Bonjour à tous… Bonheur du jour et peur du lendemain, sont les diagonales qui partagent une fois de plus ce matin, magazines et quotidiens. Parmi les bonheurs du jour, la 437ème édition du marché de Noël, ouverte hier à Strasbourg, et placée cette année sous le signe du partage. Les DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE se réjouissent de l’événement qui va illuminer un mois durant le quartier de la cathédrale, et lui conserver sa réputation quasi mondiale. Bonheur du jour aussi, que le voyage en Chine de Nicolas Sarkozy, déjà annoncé comme couronné de succès, parce que, selon Olivier Picard des DERNIERES NOUVELLES D’ALSACE, l’Elysée pratique la diplomatie du business ! « Le président de la République, écrit-il, est parti pour l’Extrême-Orient compliqué avec des idées simples, et sans trop se préoccuper d’autres considérations. La preuve ? Il n’a jamais encore rencontré le Dalaï Lama, ni évoqué un boycott possible des jeux olympiques de Pékin, en signe de protestation contre les atteintes aux Droits de l’Homme en Chine. C’est pourquoi, selon l’éditorialiste des DERNIERES NOUVELLES D’ALSACE, à l’inverse de certains de ses homologues européens, le successeur de Jacques Chirac sera reçu par les dirigeants chinois, sans préjugé, sans à priori particulièrement positif, mais sans méfiance non plus ». LES ECHOS ont, de leurs côtés, chiffré dès vendredi dernier, à dix milliards d’euros, les commandes attendues par Areva, EDF, Airbus, CMA-CGM, Alcatel et Alstom… Contrepartie, selon le quotidien de l’économie, de la relation forte, voulue aussi bien à Pékin qu’à Paris. Reste pour la petite histoire, le loupé que nous évoquions hier matin, à propos de l’invité oublié de la délégation présidentielle : Alain Delon. Celui-ci dénonçait dans les colonnes du PARISIEN, la désinvolture et la discourtoisie des «Charlots de l’Elysée» disait-il, charlots qui n’auraient pas tenu compte, selon lui, de l’invitation formulée directement par Nicolas Sarkozy. LE PARISIEN y revient ce dimanche, dans un encadré rapportant un petit méa culpa des services de l’Elysée. Mea culpa formulé par un collaborateur du chef de l’Etat, reconnaissant un raté, mais considérant qu’Alain Delon aurait eu lui aussi, une part de responsabilité. Un titre rassemble tout cela… Je le cite : «France-Chine, les droits de l’homme en sourdine. Sarkozy sans Delon, mais avec sa mère». En effet, la maman du chef de l’Etat fait partie de la délégation qui s’est envolée hier pour Pékin. Pour LE PARISIEN, c’est une première. Première encore, à la Une de ce quotidien, avec cette manchette que l’on dirait écrite par Coluche… «Le Ps est-il mort ?». Ce qui n’est pas franchement gentil, au moment précis où François Hollande réfléchit en Avignon, avec un certain nombre de caciques et de militants, à la rénovation de sa formation battue aux dernières élections. Panne de projet, panne de leader, panne de discours, insiste LE PARISIEN DIMANCHE, avant cette triple interrogation : «Le Parti Socialiste est-il mort ? Pourra-t-il rebondir, et ne serait-ce pas la fin d’un cycle pour une formation politique de plus en plus absente ?». En page intérieure, Julien Dray plaide pour un peu plus de courage, et un débat immédiat, sans attendre le prochain congrès… Et Michel Wiewiorka évoque une «crise morale, une crise organisationnelle, et une crise de leadership» pour le parti né en 1971, à Epinay. Olivier Ranson ajoute à cela une pincée de cruauté, en dessinant un François Hollande lâchant tout à trac, dans une bulle : «Le PS est mort ? Pas possible, on faisait un si joli couple lui et moi.» Non, non, répondront les militants de la rénovation, réunis en Avignon, en se promettant, avec Manuel Valls, de se saisir des élections municipales du printemps prochain pour rebondir. Voyez à cet égard, l’interview du député-maire d’Evry, dans le JOURNAL DU DIMANCHE. Un JOURNAL DU DIMANCHE qui a titré sur «Hollande un peu seul» et boudé hier par les éléphants socialistes qui ont déserté son forum de la rénovation (absents en particulier, Laurent Fabius et Ségolène Royal). Mais non, non, le PS n’est pas mort, explique à sa façon, Pascale Amaudric. Thème de la réflexion du parti : La nation. Et tant pis si cette réflexion-là, a profité largement, il y a six mois, à Nicolas Sarkozy, qui avait, avec les siens, largement réfléchi au lendemain de la victoire du non, lors du référendum sur l’Europe. Mais j’en ai presque fini, avec ce que j’appelais en commençant, les bonheurs du jour. Le débat au Parti Socialiste en est un, car comme le chantaient autrefois les Carabins, «St Eloi n’est pas mort, car il pense encore !