La revue de presse du dimanche 23 octobre 2016, par Pascal Dervieux.

Pour commencer, c'est un curriculum vitae qui retient l'attention des lecteurs de la presse.

Les fins de mandat sonnent pour les hommes politiques comme l’heure des bilans. Mais c’est aussi l’heure des reconversions.

Dans le Huffington Post, Maxime Bourdier nous présente le CV d’un futur demandeur d’emploi : un certain OBAMA, Barack, né le 4 août 1961 et résidant pour peu de temps encore à cette adresse : Maison Blanche, 1600 Pennsylvania av. Washington. Maxime Bourdier imagine comment Barack Obama pourrait aller se vendre auprès du Pôle Emploi version USA. Le CV imaginaire commence donc par une auto-présentation, très classique : Président des Etats-Unis d’Amérique depuis 2008, je prépare actuellement ma reconversion. L’intéressé ne précise pas quel type d’emploi il recherche. On n’est pas trop inquiet pour lui.

En revanche il plaide sa cause, comme le veut l’exercice, en rappelant ses principales actions dont celles qui concernent le changement climatique ou le rétablissement des relations diplomatiques avec Cuba, sans oublier l’accès à une assurance maladie pour les plus démunis. "A part ça, j’ai reçu une trentaine de prix honorifiques, dont le Nobel de la Paix en 2009", poursuit le candidat imaginaire…"et je suis toujours plutôt populaire. Mais je crois être resté quelqu’un de modeste".

Pour compléter ce CV virtuel et écrit dans les plus belles règles de l’art, le Huffington Post nous propose de visionner aussi le pseudo entretien d’embauche qu’a réalisé avec le vrai Barack Obama et le célèbre journaliste américain Stefen Colbert. Un entretien qui montre bien à ceux qui en doutaient encore qu’outre un QI impressionnant, le président des Etats-Unis bénéficie d’un sens de l’humour évident, et aussi, qualité rare dans le monde politique, d’un certain recul sur lui-même…C’est parfois à pleurer de rire. Je vous le conseille. Je vous signale en passant que Libération publie un supplément, en vente depuis hier, consacré à la présidence Obama.

Il est un autre dirigeant politique qui fait envie en ce moment, comme en témoignent les réseaux sociaux. Cet homme-là s’exprime en français comme vous et moi, plutôt mieux même, mais il n’est pas français. Il est belge.

On en a beaucoup parlé ces derniers jours : il s’agit de Paul Magnette, le Ministre-Président de la Wallonie, dont la fermeté empêche la signature d’un traité entre l’Union Européenne et le Canada. La vidéo de son explication de vote devant les 28 tourne en boucle sur les réseaux sociaux. Elle suscite une avalanche d’adhésions, de soutiens, et de commentaires des internautes, français en premier lieu. La quasi-totalité des contributeurs pressent d’ailleurs Paul Magnette de changer de nationalité et de venir se présenter à la présidentielle en France.

Un qui tempère un peu dans tout ça ce matin : c’est Jean-Michel Bretonnier. L’éditorialiste de la Voix du Nord constate qui si le dirigeant wallon est devenu en quelques heures le héros des opposants à la mondialisation, la mondialisation n’est pas aussi exclusivement négative que certains le prétendent. Citant la Banque Mondiale, ce confrère observe qu’en 20 ans de mondialisation intense, de développement inédit du libre-échange, un milliard de personnes sont sorties de la misère.

Pour Jean-Michel Bretonnier, si c’est la partie wallonne de la Belgique qui résiste alors que la partie flamande est très favorable à l’accord avec le Canada, c’est tout simplement parce que les flamands sont plus réalistes, eux qui profitent ô combien de la mondialisation des échanges.

Analyse avec laquelle le Soir de Bruxelles n’est pas d’accord.

Pour Philippe Régnier, l’éditorialiste du grand quotidien francophone , les Wallons se battent pour une cause juste. Philippe Regnier dénonce cette mondialisation qui place les responsables politiques européens devant de véritables injonctions à voter des accords dans l’urgence, au détriment d’une réflexion à long terme. L’urgence plutôt que la réflexion : c’est le reproche le plus souvent fait par les électeurs à leurs responsables politiques.

Marianne s’arrête cette semaine sur « le lent déclin de l’autorité présidentielle en France ».

L’hebdomadaire remonte le parcourt de la Ve République et passe en revue ceux qui l’ont dirigée. Un parcours qui nous mène « De la majesté gaullienne au blabla hollandais, en passant par le bling-bling sarkoziste » résume Jean Garrigues. Jean Garrigues est l’auteur d’un livre à paraître ces prochains jours : « Présidents- au cœur du pouvoir ».

