Drame familial en Europe.

Drame familial en Europe.

Il y en a qui se frottent les mains. Avec la victoire du Brexit, le Royaume-Unis qui quitte l’Europe, il y en a qui se frottent les mains. Notamment certains agents immobiliers spécialisés dans les logements de luxe à Paris. Car, ces derniers-temps, la demande afflue comme jamais, nous explique Victor Tassel dans les colonnes du PARISIEN. « Riche expatrié sur le retour cherche appartement à Paris. » Depuis environ un mois, les sollicitations en provenance de Londres explosent dans l’immobilier de prestige et le Brexit, s’il n’a donc pas déclenché le mouvement, en est cependant un important accélérateur. « Honnêtement, je suis débordé », reconnaît un agent immobilier parisien, qui assure que les demandes qu’il reçoit en ce moment viennent quasi exclusivement du Royaume-Unis. « Certains clients nous ont même recontacté dès hier matin, nous demandant d’accélérer la procédure. » Selon les experts du marché, ce sont environ 5.000 acheteurs à gros budget qui vont arriver dans les douze prochains mois. Des acheteurs français, qui s’étaient installés à Londres, et qui rentrent au pays. Avec une conséquence possible : une nouvelle flambée des prix l’immobilier parisien.

Il y en a qui se frottent les mains. Avec la victoire du Brexit, le Royaume-Unis qui quitte l’Europe, il y en a qui se frottent les mains. Notamment certains partisans du groupe Etat Islamique. C’est, du moins, ce qu’a constaté le site américain VOCATIV, relayé par SLATE.FR, qui a repéré différents messages postés sur Twitter. Messages d’internautes soutenant l’organisation terroriste. Exemple, je cite : « Au moment où les musulmans sont unis sous le drapeau du califat, l’Europe choisit la division. La victoire est proche, avec l’aide de Dieu. » Autre exemple, je cite : « L’ascension de Daech a permis de couler la Grande-Bretagne et de détruire l’Union européenne. Dieu est grand, l’Europe est détruite ! »

Avec la victoire du Brexit, le Royaume-Unis qui quitte l’Europe, il y en a qui se frottent les mains, et même qui exultent : les eurosceptiques de tous bords, à commencer par l’extrême-droite. Analyse du vote dans les journaux ce matin. Qui a voté pour une sortie de l’Union Européenne ? Avant tout les classes populaires, les laissés pour compte, les pauvres des campagnes. Ils ne voulaient plus de cette Europe qui, à leurs yeux, ne leur a jamais rien apporté de bon.

Il y en a qui se frottent les mains, et puis il y en qui s’inquiètent. Tony Blair, dans LIBERATION : « Nous entrons dans une ère de grande anxiété. » Et l’ex-Premier ministre britannique parle même de calamité : « En votant pour le Brexit, nous abandonnons quatre décennies d’intégration européenne. C’est une calamité pour le Royaume-Unis, comme pour le continent. »

Calamité, dit Tony Blair. Les titres, à la Une, ce matin, sont un peu moins dépréciatifs, mais tous, ils font état du choc que représente l’issue de ce référendum, certains journaux assurant qu’il a la même importance que la chute du mur de Berlin ! On évoque donc « un séisme mondial », « un coup de semonce », « un coup de tonnerre », « une onde de choc planétaire »… On évoque « une Europe qui tremble », « une Europe KO », « une Europe en sursis », et « des marchés financiers dans la tourmente ». Et puis on se demande, bien sûr, si ce Brexit est une maladie contagieuse, et s’il y aura donc un effet domino.

Visiblement, la presse s’est encore réveillée avec la gueule de bois, et même si certains expliquent que le Brexit peut être une chance pour François Hollande – une chance pour lui de se refaire une santé en tentant de sauver l’Europe – c’est bien la sidération qui domine dans les éditos. « L’Union encaisse un revers de proportion historique », note ainsi Jérôme Fenoglio dans LE MONDE. « L’Europe est une maison commune : elle brûle », assène pour sa part Laurent Joffrin dans LIBERATION. Et il appelle ses dirigeants à être à la hauteur des événements. Mais pour sauver l’Union Européenne, « il faut être prêt à tout revoir : la méthode, les objectifs et les participants », prévient Philippe Gélie dans LE FIGARO, qui estime que le départ du Royaume-Uni de l’Union n’est « pas la fin du monde, mais la fin de l’Europe telle que nous la connaissons ».

Si l’on en croit le psychiatre et psychanalyste Serge Hefez, il s’agit même ici d’un « drame familial » Il le dit dans LE PARISIEN, répondant au journal qui lui demande s’il pas exagéré de parler aujourd’hui de séisme. « Non, ce n’est pas exagéré. Quand, dans une famille, un fils rompt, claque la porte, c’est toujours un drame. Or c’est précisément ce que viennent de faire les Britanniques. »

Dans la presse, on évoque aussi l’autre référendum qui se tiendra demain en France : le référendum en Loire-Atlantique. 967.000 électeurs appelés à dire si oui ou non, ils souhaitent voir se construire l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Un projet polémique et une consultation « à la légitimité discutée », note LIBERATION. Tant dans le camp des partisans du projet que dans celui de ses adversaires, on assure qu’au final, quel que soit le résultat du vote, c’est de toute façon l’Etat qui aura le dernier mot. Raison, peut-être, pour laquelle la campagne n’a pas mobilisé les foules, au-delà du noyau dur des pros et des antis-aéroport. C’est, du moins, ce que constate LE FIGARO, qui précise que même si c’est le ‘oui’ qui l’emporte, les « zadistes » ont bien l’intention de rester sur la zone, et ce, alors que Manuel Valls a lancé qu’ils devraient partir dans tous les cas de figure.

