Bonjour à tous… La vie, la mort, l’amour… la littérature et l’humour. Il y a tout cela dans la presse du jour. Pour l’humour, voyez en priorité, à la page 36 de PARIS-MATCH un dessin signé Sempé, où l’on voit assis dans un jardin-musée, un écrivain, stylo à la main et portable à l’oreille. Angélique ? dit le jeune homme, qui a un je-ne-sais quoi de PPDA. … Il me revient un poème de Charles d’Orléans qui me fait penser à vous. « Mon cœur m’a fait commandement De venir vers vostre jeunesse Blle que j’ayme loyaument Comme doy faire… » Pardon, excusez-moi – Oui je vous rappellerai. Je note : de 15 heures à 16 heures au 01.40.36.33.92. Allo ! Oui je note de 17 heures… à… Oui je note : angélique de bramant arobase wanadoo.fr. Ou alors, on se retrouve sur Facebook. Ok, on fait comme ça… Voilà pour la vie qu’on mène aujourd’hui et l’amour en temps court, séquencé par Facebook. Humour encore, en première page du MONDE, daté dimanche-lundi avec ce dessin de Plantu, plus cruel pour le ministre Luc Châtel que les slogans des enseignants, manifestant hier contre les suppressions de postes. Plantu a dessiné une classe surchargée, avec bambins entassés, vociférant dans une classe au maître absent. Sur l’estrade, un bureau vide, avec un écriteau « en grève ». Et au tableau noir, cette conjugaison-punition. « Mon poste a été supprimé Ton poste a été supprimé Son poste a été supprimé Notre poste…. Votre poste… Leurs postes ont été supprimés ». Un seul petit dessin comme ça, fait plus que grève et réduit à rien, une explication gouvernementale en parler-vrai ou langue de bois. Humour aussi dans la presse, à propos de la Tunisie. Sujet qui n’interdit pas la lecture des éditoriaux inspirés et intelligents de Claude Imbert dans LE POINT, de Jean Daniel dans le NOUVEL OBSERVATEUR, de Georges-Marc Benamou dans NICE-MATIN et de Jean-François Kahn dans MARIANNE. C’est d’ailleurs dans ce dernier hebdomadaire que le journaliste humoriste Alain Rémond explique la révolution tunisienne par ce qu’il appelle la théorie de la résidence secondaire. Bref, écrit-il, si je comprends bien, tout le monde, à gauche, à droite, possède une maison de vacances à Hammamet, Sidi-Bou-Saïd ou Djerba. Et c’est pour ça, à cause de la mer, de la plage, des palmiers qu’on a fait preuve de complaisance pour Ben Ali. Et Alain Rémond de poursuivre… je suis épaté d’apprendre que l’autre résidence secondaire de la France est au Maroc, à Marrakech, où ils sont tous allés cet été. Remarquez, ajoute-t-il, vous pensez bien, que si j’avais une petite bicoque à Marrakech je ne cracherai pas dessus. J’espère seulement que le jour où ça pètera là-bas, on ne sera pas aussi complaisant qu’on le fut avec Ben Ali. Et voici la chute, de l’excellent Alain Rémond, page 106 de MARIANNE. « Moi je passe mes vacances en Bretagne. J’y ai mes attaches. Et je ne suis pas complaisant avec ce pays. Quand il y pleut, je le dis. Et cela me vaut des protestations et même des accusations de haute trahison. Reste que parler de pluie en Bretagne, n’est pas exactement une prise de position politique. Ni une preuve d’indépendance vis-à-vis des autorités locales. D’autre part conclut mon confrère humoriste… une révolution populaire, des émeutes de la faim, ou un coup d’état militaire restent, quoi qu’on en pense, assez improbables entre Dinard et Brest ! ». Humour aussi dans la bouche de l’opposant tunisien Moncef Marzouki, qui après avoir déclaré hier que la Tunisie nouvelle n’avait pas l’intention d’exporter sa révolution populaire, a ajouté ce trait d’humour en direction des Saoudiens qui ont donné asile à Ben Ali. Qu’ils se méfient, a-t-il dit, Zine El Abidine Ben Ali, qu’ils feraient bien de livrer à la justice tunisienne, est capable de leur voler la Kaaba. Pour qui ne le saurait pas, la Kaaba constitue pour l’Arabie Saoudite une belle source de revenus. C’est la pierre noire sacrée au centre de la grande mosquée de La Mecque, autour de laquelle tournent une fois dans leur vie les pèlerins musulmans ! Humour toujours. Je vous invitais hier, auditrices mes sœurs, auditeurs mes frères, à lire dans TELERAMA l’entretien de notre Jamel Debbouze avec Aurélien Ferenczi. C’est décoiffant, intelligent et charmant. Propre à vous revigorer un jour de pluie. Et cela s’ouvre par un rappel de Jamel, déclarant que citoyen