L’Article dans Marianne s’ouvre sur cette citation de de Gaulle reprise dans son livre , le fil de l’épée publié en 1932 : « L’autorité ne vas pas sans prestige. Ni le prestige sans éloignement ». Jean Garrigues parle de cette obsession mortifère qui anime les hommes politiques d’aujourd’hui : celle de la proximité. Si Valéry Giscard d’Estaing avait ouvert la voie en tentant de rompre cet espace qui séparait jusqu’alors le chef de l’Etat de son peuple, c’est Nicolas Sarkozy qui, de facto, a supprimé toute distance, écrit Jean Garrigues : avec son « casse toi pauv’ con » le président s’est lui-même relégué au niveau du français moyen, râleur et vulgaire.

Et son successeur ? Malheureusement, constate l’auteur, le président en scooter ne s’est pas montré à la hauteur des exigences de la majesté gaullienne. Il y a donc une responsabilité spécifique de François Hollande dans la désacralisation présidentielle. Les hommes politiques sont décevants ? Et si nous faisions comme les Américains ? Si nous allions chercher espoir du côté des femmes ?

Le journal du dimanche fait sa couverture ce matin avec « l’hypothèse Royal »

Le scénario d’une candidature de la ministre de l’environnement circule de plus en plus au PS. Et le JDD nous explique pourquoi « ils pensent à elle ». Ils faisant référence aux socialistes. Interrogée par Anna CABANA, la dame en sourit elle-même : « si c’était gagnable, on ne viendrait pas me chercher ». Anna Cabana nous confie ce qui n’est plus un secret pour personne : les hiérarques socialistes ont déjà fait le deuil de la présence de la gauche au second tour de la présidentielle. Leur souci : que la social-démocratie survive à ce scrutin, en limitant la casse.

Beaucoup au sein du PS songent donc à Segolène Royal dont certains passent en revue les vertus : expérience de l’élection présidentielle, écologiste convaincue, pas compromise dans le débat sur la nationalité pas plus que par la loi El Khomri. Elle n'est pas soupçonnée de libéralisme. Et elle est ouverte au dialogue avec les frondeurs.

Tout cela ferait de la Dame du Poitou la moins pire des solutions pour un camp socialiste à la dérive. Mais le veut-elle vraiment, veut-elle vraiment y aller, elle, Ségolène Royal ? Anna Cabana a eu beau insister pour obtenir une réponse claire, son interlocutrice se garde bien, pour l’instant, de se prononcer.

Un drame refait la Une des journaux ce matin. Ce drame c’est l’accident d’autocar qui avait coûté la vie à 43 personnes il y a tout juste un an à Puisseguin, en Gironde.

Et si la presse y revient, c’est pour tenter de comprendre ce qui a pu se passer à l’époque, pourquoi un autocar transportant des retraités est entré en collision avec un camion dans ce secteur du libournais. Sud-Ouest consacre tout un dossier à cet anniversaire.

La Provence, avec d’autres, s’étonne des lenteurs de l’enquête. Mais au-delà du fait divers, plusieurs confrères se sont rendus dans les villages dont les victimes étaient originaires. Hubert Prolongeau dans Marianne tente de comprendre comment ces villages de quelques centaines d’habitants doivent désormais vivre sans les anciens. Un habitant de Petit Palais par exemple explique qu’à la dernière fête du village, en juin, il n’y avait plus ces gâteaux un peu bourratifs que fabriquent les mamies. En janvier, à un repas organisé par la mairie pour les personnes âgées, les places vides étaient très nombreuses. On ne se dit plus ces petits secrets que seuls les vieux connaissaient encore : les coins à champignons, les endroits de pêche, de chasse… sur les photos de classe, on ne parvient plus à savoir qui est qui, parce qu’il n’y a plus personne pour identifier les élèves de l’époque. Un conseiller municipal regrette : l’association de randonnées, l’association de chasse, l’organisation des matches de foot… tout ça c’était les anciens. Et les jeunes ne s’investissent pas.

Comment un accident de la route peut changer la vie de communes entières. C’est à lire dans Marianne.

L’OM : c’est reparti !

C’est du moins ce qu’espèrent tous les marseillais, et le quotidien la Provence avec eux. Les pages sports de l’édition dominicale du journal font une large… une gigantesque place, au match de ce soir : au Parc des Princes il va opposer le PSG à l’Olympique de Marseille. Il faut dire que pour être classique, pour être classico même, l’affrontement n’en revêt pas moins un caractère tout à fait unique pour les marseillais : première sortie de leur équipe sous la direction du nouveau propriétaire, l’américain Franck Mc Court, et celle du nouvel entraîneur Rudi Garcia.

De quoi évoquer avec espoir quelques vieux souvenirs, comme ce match remporté à la surprise générale par les marseillais à Paris en septembre 75. La Provence a sollicité l’avis d’un expert avant ce match : Basile Boli l’ex-international, devenu l’un des piliers du club sous son nouveau visage. Un OM de retour au sommet ? Boli y croit.

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