Bonjour à tous. DRAMATIQUE. Le mot en lettres noires barre ce matin la première page de toutes les éditions de SUD-OUEST : Landes, Gironde, Pays basque, Gers ! « Tempête aussi violente qu’en 99, avec des dégâts énormes et pas seulement pour les toitures », tels sont les commentaires des journalistes de Radio France, que l’on écoute d’Hendaye à Bordeaux, d’Orthez à Saint-Vincent de Tyrosse. Du Cap Ferret à Biscarosse. Pleinement solidaire, la presse régionale reproduit à l’infini aujourd’hui un titre unique en quatre mots : « Un Sud-Ouest meurtri ». MIDI LIBRE, la DEPECHE du MIDI, la MARSEILLAISE, le DAUPHINE, la MONTAGNE de Clermont-Ferrand, NICE MATIN, le BERRY REPUBLICAIN, mais aussi la VOIX du NORD, NORD ECLAIR, l’EST REPUBLICAIN, l’ALSACE, le POPULAIRE du CENTRE, communient dans une même empathie pour les populations du « Grand Sud ravagé ». Certains quotidiens vont au-delà, photos à l’appui, en évoquant le pays basque espagnol, lourdement frappé lui aussi, et en appréciant la mobilisation des moyens de secours, décidée par François Fillon, et la visite-constat que fera aujourd’hui en Gironde, Nicolas Sarkozy. Le JOURNAL du DIMANCHR, le PARISIEN, consacrent également leurs unes à la première tempête du siècle affectant six régions du Sud-Ouest. Ils soulignent aussi les difficultés du million cinq cent mille foyers privé d’électricité et les blessures d’un massif forestier aquitain, qu’il va falloir patiemment panser et reconstituer. Au moins ne serons-nous, ni sourds, ni aveugles comme le redoutait Paul Eluard dans un poème synthèse de tous les éditoriaux : « Gagnerons-nous la mer avec des cloches dans nos poches, ou serons-nous porteurs d’une eau plus pure et silencieuse », demande d’abord le poète de liberté ? Et il poursuit sur deux quatrains : « L’eau se frottant les mains aiguise des couteaux. Des guerriers ont trouvé leurs armes dans les flots Et le bruit de leurs coups est semblable à celui Des rochers défonçant dans la nuit les bateaux. C’est la tempête et le tonnerre. Pourquoi pas le silence Du déluge, car nous avons en nous tout l’espace rêvé Pour le plus grand silence et nous respirerons Comme le vent des mers terribles, comme le vent Qui rampe lentement sur tous les horizons. » Délibérément plus pratique que Paul Eluard, le PARISIEN met l’accent sur l’appel du gouvernement aux assureurs, invités à se montrer exemplaires. Il convient, a dit Christine Lagarde, d’accélérer les procédures d’indemnisation. Ce que semble avoir compris la Fédération française des assurances, qui s’engage à traiter d’autant plus vite les dossiers d’indemnisation, que les contrats d’assurance de biens, couvrent les dommages liés au vent. Le PARISIEN ajoute à son dossier-tempête, le sourire de son caricaturiste Olivier Ranson : « Plus de train, plus d’avion, plus d’électricité, plus de téléphone, sacrée tempête lâche un Gascon, face au Président de la République. Ah, tempête, j’ai eu peur, réplique Nicolas Sarkozy, j’ai cru que c’était une grève ». La grève du 29 janvier, l’HUMANITE-DIMANCHE indique à ses lecteurs sur quels thèmes et pourquoi il convient de la faire. Quant au PARISIEN, il recense les huit confédérations syndicales qui appellent à manifester jeudi prochain. Et il ajoute un sondage CSA-Opinion, selon lequel 69 % des Français, soutiendraient le mouvement ou auraient de la sympathie pour lui. C’est un peu plus que le taux moyen depuis 95, des Français partisans de mouvements sociaux. 65 %... d’ordinaire. 69 %... cette fois-ci. Un écart qui souligne, un vent de contestation plus rude que d’habitude. La crise, renchérit Henri Vacquin, consultant en entreprise, peut déclencher une vraie colère. Ce dont doute encore mon confrère du PARISIEN, Didier Micoine, quand il écrit : « Le gouvernement sait qu’il y aura jeudi prochain beaucoup de monde dans la rue. Mais Nicolas Sarkozy et François Fillon n’entendent pas dramatiser ». Le MONDE, daté dimanche-lundi, n’est pas de cet avis et préfère parler de climat social insaisissable et de gouvernement sur le qui-vive face à ce qu’il faut bien appeler : montée du mécontentement. Un mécontentement lié à la crise et aux craintes du mal-vivre des classes moyennes. Sur ce sujet, à l’image de mon confrère, Pierre-Antoine Delhonnais, je regretterai de n’avoir pas découpé en octobre 1998, dans le FIGARO, la tribune de Maurice Allais, Prix Nobel français d’économie, qui nous prévenait de ce que serait la crise aujourd’hui. Des pyramides de dettes, nées de la libération totale des mouvements de capitaux. Spéculation massive, économie-casino, instabilité et menace d’un effondrement généralisé, pire qu’en 1929. Maurice Allais prévoyait tout cela, en expert des crises ou en prophète maudit. Et nous journalistes, nez sur la vitre, avons parlé d’autre chose, comme ces imbéciles du dicton chinois : « Quand le doigt montre la lune, l’imbécile regarde le doigt ». Maurice Allais aura 98 ans dans 3 mois. Il se félicite de l’élection d’Obama, auquel il trouve d’extraordinaires capacités, mais il redoute les hommes politiques d’aujourd’hui. « Ils ne sont pas conscients », dit-il, « de la gravité de la situation. Peut-être parce qu’ils n’ont personnellement jamais connu la misère ». SOCIETE. Dans le JOURNAL du DIMANCHE, les 10 ans du PACS et ce constat : « Aujourd’hui dans notre pays, un PACS pour 2 mariages ». Dans le JOURNAL du DIMANCHE également la réaction de Monseigneur Vingt Trois, après la main tendue du Pape aux intégristes excommuniés, dont le mirobolant évêque Williamson qui nie l’existence des chambres à gaz nazies. « C’est une ânerie. J’ai une arête ans la gorge », dit l’archevêque de Paris, « et une arête n’empêche pas de respirer ». Plus que ça, Monseigneur os dur de l’antisémistime qui depuis des décennies voit dans le peuple juif un peuple déicide et nie l’histoire de la Shoah. Cet os là, étouffe plus d’un laïc. C’est au point qu’un comédien, metteur en scène, scénariste, Philippe Lellouche, publie aujourd’hui au Cherche Midi un livre profond et léger intitulé : « J’en ai marre d’être juif, j’ai envie d’arrêter ».

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