Bonjour à tous… « L’un des pires défauts de cette campagne présidentielle qui n’en manque pas, c’est son caractère provincial. La France seule au monde. Et personne qui lève l’œil au-delà des frontières. » C’est Eric Le Boucher, qui se plaint ainsi dans la chronique « Economie » du journal Le Monde daté dimanche-lundi. J’y reviendrai, mais autant commencer avec trois sourires pour décrire l’actualité de la semaine qui s’achève. Celui de Plantu, visiblement impressionné par la réflexion de son confrère Le Boucher ajoutée à celle du Prix Nobel d’économie 2006, lequel considère que « sans travail, pas de bonne vie ! » Du coup, Plantu croque un Français endormi sur un tapis d’étoiles, représentant j’imagine, notre bonne vieille Europe. « Hé… là vous, lance un quidam au citoyen qui roupille… il paraît qu’après la présidentielle, vous allez travailler plus… » « C’est ça, c’est ça, connard » réplique l’endormi, sans se lever de son lit ! Plaisante aussi, la bande dessinée signée Wolinski, que publie Paris-Match cette semaine, sous forme de psycho-test, en reprenant les questions qui nous taraudent. Par exemple celle-ci. « Ségolène aime-t-elle le peuple ? Réponse 1 : Oui, elle l’adore, mais elle le fréquente peu. Réponse 2 : Elle n’a rien contre lui. Réponse 3 : elle le trouve trop à droite. Cochez la case de votre choix. Et tant pis si Wolinski fait dire à la candidate du Parti socialste… qu’une fois élue, elle prendra comme Premier Ministre un lecteur de « L’Equipe », pour regarder en sa compagnie, le foot à la télé. Dessin suivant, avec la même question, inversée… « Le peuple est-il pour Ségolène Royal ? Réponse 1 : oui, avec trois apéros. Réponse 2 : Oui, avec un antidépresseur. Réponse 3 : oui, le peuple aime Ségolène, mais il ne faut pas lire les journaux ! Et là-dessus, Wolinski de s’auto-portraitiser en client d’une pharmacie. « Bonjour Madame. Je n’ai plus de désirs d’avenir, avez-vous du viagra ? Oui, monsieur mais acceptez-vous un générique ? Deux femmes, viennent conclure, la BD de Paris-Match. L’idéal, dit la première, ce serait Ségo présidente de la République et Sarko, Premier ministre… ou le contraire, suggère la seconde ! - Vous avez obtenu de 0 à 6 : Méfiez-vous des sondages. - De 6 à 12… Méfiez-vous des médias. - De 12 à 18… méfiez-vous des militants. Dans la même catégorie… Le César du sourire revient aujourd’hui, à Michèle Stouvenot du Journal du Dimanche, laquelle résume ainsi la semaine miraculeuse de Ségolène Royal. Lundi, sur TF1, devant neuf millions de téléspectateurs… Elle touche le bras d’un handicapé. Jeudi, elle ranime Lionel Jospin, l’éclopé de la politique ! Allez, dans la même veine, je vous donne en prime le quatrième sourire du week-end… Il est signé Ranson, en page 2 du Parisien… Le Parisien qui publie ce matin les confidences de Ségolène, sûre de disposer désormais de la meilleure équipe de campagne. De la pointe de son crayon, Ranson croque Madame Royal, chevauchant deux éléphants… Evidemment, ça fait boum-boum, sur le sol… Et assez de bruit, pour que le cow-boy Sarkozy, oreille collée au bitume, à l’indienne, dise dans une bulle… « Oh là !Ca se rapproche ». Hier, Delestre, le caricaturiste du quotidien L’Est Républicain s’était amusé lui aussi avec l’éléphant Jospin, patte levée au-dessus de la tête de Ségolène en dresseuse, façon cirque. Le tout évidemment pour illustrer le nouvel organigramme de la candidate, composé désormais de 13 personnalités… qu’il faut cesser d’appeler éléphants. Parce que ça énerve Jack Lang qui s’est indigné… « J’en ai marre, a-t-il dit à la presse, le Parti socialiste n’est pas un zoo. » C’est pourquoi, j’arrête là, m’excusant d’avoir cité hier, à ce micro, Mathieu Lindon de « Libération », qui osait réduire le duel Royal-Sarkozy, à une poursuite entre Tom et Jerry. Une poursuite tout de même, qui s’i j’en crois Philippe Sollers, nous donnerait à tous le tournis. D’ailleurs, ce matin, à partir d’un nouveau sondage, le Journal du Dimanche, titre une nouvelle fois sur « le tournant ». Encore un tournant qui place Ségolène en progrès, et Nicolas en recul, et les deux impétrants sur la même ligne ! D’où le sentiment distancié de Philippe Sollers dans son Journal du mois… page 32 du Journal du Dimanche. Une chronique à lire, absolument. Alors…. Alors commence Sollers… Elle monte ou elle descend ? Elle décroche ou elle se reprend ? Elle dévisse ou elle se hisse ? Ségo, ces temps-ci, nous donner le tournis, pas elle spécialement, non, mais la manière dont l’information la traite. Sondages ou pas, chiffrages ou pas, je m’en tiens, moi, poursuit Philippe Sollers, à ses moments d’émotion, quand elle dit « ardente obligation », « chevillée au corps », « j’en fais le serment ». Cette ardeur, ce corps, ces serments me parlent. Qu’elle soit en rouge ou en blanc, plus performant, elle se met à incarner, elle convoque du sacré, elle est maman, elle a des enfants, nous sommes tous des enfants… elle appelle, elle veille, elle guérit, elle se penche, elle gronde, elle console. Qui a peur de maman ? Beaucoup de monde, pas moi. Je devine, conclut le chroniqueur, à quel point le rôle est épuisant, fastidieux, désespérant, monotone. Etre une femme est déjà très compliqué, mais être une jolie