Bonjour à tous… « Noël, c’est le moment de retrouver nos raisons de vivre… avant de réfléchir au bien commun et d’aller dans un bel élan de fraternité, voter en masse au mois d’avril prochain. » Ce message, de Monseigneur Pontier le nouvel archevêque de Marseille, figure en bonne place ce matin, dans le journal La Provence. Au cœur d’une région, plus que jamais fidèle à l’image des Noëls d’autrefois, avec ses messes basses, ses crèches et ses santons de cire et de bois. Noëls consensuels d’hier, et polémiques d’aujourd’hui, puisque le quotidien phocéen, revient ce matin sur le tumulte, provoqué par une nouveauté : la création d’une vierge enceinte ! Ce santon-là, a heurté, vous le savez, les partisans les plus farouches de l’immaculée conception, lesquels l’ont dit, urbi et orbi, sans savoir peut-être que la Bible évoque très volontiers l’accouchement de la Vierge Marie. Hervé Chabaud dans l’Union de Reims, oublie quant à lui la polémique et s’en tient dans son éditorial, à celui qu’il appelle l’enfant de Noël. « Voici venir, écrit-il, le Prince de la Paix. Passera-t-il inaperçu, comme dans la nuit de Bethléem, où l’on n’a trouvé qu’une pauvre mangeoire à l’écart, garnie d’un peu de paille, pour qu’il pousse son premier cri et exprime un regard bienveillant sur le monde. » Et mon confrère Rémois d’interroger : « Va-t-on snober Jésus parce que de l’Afghanistan à l’Irak, de l’Ethiopie au Nigéria, de la Palestine au Darfour, et en tant d’autres lieux, la violence et la terreur règnent en maîtres d’inhumanité ? » Pas forcément, réplique l’éditorialiste du Journal du Dimanche, impressionné par le dîner partagé hier au soir, à Jérusalem entre le Premier ministre israélien Ehoud Olmert et le Président palestinien Mahmoud Abbas. « Le processus de paix, va-t-il enfin rebondir ? La Palestine va-t-elle éviter la guerre civile à laquelle elle parait promise depuis le début de la semaine ? Est-ce un coup de bluff politique du Président palestinien confronté au Hamas, et si oui, peut-il réussir ? » Autant de questions posées par le patron du Journal du Dimanche, qui considère que « l’impromptu de Jérusalem, en cette veille de Noël a un mérite : faire bouger les lignes. » Et il n’est pas indifférent de relever à cet égard, que mon confrère du Journal du Dimanche, répond au joli nom d’Espérandieu ! Jacques Espérandieu certes, n’est pas sûr, que le rendez-vous d’hier au soir, suffira, pour que le Hamas s’incline devant le Fatah, et reconnaisse enfin l’état Israël. Pas sûr, non plus, que l’Etat hébreu fasse baisser la pression sur Gaza, mais enfin, conclut-il, la rencontre d’hier est miraculeuse. Et même si le dîner Olmert-Abbas n’est pas un conte de Noël, il tombe bien : le Président palestinien se rend ce soir, à Bethléem. Bethléem, où vous l’avez noté, il aura toute chance, de rencontrer Bertrand Delanoë puisque le maire de Paris y est aussi. Dans le Journal d’Alsace, Patrick Fluckiger considère lui aussi, que des petites lueurs, sont apparues hier, au Proche-Orient. Deux précisément, dont il nous dit, quelles sont des petites flammes vacillantes. La première, c’est le dîner Ehud Olmert Mamoud Abbas… Et la seconde, c’est l’accord des quinze membres du Conseil de Sécurité de l’ONU, pour sanctionner le programme nucléaire de l’Iran. A vrai dire, poursuit l’éditorialiste du journal de Mulhouse, plus pessimiste que celui du Journal du Dimanche… à vrai dire, dans cette affaire, beaucoup va dépendre des américains. Et il est trop tôt, pour parler de paix… L’expérience nous apprend en effet, que les reprises de contact entre israéliens et palestiniens doivent être confirmées, approfondies. Quant à l’Iran, il va jouer la montre, et pendant que tournent les aiguilles, il va poursuivre la recherche nucléaire. En réalité, conclut Patrick Fluckiger… « Entre Israël, les Etats-Unis et l’Iran, se joue une partie de billard à trois bandes. La rencontre Olmert-Abbas entre dans ce contexte qui est surtout fait d’inconnues : les Israéliens accepteront-ils de faire un geste envers les Palestiniens pour obtenir un front uni contre l’Iran ? A contrario, Bush est-il prêt à négocier officiellement ou secrètement avec Téhéran pour soulager son front irakien ? Et les