Bonjour à tous en ce dimanche 25, de fête des mamans : célébration voulue et inaugurée le 25 mai 1941 par Philippe Pétain, afin de revaloriser - disait-il - le rôle de la femme au foyer ! Depuis, on a oublié l’ex Maréchal, chef d’un Etat français établi à Vichy, mais la fête des mères est restée. Coincée cette année comme elle ne le fut sans doute jamais un mois de mai, tant manifestations, commémorations, célébrations se bousculent au portillon. Hier : France-Irlande de rugby, coupe de France de football, Eurovision. Et aujourd’hui, Grand Prix de Formule 1 de Monaco, début de Roland-Garros et palmarès ce soir du Festival de Cannes. A propos, chérie, qu’est-ce qu’on fait ce soir ? Hier, il m’a été accordé dans mon foyer de regarder la fin du match Olympique-lyonnais / Paris-Saint-Germain et d’assister de mon fauteuil à ce que L’EQUIPE appelle ce matin : « le règne absolu de l’OL ». L’OL qui gagne sa 4ème Coupe de France, sur un but de Sydney Govou, à la 102ème minute. Aussi ravi que vous, que nous, à la tribune présidentielle, Nicolas Sarkozy, heureux pour Lyon, il l’a dit, mais saluant comme il convient l’ardeur et l’obstination du Paris-Saint-Germain. Reste que cette victoire lyonnaise, comme on le chantera aujourd’hui place Bellecour, scelle le premier doublé de l’histoire du Club : Champion de France et Coupe. « Merci pour le doublé », titre d’ailleurs en manchette, sur une photo des vainqueurs en délire, le journal LE PROGRES. Le PARISIEN exulte un peu moins et considère que la défaite du PSG est injuste, parce que selon le PARISIEN DIMANCHE, le club s’est créé de nombreuses occasions et ne méritait pas de perdre… Mais il a perdu… C’est en tout cas un point de vue, que nourrit Pauleta, l’homme du match qui a quitté la pelouse du Stade de France sous les ovations, et qui déclare au PARISIEN ce matin : « Cette Coupe on la méritait ». Le lyonnais Coupet, victorieux, en juge tout autrement et considère dans cette affaire, qu’il y a eu un hold-up sur la coupe, joli hold-up même, précise-t-il. Mais je reviens à ma question. Chérie, que fait-on ce soir après 20 heures, puisque nous serons, vous serez, comme tout le monde, soucieux de savoir qui aura la Palme au Festival de Cannes. Les critiques des journaux donnent leur avis sur les films en compétition, qui pourraient, qui devraient, qui mériteraient peut-être d’être primés, en rappelant que Sean Penn, le Président du jury, est fantasque et politique. Quelquefois trop politique, quelquefois moins. Bref, dans le JOURNAL DU DIMANCHE, Carlos Gomez n’en sait plus rien. Et en attendant, salue Laurent Cantet pour son adaptation des souvenirs d’un prof du collège Françoise Dolto très précisément, dans le 20ème arrondissement de la capitale. Le film français s’appelle : « Entre les murs » et Thomas Sotinel considère dans le journal le MONDE daté d’aujourd’hui, l’entreprise plutôt réussie, par des acteurs non professionnels, qui montrent bien, ce qu’est une salle de classe en 2008. « Les salles, écrit d’ailleurs à cet égard Sotinel, les salles de classe sont des pièces aussi mystérieuses que les chambres conjugales. Néanmoins, il y aurait selon lui, dilemme pour le Jury de Cannes, parce que le cru 2008 de ce Festival serait pauvre en films susceptibles, tout à la fois, de déplacer les foules et de satisfaire les exigences du jury. On ne voit guère, ajoute le critique du MONDE, que le film « l’Echange » de Clint Eastwood qui remplit ces 2 critères. Et « Gomorra » peinture de la mafia napolitaine… et peut-être bien aussi « Un Conte de Noël » le film d’Arnaud Desplechin ». Dans la série coups de cœur, France Info croit que « Valse avec Bachir », le film d’animation israélien d’Ari Folman, sera primé. On verra bien. Le PARISIEN juge cette œuvre poignante, inventive, et même franchement épatante. Alors que l’histoire est celle d’une enquête, sur la mémoire d’un pays qui n’a pas oublié la tragédie des camps de Sabra et de Chatila au Liban. Voilà, quelques paris en attendant que Robert de Niro remette la Palme d’or, et que les festivaliers rangent smokings et robes du soir jusqu’à l’année prochaine. Mais je reviens à ma question. Chérie, qu’est-ce qu’on va faire ce soir… Après 20 heures… A la page programme-télé du PARISIEN on découvre… la Une, la Deux, Canal plus, Arte, Film… film… film… « 7 ans de mariage » sur TF1… « Le petit Lieutenant » sur la 2… « le Scaphandre et le Papillon » sur Canal Plus.. « Larry Flint » de Milos Forman sur Arte. Faut voir… L’histoire raconte la vie riche en scandales d’un magnat US des années 70, qui a fait fortune dans la presse pornographique. J’ai dit