Pas de dimanche, sans le « Journal du Dimanche », dont le Directeur-éditorialiste porte le joli nom d’Espérandieu et dont le Président d’honneur n’est autre que Daniel Filipachi… (Le Filipachi de « Salut les Copains » qui enchanta tant de soixante-huitards)… Dans le « Journal du Dimanche », d’aujourd’hui, Wolinski revient sur le sommet Paris-Moscou-Berlin, avec ses trois héros : Messieurs Poutine, Chirac et Madame Merkel. Wolinski les croque, en smoking-noir, nœud papillon, chapeau haut-de-forme et cigare, parlant tous les trois, euros et dollars, sur une adaptation très libre de l’Internationale. « C’est la lutte finale », chante Vladimir Poutine. « Groupons-nous et demain »…poursuit Jacques Chirac, laissant la conclusion à Angela Merkel : « le biseness international sera le genre humain ». On ne peut mieux dire, puisque, selon les observateurs du sommet franco-germano-russe de Compiègne, les trois « amis » du continent européen ont surtout parlé affaires et gros sous… Pétrole et Gaz. Fini en effet le temps, où l’URSS faisait peur avec ses missiles… Aujourd’hui, avec ses grands groupes étatiques, pétroliers et gaziers, la Russie est riche, très riche et vient même de rembourser par anticipation les 23 milliards de dollars que lui avait prêtés, il y a 8 ans, les banquiers du Club de Paris, quand on la disait en faillite ! - Et oui, les temps changent, remarque Jacques Espérandieu, avec la hausse du prix de l’énergie, la Russie de Poutine peut désormais utiliser à son profit une indépendance économique nouvelle. Fini le temps où les oligarques s’offraient des complexes touristiques, ou des équipes de football, britanniques de préférence. Maintenant, ils s’attaquent à du lourd… Centrica : le premier gazier britannique, et EADS qui fabrique Airbus. Au passage, Moscou, s’offre le luxe d’éjecter l’anglo-néerlandais Shell d’un gros gisement d’hydrocarbures… et signe avec Paris, des accords de coopération d’un montant de 10 milliards de dollars ! Ces accords, précise Yann Philippin, l’envoyé spécial du « Journal du Dimanche », à Compiègne, inclut la construction d’une autoroute Moscou-Saint Pétersbourg par le groupe Vinci. - Vinci… les parkings, la société Cofiroute et Monsieur Zacharias le patron aux mirifiques stocks-option, qui si je ne m’abuse, a investi aussi, dans le spectacle Ben Hur du brave Robert Hossein, au stade de France. Moscou-Saint-Pétersbourg, c’est la distance de Paris à Nice et donc beaucoup d’euro-million en perspective, pour nos champions du BTP. Pas de dimanche, sans le « Journal du Dimanche », dont les chroniqueurs, s’appellent Philippe Sollers, Bernard Pivot de l’académie Goncourt, et le banquier Michel Pebereau. Sollers, dans son journal du mois, n’oublie, ni Voltaire, ni le Pape, ni Mao… avant de s’arrêter, bien sûr, sur le tandem obsédant, très obsédant Sarko-Ségo. Selon l’écrivain qui se délecte de la Correspondance Voltaire-Vauvenargues, le petit théâtre des marionnettes présidentielles françaises, fait peine à voir. Et je te dénonce, le cirque Sarkozy-Halliday, Doc-Gynéco, et je jure, que la photo Bush-Sarkozy me fait froid dans le dos… Avant de pencher discrètement vers Ségolène Royal, et la France en train de devenir la Hollande, sans jeu de mots. Et voici la suite du commentaire de Philippe Sollers. « Du simple point de vue publicitaire, si Ségolène Royal ne se fatigue pas trop vite, elle a un avantage : elle porte avec elle un avenir indiscutable de films, de magazines, de fringues, de sacs, de souliers, de bijoux, de lingerie fine, de produits de beauté, de propreté, de pureté, de dignité, de sécurité, de respect, de désirs d’enfance. Elle réprimande une petite Bretonne ? Et alors ? Elle se montre avec le play-boy Montebourg ? Pourquoi pas ? Le spectacle la veut et l’impose, face à des concurrents d’avant le 11 septembre et le quinquennat. Problème de la parité : combien de femmes à droite ? Et à gauche, à part la vedette ? On attend de voir. Quant à Chirac, regonflé à l’international, impossible de ne pas l’imaginer pensant à la future passation de pouvoir : Sarkozy sur le perron de l’Elysée ? L’enfer. Ségolène s’avançant vers lui tout sourire ? Bernadette fera la tête, mais tant pis. » Philippe Sollers. Sur le même sujet, laissez-moi vous proposer une sorte de quiz. Dans le « Journal du Dimanche » encore, je relève trois phrases dont vous trouverez vous-même l’auteur… La première : « Mon objectif est évidemment le succès. Quel qu’il soit, le vainqueur bénéficiera du soutien des autres. Et je veux être d’autant plus respectueux de mes compétiteurs que, si je l’emporte, je souhaite qu’ils acceptent de hautes responsabilités dans notre future équipe de France. Qui dit cela… Sarko… Ségo… ? Quelqu’un d’autre… Et celle-là ? C’est la première fois que j’aborde une telle élection. Je me sens à l’aise avec mes convictions, en phase