…» Ne protestez pas, puisque tout cela nous renvoie à L’Abécédaire mal-pensant de Jean-François Kahn, chez Plon, où je lis à la rubrique "Socialistes", cette définition… « Ensemble de chapelles qui, dépourvues de Vatican, ont également perdu leurs cathédrales et leurs basiliques. Plus de pape, donc plus de soupape. Plus de points cardinaux, donc plus de cardinaux. Plus de pontifes, plus que des poncifs. Avec le risque que, sans réforme ou contre-réforme, l’assemblée de la communauté des croyants – ou plutôt des militants – se transforme, comme le décrivait Anatole France au début de Thaïs , en « désert peuplé d’anachorètes ». Sur François Hollande aussi : « Leader socialiste. Personne en caoutchouc qui ne bondit jamais, sous prétexte qu’il rebondit. Assez élastique en effet, pour être capable de s’étirer indéfiniment, de défaite en défaite sans rompre. Ce qui a permis d’abandonner à Nicolas Sarkozy le monopole de la rupture. » Et sur Ségolène Royal : « Femme battue qui en redemande. C’est pourquoi tant de féministes lui sont hostiles ». Femmes battues… violées, humiliées… je redeviens sérieux… Une journée pour y penser, et songer aussi aux écarts de salaire, qui demeurent dans notre cher et vieux pays, entre les hommes et les femmes. Une journée aussi, pour se souvenir, des 17 coups reçus par Marie Trintignant, il n’y a pas si longtemps. C’était en juillet 2003. Le fait divers qui a, souligne VSD, bouleversé les Français, parce qu’il rassemblait dans une histoire d’amour et de mort, deux personnalités aimées, l’actrice et le chanteur. VSD y revient, au nom de la liberté d’informer… En effet, ce magazine a été condamné le mois dernier, par le TGI de Paris, pour avoir porté atteinte à la vie privée et au droit à l’image de Bertrand Cantat… VSD avait en février dernier, publié des photos du chanteur, dans sa prison à Muret. Cantat avait porté plainte… et gagné… VSD… qui perd aujourd’hui, avec une converture tronquée, censurée… J’en viens aux peurs du lendemain… et aux paroles de grève que publie LE MONDE, daté de dimanche et lundi… Je vous invite à cet égard, à lire la chronique d’Eric Le Boucher, sur ce qu’il appelle «Le bon combat de Martin Hirsch». Martin Hirsch est au gouvernement, on le sait, et il s’est penché sur la définition des pauvres d’aujourd’hui. Les pauvres d’aujourd’hui qui n’ont rien à voir avec les pauvres d’hier. Et dans l’article d’Eric Le Boucher, à propos de l’angoisse de l’avenir, le pays où on a le plus d’angoisse, c’est la Lettonie (16% de personnes interrogées par Eurobaromètre)… juste devant la France (13%)…suivie par la Grande-Bretagne, la Roumanie, l’Espagne, l’Allemagne et le Danemark. Et dans le courrier consacré aux grèves, dans le même journal, il y a un lecteur du MONDE, Serge d’Ignazio, qui écrit ceci, LE MONDE le publie : « Quand ils ont supprimé les régimes spéciaux, je n’ai rien dit, je n’étais pas concerné. Ils sont venus pour supprimer des postes de fonctionnaires, je n’ai rien dit, je n’étais pas fonctionnaire. Ils sont venus pour diminuer la couverture sociale, et je n’ai rien dit, je n’étais jamais malade. Ils sont venus pour supprimer usines et entreprises, et je n’ai rien dit, j’avais un travail. Puis je suis tombé malade, et j’ai perdu mon emploi, et il ne restait plus personne pour dire quelque chose. » Ça rappelle ce que disait le Pasteur Niemoler, dans un camp de concentration, à propos d’un homme qui n’avait rien dit quand les Nazis étaient venus chercher les communistes, puis les syndicalistes, les socialistes et enfin, les juifs…

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