hier, à ce micro ce qu’il en était dans l’EXPRESS à propos de ce sujet. Voyez ce qui revient encore aujourd’hui dans les quotidiens, à propos de « Sex in the City ». Et puisque nous y sommes, ne ratons pas ce que rappelle, après lecture d’un livre de François Forestier consacré aux Kennedy et à Marilyn, Bernard Pivot dans sa chronique « Lire » du JOURNAL DU DIMANCHE. Titre du livre : « Marilyn et JFK » Titre de la chronique de Bernard Pivot. « Pour qui sonne le glamour ? » Et ça commence comme ça : « Personne n’imagine que Marilyn Monroe ait été une sainte. Ni John Fitzgerald Kennedy un parangon de vertu. Qu’ils aient eu l’un pour l’autre de l’inclination, de violents désirs et du plaisir à se retrouver par intermittence tout au long d’une dizaine d’années ajoute au prestige de chacun. Le plus glamour des couples clandestins. La star des stars et le président des Etats-Unis. L’union libre et voluptueuse de Hollywood et de la Maison-Blanche. L’une des beautés les plus irréfutables du siècle dans les bras de l’homme le plus puissant du monde. Si la renommée avait un poids bien réel, aucun lit n’eût été assez costaud pour recevoir ces deux-là. ». Et voici la conclusion, toujours de Bernard Pivot : « Comment John Kennedy marié, père de famille a-t-il échappé au scandale ? Avec quelle monnaie a-t-il acheté le silence de tant d’actrices et de témoins de sa vie frénétique de lapin ? Quand on se rappelle les malheurs du président Clinton pour une fellation entre deux portes ». Et Pivot conclut : « François Forestier a écrit le roman noir américain du sexe et de la politique en employant le style du genre, rapide brutal, imagé. Aujourd’hui, il en sait plus sur Marilyn et JFK que Hoover lui-même. L’histoire a parlé. Beaucoup, même si après la mort tragique de l’une et de l’autre – à quinze mois d’intervalle – les grandes oreilles ont tout effacé. Nous restent les vrais films de miss Monroe et quoi qu’on dise d’elle, le sourire toujours follement séduisant, toujours un peu fragile et mélancolique, d’une femme qui n’a jamais appris son texte ». Mais, mais, mais nous sommes le 25 mai… A la page 35 du JOURNAL DU DIMANCHE, 5 colonnes sur un document fiction sur mai 1968… C’est, devinez quoi. Une adaptation des souvenirs d’Edouard Balladur, que diffusera ce soir à 23h15, la télévision. Vous en avez marre. Ecoutez, le mois de mai c’est fini. Le week-end prochain on sera en juin. Et je vous disais hier, qu’il fallait lire la chronique de Jacques Julliard dans le NOUVEL OBSERVATEUR. Vous ne l’avez pas fait… Et vous n’allez pas lire aujourd’hui les résultats chiffrés du match sondagier entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë. Allez, c’est cadeau pout toutes les mères de France occupées à défaire les paquets. Voilà c’est cadeau, la chronique de Julliard intitulée : « Mai, la gâteuse » « Il y a lieu, dit-il, de s’interroger sur le mental d’un pays qui ne s’occupe que de son passé, pour l’applaudir ou pour l’expier ». Et il ajoute : « Sans blague, la France n’est-elle pas tombée sur la tête ? Ce mélange de roublardise médiatique et de sénilité militante n’est-il pas en train de plonger le pays dans le formol et de faire de chacun de nous le linceul de son propre passé ? La fascination débile pour les chiffres ronds, la commémoration de tout ce qui bouge encore et surtout de tout ce qui ne bouge plus est en train de transformer la démocratie française en mémocratie gâteuse. On en fait des tonnes, on en écrit des tombereaux, on en débite des kilomètres. A chaque instant, on ne sait plus de quoi hier sera fait. Et si le présent de la France est sans contredit à droite, son passé appartient à la gauche ; celui-là on ne nous l’enlèvera pas. Il y un côté nécrophile dans tout ce remue-ménage». Et voici la conclusion, elle est très belle… « La France, écrit Julliard, est de train de s’installer dans sa mémoire, pour la dorloter, pour vivre en concubinage avec elle. Or la mémoire n’est pas la science du passé, elle en est seulement l’émotion. Il y a bien sûr la paresse des médias, dont le tableau annuel des commémorations, publié par le ministère de la Culture, est devenu un livre de chevet. Avouez que c’est une étrange façon d’entrer dans son siècle. Que c’est une étrange façon d’épouser une fille que de caresser sa mère. La mémoire est le contraire de l’histoire. La première nous replie sur le passé, la seconde nous projette dans l’avenir ». Et Julliard cite Hegel : « La principale catégorie historique n’est pas le souvenir. C’est l’espoir, c’est l’attente, c’est la promesse ».

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