Bonjour à tous. Une chose est sûre, cette nuit, nous allons tous passer à l’heure d’hiver et dormir une heure de plus ! Pour le reste de l’actualité, il est permis de douter. Résumons avec l’aide d’une presse, qui dit oui, qui dit non, en se tapotant le menton ! A l’Assemblée nationale, voici un député UMP, double champion olympique au sabre, Monsieur Jean-François Lamour, qui se trompe de touche et appuie sur le bouton « non », alors qu’il voulait voter « oui ». Bref, c’est à l’insu de son plein gré qu’il aurait rejoint l’opposition ! Acceptons ! Au dernier jour du procès Clearstream, après 5 semaines de débats, tout s’éclaire. Dominique de Villepin « garde la main ouverte ». Il ne savait rien des faux listings accusant Nicolas Sarkozy. Dans son Elysée, Jacques Chirac n’avait pas été informé non plus. Ignorance identique de Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la Défense mais pas au courant des travaux d’espionnage du Général Rondot. Innocence également de Jean-Louis Gergorin, victime selon ses avocats de Monsieur Imad Lahoud, truqueur-manipulateur génial, mais menteur, selon son propre aveu ! Ajoutez à cela, dans l’ordre chronologique, les affaires Polanski, Mitterrand Frédéric, et la renonciation (peut-être provisoire) de Jean Sarkozy à la présidence de l’Etablissement chargé de l’aménagement du quartier de la défense, et le tableau sera complet. Sur tous ces sujets, la presse aujourd’hui tente d’apporter des petites lueurs nouvelles. Mais nous savons depuis Coluche que l’heure est venue de circuler, et depuis Anne Roumanoff, «Qu’on ne nous dit pas tout ». Dans le FIGARO, Anne Fulda considère que le débat est clos et que la phrase de Jean Sarkozy : « Est-ce que j’en ai parlé au Président ? Non. En ai-je parlé à mon père ? Oui ! » figurera dans les annales de la Vème République. Au même titre, assure Anne Fulda, que le mot de Fabius : « Lui, c’est lui et moi c’est moi ». Celui de Ségolène, sur la « bravitude ». Celui de Giscard : « vous n’avez pas le monopole du cœur »… Voire la petite phrase de Rocard sur « la France qui ne peut accueillir toute la misère du monde… ou mieux encore… le « je vous ai compris » de De Gaulle et le « travailler plus pour gagner plus » de Nicolas Sarkozy. Si vous aimez ce type d’abécédaire, reportez-vous à celui que viennent de publier Marie-France Lavarini et Jean-Yves Lhomeau sur les petites phrases abracadabrantesques de la Vème République, chez Calmann-Levy. Mais sachez aussi avec LIBERATION d’aujourd’hui que les politiques et les medias sont toujours diserts sur « les affaires » de ces dernières semaines. Il faut dire qu’elles ont largement nourri radios, télés, journaux français et étrangers… du Herald Tribune au Times et du Financial Times au Frankfurter Allgemeine. Alain Auffret remarque dans LIBERATION que la toile est vent debout depuis deux semaines contre le Président de la République et son fils. Selon lui, c’est pour cette raison qu’hier après-midi, avant de partir en vacances au Cap Nègre, Nicolas Sarkozy s’est exprimé sur Facebook et a commenté le renoncement de son fils à la présidence de l’EPAD, en déclarant : « Il a pris une décision sage et courageuse ». Patrick Apel-Muller, dans son éditorial de l’HUMANITE en juge tout autrement, quand il écrit que les Sarkozy père et fils ont jeté l’éponge Ce que ne croit pas LIBERATION qui considère qu’ils n’ont renoncé à rien. Alain Auffret déjà cité, considère même que le fils du Chef de l’Etat, élu vendredi administrateur de l’EPAD, confirme son leadership sur la droite des Hauts-de-Seine. Patrick Apel-Muller dans l’HUMANITE préfère s’en tenir avec la presse étrangère, à ce qu’il appelle une farce dans la ligne de notre monarchie républicaine. C’est vrai, écrit-il, l’éponge est jetée, mais l’épisode n’est pas effacé. Il a éclairé d’une lumière