femme politique, et une maman qui veut devenir présidente de la République française, c’est un comble. Que de soucis, que de fatigue, derrière ce sourire éternel ! Comme elle doit être rompue, tard, le soir, dans son bain, la pauvre Ségolène ! Et il faut recommencer le lendemain, les débats, les télés, les participants plus ou moins chiants, les réunions inutiles, le désordre, le poids des éléphants à porter, les jalousies de coulisses, les prétentions montantes, bref le bordel du pouvoir. Mettre un peu d’ordre juste dans tout ça, et jusque dans la société ? Faire enfin tenir tranquilles les enfants à table ? Ils parlent tous en même temps, on ne s’entend plus, et ce sera pire demain, à l’Elysée, si Dieu la conduit jusque-là, même si Dieu n’existe pas. Et Sollers que je vous invite à lire, poursuit son journal du mois… après avoir ajouté quelques mots sur la beauté, le suspens du Roman de Ségolène Royal en cours d’écriture. Un roman auquel il donne un titre, la bienveillante. Roman passionnant, selon lui, surtout si ça marche. Entendez, si elle finit par gagner, ce sera un best-seller, en France et à l’étranger. Alors tout cela, au fond, c’est simple comme un coup de fil, si j’en crois la relation que donne la rédaction du Journal du Dimanche, des ralliements éléphantesques de la semaine à Ségolène Royal. Un bon portable, a suffi, pour qu’hier, Laurent Fabius déclare dans sa circonscription, au Zénith du Grand Queveilly en Normandie où il donnait meeting avec Ségolène Royal… « Désormais, chère Ségolène, c’est tous pour une et une pour tous… » Commentaire du mousquetaire fabiusien, Claude Bartelone : Laurent et Ségolène, sont très complémentaires. Simple comme un coup de fil, aussi, jeudi dernier à 17 heures précise, Pascale Amaudric, du Journal du Dimanche, jeudi dernier à 17 heures Ségolène joint Lionel Jospin… et Lionel dit oui… si je peux être utile, je viens. Simple comme un coup de fil. DSK qui alterne, conférence et ski de haute montagne au Canada téléphone et l’échange entre Ségolène et DSK est aimable… Dominique, qu’est-ce que tu veux ? Je veux ce que tu veux, Ségolène ! Et hop là… emballé c’est pesé, il y avait Montebourg, Chevènement, Taubira… Eh ben, il y a maintenant Jospin, Fabius, DSK… Conclusion un peu inquiète cependant de Pascale Amaudric dans le Journal du Dimanche aujourd’hui… Quand on sait que c’est Ségolène Royal, elle-même qui, tard dans la soirée, a dicté à l’AFP sa nouvelle organisation, on sent bien que « l’efficacité » n’est pas forcément compatible avec l’idée que se fait la candidate d’une bonne gouvernance, elle qui entend « s’occuper des détails » où qu’elle soit demain, dans l’appareil d’état. Et Pascal Amaudric conclut : l’autre jour, Julien Dray nous assurait que la candidate avait compris qu’elle ne pouvait plus parler librement, n’importe quand, de ce qu’elle voulait. Il a été vite démenti. Mais le paradoxe voudrait que c’est parce qu’elle est désormais solidement encadrée par le Parti socialiste. L’épreuve de la solitude, c’est fini, a tranché le jospiniste Daniel Vaillant. Et bien on verra, écrit Pascal Amaudric, si Ségolène Royal va pouvoir rester elle-même dans les semaines qui viennent. Allons donc, répond Madame Royal, dans une interview exclusive, accordée à la rédaction du Parisien… Tout va bien… maintenant, j’ai la meilleure équipe. Nous avons besoin du grand talent dit-elle, de ces hommes d’expérience autant que de la nouvelle génération. Quand vous pensez qu’au même moment François Bayrou lance une petite annonce pour trouver un Premier ministre – « Je cherche un Delors jeune » - et que Nicolas Sarkozy, en guise de rupture, vous propose le gouvernement sortant, je peux dire que, maintenant, j’ai avec moi la meilleure équipe qui soit. » Tout de même interrogent mes confrères du Parisien… Tout de même, Madame Royal, le total gauche est faible dans les sondages. Réponse de l’intéressée : « La politique a changé. Un sondé sur trois ne sait pas ce qu’il va faire. Cela fait partie de la crise démocratique que j’ai diagnostiquée et qui m’a conduite à mener la campagne participative en disant aux gens : « Ce qui va se passer vous concerne. » Sans compter que les électeurs de gauche sont plus exigeants : ils veulent un changement profond, et adhérer à un projet. La gauche c’est plus difficile à rassembler que la droite. C’est plus difficile, mais c’est plus stimulant aussi. Cela dit, un nouveau 21 avril n’est pas à écarter, s’il y a dispersion des voix ou brouillage des enjeux. Et on tourne la page du Parisien… et on lit… Que se passe-t-il cette semaine chez Sarkozy… il semble que ça patine ! Attendez… attendez… qu’arrive dans le dream-team du leader de l’UMP, dans quelques jours, dans quelques heures, attendez qu’arrive Madame Simone Veil. Et je disais que j’allais vous renvoyer à la chronique d’Eric Le Boucher, dans Le Monde daté d’aujourd’hui, ben oui, parce que lui, il voudrait bien que Nicolas ou Ségolène s’efforcent tous les deux de dire la même chose : Croissance, croissance, croissance. Il y a dit-il, en attendant mieux un besoin en France, comme en Italie, comme dans toute l’Europe, il faut mettre du Cianti dans la croissance.

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