Bonjour Pierre Weill, bonjour à tous… A une semaine des vacances de juillet, l’idée neuve du bonheur réapparait aux yeux des Français et l’Etat de grâce demeure aussi pour le Président Nicolas Sarkozy. - Etes-vous satisfait ou mécontent de Nicolas Sarkozy-président ont demandé les enquêteurs de l’IFOP, à près de 2000 personnes sondées cette semaine pour le JOURNAL DU DIMANCHE. Très satisfaits et plutôt satisfaits : 65%. Très mécontents et plutôt mécontents : 34%. Ce sont, à peu de choses près, les mêmes proportions pour le Premier ministre François Fillon. Là-dessus, Jacques Espérandieu, détaille dans son éditorial ce qu’il appelle nos raisons d’espérer. Et la toute première selon lui… c’est l’Europe bien repartie, grâce écrit-il, à Angela Merkel, dont il salue les talents de négociatrice, et grâce aussi à Nicolas Sarkzoy qui s’est fortement investi, auprès de la chancelière. Fin de citation. Le dessinateur Wolinski, en page 17 du même journal dominical, se montre plus réservé, quand il croque Nicolas Sarkozy, galopant du sommet de Bruxelles au Salon aéronautique du Bourget, tandis que François Fillon derrière lui peine beaucoup à le suivre. Il faut dire que le Président n’a sous le bras, qu’un seul dossier marqué « Je veux », tandis que son Premier Ministre croule, lui, sous l’Europe, l’immigration, les heures sup, les peines plancher, la TVA sociale et la fiscalité. Et oui, déclare dans une bulle le Sarkozy de Wolinski… Eh oui, je veux tout faire sur tout ! Le service minimum pour les salariés. Le service maximum pour le Président. Une voix s’est élevée hier justement, pour demander au Président de la République, s’il était bon, qu’il s’occupe de tout. Réplique du Chef de l’Etat… Je ne pense pas avoir été élu… pour m’occuper de rien. Répartie facile, dira-t-on, à défaut de considérer, que le quinquennat a accéléré la présidentialisation du régime, et conduit l’hôte de l’Elysée à réformer au sprint. Cinq ans, sur cinq ans, il y a trois années utiles, donc il faut se dépêcher… LE PARISIEN DIMANCHE, illustre bien cette situation d’une photo, où l’on voit Nicolas Sarkozy, sautant au triple-galop d’un avion rafale, où il s’est installé le temps de prendre le cliché ; Au-dessus du cliché un titre : « Sarkozy s’occupe de tout », et un propos reproduit par mon confrère du PARISIEN Bruno Fanucchi qui a suivi le Président, dans sa visite des stands du salon du Bourget. « La préparation de la prochaine loi de programmation militaire, a-t-il dit, doit être l’occasion d’une remise à plat, de tous les programmes engagés… » Transparence, transparence par conséquent… une sorte de combien ça coûte présidentiel… Car a détaillé Nicolas Sarkozy, l’Europe ne peut plus se payer le luxe, d’avoir cinq programmes de missiles sol-air, trois programmes d’avions de combat, six programmes de sous-marins d’attaque et une vingtaine de programmes de blindés… » Et voici la chute, ironique, du Président de la République, reproduit par Le PARISIEN ce matin… Encore heureux, encore heureux qu’on ait fait l’Europe ! Entendez, qu’une défense commune de l’Europe relancée, l’Europe débloquée, l’Europe simplifiée, l’Europe réveillée, l’Europe mieux aérée, comme l’écrivent aujourd’hui NICE MATIN, LA MONTAGNE, NORD-ECLAIR, les DERNIERES NOUVELLES D’ALSACE et LE MONDE, devrait permettre aux citoyens-contribuables que nous sommes, de réaliser quelques économies. Alors est-ce bien sûr qu’on va rogner sur les dépenses militaires ? Faut voir, car Nicolas Sarkozy a dit aussi hier, à ses hôtes du Bourget… « Vous êtes capable de faire rêver, et ça compte. » Mais peut-être parlait-il, de l’aviation civile. Le rêve ? On le trouve encore ce week-end sous la plume de Philippe Sollers, qui dans son journal du mois, du journal du dimanche, nous rappelle que la femme est l’avenir de l’homme, et l’avenir éventuel, promis aussi au gouvernement Sarkozy. « Je suis comblé, écrit Sollers, page 34 du JOURNAL DU DIMANCHE, et il commence par Christine Lagarde, la bosseuse, l’étonnante Christine Lagarde, qui doit selon Sarkozy exploser au ministère de l’économie… « Elle a toute ma confiance renchérit Sollers… Tout, chez elle, respire, gracieusement et fermement, l’honnêteté. Je passe sur Roselyne Bachelot, rabelaisienne de choc, dont la santé truculente et sportive fait plaisir à voir. Un conseil de coiffure, cependant, à Madame Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, qui fait visiblement ses débuts à la télévision : qu’elle montre le plus vite possible ses oreilles, ses cheveux, dont le style épagneul, devant assourdir son audition. Cela dit, l’enlèvement, par Sarkoy, l’enlèvement de l’éblouissante Rama Yade et de l’incorruptible et active Fadela Amara relève de la haute acrobatie, du donjuanisme le plus effréné. Chapeau. Rama