"My God ! On n'y comprend plus rien !"

Selon Marianne, c'est ce que se disent en ce moment tous les observateurs internationaux face à la situation au Moyen Orient en général, et en Egypte en particulier. "Où sont les bons, où sont les méchants ?", demande Thomas Vallières. Autant au début la situation semblait à peu près claire, avec d'un côté "de gentils révolutionnaires" et de l'autre un pouvoir "cléricalo-réactionnaire", autant les massacres orchestrés par l'armée ont mis la pagaille dans la vision manichéenne des occidentaux. Bref pour Marianne, même les lecteurs du Monde en ont le vertige.

Le Monde qui s'intéresse aux soutiens de l'ancien pouvoir égytien, celui de 2011. Le quotidien consacre une page aux nostalgiques, aux fidèles même d'Hosni Moubarak, l'ancien Raïs libéré cette semaine. Pour Tamer par exemple, qui a vécu ces deux dernières années en "pestiféré", cette libération, c'est le signe que l'Egypte "est rentrée dans l'ordre". Il parle de ces révolutions successives... Selon lui, 300.000 révolutionnaires en 2011, 3 millions de Frères musulmans en 2012 et 30 millions pour les renverser cette année. "Les Egyptiens ont repris Tahrir", conclut le quadragénaire.

Syrie : "Je savais qu'ils allaient mourir"

Alors qu'on reparle ce matin d'une possible intervention américaine dans le pays, le Monde publie le témoignage d'un médecin de Damas, trois jours après les attaques à l'arme chimique dans les faubourgs de la ville. Ce n'est pas le premier témoignage du genre, mais il est édifiant... L'homme raconte comment, à 3h du matin, on entend une explosion, et ensuite les cris : "Chimique, chimique !" Puis une immense foule, des dizaines et de dizaines de personnes qui se ruent vers l'hopital de campagne. Et les médecins sont impuissants : ils ne disposent que de 600 doses d'aspirine, et d'aucun antidote. Alors il raconte comment il a fallu "faire le tri"... Tenter d'aider les moins touchés, et laisser de côté les cas les plus graves, ceux dont on sait qu'on ne pourra pas les sauver. "Je savais qu'ils allaient mourir", confie le médecin, désabusé.

De son côté Libération s'intéresse aux conséquences de la crise syrienne sur son voisin libanais. Pour Jean-Pierre Perrin, l'attentat d'hier à Tripoli, qui a fait 50 morts, est directement lié à l'attaque chimique du régime de Damas. Il explique en effet qu'on a du mal à envisager que les groupuscules jihadistes aient pu organiser une opération aussi complexe sans aide extérieure.

Les socialistes "schizophrènes", pour Libération

"Il faut reconnaitre à ce gouvernement un certain génie politique à se mettre tout seul dans des situations impossibles", s'amuse Grégoire Biseau dans le quotidien. En cause : l'annonce d'une taxe carbone. Pas de chance, Pierre Moscovici venait de se dire "très sensible au ras-le-bol fiscal de ses concitoyens". Bref Libé parle d'une journée douloureuse à La Rochelle. Et d'une rentrée difficile en perspective : "on craignait le dossier des retraites, ce sera celui des impôts. Pour le plus grand plaisir de l'opposition."

Dans l'éditorial du Figaro, Gaëtan de Capèle joue lui l'air du "on vous l'avait bien dit" : "Cette fois, ce sont les propres amis de François Hollance qui mettent solennellement en garde contre une pression fiscale devenue insupportable". "Le gouvernement fait les poches aux Français", affirme le journal, qui n'est pas tendre non plus avec la droite : elle a "beaucoup à se faire pardonner sur le plan fiscal".

N'hésitez pas non plus à aller lire sur le site du Monde les prix farfelus attribués par 48 journalistes tous médias confondus aux dirigeants du PS... Harlem Désir remporte par exemple la "Langue de Bois d'Or 2013", pour la cinquième année consécutive. "Il faudrait le sortir du concours pour laisser une chance aux autres", commente un membre du jury.

Bradley/Chelsea Manning, éclairage sur Slate

"Les mythes de l'affaire Manning", tout un programme... Car selon l'auteur Fred Kaplan, on entend un peu tout et n'importe quoi sur le soldat américain condamné à 35 ans de prison par un tribunal. Il ne restera sans doute pas 35 ans en détention. Bradley Manning (ou Chelsea, puisqu'il souhaite changer de sexe) peut dès maintenant demander une grâce et une réduction de peine, et il pourra le refaire tous les ans. On entend peu aussi que son avocat avait réclamé 25 ans de prison. Enfin, Slate affirme que non, cette affaire n'a rien à voir avec la volonté de l'administration Obama de poursuivre les informateurs, puisque Manning a été jugé par un tribunal militaire, sans aucun lien avec le gouvernement.

Après "Laurel", "Hardy" quitte Microsoft

Un grand dirigeant américain poussé vers la porte... Ou plutôt vers la fenêtre puisqu'il s'agit de Steve Ballmer, PDG de Microsoft, l'éditeur de Windows. Il vient d'annoncer son départ en retraite après douze ans de bons et loyaux services comme successeur de Bill Gates. Le Figaro lui consacre une page dans son cahier économie. On y apprend que Gates et Ballmer travaillaient ensemble depuis 1980, mais surtout qu'ils étaient un peu les Laurel et Hardy du monde geek... D'un côté l'informaticien réservé, de l'autre le bouillonnant génie du marketing. Ballmer est connu pour ses interventions publiques assez surréalistes (il suffit de voir la photo choisie par les Echos ce matin, ou l'article du Huffington Post qui répertorie ses trips les plus étranges). Le Figaro évoque une vraie rockstar, bondissant sur scène et se chauffant la voix sur "I say a little prayer for you". Et vu le physique de rugbyman du bonhomme, ça doit valoir le détour.

Le désir pour toutes !

Plus léger certes mais un vrai sujet : Libération fait sa une sur le Viagra féminin. Concrètement ces médicaments en cours d'expérimentation aux Etats-Unis pourraient permettre à toutes les femmes de relancer voire de révéler leur libido. 10 à 30% des femmes n'éprouvent pas de désir sexuel, une vraie souffrance selon Libération.Pour Julie Muret, porte-parole de l’association «Osez le féminisme», la future pilule rose est même un pas de plus vers l'égalité hommes/femmes...

Echec et mat

On termine avec une pensée émue et même compatissante pour un confrère du Monde, Adrien Pécout, qui raconte dans le supplément sport du journal sa cuisante humiliation face à un champion d'échecs. D'autant que le champion en question, Wassel Bousmaha, n'a que huit ans. Alors certes le journaliste fanfaronne un peu dès le début du reportage en citant Lénine "les échecs sont la gymnastique de l'esprit", mais on a quand même de la peine pour lui quand il subit un mat en deux coups sur la première partie, avec le gosse qui éclate de rire dès le deuxième déplacement de pion.Il y a de quoi rager. Surtout quand l'entraîneur lance à son jeune protégé : "Même face à un débutant comme Monsieur Pécout, une partie d'échecs donne toujours l'occasion de s'améliorer alors reste concentré, Wassel".

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