Iraniens ? Bluffent-ils, ou se faufilent-ils adroitement dans les failles ? Une chose est sûre : l’invasion de l’Irak n’a rien arrangé. Mais ça, on le savait déjà ! Tout cela, sonne comme une dernière prière… « C’est la belle nuit de Noël Sa neige étend son manteau blanc Et les yeux levés vers le ciel A genoux les petits enfants… » Noël, c’est aussi la grande évasion, vers les soleils lointains, et les stations de ski, sans neige, malgré la chanson et c’est le titre le Journal du Dimanche, au-dessus d’une photo de la sportive de l’année, jambes nues, cheveux au vent, et très érotisée : Laure Manoudou. La championne, c’est elle, assurent mes confrères du JDD. D’ailleurs Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, sont d’accord sur ce point. Les deux France, en somme, disent oui… à la nageuse, à la championne. Comme quoi, il y a mille manières de fêter Noël, comme le relève en manchette la Voix du Nord. Olivier Picard, à Strasbourg, dans les Dernières Nouvelles d’Alsace, préfère se demander, si Noël est une fête chrétienne et privée ou si elle est plus que cela… Et il écrit : tout le sens de la laïcité, c’est de reconnaître toutes les religions et de défendre chacune d’elle aussi bien que le droit absolu de ne pas croire. C’est un principe de liberté et non un interdit intellectuel. Il n’y a donc aucun complexe à ressentir en célébrant Noël de façon ostentatoire. Et voici la conclusion de mon confrère des Dernières Nouvelles d’Alsace : La fête chrétienne est aussi une fête tout court. Pourquoi faudrait-il se priver de la partager avec les musulmans et les juifs ? Ce jour particulier doit être, au contraire, l’occasion de rassembler les hommes de toutes confessions dans une atmosphère de paix, d’ouverture et de compréhension mutuelle. La réciproque doit être vraie pour le Yom Kippour et l’Aïd el Kébir qui devraient l’un et l’autre être fériés comme l’avait proposé la commission Stasi sur la laïcité. Ce serait là un message de fraternité que les trois grandes religions pourraient parfaitement entretenir au sein d’un grand pays qui les accueille toutes, et les protège toutes, avec la même bienveillance. Et la même liberté. L’hebdomadaire chrétien La Vie, hebdomadaire illustré de cette semaine, va plus loin, et pose 50 questions qui dérangent sur un juif nommé Jésus… Je vous en cite quelques unes : Jésus était-il chrétien ? - Non, répond l’hebdomadaire. Jésus était juif, né d’une longue filiation de fils d’Israël. Avant lui, ben avant lui, le christianisme n’existait pas. Le mot chrétien fut utilisé pour la première fois à Antioche au premier siècle pour désigner les disciples du Christ. Le terme grec cristianos, qui veut dire « frotté d’huile » est formé sur le mot christos, oint, de l’huile rituelle qui consacrait les rois d’Israël. Bon… Autre question : Jésus Christ, est-ce que c’est son nom ? Ben oui, pour le prénom. Jésus c’est très courant à l’époque et ça vient de l’hébreu Joshua qui signifie Yahvé sauve et que porte Josué, le successeur de Moïse qui a fait entrer son peuple en terre promise. Mais non, nous dit La Vie pour le nom. Christ n’est pas son nom de famille, Christ vient de Christos, traduction de l’hébreu Massia, Messie qui signifie oint. Alors il y a d’autres questions iconoclastes. Je vous en donne quelques-unes parce que ça a l’air de vous faire plaisir. Est-ce qu’on a des preuves de son existence ? Et ben oui, il y a des preuves historiques. Est-il le messie des Juifs ? Oui pour certains mais pas pour tous. Est-ce qu’il a été conçu miraculeusement ? Ben oui, selon les Evangiles. Jésus est-il le fils de Dieu ? Oui pour les Chrétiens. Jésus a-t-il eu deux pères ? Oui. Son origine est Dieu le père mais son père nourricier, c’est Joseph. Est-il né dans une crèche à Bethléem ? On ne sait pas. Est-il vraiment né un 25 décembre ? Non, non, rien ne l’atteste, écrit La Vie. On ignore même la date de sa naissance. On pense aujourd’hui qu’il serait né entre 5 et 6 ; C’est le Pape Libert qui en 354 l’a officiellement fixé au 25 décembre. C’est le jour où on célébrait le solstice d’hiver. C'est-à-dire la fête du sol à Victus, c’est-à-dire la victoire du soleil.

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