Bonjour à tous…. Je me souviens d’un temps où la télé était en noir et blanc. On y retrouvait les journalistes de «Paris vous parle », Pierre Desgraupes et Pierre Dumayet, avec à leurs côtés Jean Nohain et André Leclerc, chargés de faire rire et chanter (si possible) 40 millions de Français ! C’est eux, qui bien avant les Carpentier, les Guy Lux, les Drucker, les Ruquier nous ont diverti et enchanté avec Robert Lamoureux, Jean Richard, Bourvil et les duettistes aux 3.000 sketches : Roger Pierre et Jean-Marc Thibault. Roger Pierre est mort hier, des suites d’un cancer, à 86 ans, et la presse aujourd’hui salue comme il convient, ses talents d’amuseur et de grand comédien. Cinéphiles, mes frères, qui ne manquez jamais les films d’Alain Resnais, vous l’aurez probablement remarqué dans « les Herbes folles », son dernier rôle aux côtés de Sabine Azéma et André Dussolier. Les auditeurs de RTL, quant à eux, se rappelleront plus volontiers, qu’invité abonné des « Grosses têtes », Roger Pierre avait commencé à Radio Luxembourg sa carrière de fantaisiste… En 1947 ! D’autres auront ce dimanche, comme moi peut-être, le souvenir du sketch désopilant sur la Guerre de Sécession, où Roger Pierre jouait magnifiquement de l’allitération : « La Guerre de Sécession, doit cesser, c’est sûr ». Tandis que Jean-Marc Thibault concluait : « Si les Sudistes avaient été plus nombreux, les Nordistes auraient perdu ». Je ne sais pas, si Georges Pérec dans son Ec libre « Je me souviens », les évoque tous les deux. Je sais en revanche qu’il marque le contexte heureux des sixties, quand Grégoire et Amédée, Pierre Dac et Francis Blanche, Jean Yann et Jacques Martin, faisaient les beaux jours des programmes populaires des radios et les beaux soirs des cabarets. C’était au temps où le Général de Gaulle disait à son ministre de l’information Alain Peyrefitte, qu’il fallait montrer Mitterrand, Lecanuet et Marcilhacy à la télévision. « Montrez-les, ils seront emmerdants, Croyez-moi, il faut bien du talent pour tenir dix minutes à la télé ». C’était en 1965, avant le ballotage et trois ans avant que le même Président enguirlande Peyrefitte, coupable, selon lui, d’avoir laissé au petit écran, un enragé, Yves Mourousi. La télé aujourd’hui, encore elle, alors que les chaines ont été multipliées par centaines et que le Web reproduit à l’infini le bouche-à-oreille ? Et bien oui, vingt-quatre heures avant l’intervention de Nicolas Sarkozy, demain soir sur TF1, le JOURNAL du DIMANCHE, le MONDE, le PARISIEN allument une nouvelle fois les lampions avec ce qu’il faut bien appeler l’affaire Vincent Peillon. Résumé des chapitres précédents… L’Eurodéputé socialiste a boycotté mardi dernier l’émission d’Arlette Chabot sur France 2 : « A vous de juger ». Etaient invités à ferrailler sur l’identité nationale, le ministre Eric Besson et Marine Le Pen. J’y vas-t’y, j’y vas-t’y pas ? Peillon n’y va pas, comme il en avait le droit, considère aujourd’hui le courrier des lecteurs de TELERAMA. D’autres publications ont rappelé qu’après tout, le gaulliste, catholique, Maurice Clavel avait en 1971 laissé en plan, comme ça, dans l’émission « A armes égales », Alain Duhamel et André Campana ! « Messieurs les censeurs », avait lancé l’écrivain, « bonsoir ! ». Il faut dire que Clavel, n’avait pas apprécié qu’on lui coupe au montage et sans le prévenir, une partie de son petit film où il disait que le Président Georges Pompidou n’avait pas été un grand résistant. Seulement voilà, Peillon n’est pas Clavel et France Télévisions d’aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec ce que Pompidou, encore lui, appelait la Voix de la France. Qui connaît Monsieur Peillon, demande plutôt méchamment l’hebdomadaire MARIANNE, en reprochant à l’Eurodéputé socialiste d’être un philosophe qui « cogne comme une brute » et a commis la faute de demander la tête de la directrice adjointe de l’information de France 2. Mais Renaud Dely tempère cette prise de position de MARIANNE, en écrivant aussi que Peillon est un « intello » sous employé dans cet océan de médiocrité, qui selon lui, berce la gauche depuis tant d’années ! Dans le même hebdo, Daniel Schneiderman veut bien considérer que Peillon a menti, au lendemain de sa défection préméditée… mais qu’il l’a fait, en pleine lumière sur Canal Plus. Alors, que Alain Duhamel et Jean-Michel Aphatie attaquaient violemment l’Eurodéputé, invité de Denisot. J’espère que vous suivez, car ce n’est pas fini. Aujourd’hui, dans le MONDE daté dimanche24-lundi 25 janvier, Vincent Peillon interrogé par Raphaëlle Bacqué remet le couvert et juge « serviles » les patrons de la télévision publique, avant de déclarer : « il faudra réformer le CSA pour le rendre indépendant et pluraliste ». « Vous vous rendez compte », ajoute-t-il, « sept émissions sur neuf, organisées aux heures de grande écoute ont été consacrées à l’identité nationale ». Soit, répliquent mes confrères du MONDE, mais vous regardez les journaux de France 2 et de France 3 et ne pouvez dire qu’ils sont aux ordres ! Réponse de l’Eurodéputé : « Les rédactions font ce qu’elles peuvent mais la perspective de la nomination du président de service public par le président de la République exerce déjà une pression sur leur travail et favorise la servilité de certains dirigeants. Il faut revenir sur cette décision. Mais il faudra aussi réformer le CSA pour le rendre indépendant et pluraliste, assurer comme dans d’autres pays européens, des ressources stables au servie public et à la presse qui ne passent pas par les cabinets des ministres. Une vraie loi anticoncentration est aussi indispensable ». Là-dessus Patrice Duhamel, Directeur général de France Télévisions, juge que « servile » est une insulte et menace Vincent Peillon d’un procès. On verra. Reportez-vous au dictionnaire le Robert : Servile : propre aux esclaves – travail servile. Contraire : libre, conquérant, indépendant. Ame servile : qui a un caractère de soumission servile, laquais, valet, adorateur servile, lèche-cul, pied plat, avoir l’échine souple. Chateaubriand : « Sous Napoléon la littérature fut libre, la science servile ». Stendal : « Les poètes ont du cœur, les savants proprement dits sont serviles et lâches ». Vie de Henri Brulard. La télé comme un danger. Voyez le PARISIEN qui évoque en première page « les risques du direct ». Christophe Dechavanne agressé vendredi par un membre du public de son émission.

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