On dit qu’il y a des gens qui sont « du matin », et d’autres qui sont plutôt « du soir ». Des lève-tôt, des couche-tard. Les premiers, ce sont des alouettes.

Les seconds, ce sont des hiboux.

Mais en matière de métaphore animalière, il se pourrait que l’on adopte désormais de nouvelles catégories. C’est, du moins, ce que préconise un psychologue américain dont le livre paraîtra la semaine prochaine en France. Il s’appelle Michael Breus et il a remplacé les oiseaux par des mammifères. Plus d’alouette ni de hiboux, mais des lions, des ours, des loups et des dauphins.

Spécialiste du sommeil, Michael Breus se passionne pour la chronobiologie

Et, comme il l’explique dans LE POINT, c’est il y a quatre ans qu’une patiente l’a poussé à en apprendre davantage. « Elle souffrait d’un manque de sommeil, et mes techniques ne fonctionnaient pas sur elle. Elle m’a dit que si elle l’avait pu, elle se serait couchée à 1 heure du matin et se serait levée à 9 heures, mais que c’était impossible, car elle devait être à son bureau tôt le matin. J’ai donc appelé son patron pour lui demander de l’autoriser à venir travailler une heure et demie plus tard. Et, après une semaine, celui-ci était estomaqué par la hausse de sa productivité. »

Suite à cela, il s’est donc penché sur ce qu’on appelle « le bio time », sur le flux hormonal et les mystères de nos rythmes circadiens. « Nous passons beaucoup de temps, explique-t-il, à nous demander ‘comment’ on fait telle chose, et ‘pourquoi’ on doit la faire, mais on ne s’intéresse pas assez au meilleur moment pour la faire. » Et le titre de son livre, publié chez Belfond, c’est donc simplement « Quand ? » - avec un point d’interrogation. Livre dans lequel il indique quel le meilleur moment pour boire du café, ou pour boire de l’alcool, pour manger, se peser, pour réfléchir ou pour créer, selon que l’on est lion, ours, loup ou bien dauphin.

Mais alors, elles représentent quoi, ces différentes catégories ?

Et bien les lions sont les lèves-tôt – 20% de la population. Les ours vivent au rythme du jour. La moitié de la population. Les loups, eux, ont du mal à émerger avant 9 heures. 20% de la population. Quant aux dauphins, ce sont les insomniaques. 10% de la population. Et ce scientifique va même jusqu’à expliquer le meilleur moment pour faire l’amour – il déconseille ainsi vivement de faire des galipettes entre 23 heures et 1 heure du matin – le pire créneau, dit-il, en terme de biologie. En revanche, le sexe au petit-déjeuner donnerait « coup de fouet à votre journée ».

Et si votre partenaire n’a pas les mêmes dispositions génétiques ?

« Pas de souci, précise Thomas Mahler qui signe le papier. Le dévoué docteur est allé jusqu’à dresser ‘un tableau de compatibilité sexuelle des chrono-types. Si vous êtes un lion, et que vous rencontrez un séduisant dauphin, votre fenêtre de tir idéale est 20 heures ou 7 heures, tandis qu’un loup sympathisant avec un ours fera mieux de sortir les griffes à 22 heures ou à 9 heures. »

Ce sont d’autres animaux qui font la Une ce matin : des vaches, des cochons, des moutons

C’est en effet ce samedi qu’ouvre le traditionnel salon de l’Agriculture à Paris. « En route pour le salon », titre LA PRESSE DE LA MANCHE, avec une photo d’un éleveur accompagné d’une de ses bêtes qu’il emmène à la capitale. « Ils exposeront Framboise », titre LE MAINE LIBRE, avec une photo d’Agnès et Luc Bernard, un couple d’éleveurs de la Sarthe accompagnée de ladite Framboise, superbe vache bretonne pie noir. « Tapis rouge pour l’agriculture », annonce pour sa part à sa Une LE COURRIER PICARD.

Dans L’HUMANITE DIMANCHE, grand dossier sur l’agriculture biologique : selon l’hebdomadaire, « le bio est l’avenir de la nourriture ». Ce modèle agricole est d’ailleurs de plus en plus plébiscité par les consommateurs, mais il peine à se développer, car il y a de très puissants lobbies hostiles. Les grandes compagnies semencières, les fabricants de pesticides de même que l’agro-industrie et la grande distribution.

Cela étant, de nombreux jeunes agriculteurs font aujourd’hui le pari du bio, ou bien de la production sous label de qualité. Portrait de deux d’entre eux dans AUJOURD’HUI LE PARISIEN. « Devenir agriculteur, même par peur ! », assurent-ils. Mais dans LIBERATION, c’est un autre son de cloche – de cloche de vache, évidemment. « Suicide paysan : la faucheuse est dans le pré ». En raison de graves difficultés financières, de plus en plus d’agriculteurs mettent fin à leurs jours. En 2010 et 2011 – date de la dernière étude disponible, près de 300 suicides dans le monde agricole. Et selon la Mutuelle Sociale Agricole, un tiers des exploitants se sont retrouvés l’an dernier avec un revenu mensuel d’à peine plus de 350 euros.

Confirmation dans LE FIGARO, qui nous explique que 5 ans après l’arrivée de François Hollande à l’Elysée, la France agricole est en mauvais état. Mis à part la viticulture, les clignotants de la ferme française sont tous au rouge. D’où le titre à la Une du quotidien : « Les candidats à l’épreuve du malaise paysan ».

