Bonjour à tous. « Les Jean-foutres et les gens probes médisent du vent furibond Qui rebrousse les bois, détrousse les toits, retrousse les robes… Des Jean-foutre et des gens probes, le vent, je vous en réponds S’en soucie, et c’est justice, comme de colin-tampon ! Si par hasard, sur le pont des Arts, tu croises le vent, le vent fripon, Prudence, prends garde à ton jupon ! Si par hasard sur le pont des Arts, tu croises le vent, le vent maraud, Prudent, prends garde à ton chapeau ! » Ce matin, les quotidiens n’ont pas vis-à-vis du climat le point de vue poétique et coquin de Georges Brassens. Crues des rivières, vents violents et fortes pluies, l’ECLAIR des Pays de l’Adour, SUD-OUEST de Bordeaux, et la DEPECHE du MIDI titrent tous sur l’alerte rouge déclenchée dans sept départements. Avec comme référence 1999, dont les habitants de la côte Atlantique et de la forêt landaise se souviennent, puisqu’ils avaient du rester calfeutrés, sans lumière, derrière leurs volets, avec, comme seule attache au monde le téléphone quelquefois, et la radio dans tous les cas. L’ECLAIR des PYRENEES rappelle cette année-là, avant d’annoncer comme Météo France, des vents soufflant à 130 Kms/heures et de très fortes précipitations. C’est ainsi qu’hier soir à Paris, par mesure de précaution, le cirque Amar a démonté son chapiteau. Mais ne croyez pas pour autant que les quotidiens des départements épargnés parlent égoïstement d’autre chose. A Metz, le REPUBLICAIN LORRAIN, réserve une place modeste à l’orientation sexuelle du ministre Roger Karoutchi et au meurtre de deux bébés et d’une puéricultrice dans une crèche belge. En revanche, il consacre trois colonnes et une photo très parlante, au Pays-Haut du bassin de Longwy, qui s’est retrouvé hier sous les eaux. Crues, glissements de terrain. A Rehon, le niveau des eaux est monté d’un mètre quarante. Une centaine d’habitations ont été touchées. A Nantes aussi c’est l’inquiétude. Pas pour ce samedi, mais pour ce qui pourrait parfaitement se produire un jour, selon PRESSE OCEAN. Pour le quotidien Nantais en effet, le risque de voir la ville inondée existe. Et PRESSE OCEAN d’envisager une nouvelle crue centennale, comme celle de 1910. Avec une différence : la ville, les quais ont beaucoup changé depuis un siècle et si cela arrivait les conséquences seraient catastrophiques. « Le climat est un serial killer », déclare à ce propos dans le POINT, l’historien Emmanuel Le Roy Ladurie, lequel publie chez Fayard, le 3ème volume de son histoire du climat, consacré à la période des 150 dernières années. Entre 1900 et 2000, notre continent a gagné 1°3. Pour Le Roy Ladurie, ce réchauffement n’est pas la mort du petit cheval. Au contraire, dit-il, ce fut très bon pour le blé, les vins et la douceur de vivre, sans conséquence écologique. Mieux, selon l’historien, cet âge d’or climatique après les crues de 1910, et les hivers polaires de 1940, 1941, 1942, a coïncidé avec les trente Glorieuses de l’économie, fraîches, sans être glaciales. Seulement voilà, ce bel équilibre des saisons, des fleurs, des branches et des fruits est remis en question depuis l’an 2000. Sept des huit années les plus chaudes depuis 1900, se situent après le passage du millénaire. Entre 1981 et 2007, entre François Mitterrand et Nicolas Sarkozy, la France s’est réchauffée de 1°3. Bref, ça va vite et contrairement à ce que dit Claude Allègre, docteur Tant mieux qu’Emmanuel le Roy Ladurie respecte, le réchauffement s’aggrave et les choses s’annoncent mal pour nos petits enfants. S’il faut résumer, le passionnant dossier du POINT, qui reprend les 400 pages du livre de l’historien, je soulignerai un fait. Français, Françaises, nos automnes