Yade est d’emblée une vedette du futur spectacle : beauté, assurance, énergie, le pauvre François Hollande la regardait, l’autre soir, avec stupeur à la télé. C’est déjà une Condoleezza Rice en puissance, rien ne devrait l’arrêter, et Rachida Dati, l’autre vedette incontestable du gouvernement, a tout de suite compris qu’elle a là une concurrente redoutable. Rama ou Rachida ? demande le don Juan Sollers et je vois Pierre Weill que vous posez la question… L’avenir le dira. Personnellement, je me sens plus d’affinités avec Rama, à moins, ce qui est probable, qu’elle ne me laisse, en tant qu’écrivain, en rade. Mais que vois-je soudain ? Non, pas possible, je me frotte les yeux : Christine Boutin et Fadela Amara, bras dessus, bras dessous, dans les jardins de leur ministère ! L’Eglise catholique en personne, et la musulmane de Ni putes ni soumises, comme de vieilles copines ravies d’être ensemble : Mais dites-moi que je rêve ! Quel scoop ! Quel miracle ! N’essayez pas de grogner que Dieu n’existe pas, voilà une preuve de son évidence. Je connais, conclut Philippe Sollers un peu Christine Boutin (plus marrante qu’on ne croit) et Fadela Amara (moins soumise qu’on ne le voudrait). Question toute simple : pourquoi Fadela n’est-elle pas, depuis longtemps, une star du Parti socialiste ? C’est une bonne question, que reprend Dominique de Montvalon du Parisien-Dimanche, qui a comme notre Roland Mihaïl, eu la bonne idée, d’inviter le député socialiste de Seine-Saint-Denis, Monsieur Claude Bartelone, à répondre à ses questions. Avouez… avouez, insiste de Montvalon, avouez que Nicolas Sarkozy vous bluffe… Réponse du Premier adjoint du maire du Pré Saint-Gervais : « C’est vrai dit Bartelone, que sur la composition de ses deux gouvernements, Nicolas Sarkozy a réussi à présenter une équipe que plus d’un socialiste aurait souhaitée, dans le cadre des gouvernements passés… Mais, mais, ajoute-t-il en bon opposant… ben oui, il s’oppose. « Tout ça, c’est le casting, il faut attendre la fin du film. » Alors, à part ça, ben ne vous y trompez pas, l’auteur d’une élection imperdable, en effet, c’est le titre du livre de Claude Bartelone aux éditions de L’archipel, l’auteur d’une élection imperdable et perdue… Dans la même interview du PARISIEN tire à vue sur Ségolène Royal… Avec cet envoi qui touche au cœur. « La gauche découvre qu’en soutenant Ségolène Royal, elle a soutenu une candidature de duplicité. » Et j’ai lu pire dans Le DAUPHINE LIBERE d’aujourd’hui. Ca s’appelle : « Sans elle », hier les socialistes ont fait sans elle. Un conseil national du parti socialiste. Non merci bien, rien ne vaut le Poitou-Charentes. Ainsi écrit mon confrère du DAUPHINE LIBERE Ségolène Royal a boudé les éléphants elle a déclaré ceci : je suis dans la France paisible aux côtés de personnes authentiques. Après ça, elle a été visitée une frise de la dernière période du paléolithique supérieur. Alors ben nous, on n’y est pas, on est à Paris, vous n’avez pas honte, vous ne faites pas partie des vrais gens, vous n’êtes pas authentique mon cher Pierre Weill. Alors bon, il y a quand même quatre lignes qu’il faut lire, elles sont dans LE POINT. Elles sont signées Claude Imbert sur la vie de chantier de la gauche. Et ça commence ainsi, à propos de la gauche : elle a évité la déroute mais pas la défaite. Et plus que la victoire de la droite, la défaite de la gauche remue les tréfonds de la nation. A droite, le rajeunissement, la pétulance de Sarkozy se jugeront pleinement à l’épreuve de réformes dites impopulaires, mais à gauche sonne l’heure d’une véritable refondation, c’est l’intérêt du parti socialiste mais aussi de la France. La rénovation profonde de la gauche est une des conditions de la rénovation française. Je disais en commençant que le bonheur est une idée neuve en Europe, mais c’est peut-être aussi une idée neuve en France. Vous vous rappelez peut-être Pierre Weill, ce que disait Jules Renard à propos du bonheur : « J’ai connu le bonheur mais ce n’est pas ce qui m’a rendu le plus heureux ». Moi je suis triste, je suis malheureux de vous quitter tout l’été, mais on va se retrouver au mois de septembre simplement puisque c’est l’été, j’en profite pour dire à tous les auditeurs qui m’ont écrit parce que j’ai attribué, entre autres sottises, j’ai attribué une chanson de Jean Ferrat à Louis Aragon. C’est une erreur, j’ai cru que Ma France était un poème d’Aragon. Je voudrais dire pour vous et pour tous ceux qui vont passer l’été loin et au soleil… « Au grand soleil d’été qui courbe la Provence Des genêts de Bretagne aux bruyères d’Ardèche Quelque chose dans l’air a cette transparence Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche Ma France. »

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.