LE FIGARO qui, ce matin, comme il l’avait fait l’an dernier, s’associe à 55 autres médias internationaux afin de promouvoir des projets innovants qui changent le monde. Parce que, dans un contexte morose, les Français ont besoin d’espoir. Et parce qu’il existe un peu partout sur la planète des personnalités qui méritent qu’on fasse connaître leur engagement exceptionnel. C’est le principe de ‘L’Impact Journalism Day’ – journée où sont donc mis en avant le talent et l’ingéniosité de celles et ceux qui ont décidé de s’engager pour l’éducation, la santé, l’énergie.

Troquer des déchets contre une assurance santé – c’est le projet d’un jeune médecin thaïlandais : il finance les soins médicaux de ses patients en recyclant leurs ordures. Des plantes qui font jaillir la lumière en Amazonie – c’est le projet d’une équipe de chercheurs péruviens : utiliser la photosynthèse pour concevoir des lampes permettant d’éclairer les villages les plus reculés. Un salon de thé où le silence est d’or – c’est le projet d’une singapourienne : un lieu sans aucun bruit, pas de radio, pas de musique pour permettre aux hyperactifs de lever le pied tout en faisant travailler des malentendants, car les serveurs sont sourds – 25 emplois créés depuis deux ans, et ce salon de thé silencieux est déjà très rentable !

Et puis la presse américaine se fait aujourd’hui l’écho d’une petite révolution : les transgenres pourront bientôt servir ouvertement dans l’armée des Etats-Unis. Ouvertement, car pour l’heure, les militaires américains transgenres n’ont pas le droit de dévoiler leur identité, sous peine d’être virés. Selon le quotidien USA TODAY, le Pentagone devrait annoncer cette décision le 1er juillet.

Et le lendemain, le 2 juillet, démarrera le Tour de France. Cette année, le départ sera donné au Mont-Saint-Michel, et, à la lecture du MONDE, on se dit que le cyclisme n’en n’a vraisemblablement toujours pas fini avec le dopage. Long portrait de celui que certains surnomment « Docteur Mabuse », du nom du personnage manipulateur et hypnotiseur de Fritz Lang. Mais en vrai, il s’appelle Bernard Sainz, et cela fait maintenant 40 ans qu’il grenouille dans la mare du cyclisme française… Souvent inquiété par la justice, mais jamais condamné, on le pensait retiré des pelotons depuis belle lurette… Or, ce que révèle l’enquête de Clément Guillou et de « Cash Investigation », l’émission de France 2, c’est que ce « Mabuse court toujours »… Bernard Sainz continue de prodiguer ses conseils et même à prescrire des produits dopants aux coureurs. Bien sûr, il s’en défend, mais le journal a recueilli différents témoignages, comme celui de Sylvain Chavanel, champion de France 2011, vainqueur de trois étapes du Tour. Il raconte comment ce naturopathe lui a expliqué de quelle manière utiliser, sans se faire prendre, des corticoïdes et des micro-doses d’EPO. « Le docteur Mabuse revient hanter le peloton », commente LIBERATION, qui laisse entendre que les noms de plusieurs coureurs qui font encore appel à lui seront bientôt rendus publics.

Dans le foot, a priori, pas d’affaire de dopage. Et surtout pas dans le tournoi dont le fait l’écho Erwan Le Duc dans le supplément SPORT du MONDE… Un tournoi qui se déroule jusqu’au 26 juin parc de la Villette à Paris, et dont le seul mot d’ordre est de jouer le plus mal possible… « Et si c’était vous, la pire équipe de foot de Paris ? » indique l’affiche qui annonce la tenue du tournoi, qui, dans son jury, compte l’ancien footballeur Vikash Dhorasoo. Les critères retenus pour l’emporter sont les suivants : disgrâce dans le jeu, absence de talent, manque de fairplay, look le plus moche possible… Marquer contre son camp est évidemment apprécié, et si le nom de l’équipe est en plus déprimant, c’est quelques points en plus. L’une s’appelle ‘Les Ennuis’, une autre ‘Sécurité Sociale’, une troisième ‘Les Barbaras’. Pas de limite d’âge et pas de tenue réglementaire – des mères de famille viennent jouer avec leur sac en bandoulière… Les organisateurs expliquent qu’il s’agit de sortir de la performance pure et de « montrer que le foot est à tout le monde, même aux nuls ». La pire équipe sera désignée demain, juste avant le début d’un autre match, quelque peu différent : France-Irlande, en 8ème de finale de l’Euro…

A ce propos, L’EQUIPE s’intéresse d’ailleurs à la nouvelle star de des Bleus : Dimitri Payet, « Le joker devenu roi ». Il a déjà marqué 2 buts depuis le début de la compétition, alors qu’il n’en avait marqué qu’un seul durant ses 15 sélections chez les Bleus depuis 2010. Payet est désormais devenu « l’atout maître » du sélectionneur Deschamps, et il fait même la couverture de SOCIETY : en costume et cravate, un photomontage le présente avec en arrière-plan le palais de l’Elysée. Exactement dans la même position que François Hollande sur sa photo officielle. « Mais qui est donc le nouveau sauveur des Français ? » s’interroge le quinzomadaire, titrant « Président Payet ». On prononce « paillette », à la réunionnaise, mais ça s’écrit Payet. C’est comme si, Patricia, on se mettait à vous appeler « Patricia Martin’ », ce qui vous donnait, d’emblée, un côté très british… Décidément, tout nous ramène aux Anglais ce matin.

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