Bonjour à tous… Vingt ans que ça dure ! Vingt ans que ça dure… 1984 : France-Angleterre au Parc des Princes. 90 blessés dont l’un, victime d’un coup de hache… 1992. Un car de CRS incendié avant le match Paris Saint-Germain-Paok Salonique. Printemps 1993. OM-Paris Saint-Germain : quatorze blessés ! La même année en août, trois CRS sauvagement agressés lors de la rencontre Caen-Paris Saint-Germain. Mars 2001. PSG-Galatasaray… 56 spectateurs blessés ! Janvier 2004. Nice-PSG, un supporter poignardé à l’abdomen. Automne 2005… Affrontements entre les Tigris et lesBoulogne Boys. 85 interpellations par les forces de police stationnées au Parc des Princes ! 17 mars 2006, cette année… Trente supporters du Paris Saint-Germain interdits de stades, et jeudi soir, jeudi dernier, le drame qui secoue aujourd’hui le monde du sport, la classe politique, l’opinion et l’ensemble des médias. Le Parisien, consacre huit pages ce matin à ce qu’il appelle le cocktail terrifiant du racisme, de l’antisémitisme et de la bêtise, ce mélange détonant qui a fait un mort jeudi au terme oui, du match opposant le Paris Saint-Germain, aux Israéliens de l’Hapoël – Tel-Aviv. … Sale nègre… Sale juif, la Marseillaise… des slogans : Palestine-Palestine, des drapeaux libanais agités et… une balle tirée par un policier d’origine antillaise de 32 ans qui protégeait un jeune juif agressé par des supporters ultra nationalistes du PSG. Le jeune homme Yanniv Hazout de Sarcelles est sain et sauf, Dieu merci. Julien Quemener le supporteur du PSG, fiché par la police et considéré comme violent est mort. Un autre est blessé. Et le policier qui a fait usage de son arme est en garde à vue. Sur les 8 pages spéciales qu’il consacre à ce pitoyable enchaînement, le Parisien détaille avec beaucoup de soin, chaque séquence d’un match vu par près de 23 000 spectateurs, dont les supporteurs habituels du PSG, et pour applaudir le club de Tel-Aviv, 1500 supporteurs des israéliens, dispersés un peu partout sur les gradins… 20 H 45, coup d’envoi du match. 22 H 30 : défaite du PSG battu 4 buts à 2, par Hapoël Tel-Aviv. 22 H 50… A l’extérieur du stade, près du dépôt de bus, le policier aperçoit le jeune Yanniv Hazout et trois de ses amis, face à une meute en furie qui les frappe et les injurie. Trois minutes plus tard… le trio choisit de se séparer, le jeune Sarcellois fait face, seul, aux hooligans… « Reste derrière moi, lui dit le policier, frappé à la tempe et au bas ventre selon des témoins. C’est ainsi qu’il perd l’équilibre et tire. Il est 22 H 54. Julien Quemener, 25 ans touché au niveau du plexus, s’effondre et meurt. 22 H 55, une minute plus tard, le policier court se réfugier dans les lavabos du Mac Donald tout proche… « C’est un flic, c’est un flic… il a tué un mec crie la foule. » Voilà, on peut lire tout cela, page 2, 3, 4, 5, 6, 7 du Parisien ce matin, sur 4 chapitres titrés : Notre enquête. Le monde terrifiant des hooligans. Un club, le PSG à la dérive. Des dirigeants au pied du mur. Le quotidien du sport, L’Equipe, a transformé de son côté, sa première page, en faire-part de deuil noir, avec une manchette en lettres blanches : quand le football tue. Un éditorial de Michel Dalloni où je lis… « Comment peut-on en arriver là. Quelles sont les erreurs, les manquements, les complicités, les lâchetés qui ont provoqué ce désastre. Et mon confrère de l’Equipe de soupirer… Est-ce le football qui a tué, ou la haine qu’il véhicule ? Et bien si c’est le cas, que le football réponde à la haine… Qu’il cesse de la tolérer. Et voici la conclusion de l’éditorialiste de Michel Dalloni aujourd’hui… On proposera sans doute des états généraux, des missions d’étude, des rapports et, pour finir, puisque la période s’y prête, de magnifiques discours. On n’aura pas avancé d’un pouce. Après des années sombres, l’Angleterre elle, est parvenue à juguler, sur son sol, un phénomène dont elle a fini par comprendre