Bonjour à tous…. «… S.l.C. … Salut les copains, avec Frank Ténot, Daniel Filipacchi et Johnny, notre chouchou de la semaine ». Mais non, vous ne rêvez pas… Nous ne sommes pas à la Toussaint 59. Nous sommes le dimanche 25 octobre 2009, sur «France Inter – la différence » et il est très précisément 8 heures et demie en France, car nous venons d’adopter l’horaire d’hiver pour économiser l’énergie et la lumière. 1959 – 2009… La revue NOTRE TEMPS fête comme il convient ce matin le cinquantième anniversaire de l’émission culte d’Europe numéro 1 : Salut… les copains ! Charles de Gaulle était Président, Nicolas Sarkozy avait cinq ans et fréquentait l’école maternelle du Cours Saint-Louis dans le 8ème arrondissement de Paris. Les chanteurs à succès s’appelaient Aznavour, Bécaud, Brassens, Brel, Piaf, Montand, Ferrat, ferré… Ferré… Léo, l’arrière petit-fils anarchiste d’un communard célèbre, qui a depuis hier samedi, sa place et son square dans le XIIème arrondissement de Paris. C’est hier en effet que Bertrand Delanoë et Michèle Blumenthal, maire du XIIème ont inauguré en présence de l’épouse et des enfants du poète musicien le square-jardin pédagogique Léo Ferré. Bonne idée… Léo, qui n’a pas quitté nos mémoires sera là, à proximité du Faubourg Saint-Antoine, où quand il le fallait les ouvriers des siècles passés abattaient les monarques au mois de juillet. Léo Ferré, soulignait hier le Maire de Paris, a chanté la capitale d’une manière inoubliable… du Quartier-latin à Paris Canaille en passant par Paris-Spleen, ses chansons sont un hymne à notre ville, ses saveurs, ses parfums, ses matins et ses nuits. Avec cette inauguration du square Léo Ferré, Paris célèbre ainsi un de ses enfants, qui avait pour mot d’ordre l’insoumission, et qui a fait de la révolte, un art de vivre. Les nostalgiques de Léo, n’en voudront pas à Bertrand Delanoë de son propos, même si la petite graine d’ananar avait cru devoir dire merde à Vauban, et traiter Margaret Thatcher de salope. C’est d’ailleurs le même Léo Ferré qui mettait de la musique sur les vers de Rimbaud et ceux d’Aragon… « Il existe près des écluse, Un bas quartier de bohémiens, Dont la belle jeunesse s’use A démêler le tien du mien. En bande on s’y rend en voiture… Ordinairement au mois d’août. Ils disent la bonne aventure, Pour des piments et du vin doux ». Ferré, enfin, comme Brassens… comme Loulou Gasté, le mari de Line Renaud… ne seront plus un mot du dictionnaire, mais une plaque, une place, une valeur et un repère. Il ne restera plus qu’aux élus de la capitale à donner à Louis Aragon, le romancier, le poète si souvent mis en chanson, sa rue et pourquoi pas son avenue. Il s’est trompé, en passant du surréalisme au communisme. Et alors, Victor Hugo qui a son avenue près de l’Etoile s’est mis lui aussi le doigt dans l’œil quand il prophétisait en 1870… « Dans cent ans, il n’y aura plus de guerre… il n’y aura plus de pape ». Jean Birnbaum dans le MONDE MAGAZINE s’interroge comme le philosophe Derrida avant lui, sur la jeunesse passionnée par ce qui vient et le monde de demain. « J’étais, écrit Birnbaum, au Mans, face à des lycéens. J’avais un jeune frondeur en face de moi qui me disait en substance… On a mieux à faire qu’à lire des livres empilés sur des vieilles étagères, Seul l’avenir nous intéresse. Et le chroniqueur du MONDE MAGAZINE de commenter : « En l’écoutant, j’ai songé aux pages superbes de Derrida expliquant qu’il n’y avait rien de plus subversif que l’attention prêtée aux textes anciens. Rien de plus révolutionnaire que la transmission, le passage du témoin. C’est ce que Derrida appelle dans « Spectres de Marx » un ouvrage paru en 1993 : « Une politique de la mémoire, de l’héritage et des générations ». Va pour la mémoire et la transmission aux générations, puisque je le disais en commençant… Salut les Copains va fêter ses 50 ans… et notre cher Claude Villers, les quarante ans de son « tribunal des Flagrants délires ». Claude Villers était aux aurores avec Laurence Garcia au micro d’Inter et expliquait comment catcheur à 14 ans, il était devenu journaliste. Il disait aussi pourquoi il aimait, face à Desproges et Luis Régo, se déguiser en magistrat. Savez-vous pourquoi les juges, les avocats, les flics, les militaires portent un uniforme ? Pour ne pas apparaître petit bonhomme, comme tout le monde, et faire croire qu’ils sont l’ordre, l’autorité et sont un temps un peu au-dessus des vrais gens ! Les vrais gens, justement… Le journal LA CROIX ce week-end, consacre sa page Médias aux auditeurs. « Ils se sont, écrit, Corinne Renou, emparé du micro et c’est eux qui posent désormais les bonnes questions aux hommes politiques, sur RTL, sur RMC et sur France Inter, chez notre Nicolas Demorand, le matin et notre Alain Bedouet, le soir. Il faut dire, justifie la CROIXn qu’un homme politique ne peut pas balayer le témoignage d’un auditeur en disant que c’est un point de vue de journaliste ! Il y a cinquante ans, le Président de la République et ses ministres s’exprimaient rarement sur des questions de journalistes, soigneusement préparées par le service de presse du Général. C’est fini, le supplément radio-télé du MONDE décrit la communication-génération Mitterrand et son sorcier, Jacques Pilhan. Le MONDE publie des extraits du livre de François Bazin, révélant comment Pilhan inventa le Mitterrand-chébran, se livrant à Yves Mourousi, relax, et le questionnant dans un décor où le journaliste se tenant assis sur une fesse, au-dessus du Président de la République.. Après Mitterrand, Chirac et sa fille Claude mirent la politique présidentielle en scène, comme chacun sait. En ce qui concerne Nicolas Sarkozy, selon François Bazin, tout a changé, car dit-il, le Président a l’intuition de la communication politique. Même très entouré de communicants, je pense qu’il décide tout de lui-même. A cet égard, et bien que l’on soit dimanche, ne ratez pas le kiosque aujourd’hui… Et offrez-vous, si vous le pouvez, trois quotidiens dominicaux. Le PARISIEN, le JOURNAL du DIMANCHE et le MONDE daté dimanche-lundi. Le PARISIEN… pour la première maîtresse… d’école de Nicolas Sarkozy qui publie un livre et parle du petit garçon devenu Président, qui lui disait : « je vous aime parce que vous êtes belle ». Le JOURNAL du DIMANCHE parce qu’il fait un gros plan sur Jacques Chirac et se demande si l’ex-Président de la République ira oui ou non en correctionnelle la semaine prochaine. (Ne pourrait-on pas lui lâcher les baskets). Et enfin LE MONDE qui publie un dossier très complet sur le procès Clearstream. Seul de toute la presse… un dossier réalisé par Raphaëlle Bacqué et Pascal Robert Diard. Dans le MONDE encore, Catherine Pegard, l’ex-journaliste du POINT devenue conseillère pour la presse, du Président de la République, s’étonne des rapports entre le Chef de l’Etat et les médias… « A lire les journaux, dit-elle, on a parfois l’impression de vivre dans un microcosme bouillonnant d’arrières pensées ».

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.