Le destin tient parfois à peu de choses.

C’est ce qu’on se dit à la lecture du portrait signé par Sofia Amara dans PARIS MATCH cette semaine : longue enquête et portrait, donc, de celui qui dirige le groupe Etat Islamique, Abou Bakr Al-Baghdadi…

Sans jamais se montrer – ses combattants le surnomment d’ailleurs « le fantôme », il sème aujourd’hui la terreur aux quatre coins du monde, et il est l’homme le plus recherché du monde… Un homme de 45 ans, qui règne sur un territoire comptant 7 millions d’âmes.

Et ce que nous raconte Sofia Amara, c’est la métamorphose d’un gamin timide en dictateur sanguinaire. Aujourd’hui, il est dictateur sanguinaire, mais rien ne semblait le destiner à tel parcours : dans son enfance, dans sa jeunesse, rien ne permettait de déceler qu’il serait un jour amené à prendre la tête du terrorisme mondial, surpassant, et de loin, tous ses prédécesseurs.

Ibrahim Al-Badrim, nom qu’il portait à sa naissance, voit le jour à Samarra, à une heure de route de Bagdad

Une famille pauvre et illettrée. Le garçon est alors discret. Même « transparent », témoignent ceux qui l’ont fréquenté à l’époque. Ce qui l’intéresse alors, c’est le foot, et rien que le foot… Plus tard, ses parents déménagent dans la capitale irakienne. Et, à ce moment-là, « il voulait devenir avocat », assure un ancien camarade de son collège. Mais ses résultats très médiocres au bac lui interdiront l’entrée de l’Université de Droit. Il pense alors à faire une carrière militaire. Mais il est recalé de l’armée, pour cause de myopie. Si seulement Baghdadi n’avait pas été myope.

La seule faculté à l’accepter sera celle de théologie, et les mosquées deviendront ses deuxièmes maisons

Peu à peu, il bascule dans la radicalité et tente d’imposer à tous sa vision rigoriste de l’islam. C’est en 2003, quand l’Amérique envahit l’Irak, qu’il prend le maquis et décide de créer un groupuscule djihadiste. Mais il n’est encore qu’un second couteau. Puis il est arrêté et incarcéré dans un camp de prisonniers au milieu du désert. Là aussi, ceux qui l’ont côtoyé rapportent qu’il était « un type sans envergure ». Il était toujours seul, sans aucun charisme et incapable de fédérer les auditeurs autour de lui lors de ses prêches.

Mais il a, par la suite, gravi tous les échelons des mouvements terroristes en place dans la région. Al-Qaïda d’abord, puis le groupe État Islamique dont il a pris la tête il y a bientôt quatre ans. Il a entraîné avec lui des centaines de milliers de fidèles dans la barbarie. Désormais, le gosse timide est devenu, écrit ma consœur, « l’homme le plus féroce de la planète ». Féroce, mais fantôme. On dit qu’il se cache sous terre et s’emploie à n’utiliser aucun des moyens de communication moderne. Al-Bagdhadi est introuvable. Il vit sous terre, comme les rats. Ou plutôt comme les taupes. Elles aussi, c’est connu, sont myopes.

La presse, d’ailleurs, ce matin, présente également le portrait d’un homme que DAECH présente comme un de ses « soldats »

Son visage dans LE FIGARO et AUJOURD’HUI LE PARISIEN. Portrait de l’auteur de l’attentat perpétré à Westminster mercredi : « Terroriste discret », titre LE FIGARO, tandis que LE PARISIEN évoque « La déroutante normalité du terroriste de Londres ». Un village natal joli comme une carte postale, une famille très bien intégrée et un parcours professionnel visiblement sans histoire. Il aimait le foot, le rugby et les filles… Certes, il était connu pour des faits de délinquance, mais il avait totalement échappé aux services de renseignement, et rien ne laissait penser qu’il s’en prendrait un jour au Parlement britannique, faisant 4 morts avant d’être abattu lui-même.

Et, pendant ce temps-là, le groupe Etat Islamique tente de maintenir sa tyrannie. Lire, dans LIBERATION, le reportage de Luc Mathieu à Mossoul. Aujourd’hui, la partie ancienne de la ville est encerclée par les forces irakiennes, mais elle reste toujours aux mains des djihadistes. Et l’on estime à 400.000, le nombre de civils pris au piège. Des civils sous les bombardements, qui n’ont quasiment plus d’eau et quasiment plus de nourriture. Les ONG s’alarment, d’autant que ceux qui parviennent à s’échapper sont à peine mieux lotis : ils sont agglutinés dans un camp, à l’hygiène très rudimentaire. Ce sont eux qui témoignent de ce qui se passe dans la ville. Ils racontent que les combattants de DAECH se servent des habitants de Mossoul comme boucliers humains. Et qu’ils décapitent tous ceux qui tentent de fuir. Si seulement Bagdhadi n’avait pas été myope…

Dans la presse, il est aussi question, bien sûr, de la campagne présidentielle

Avec notamment le portrait de notre invité, Jean Lassalle.Un portrait en cinq actes, signé Vanessa Scheider dans M, LE MAGAZINE DU MONDE.