avec ce que ressent le peuple français, et plein d’énergie. Le futur est devant ! Alors, c’est qui Pierre Weill, ça ? Eh bien, ni Sarkozy, ni Ségolène Royal. Raté… C’est Fabius, interviewé par Florence Muracciole. Et ce propos-là… Qui le tient ? « Pourvu que la victoire soit belle… Merci d’être là… Vous savez, si on gagne, cela aura de la gueule. Bien sûr que j’ai changé, la vie vous change… L’âge vous change… Les revers vous changent. Les priorités ne sont plus les mêmes. » Est-ce Ségolène, est-ce Sarkozy, ou quelqu’un d’autre… Jospin ?... DSK ? Vous n’y êtes pas, celui qui signe ce propos, entame à Bordeaux, la reconquête de son siège de premier magistrat. C’est Alain Juppé. Dernier test, dernière épreuve… Je lis en page 4 du « Journal du Dimanche »… « Toute ma stratégie vise à recentrer le débat sur les vrais sujets : l’Europe, la carte scolaire, le service civil, la justice et la laïcité… En quelques jours, j’ai ouvert plus de débats que pendant toute la campagne de 2002. » Qui dit cela, Pierre Weill ? Madame Royal, Monsieur Sarkozy, quelqu’un d’autre…. - Et bien, cette fois, oui, le propos est du ministre de l’Intérieur, s’exprimant dans l’avion, le menant à Dakar, traiter avec le Président Wade, d’immigration concertée. Au passage, Nicolas Sarkozy, regonflé à bloc par les sondages du « Figaro Magazine », et du « Parisien », parus, hier, s’interroge devant Florence Muracciole, sur la campagne de Ségolène Royal… Et il dit : « Elle fait une erreur stratégique car elle ne peut pas être élue par la gauche avec des idées de droite, les communistes et les Verts ne la suivront pas. » Et poursuit ma consœur… « Pour l’heure, en tout cas, Nicolas Sarkozy s’est fixé une ligne de conduite pour parvenir à ses fins et contrer la madone des sondages : « Etre calme, déterminé, audacieux, généreux et concentré. » Et que Jacques Chirac joue les pères Fouettard, comme il l’a fait lundi dernier sur Europe1, ne l’impressionne pas plus que cela : « Ce n’est pas, dit Nicolas Sarkozy, parce que Chirac me tacle que c’est une semaine qui commence mal. Je suis habitué à ce qu’il ne soit pas d’accord avec moi. » Comme sur les Etats-Unis. Nicolas Sarkozy se délecte encore de sa rencontre avec le président américain quand il raconte les propos de bienvenue de George Bush : « On me dit que vous être un special guy. » Et d’enchaîner : « Quand je pense que ceux qui me reproche de rencontrer Bush sont ceux qui serrent la pogne de Poutine, ça me fait doucement rigoler. » Et puis, fataliste et lucide, il confie : « Rien n’est impossible mais rien ne sera facile. Et rien ne me sera épargné. » Dans « Marianne »… un ancien… mais très vert, Pierre-Auguste Messmer… 90 ans aux fraises, et gaulliste historique, grand chancelier de l’ordre de la Libération, et chancelier de l’Institut de France, s’écrie, en imitant paraît-il, la tête de Sarko devant Debeliou… « Sarkozy est le candidat des Etats-Unis. Il ferait mieux de ne pas trop le dire. Il ne le dit pas, du reste. Il le laisse entendre. » Alors question à Pierre Messmer : Mais que pensez-vous de cette photo ? « Cette photo ne m’a pas étonné. Ni même choqué. Parce que, au fond, ce dont Sarkozy rêve, c’est d’être chef d’Etat et il avait en face de lui un homme qui l’est. Il aurait sans doute le même regard pour Poutine. Ou pour le chef d’un autre grand Etat, naturellement, pas de la République d’Andorre. Parce que c’est son rêve, être chef d’Etat ! » Et Messmer d’ajouter : «Moi, vous savez depuis 1940, je ne fais aucune confiance aux élites françaises. Je les méprise. Je fais confiance au peuple français. Ce qui intéresse Bush, c’est d’avoir des alliés qui s’alignent sur sa politique étrangère. Je ne crois pas que Sarkozy le fera. Parce que le peuple français ne l’accepterait pas. Est-ce que vous le voyez envoyer des militaires en Irak ? Moi pas. Et le même Messmer de ne pas croire à la rupture : « parce qu’en France il n’y a de vraies ruptures qu’après de grandes crises. Et la grande crise n’est pas encore arrivée. S’il est élu président, Sarkozy va tenter des évolutions. Mais il ne fera pas de rupture. Il ne pourra pas. Il y aurait des manifestations, c’est sûr. Le peuple ne l’accepterait pas. » Trois rendez-vous pour conclure. Je vous les propose mais vous y avez peut-être déjà sacrifié… Indigènes, le film de Rachid Bouchareb avec Jamel Debouzze. Vous l’avez vu ? Toute la presse en dit du bien d’Indigène, c’est normal. Le chanteur de Mexico. Sans Luis Mariano…La presse n’a pas apprécié. Mois j’ai ri, je suis bon public, j’ai applaudi dans les mains et j’ai chanté avec le public. Marie Besnard… lundi sur TF1, avec Muriel Robin. Maire Besnard, c’était l’empoisonneuse. C’est une affaire de 1947. La aussi, le Monde nous dit : Marie Besnard, c’est l’empoisonneuse. C’est lundi sur TF1.

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