 600 personnes sont mobilisées à travers l’Hexagone et ceci dans 500 bureaux. « Après la fermeture des bureaux, nos correspondants appellent une plate-forme centrale dès que sont connus les résultats des 200 premiers bulletins », explique Brice Teinturier, directeur délégué d’IPSOS. « Ces résultats passent alors dans une chaîne informatique permettant d’aboutir à une première estimation, laquelle sera progressivement consolidée au cours de la soirée, avec les 200 bulletins suivants, puis les 200 suivants jusqu’à dépouillement complet. »

Si l’on fait les comptes – les 200 premiers bulletins dans 500 bureaux – cela signifie donc que les estimations de 20 heures se font sur la base de 100.000 bulletins dépouillés. Mais, comme la majorité des bureaux ne fermera qu’à 19 heures, ce n’est que vers 19H30 qu’arriveront chez IPSOS les premières remontées, et l’institut ne disposera que d’une vingtaine de minutes pour affiner ses résultats. Petite angoisse, évidemment, chez son directeur délégué. Angoisse renforcée par la perspective d’un résultat très serré. « Si nous ne parvenons pas à départager le deuxième et le troisième candidat, nous le dirons », prévient-il. Et l’on pourrait donc n’avoir le duo de tête – le nom des deux qualifiés – que bien plus tard dans la soirée.

Dans le supplément du journal, vous pourrez lire par ailleurs, si vous souhaitez sourire un peu, quelques jolies paroles d’enfants sur les différents candidats.

  • « Papa, s’ils ont le même nombre de vote, est-ce qu’on aura 11 présidents ? » Signé Albane, 7 ans.
  • « Dis Maman, c’est normal qu’ils aient tous des oreilles bizarres ? » Signé Rachel, 4 ans.

Je vous conseille aussi la lecture de la chronique d’Anne Roumanoff dans le JOURNAL DU DIMANCHE. Elle imagine toutes les phrases qu’on entendra ce soir sur les plateaux de télévision. Les phrases des commentateurs : « Une réaction à ce score historique ? Parce que ce soir, on peut parler de score historique ! » Ou bien : « Je vous arrête tout de suite, les sondages ne se sont pas trompés, c’est ce qu’on appelle la fameuse marge d’erreur. » Phrases de candidat également : « Le premier parti de France, ce soir, c’est l’abstention et, franchement, je le regrette. »

Quelques pages avant la chronique, on découvre une publicité du PMU – une publicité qui ne vante pas les attraits de la course hippique, mais bien ceux de l’actuelle course à l’Elysée. Voilà ce que l’on peut lire : « Aujourd’hui, on s’en fiche des pronostics. N’écoutez que vos convictions. Pariez sur vous. Votez ! » Et sinon, n’oubliez pas ALL PEPPER tout à l’heure à l’hippodrome de Lyon-Parilly.

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