Le 5ème acte, monsieur Lassalle, c’est celui de votre candidature à l’Élysée – je ne vais pas y revenir, mais pour ceux qui ne vous connaîtraient pas encore très bien, je vais m’arrêter au quatre autres. Titre du papier : « Le maître du happening politique » - et de fait, vous vous y connaissait très bien en happening.

  • En 2003, vous êtes « chanteur d’alerte ». Vous vous faites remarquer en chantant a capela dans l’Hémicycle de l’Assemblée Nationale une chanson béarnaise. Vous vouliez ainsi interpeler Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, pour obtenir le maintien d’une gendarmerie près du tunnel du Somport. Et vous êtes entendu : la gendarmerie ne sera finalement pas fermée.

  • En 2006, vous êtes « gréviste de la faim ». Vous souhaitiez alerter l’opinion sur le départ de l’usine Toyal, employant 150 salariés dans la vallée d’Aspe. En cinq semaines, vous perdez 21 kilos, mais là encore, vous êtes entendu : sur intervention de Jacques Chirac, Toyal abandonne son projet de nouvelle implantation.

  • En 2013, vous êtes « le marcheur invétéré » : un tour de France pour aller écouter les souffrances des citoyens et vous faire, disiez-vous, « le porte-voix des sans-voix ».

  • Et puis en 2015, cette fois, selon l’hebdo, vous êtes « le clown de l’Assemblée ». En plein débat sur la loi Macron, vous faites rire vos collègues en racontant à quel point l’examen du permis de conduire avait été pour vous, je cite, « une épreuve redoutable ». Vous ne l’avez décroché qu’à la troisième fois. Puis, en évoquant la mise en place éventuelle de tests psychotechniques, vous confiez, sérieusement : « J’avais 8 ans quand j’ai passé un tel test à l’école et il avait alors révélé que j’avais un QI juste légèrement au-dessus de zéro ».

Dès lors, est-ce que vous diriez que la politique n’est pas une question d’intelligence ? Ou alors faut-il penser que les tests de QI ne signifient vraiment rien ?

Ce n’est pas la candidature de Jean Lassalle qui fait la Une ce matin

Et pas, notamment, celle du FIGARO. « Fillon-Hollande : le choc » : c’est le titre à la Une. Selon le journal, les accusations portées par le candidat Les Républicains contre le président de la République ont pris la dimension d'une "affaire d’État". Pour rappel, jeudi soir sur France 2, François Fillon a accusé François Hollande d'être à la tête d'un "cabinet noir" destiné à lui nuire. Illico, l’Élysée, par voie de communiqué, a catégoriquement démenti. Ce qu’a refait lui-même le chef de l’Etat hier. Qu'importe : pour Eric Ciotti, proche de François Fillon, "le retour sur cet épisode serait excellent sur le terrain". Au centre du débat : un livre paru cette semaine : « Bienvenue place Beauvau », écrit notamment par deux journalistes du CANARD ENCHAINE, lesquels mettent au jour un système de recueil d’informations, fiscales ou judiciaires, au service du président. Mais les auteurs dénoncent une instrumentation de leur livre par, je cite, « un homme aux abois ». Et de citer un extrait de l’ouvrage à propos d’un supposé cabinet noir à l’Elysée : « Il n’est pas possible d’en apporter la preuve formelle. Comme il n’est pas possible de prouver le contraire.» Commentaire d’Emmanuel Fransten dans LIBERATION : « Pas plus que l’existence de Dieu, l’existence d’un cabinet noir ne serait donc démontrable rationnellement. »

Dans les coulisses du pouvoir, certains préfèrent s’en amuser

C'est ce que rapporte François-Xavier Bourmaud dans LE FIGARO : exemple avec ce conseiller du président de la République, qui glisse avec ironie : « Mais si seulement, si seulement, on était aussi efficaces et organisés pour réussir ce type d’opération ».

Après les costumes, les montres

Et puis, sur le front des affaires, nouvelle histoire à lire dans LE PARISIEN : après les costumes, les montres ! Alors qu’il était Premier ministre, François Fillon s’est fait offrir une montre à plus de 10.000 euros par un homme d’affaire italo-suisse. Et une autre de grande valeur lui a été offerte par le manufacturier suisse Rebellion. Commentaire d’un député LR désabusé : « François Fillon, c’est un peu comme un calendrier de l’avent, sauf qu’à chaque fois qu’on ouvre une case on ne trouve pas un chocolat, mais une nouvelle affaire. »

Avant de finir, j’ai relevé cette petite info sans aucun intérêt dans les colonnes de GALA : de retour d’un week-end dans la capitale italienne, l’actrice Monica Bellucci a pris l’avion toute seule entre Rome et Paris. Sans escorte et sans aide pour porter sa valise. incroyable, n’est-ce pas ? Si seulement j’avais été là…

Et puis, pour finir, j’ai lu dans les journaux que le 25 mars était la Journée mondiale de la procrastination. L’art de toujours remettre les choses à plus tard. Mais ça, je vous en parlerai demain !

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.