Bonjour à tous… « Tout bouge et rien ne change. L’agitation est extrême et l’immobilité règne » ! C’est Bruno Frappat qui aujourd’hui, à la dernière page de La Croix, s’inquiète en ces termes, de voir les élections européennes susciter autant d’ennui. Je ne sais si la déception de frappat s’apparente à celle du prince Salina, le héros du Guépard, qui voyait l’aristocratie italienne s’effondrer, et ne faisait rien pour s’y opposer. Mais c’est la même lucidité ! On connaît la phrase célèbre du film qui eut la Palme d’or à Cannes en 1963. C’est le neveu du prince, un opportuniste traitre à sa classe qui la prononce : « Si nous voulons que tout demeure en l’état, il faut que tout change… Et tant pis si après nous, qui fûmes les guépards et les lions, succèderont les chacals, les hyènes et les moutons. » Bruno Frappat préfère parler d’invariants de France et d’ailleurs… quand il écrit « Tout bouge et rien ne change. » avant d’expliquer que l’on s’épuise d’ennui à entendre les porte-paroles de l’UMP se gausser des socialistes et les socialistes se gausser des l’UMP. Et voici la suite, calquée sur le rythme de la chanson de Claude François… Comme d’habitude. « On constate que personne ne s’intéresse vraiment à l’avenir de l’Europe… Comme d’habitude. Sauf pour dire qu’elle est la cause de tous nos malheurs ! Comme d’habitude. Et Phlippe de Villiers… de mener tournoi contre Bruxelles, l’antique ennemi. Comme d’habitude. Et de ci, et de ça : les socialistes se disputer la prééminence de l’avenir. Comme d’habitude. Et l’extrême gauche titiller la gauche dite de « gouvernement » ; les polémiques sur la police s’emparer de tout semblant de « bavure » ; le pouvoir accusé de mettre l’audiovisuel public à son service ; les cœurs généreux regretter la fermeture de la France à l’étranger miséreux ; le Festival de Cannes faire des envieux et des images sur fond de tapis rouge ; les « petits actionnaires » de tempêter contre les dirigeants qui ont causé leur ruine ; la justice s’occuper de peccadilles d’un prof de philosophie qui devra attendre le 3 juillet pour savoir s’il est condamnable d’avoir hurlé et répété, lors d’une opération de police à laquelle il assistait : « Sarkozy, je te vois ! » ; les automobilistes ronchonner contre le code de la route ; les contribuables contre les feuilles d’impôts : les étudiants, enseignants et chercheurs contre les réformes ; les paysans contre le prix du lait et les grands de la distribution ; les sous-préfectures et préfectures arrosées de purin ; l’Eglise catholique vilipendée pour ce qu’elle ne dit pas ou pour ce qu’elle dit (c’est selon) ; les hirondelles, enfin, voler par bandes dans un ciel redevenu bleu. Comme d’habitude. Et l’éditorialiste de La Croix de soupirer… S’il n’y avait que chez nous, que rien ne changeait ! Mais voyez l’Angleterre et le scandale des notes de frais, qui n’est pas sans rappeler les « Tous pourris » d’avant-guerre. Voyez le Proche-Orient où rien ne semble bouger. Voyez la dictature militaire absurde de Birmanie, aussi cynique que la Grèce des colonels ou le Chili de Pinochet ! « Heureusement, il y a Johnny, conclut le chroniqueur de La Croix, un invariant positif celui-là, qui a dit cette semaine sur France Info « Je ne pense pas à Johnny Halliday, je m’occupe désormais de Jean-Philippe Smet ». Et les journaux du week-end de choisir chacun son héros de la semaine, du mois, de l’été. Pour Le Figaro, c’est le Prince Albert II de Monaco, qui, à la veille du Grand Prix, se confie à Cédric Voisard. Mon confrère l’appelle Monseigneur et lui demande tout à trac… Que représente le Grand Prix de Formule I pour la Principauté ?... « Il fait partie du patrimoine, répond noblement le prince Albert, avant d’ajouter : il a été créé il y a 80 ans. J’y ai assisté, pour la première fois, subjugué au bord de la piste, en 1965. C’est la plus belle de toutes les courses. Elle fait la fierté des Monégasques, et rapporte à la Principauté aux alentours de cent millions d’euros ». Pour Le Figaro Magazine, les stars de la semaine ont aussi quelque chose à voir avec l’économie. Ils sont deux, à se disputer le Club Méditerranée. 