crue l’arrogance sarkozyste, les passe-droits à droite et l’amoralisme de l’argent-roi sur une certaine manière de gouverner. Josée Pochat dans l’hebdomadaire VALEURS ACTUELLES veut aller au-delà de la politique et de l’affaire Jean Sarkozy elle-même. Son dossier s’appelle « Fils et filles de »… Fils et filles…des Debré, des Giscard, des Mitterrand. J’en passe… Et ma consoeur de VALEURS ACTUELLES d’écrire : « L’accusation de favoritisme guette toujours les enfants de parents célèbres, dès lors qu’ils réussissent, mais elle s’estompe d’elle-même quand ils ont faire leurs preuves… » Et Josée Pochat d’évacuer à contrario Philippe, fils de Charles de Gaulle. Il avait tous les titres pour devenir Compagnon de la Libération. Mais pour éviter tout soupçon de favoritisme son père Charles l’écarta, lors de la création de l’ordre, ce qui était injuste. Mieux ou pire. Philippe de Gaulle ne devint contre-amiral qu’en 1971, deux ans après que son père eut quitté l’Elysée. La REPUBLIQUE du CENTRE, ne remonte pas aux débuts de la Vème République, pour saluer ce que Jacques Camus appelle ce matin, « la leçon de sagesse des Sarkozy ». Leçon tardive, avec selon mon confrère, une responsabilité du Président de la République, au moins égale, à celle de son fils. Mais puisque nous autres journalistes n’avons de leçon à donner à personne… Permettez-moi de citer un exemple qui date un peu… Celui d’un pouvoir, confronté à des problèmes familiaux aussi symboliques que difficiles, puisqu’il s’agissait de Thèbes, de Créon, d’Œdipe et d’Antigone. Jean Anouilh a bien décrit ça, dans le prologue de sa pièce sublime, Antigone. « Cet homme robuste, qui médite là, près de son page, c’est Créon. C’est le roi. Il a des rides, il est fatigué. Il joue au jeu difficile de conduire les hommes. Avant, du temps d’Œdipe, quand il n’était que le premier personnage de la cour, il aimait la musique, les belles reliures, les longues flâneries (chez les petits antiquaires de Thèbes). Mais Oedipe et ses fils sont morts. Il a laissé ses livres, ses objets, il a retroussé ses manches et il a pris leur place. Quelquefois, le soir, il est fatigué, et il se demande s’il n’est pas vain de conduire les hommes. Si cela n’est pas un office sordide qu’on doit laisser à d’autres, plus frustes…. Et puis, au matin, des problèmes précis se posent, qu’il faut résoudre, et il se lève, tranquille, comme un ouvrier au seuil de sa journée. « « Ce garçon pâle, là-bas, au fond, qui rêve, adossé au mur, solitaire, c’est le Messager. C’est lui qui viendra annoncer la mort d’Hémon tout à l’heure. C’est pour cela qu’il n’a pas envie de bavarder ni de se mêler aux autres. Il sait déjà. Enfin les trois hommes rougeauds qui jouent aux cartes, leur chapeau sur la nuque, ce sont les gardes. Ce ne sont pas de mauvais bougres, ils ont des femmes, des enfants et des petits ennuis comme tout le monde, mais ils vous empoigneront les accusés le plus tranquillement du monde tout à l’heure. Ils sentent l’ail, le cuir et le vin rouge et ils sont dépourvus de toute imagination. Ce sont les auxiliaires toujours innocents et toujours satisfaits d’eux-mêmes, de la justice. Pour le moment, jusqu’à ce qu’un nouveau chef de Thèbes dûment mandaté leur ordonne de l’arrêter à son tour, ce sont les auxiliaires de la justice de Créon. Et maintenant que vous les connaissez tous, ils vont pouvoir vous jouer leur histoire ». Deux journaux LIBERATION et le FIGARO évoquent ce matin Pierre Chaunu, l’historien disparu vendredi à 86 ans. Disciple de Fernand Braudel, il fut le précurseur de l’histoire quantitative. Il était nataliste, amoureux de la vie, mais historien de la mort à Paris, au XIVème, au XVème et au XVIIème siècle. C’est la Toussaint, je vous sens pressé, j’y reviendrai demain matin.

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