Bonjour à tous… La presse a l’œil sur le calendrier. Après les grèves, elle se met à l’heure des vacances de la Toussaint. Elle se demande également si Nicolas Sarkozy aura assez de vingt jours pour inventer à la mi-novembre un gouvernement plus social et plus innovant. Elle relève enfin, que demain lundi, il y aura 300 jours que Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière ont été enlevés en Afghanistan. Une seule certitude, ils sont vivants, comme le seraient aussi, selon le premier ministre nigérien, les sept otages enlevés par Al-Qaïda au Maghreb Islamique. En revanche, je n’ai rien trouvé dans les journaux dominicaux sur le souvenir d’un anniversaire pas comme les autres. Ohé, confrères, aurions-nous la mémoire courte, ou tellement sélective, qu’elle laisserait aux historiens et aux enseignants la responsabilité d’évoquer seuls, certains événements ? Nous sommes le dimanche 24 octobre 2010. Le 24 octobre 1940, deux hommes se serraient la main, à Montoire-sur-le-Loir, marquant à jamais la pire des collaborations entre nazis et Français du gouvernement de Vichy. Philippe Pétain, le maréchal de 84 ans, scellait ce jour-là une alliance ambigüe avec Adolf Hitler, 51 ans, de retour d’Hendaye, où il avait rencontré Franco le Caudillo. La photo du maréchal vainqueur de Verdun, serrant la main du Führer, qui ne lui promettait rien, mais cherchait sa collaboration, pour faire la guerre tout de suite à l’Angleterre, cette photo est dans tous les livres d’histoire. Mais pas dans les journaux dominicaux. C’est dommage, la presse du MONDE au FIGARO et de LIBERATION aux quotidiens régionaux, avait fait grand cas, il y a trois semaines, du statut des juifs établi par Vichy et durci de la main même de Philippe Pétain. 24 octobre 1940, à Montoire-sur-le-Loir, Hitler et le maréchal entendaient démontrer que leur alliance allait déboucher sur une Europe nouvelle. Laval, venu lui aussi à Montoire, deux jours plus tôt, le croyait aussi et pensait même que les Français seraient reconnaissants aux dirigeants de la Défaite, de les avoir rangés dans l’ordre et sous la protection des Allemands vainqueurs. C’est tout le contraire qui s’ensuivit. Avant Montoire, Pétain avait été acclamé à Bordeaux, à Toulouse, à Clermont-Ferrand. Montoire et la poignée de main, marque la première rupture et le premier tournant entre le gouvernement de Vichy et l’opinion française de l’époque. Pourquoi Montoire, vous demanderez-vous ? Et puis c’est où. Les géographes et les historiens répondent. C’est à 15 kilomètres de Vendôme, au sud de Tours, pas loin de Blois et du Mans. Dans la Touraine, chère à Ronsard. 4.000 habitants aujourd’hui… Une petite gare et un tunnel, où le führer avait caché son train spécial, train à l’acier et aux cuivres rutilants, disent les témoins et les historiens. Dans le tunnel de Montoire, en cas de bombardement anglais, l’hôte de Franco, le complice de Pétain, l’allié de Mussolini, eût été protégé… et avait suffisamment, à l’entrée du tunnel, de batteries de DCA pour ça. Mémoire courte ? Que non pas ! Le 9 novembre prochain rappelle le JOURNAL du DIMANCHE ce matin, Nicolas Sarkozy ira célébrer à Colombey-les-deux Eglises, le 40ème anniversaire de la mort du Général de Gaulle. L’homme qui avait refusé et la poignée de main de Montoire, et l’armistice du 17 juin 1940, dans les mots que l’on sait. Octobre 2010… Le PARISIEN Dimanche fait sa manchette et son dossier sur l’avenir de la voiture. Il paraît qu’acheter son automobile c’est démodé et que la location en revanche, a de beaux jours devant elle. Selon le PARISIEN, l’automobile aurait perdu son image pour devenir un simple objet d’usage. C’est pourquoi, les offres de locations se multiplient y compris chez les constructeurs. Et ce phénomène risque de s’accélérer, avec l’émergence de la voiture électrique. Les quotidiens régionaux préfèrent reprendre les propos rassurants de Jean-Louis Borloo hier, sur l’essence revenue aux stations de la moitié Sud, de l’Est et du Nord du pays. La MONTAGNE de Clermont-Ferrand en conclut que c’est la détente sur le front des carburants. NORD-ECLAIR, le PROGRES de Lyon, la PROVENCE sont plus pessimistes et remarquent que le conflit né de la réforme des retraites est loin d’être terminé. Le JOURNAL du DIMANCHE, un sondage et quatre pleines pages à ce mois d’octobre pas comme les autres, pour la France. Et pour un président Nicolas Sarkozy très affaibli. Le conflit se concentre sur lui, écrit le JOURNAL du DIMANCHE, à côté d’un éditorial d’Olivier Jay, qui parle de tournant, avant d’expliquer - je le cite – « Il ne suffira pas d’un changement d’hommes pour revaloriser l’esprit public dans notre pays. Il faut un jeu plus collectif qui hystérise moins les relations ». Suivent le sondage IFOP et le point de vue de Denis Tillinac. Etes-vous satisfait ou mécontent de Nicolas Sarkozy comme président de la République ? - 29 % sont satisfaits et 70 % sont mécontents. Etes-vous satisfait ou mécontent de François Fillon comme Premier ministre ? - 47 % de satisfaits et 51 % de mécontents. Denis Tillinac, écrivain et proche de Jacques Chirac, est aussi un des interlocuteurs réguliers de Nicolas Sarkozy qu’il a accompagné, il y a quinze jours, lors de son voyage au Vatican. Questions de Soazig Quéméner : « Le président de la République atteint son score le plus bas. Peut-on encore mettre cette impopularité sur le dos de la crise ? » Réponse : « Il paie son style bretteur, batailleur, mais aussi son courage. « On a construit, ajoute-t-il, autour de lui l’archétype du riche absolu, qui est contre les pauvres ». Dernière question : « Pour être réélu en 2012 que doit-il faire ? » Réponse de Denis Tillinac : « Je le connais depuis vingt ans ; il génère, c’est vrai, de l’antagonisme par son caractère. Mais la meilleure façon de faire passer un message au peuple, c’est encore d’être soi-même. On n’empêchera pas que Sarkozy soit impulsif, dynamique, mais un peu agressif, hyper-réactif. Effectivement, il faut qu’il parle moins. Qu’il efface, autant que faire se peut, les côtés les plus voyants de l’image que les gens se sont fabriquée. Il y a, certes, une hargne terrible anti-Sarko. Mais même les plus irréductibles disent qu’il est courageux, qu’il fait le job, qu’il mouille la chemise, et qu’aucun autre ne ferait sans doute mieux. Les temps vont être de plus en plus durs et les Français peuvent se dire : « Il nous fait suer, il nous exaspère, mais il tient la route ». Ce réflexe-là pourrait le sauver ».

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.