ont gagné de Mitterrand à Sarkozy, 1°7, comme nos printemps et nos étés, un peu plus, 1°8. Les hivers en revanche ne se sont réchauffés que de 0,4 degrés. Et c’est variable, comme on le mesure cette année. Encore devons-nous nous souvenir avec Le Roy Ladurie des hivers 85, 86 et 87. Très durs. Hivers qui avaient fait en France de 10.000 à 15.000 morts. Mais allez savoir pourquoi, on en a moins parlé que des 11.000 victimes de la canicule 2003. Ecolos mes frères et vous chers confrères, avouez aussi que nous avons, contrairement à l’historien du climat, nous avons oublié les 200.000 morts de la dernière grosse canicule de 1846. On se souvient davantage des crues de 1910 et de celles du XIXème siècle ou le Président Mac Mahon se distingua en s’écriant : « Que d’eau, que d’eau ». A part ça, me direz-vous, comment un historien comme Le Roy Ladurie peut-il se passionner pour les almanachs du passé. Il s’en explique, en évoquant son père, agriculteur et syndicaliste, qui fut ministre sous Vichy. Quand il pleuvait, dit-il, il était désespéré pour son blé. Et moi, plus tard, j’ai découvert qu’en France en 1692-1693, la pluie avait fait un million 300.000 morts pour une population de 20 millions d’habitants. Et Le Roy Ladurie, non content de rejoindre son maître, Fernand Braudel, passionné lui aussi par l’avance des glaciers alpins, à la fin du XVIème siècle, évoque les copains qui se moquaient de lui et lui disaient : « le climat est une fausse science ». Tu parles Charles, pas pour le bon peuple qui s’en est toujours soucié, pour prévoir le prix du pain et du vin. Aujourd’hui, si le climat nous angoisse, c’est parce que ses variations violentes nous surprennent, modifiant notre vie quotidienne, réglée au millimètre, du train qui roule, de l’avion qui vole, de l’électricité à portée de main, etc. A part ça, quoi de neuf ? Les ECHOS font grand cas de la rupture de l’alliance, franco-allemande, Siemens-Areva. C’est grave docteur ? Oui, c’est un coup dur pour la relation franco-allemande et le développement européen du nucléaire. Le FIGARO élargit sur ce point le propos et parle de grandes manœuvres autour du nucléaire français et pas seulement du partenariat franco-allemand. Areva, GDF, Suez-Total, des divorces se précisent et des alliances se nouent entre les historiques et les autres. Pour la TRIBUNE, il faut faire attention au nucléaire en ébullition. Voilà pour le nucléaire civil. Mais il y a l’autre, le militaire, que Claude Imbert évoque dans son éditorial du POINT consacré à ce qu’il appelle : « Les Travaux d’Hercule Obama ». La crise, la Chine, l’Iran, voilà, pour Imbert les dossiers brûlants du nouveau Président. L’Iran arme le Hezbollah et le Hamas et pèse sur l’avenir palestinien, libanais, afghan, irakien, syrien. Négocier avec l’Iran, c’est accepter – ou refuser – mais avec quels échanges ? – sa bombe nucléaire. Contraindre Israël à accepter l’ « inacceptable » ? Bref, Obama dispose-t-il encore d’une longue cuillère pour négocier avec Téhéran ? Reste la politique française, avec glanées ici et là des informations sur la vie des partis. L’UMP tout d’abord qui se donne un nouveau patron. Xavier Bertrand, que le NOUVEL OBSERVATEUR appelle finement Plastic Bertrand, mais le portrait est gentil, pour le ministre qui donne du temps au temps pour ses résultats. Libération se penche sur le sort de Rachida Dati, laquelle serait lâchée par Nicolas Sarkozy. La presse, les journaux sont satisfaits du Président, qui a conclu hier les Etats Généraux de la presse et apporter 600 millions d’euros sur 3 ans pour sauver l’écrit et avec lui le pluralisme et la démocratie.

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