Presque tous les postulants à l’Elysée iront à la rencontre des agriculteurs.

A la question « Pourquoi ? », réponse d’Eric de la Chesnais : si l’électorat agricole est en diminution constante, et ne représente plus que 2% des électeurs, son influence reste encore très importante. D’ailleurs, si l’on tient compte des retraités agricoles, des salariés des coopératives ainsi que des enfants majeurs et des conjoints, le vote agricole représente en réalité 8% du corps électoral. Des électeurs qui, selon les derniers sondages, seraient de plus en plus tentés par un vote pour FN...

Voilà donc pour la réponse à la réponse « Pourquoi ? » - pourquoi donc se rendre au Salon de l’Agriculture. L’autre question étant, comme on le soulignait tout à l’heure – l’autre question étant donc « Quand ? » - quel est le meilleur moment ? Et là, on va donner les jours de visite des principaux candidats.

François Fillon, ce sera notamment mardi et mercredi. Des petites visites sur plusieurs jours, et sans trop de publicité. Ceci, nous explique toujours LE FIGARO, « pour minimiser les risques de manifestations hostiles dans les allées de la porte de Versailles ». Et les dernières annonces le concernant ne devraient pas arranger les choses. Dans l'affaire des emplois présumés fictifs de son épouse, le parquet a fait part hier soir d'une nouvelle étape dans son enquête, avec l'ouverture d'une information judiciaire pour détournement de fonds publics et abus de biens sociaux. « La justice ne lâche pas », titre AUJOURD'HUI LE PARISIEN, précisant que le sort des Fillon est désormais "entre les mains des juges". En l'occurrence, ils seront trois, trois juges d'instruction. « Si c'est une information judiciaire, il y aura une mise en examen inéluctable », estime dans le journal un ténor du parti Les Républicains. Et un autre de renchérir : « On est tous très, très inquiets. Lui qui commençait à redevenir audible sur le fond, cela va encore le ramener aux affaires. » « Vu le niveau des emmerdes, on n’est plus à ça près », concède un troisième. « François Fillon risque une mise en examen », confirme L'ECHO REPUBLICAIN. « L'étau se resserre », note de son côté L'INDEPENDANT CATALAN, tandis que SUD OUEST évoque « un nouveau coup dur pour François Fillon ».

Marine Le Pen, elle, c’est mardi qu’elle se rendra au Salon de l’Agriculture.

Et, elle aussi, a des problèmes avec la justice. « Le Pen snobe encore les policiers » - titre ainsi LE PARISIEN. La présidente du Front National a refusé d'être entendue dans le cadre de l'enquête sur les soupçons d'emplois fictifs des assistants de son parti au Parlement européen. Et, précise le journal, elle n'en est pas à son coup d'essai en la matière. Déjà, en 2015, alors qu'elle était candidate aux régionales, elle avait refusé à deux reprises de répondre à une convocation dans le cadre de l'enquête portant sur le financement de son parti lors des élections de 2012. Déjà, à l'époque, la fille de Jean-Marie Le Pen avait mis en avant son immunité parlementaire. Bizarre, tout de même, s’étonne Vincent Manilève sur SLATE.FR. En refusant d’être entendue par la police, la candidate du Front National contredit des années de discours pro-policiers...

De son côté, c’est mercredi qu’Emmanuel Macron ira voir les agriculteurs.

Toute la presse, ce matin, revient sur ses propositions en matière d’économie. Des grands objectifs qui ne changent pas, mais des mesures qui permettent de se démarquer, note LIBERATION : baisse du nombre des fonctionnaires, exonération de la taxe d’habitation pour 80% des Français, des rythmes scolaires à la carte. LIBE, qui s’intéresse aussi à la campagne du candidat socialiste : « Hamon à la recherche de son élan primaire ». Désorganisation, maladresses politiques. Depuis son élection surprise comme candidat du PS, l’ex-ministre n’a pas réussi à emballer la campagne. L’accord avec Jadot en poche, il cherche maintenant à se lancer dans une seconde phase. Et lui, c’est lundi qu’il est attendu au salon de l’Agriculture.

Et Jean-Luc Mélenchon ?

Lui, il ne fait rien comme les autres. Il n’a sans doute pas le même système chrono-biologique. Pas de visite au salon, mais en début de semaine, il présentera son projet pour un modèle agricole alternatif dans une ferme de l’Oise. Jean-Luc Mélenchon, dont le dernier livre continue de très bien fonctionner en librairie. Lire, à ce propos le très intéressant papier de Mohamed Aïssaoui dans les colonnes du FIGARO. « L’édition française à l’heure de la campagne électorale. » Les ventes en librairies sont fortement soutenues par le succès inattendu des livres politiques. Explication de cet engouement ? L’hypermédiatisation des primaires, et une large offre éditoriale en la matière. Au point que certaines maisons hésitent à publier des romans pendant dans la campagne. Et l’article se termine avec un bouquin qui apporte matière à sourire : « L’histoire amusée des promesses électorales », de Bruno Fuligni chez Taillandier. Un long catalogue de propositions faites en campagne et jamais tenues : la suppression du Sénat et de la présidence de la République en 1889, le statut de fonctionnaire pour tous en 1906, ou encore la suppression des mois de décembre, janvier et février, pour supprimer l’hiver – une proposition de Jules Depaquit, en 1920. Proposition à méditer par tous les animaux politiques. A méditer à l’heure du coq.

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