15.000 salariés… 80 villages… 1 million 300.000 gentils membres, et un chiffre d’affaires qui tourne autour d’un milliard cinquante. Deux millions d’euros de résultats net en 2007. De quoi susciter la convoitise de Bernard Tapie, et la volonté de demeurer à la tête du Club Med d’Henri Giscard d’Estaing. Avec Tapie, constate le Figaro Magazine, il y a Mathieu Pigasse, ex-conseiller de DSK à Bercy, et aujourd’hui étoile montante de la banque Lazard. Avec Henri Giscard d’Estaing, Michel Wolfovski et Alain Minc, et aussi, un avocat célèbre, Georges Kiejman qui remarque… « pas une entreprise que Tapie a rachetée n’a survécu… ni Wonder, ni Testut, ni Look. Gare au choc, de ce match au sommet, conclut le dossier du Figaro Magazine, après avoir souligné que Tapie pèse, ou pèserait aujourd’hui, entre 106 et 144 millions d’euros. Assez pour déclarer… « Ce n’est pas assez, mais si j’y vais, d’autres iront. Nous avons la bonne stratégie. Le Parisien met pour sa part en vedette, ce matin, l’entraîneur de Valenciennes, Antoine Kombouaré, qui doit succéder à Paul Gren, à la tête du PSG, la saison prochaine. Le quotidien titre aussi, sur un contrat héroïque, en passe d’être signé par Serge Dassault avec les Emirats Arabes Unis… sur le point d’acheter 60 Rafale, pour un montant de 6 à 8 milliards d’euros… Titre du Parisien : « La France vend enfin ses Rafale ». Héros de Libération : Karl Marx… C’est un rêve qui ressuscite, selon Paul Quinio… Et ce n’est pas paradoxal pour Libé, qui titre en page 2… Le capitalisme boit la tasse, Marx surnage. Star de la politique, ce week-end, pour la presse régionale… Claude Allègre… Ira, ira pas… Claude Allègre – Le Parisien : Suspecté par certains, d’alimenter les rumeurs sur sa possible entrée au gouvernement à la faveur du prochain remaniement, Claude Allègre, interrogé par notre journal, explose de colère : « Croyez-vous qu’à mon âge et avec les expériences que j’ai vécues, je sois tenté par le petit jeu des petites phrases de politique-fiction ? Je respecte trop les institutions. Cherchez plutôt du côté des jaloux et des aigris - où qu’ils soient - source de ces élucubrations… » Rémi Godeau – L’Est Républicain : Que la vie politique serait terne sans le feuilleton du remaniement, version ouverture 2 ! En expert du débauchage, le Chef de l’Etat n’a d’yeux que pour l’ex-meilleur ami de Lionel Jospin. Comme si les Kouchner, Besson, Bockel, Hirsh et autres Amara avaient perdu de leur attrait, une fois passés les premiers feux du ralliement. Comme si les Lang à Cuba, Karmitz au conseil de la création artistique ou Val à France Inter, étaient déjà oubliés, prises trop mineures pour satisfaire un grand séducteur. Bruno Testa : Star encore… Nicolas sarkozy sur Face Book : Ill ne serait jamais venu à l’esprit de Tante Yvonne (de Gaulle) de dire à son mari : « Au revoir mon grand fou ! », ni à Tatie Danièle (Mitterrand) de susurrer à François : « Au revoir mon gros loup ! », pas plus à Bernadette (Chirac) de saluer Jacques d’un : « A bientôt mon Jacquounet chéri ! ». Mais comme l’avait dit notre Président durant sa campagne, avec Nicolas Sarkozy, tout est possible. Aussi on peut actuellement voir sur internet la Première Dame de France papoter avec cinq lectrices de Femmes Actuelles à l’Elysée. Là, apparaît Nicolas Sarkozy. Alors qu’il s’apprête à repartir pour recevoir le Premier ministre irakien, Carla a ses mots envers son mari : « Bon courage, mon Chouchou ! ». Touchant, non ?

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