Bonjour à tous… et bienvenue à tous ceux qui, malgré la neige et le froid, vont sortir acheter les journaux dominicaux. Pour les autres qui auraient décidé de rester bien au chaud, chez eux, « FRANCE-INTER », à l’instar de François Hollande et du Conseil national socialiste, m’a chargé d’entamer ce matin un savant exercice de récolement. J’ai bien dit « récolement » avec un seul « l » et un accent aigu, et non pas recollement ou raccollement, de recoller et racoller. Il faut remercier d’ailleurs les socialistes toutes tendances confondues, du service qu’ils vont rendre la semaine prochaine, à la langue française, en réunissant la commission de récolement, qui doit trancher des accusations de fraude qui séparent les ségolénistes des Aubrystes. C’est ainsi que le JOURNAL DU DIMANCHE appelle les partisans de Madame Royal, vaincus sur le fil mais candidats à un nouveau scrutin, et leurs adversaires supporteurs déterminés de Madame Aubry bien décidés, à assumer tout de suite la direction du parti qu’ils ont remportée vendredi dernier à l’arraché. Grâce aux uns et aux autres, j’ai ouvert dès potron-minet, notre très riche collection de dictionnaires, et découvert dans le Grand Robert, que récolement est un vieux substantif moyenâgeux en usage aujourd’hui encore, chez les juges, les huissiers, les forestiers, les bibliothécaires et même chez les revuistes de presse. - On récole des témoins, quand on leur demande de relire la déposition qu’ils ont faite. L’huissier, après une saisie-exécution procède à la vente des meubles saisis, et avant de le faire, avant de vendre les meubles saisis, l’huissier procède à leur récolement, pour éviter que des petits malins, en chapardent quelques-uns. Le forestier vérifie lui aussi, lors d’un récolement, si les coupes de bois réalisées, l’ont bien été sous les conditions et les règlements imposés. D’une façon générale, un récolement est une vérification, un pointage contradictoire d’inventaire. Ainsi peut-on faire un récolement dans sa bibliothèque, en passant ses livres en revue, tout comme votre serviteur, passe en revue ce matin, l’ensemble des quotidiens, effondrés par la secousse qui travaille comme jamais le Parti socialiste français. En effet, s’il faut en croire les journaux dominicaux la commission de récolement de la rue Solférino va avoir demain, lundi, un sacré boulot pour dresser l’inventaire des contestations microscopiques des uns, et le catalogue des tricheries macroscopiques des autres. Ici la paille, là la poutre, selon la taille des sections socialistes et les usages immémoriaux de certaines grandes fédérations. Sous Guy Mollet autrefois, et même un peu plus tard au Congrès d’Epinay, on souriait en évoquant la masse militante des Bouches-du-Rhône, et les masses équivalentes du Nord-Pas de Calais. Les Bouches du Nord comme on disait. Encore faut-il, ou faudra-t-il bientôt, faire table rase de ce passé-là, comme y insistait, Ségolène Royal hier soir, sur TF1, en réclamant pour demain, à tous les socialistes, la transparence citoyenne qu’on observe en France aux élections locales et nationales. On n’en est pas là, et LE REPUBLICAIN LORRAIN explique ce matin, qu’avec 42 voix d’avance et peut-être moins, si une erreur commise en Moselle se confirme, les appels au rassemblement de Martine Aubry n’ont pas calmé la tourmente qui secoue le Parti socialiste. C’est insoluble, commente dans le même journal Jean-Claude Grumberg, dans le même quotidien qui s’efforce cependant de distinguer « les gagnants et les perdants d’un sacré cafouillage ». A Roubaix, le journal NORD-ECLAIR, préfère titrer sobrement « l’écart se réduit pour Martine Aubry, dont