de Trappes, il est l’arabe le mieux loti de France. Question d’Aurélien Ferenczi sur la banlieue justement. Comment la voyez-vous ? Réponse de Jamel : « Elle est dégueulasse. Le square Gérard- Philippe, à Trappes, où j’ai vécu, dépérit, le bâtiment s’effrite, les ascenseurs puent, les cafards paient un loyer là-bas ! Partout les gens vivent dans des conditions quasi insalubres, parce que rien n’a été réhabilité. C’est vrai à Trappes, comme à La Courneuve, à Bondy, aux Mureaux. En plus d’être mis au banc de la société, en dehors de la ville, les gens vivent mal. La crise, ces gens l’ont toujours connue. Les mesures politiques ne viennent pas jusqu’à eux, à part les 35 heures et le RMI. Tout est dur, laborieux, poussif, pour les banlieusards, et pour les immigrés qui en font partie. Et à chaque élection, ils entendent que c’est à cause d’eux que ça va mal ! ». Question suivante de TELERAMA : Vous en voulez aux politiques ? Jamel : « J’ai essayé d’écrire un sketch sur Sarkozy, mais tout a été dit. Ma mère a une idée intéressante sur lui : selon elle, tous ses tics physiques viennent de ce que son corps, lui, connaît la vérité… Dans mon spectacle, je répète qu’on vit dans un pays démocratique et que c’est une chance extraordinaire. Des gens sont morts pour le droit de vote, et il y a des pays à moins de deux heures d’avion qui n’ont pas ce privilège. Je ne dirai pas lesquels sinon je vais me mettre à dos tous les Tunisiens… ». Avez-vous d’autres cartouches idéologiques ? « Oh, c’est un grand mot. Je m’étonne que la religion prenne de plus en plus de place. Nous, quand on était gamins, on s’en fichait, notre religion c’était le foot : on jouait cinq fois par jour en direction de La Mecque ! Aujourd’hui, je ne trouve pas normal que des gamins de 20 piges aient des barbes jusqu’à l’omoplate, des djellabas Lacoste, et qu’ils essayent de prêcher la bonne parole. Ils n’ont jamais lu le Coran de leur vie ! Si la religion prend autant de place aujourd’hui, c’est que la politique a déserté les banlieux. Ces jeunes s’y réfugient parce qu’on ne les a jamais considérés. » Et Jamel Debbouze de conclure : « La tchatche m’a permis de survivre. Et ma mère aussi. Ma mère, c’est elle qui a inventé l’écologie : un bain pour neuf et un cartable pour tous ». Un autre grand entretien, exclusif à souhait, entre Sylvie Andreau, Olivier Jay et Carlos Ghosn, patron de Renault. Il est titré en manchette du JOURNAL du DIMANCHE : « L’incroyable affaire qui ébranle Renault ». Page 1, page 2, page 3, Monsieur Ghosn contre-attaque après le licenciement de trois cadres, soupçonnés d’espionnage, au profit d’une puissance étrangère. Et que dit Monsieur Ghosn de cette ténébreuse et incompréhensible affaire. 1) Ce qui est visé, c’est notre stratégie dans la voiture électrique. Alors que, nous sommes les seuls au monde aujourd’hui à produire l’ensemble du système. Bon. 2) Aujourd’hui, poursuit Carlos Ghosn, nous attendons que la justice fasse son travail ! Je vous sens sur votre faim, alors, voici ce petit dessert. Mes confrères du JOURNAL du DIMANCHE demandent à Carlos Ghosn si ses 8 millions d’euros de rémunération annuelle chez Renault et chez Nissan, sont justifiés. Oui, répond-il. Je suis transparent et j’aurais plus ailleurs, chez General Motors ou chez Ford. Questions supplémentaires : « C’est important pour vous de gagner beaucoup d’argent ? ». Silence… ce n’est pas primordial, mais c’est important. … La vie… la mort… l’amour, l’argent, l’humour et la culture ! Dans le même JOURNAL du DIMANCHE, une belle page avec Laurent Fabius qui aime Monet et a visité trois fois l’exposition du Grand Palais. Il paraît que vous êtes 40.000 à vouloir y aller aujourd’hui ! Bonne chance. Culture encore… Céline… LE MONDE daté dimanche-lundi y revient mais nous en avons tant parlé hier sur cette antenne, que nous serons bref. Faut-il lire « Voyage au bout de la nuit ». Oui, oui, mille fois bien sûr. Faut-il commémorer Céline ? Evidemment. Faut-il le célébrer ? Non, comme l’ont dit Serge Klarsfeld, Frédéric Mitterrand (un peu tard c’est vrai), Jean-Noël Jeannerey et si j’en crois LE MONDE, Nicolas Sarkozy. Lequel pourtant aime Céline l’écrivain, au point de posséder une lettre-autographe de Louis-Ferdinand Destouches.

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