qu’il était une forme nouvelle de délinquance. L’Angleterre pour cela, appliqué un principe très simple : la tolérance zéro. Et, pour le mettre en œuvre, un moyen très efficace : la volonté. Tonalité identique, dans Libération, où l’on s’indigne ainsi des insultes reportées sur le policier antillais traiter de sale nègre, de salaud de flic, tandis que dix, vingt gars, par petits groupes, cherchaient les juifs, pour les provoquer et les insulter. Footeurs de haine… titre Libération en détournant les mots foutre et football. « La mort d’un ultra du PSG, souligne Libération aujourd’hui en première page relance le débat sur la violence raciste dans les stades. » Et Jean-Michel Thénard de s’indigner dans son éditorial intitulé « lâchetés au pluriel… » Le football ne tourne pas rond, il est si gangrené par l’argent et la combine qu’il finit par en tolérer l’intolérable. Par fermer les yeux devant l’antisémitisme et le racisme qui ont droit d’entrée dans les stades et de bâtir des haies de déshonneur à la sortie. Le PSG ajoute mon confrère n’a pas eu un mot pour condamner l’un ou l’autre. Une lâcheté qui ne rehaussera pas l’image d’un club qui ne sait jouer les durs que pour licencier son footballeur Dhorasoo. Les Anglais ont su éradiquer le hooliganisme. Preuve qu’il n’y a pas de fatalité dès lors que le pouvoir politique a le courage de suppléer des instances sportives défaillantes. Fin de l’éditorial de Libération aujourd’hui. « Le football est malade », renchérit Ouest-France. Tu parles… du sport qui devait être l’antidote de la violence, soupire Jules Clauwaert dans La Voix du Nord. Le football ne vaut pas, qu’on meure à 25 ans, d’une balle sur un trottoir, soupire Gilles Dauxerre dans La Provence. Allons donc, réplique Marc Wilb, dans L’Alsace, de Mulhouse, le football n’est que le reflet d’une société en perte de repères. L’extrémisme est insupportable, s’écrie La Montagne de Clermond-Ferrand… tandis que Nice-Matin, Sud-Ouest, et la plupart des quotidiens régionaux reprennent avec Le Figaro, le commentaire indigné de Jacques Chirac. « Ces violences sont scandaleuses, les propos racistes, quelle que soit leur nature, sont honteux et indignes. » En écho… Nicolas Sarkozy a déclaré… « C’est pas possible, c’est pas possible qu’un match se termine ainsi. On en a plus qu’assez… Et Dominique de Villepin, a estimé, je le cite « qu’il fallait s’assurer, que la répression de la violence dans les stades soit exemplaire… » Ce qui a produit, quelques remous, hier à l’Assemblée nationale, chez les députés qui ont dénoncé, je cite, la cacophonie gouvernementale. Les uns, à gauche, s’étonnant que Nicolas Sarkozy, reçoive aujourd’hui les associations de supporteurs du Paris Saint-Germain… Les autres que Monsieur de Villepin soit aussi imprécis dans ses accusations. On est en train de travailler sur la délinquance a grogné un député UDF, et le Premier ministre ne vient pas dire ce qu’il veut vraiment dire… Alors, à quoi on sert ? Election présidentielle, ben oui elle est dans l’air…On y reviendra demain matin. J’ai l’impression de relire toujours la même chose et de voir toujours les mêmes portraits… Non, dans Le Monde quand même une surprise… Ben oui, c’est un sondage CSA qui fait plutôt froid ans le dos, à six mois de l’élection… C’est un sondage mais tout de même… Les français divisés par la candidature de Monsieur Le Pen. Mais, mais Monsieur Le Pen recueillerait 17 % des intentions de vote, on n’a jamais vu ça. Je vous donne les autres résultats, ce ne sont que des intentions. On n’y est pas encore. Ségolène Royal recueillerait 32 % des suffrages, si on votait aujourd’hui, hein.... Ce n’est qu’un sondage. François Bayrou 6. J’ai l’impression qu’il s’est amélioré. Nicolas Sarkozy, 29. Et Jean-Marie Le Pen, 17. Et abstentions, votes blancs et nuls : 27. Ca aussi, ça doit vouloir dire quelque chose.

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