l’élection est contestée par le camp Royal ». Quelle embrouille ? Quelle embrouille ? s’exclame en revanche LA DEPECHE DU MIDI, avant de se demander s’il va falloir, comme le demande Ségolène Royal, (mais comme le refuse François Hollande) organiser un nouveau vote. Tempête sur le Parti socialiste, résume LE TELEGRAMME DE BREST. « 42 voix d’écart : le PS au bord de la crise de nerfs », titre LA MONTAGNE de CLERMONT-FERRAND en se souvenant sans doute d’Almodovar « Femmes au bord de la crise de nerfs ». LES DERNIERES NOUVELLES D’ALSACE, préfèrent évoquer Edith Piaf en titrant : « Aubry d’un cheveu, et Royal qui tient tête, le PS ne voit pas la vie en rose ». Implosion… Chaos… Désastre… Pagaille… Rupture annoncée… PS déchiré… Réconciliation impossible… Telles sont les manchettes noires de chez Noir, qui barrent aujourd’hui les premières pages du BERRY REPUBLICAIN, au DAUPHINE, en passant par LE BIEN PUBLIC de Dijon, l’ALSACE de Mulhouse et LE COURRIER DE L’OUEST. Alain Duhamel explique dans le dernier journal cité que le Parti socialiste ne pouvait imaginer scénario plus calamiteux avant d’examiner deux hypothèses. Ou bien, écrit Duhamel, Martine Aubry est proclamée Premier secrétaire mardi et tente de gouverner le parti et alors la bataille va continuer, jusqu’aux élections européennes (qui seront pathétiques) ou bien, on reprend sous contrôle le vote des militants en espérant qu’une majorité nette pourra se dégager. Et mon confrère du COURRIER DE L’EST et de RTL, de conclure… « De toute façon, avant ou après les européennes, il faudra que le PS revote. Le plus tôt serait le mieux ». « On brasse les cartes, on reprend les cartes, ah ! que c’est chouette de jouer au Poker », chantait Aznavour. Le journal LA PROVENCE, semble y faire référence en citant Ségolène Royal déclarant hier soir à TF1 : « Je vais sans doute gagner demain ». - Et bien alors, s’étonne Claude Askolovitch dans LE JOURNAL DU DIMANCHE, pourquoi diable Ségolène veut-t-elle qu’on recompte les bulletins, puisqu’elle plaide avec ses partisans, pour l’organisation d’un nouveau scrutin ? Bizarre, vous avez dit bizarre. Et puis, pourquoi tant de haine ? s’interroge en caractères d’affiches, LE JOURNAL DU DIMANCHE, au-dessus des deux photographies, des deux femmes leaders du Parti, et visiblement aussi déterminées l’une que l’autre. Ce qui fait écrire au billetiste du POPULAIRE DU CENTRE, que la semaine écoulée s’est décidément conjuguée au féminin pluriel. Avec une différence cependant : les éclats de voix entendus chez les dirigeants du seul parti de gauche offrant une alternative à la droite en France… Et l’arrivée discrète, sous la coupole de l’Académie française, d’une femme d’exception, à laquelle des milliers de Français doivent une part de leur liberté… Simone Veil. Ça, conclut, le billetiste du POPULAIRE DU CENTRE, ça, passer de la fatalité, à la maternité choisie, c’était un choix d’amour et un vrai choix de vie. A lire aussi, dans LE PARISIEN, une interview de Michel Rocard, dans laquelle, l’ancien Premier ministre de François Mitterrand juge le PS mal portant, victime d’une double maladie… celle du leadership, et aussi, explique Rocard, celle de l’attitude à adopter, face à la loi du marché. Selon l’ancien Premier ministre de François Mitterrand, le PS est dans une chambre stérile, à l’hôpital, une chambre où on doit baisser la voix sur la crise, l’autre crise, Rocard veut considérer, qu’elle va durer deux ans, mais quelle n’a rien à voir, avec celle de 29. La récession, c’était un tiers du PIB. Aujourd’hui, c’est moins 2, moins 3 %. Donc c’est une différence.

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