Bonjour à tous, Au Kiosque ce week-end, un mot et quelques valeurs comme l’égalité et la jeunesse font florès. Le mot, c’est « réprimande » qui devait mettre un terme à l’interminable affaire d’OUTREAU et au procès de son juge d’instruction, Fabrice Burgaud. Réprimander… chantent en chœur les journaux, c’est la sanction minimum infligée par le Conseil supérieur de la Magistrature. Les défenseurs du juge Burgaud, qui présentent un recours contre cette mesure disciplinaire, sont d’un avis contraire, et considèrent qu’il s’agit en réalité d’un compromis mal bâti. D’où ma recherche dans les pages du ROBERT. Réprimander, c’est depuis Madame de La Fayette, blâmer avec autorité, pour amender et corriger. Synonymes : admonester, chapitrer, gronder, gourmander, morigéner, semoncer, tancer. « Monsieur le juge, on va vous tancer. Vous vous y êtes mal pris, vous ne serez pas suspendu, mais gourmandé ». LE ROBERT, ajoute à sa définition de la réprimande, quelques expressions familières. Réprimander ce n’est pas rien, c’est sonner les cloches, taper sur les doigts, tirer les oreilles, moucher, secouer les puces, remettre à sa place, savonner ou laver la tête. Bref, tout le contraire de complimenter et féliciter. Je résume le point de vue des journaux : le Conseil supérieur de la Magistrature, ne félicite pas le juge Fabrice Burgaud, et nous ne complimenterons pas le CSM, puisque l’un de ses neuf membres, Monsieur Chavigné, a eu à connaître de cette affaire et l’avait oubliée. Monsieur Vincent Lamanda, premier Président de la Cour de Cassation, a appris la nouvelle « avec stupéfaction » indique LE PARISIEN, et va convoquer sans délai, Monsieur Chavigné pour lui demander des explications ! Encore un juge, qui va se faire, gronder, gourmander, sonner les cloches, voir chanter pouilles, selon une vieille expression. Chanter pouilles à quelqu’un, c’est l’accabler de reproches ! Mais c’est joli, ça chante bien. Vous verrez d’ailleurs dans « LE PARISIEN » que Philippe Séguin, le Premier Président de la Cour des Comptes, réprimande trois ministres… Mesdames Lagarde, Boutin, et Monsieur Woerth, coupables selon lui, de ne pas maîtriser la façon dont les partenaires sociaux, MEDEF en tête, gèrent l’argent du 1% logement, soit 4 milliards d’euros par an. Odile Pichon du « PARISIEN » s’est procurée la lettre-semonce de Philippe Séguin et en publie un passage qui dénonce des rémunérations illégales, versées à des dirigeants d’associations. Mais Philippe Séguin n’est pas seul à chanter pouilles ce matin. On découvre dans LE MONDE daté d’aujourd’hui que le CSA vient de tancer d’importance EUROPE 1 et RMC qui ont ouvert leurs ondes à la promotion des sites de paris en ligne. Or c’est illégal. Du moins jusqu’en 2010. Au coin EUROPE 1… Au coin RMC… Duralex, sed lex. Le blé des paris sportifs en ligne, ne se moissonnera que dans quelques mois. Un qui s’est fait sonner les cloches aussi, c’est Jean-Paul Alduy, le maire de Perpignan, dont l’élection municipale a été remise en cause pour tricherie. On votera donc, avant trois mois, et l’INDEPENDANT catalan se demande aujourd’hui, si Monsieur Alduy se représentera ou pas. Le même quotidien, révèle, qu’on a frôlé hier le couac à Perpignan, avec l’administration municipale provisoire qui voulait annuler la Saint-Jordi. La Saint-Jordi, c’est une fête catalane au cours de laquelle on s’offre des roses et des livres. Au Moyen-âge, on célébrait la victoire de Saint-George sur le dragon, aujourd’hui, c’est un vaste salon du livre fleuri où l’amour courtois a toute à sa place. On ne va pas annuler ça, pour une malodorante histoire de triche à la chaussette. Robert Solé, dans son billet du « MONDE », écrit même Jus de chaussette, en expliquant que la politique, est tombée bien bas. Bien au-dessous de la ceinture. Et mon confrère, après avoir félicité Alain Bernard qui bat le record du monde du 100 mètres nage libre, dans une combinaison fameuse, évoque les malheurs de Rachida Dati. « Elle », écrit-il, « est au fond de la piscine habillée pour l’hiver ». Et Solé d’expliquer : « Toute la France se gausse de son intervention, jeudi, devant les jeunes de l’UMP. Mais l’a-t-on bien écoutée ? A-t-on mesuré la performance ? « L’Europe, a-t-elle dit, s’occupe de ce qu’on lui donne à s’occuper. Et puis elle s’occupe de ce qu’on lui donne à s’occuper avec les personnes qui peuvent porter ces affaires à s’occuper ». Sa langue n’a pas fourché. Aussi difficile que de dire très vite, cinq fois en suivant : « Les chaussettes de l’archiduchesse sont-elles sèches ? Archisèches ! ». C’est à Ray Ventura que l’on doit ce piège pour pros de la radio… « Les chemises de l’archiduchesse « sont-elles sèches archisèches « Pour qu’on dise cette phrase avec adresse « Il ne faut pas que la langue soit rêche… ». Langue rêche… La plupart des politiques qui s’expriment cette semaine ne l’ont pas. Voyez dans LES ECHOS… Alain Juppé, critique à l’égard du trop de réformes… Voyez dans l’EXPRESS, Jean-François Copé, critique lui aussi du chef de l’Etat, avec cette question du magazine… « Copé tête à claques, ou nouvelle star ». Voyez dans LA TRIBUNE, Carla Bruni-Sarkozy, tête bien faite et bien pleine, qui annonce la création de sa Fondation pour la culture et l’éducation. Voyez dans LA DEPECHE DU MIDI, Martine Aubry, tapant dur, hier à Toulouse, sur Nicolas Sarkozy… Mais voyez aussi sur internet, et dans les quotidiens, la reprise d’une réponse de Dominique de Villepin, interrogé sur l’éventualité de sa candidature à l’Elysée. Je lis : « L’élection, c’est une question de circonstance, quelle que soit l’élection, à quelque poste que ce soit… En l’occurrence, il se trouve que cela ne s’est pas présenté. Mais je souhaite fort que cela soit possible, oui bien sûr ». Loin de moi l’idée de dénoncer une langue rêche de l’ancien Premier Ministre, on a trop fait de bruit, sur les gaietés de Rachida Dati… Je rappellerai néanmoins, la sobriété du Général de Gaulle, qui il y a 40 ans quittait le pouvoir, après le référendum raté du 27 avril sur un communiqué de 3 lignes. « Je cesse d’exercer mes fonctions de Président de la République. Cette décision prend effet aujourd’hui à midi ». Il avait pris le temps de faire court… Et moi donc, qui voulait parler du NOUVEL OBSERVATEUR enquêtant sur les pratiques amoureuses des Français.

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