La revue de presse du dimanche 25 octobre est signée Camille Magnard

Marseille et ses quartiers Nord se rappellent à notre souvenir...

Ce n'est pour le moment qu'une brève, sur le site de la provence... des rafales de 9mm tirées cette nuit au pied de la Cité des Lauriers... trois jeunes sont morts, deux avaient 15 ans, selon les premières infos quela Provence a pu collecter auprès des marins-pompiers.

Et voilà qui nous replonge au coeur de ces quartiers nord, théâtre d'une enquête passionnante à lire dansLe Monde de ce dimanche.

Ca commence comme ça...

"C'était une nuit de mistral-baston, une de ces soirées où les Marseillais préfèrent rester chez eux, de peur que le vent les rende fou".

Sauf que, eh bien le vent n'y est pour rien.

Ce n'est pas le vent qui, ce soir de janvier, a transformé en torche géante la foreuse de Bouygues, sur le chantier de la future rocade marseillaises L2.

Ce n'est pas le mistral qui retarde l'immense programme rénovation urbaine dans ces quartiers, et fait disparaître... dans les airs... des millions d'euros d'argent public.

Non, ce que nous révêlent Lorraine de Foucher et Sorine Silow dans ce western mafieux à la sauce marseillaise, c'est le business des rackets de chantier.

Des engins détruits, des ouvriers menacés, des sites attaqués... et quelques heures, quelques jours plus tard... des entreprises de gardiennage qui viennent proposer leurs services, expliquant, vous comprenez, que "la tension monte, qu'il faut d'urgence embaucher des jeunes du quartier sinon ça va vraiment devenir dangereux". Alors les entreprises du BTP achètent la paix sociale, embauchent une douzaine de jeunes, "pas méchants, mais ingérables" comme les décrit un chef de chantier... et les attaques s'arrêtent.

Marseille, quartiers Nord où la rénovation urbaine, avec les meilleures intentions du monde, comme toujours, est devenue une "guerre de reconquête territoriale", des mots même du Procureur de la République cité dans l'article.

Les réseaux, très organisés, du trafic de drogue ont bien compris qu'ils étaient en train de perdre le contrôle des "nouveaux quartiers nord" rénovés... alors ils se nourrissent sur la bête tant qu'ils peuvent: en multipliant les rackets de chantiers: en semant la peur chez les pro du BTP, ils les obligent à leur payer de fausses prestations de gardiennage, et ils se payent grassement au passage.

A Marseille, les chantiers durent trois fois plus qu'ailleurs, et le mistral n'y est pour rien... Un policier conclut ainsi l'article intitulé "Du goudron, et des thunes" "Tous ceux qui organisent ces rackets ont retourné à leur avantage la stigmatisation des cités: ce qui faisait obstacle à leur accès à l'emploi... la peur, la violence... tout ça est devenu un argument marketing".

Et dix ans après les révoltes dans les banlieues françaises en 2005, le vrai changement se fait encore attendre. C'est Le Parisien qui fait ce constat ce matin.

Certes, écrivent Marc Payet et Henri Vernet dans le quotidien, on n'a plus connu, depuis, une telle explosion généralisée... Certes, des milliards d'euros ont été injectés pour abattre des tours, rénover des quartiers... Mais en matière d'emploi comme de lutte contre les inégalités, ls résultats se font encore attendre."

Le Parisien est allé interrogé le premier ministre de l'époque, Dominiqkle de Villepin, celui-là même qui avait décidé d'instaurer l'Etat d'urgence en France le 8 novembre 2005... Il dit ses regrets: celui d 'avoir vu sa loi pour l'égalité de chances détricotée, et celui de voir s'installer un renoncement qui nourrit aujourd'hui les lectures sécuritaires et identitaires... et gangrène l'ensemble de la société française."Domoniqie de Villepin pour qui il est urgent... de "reprendre l'initiative et recoudre ensemble le territoire national."

Les cicatrices de 2005... mal recousues, assurément... elles affleurent dans le dossier que Politis consacre cette semaine à la "génération racaille"... celle que Nicolas Sarkozy avait juré de nettoyer au karcher...

La génération de ceux... qui ont brûlé des voitures, affronté les CRS et détruit des batiments publics, il y a dix ans... on les retrouve aujourd'hui pères de famille et citoyens rangés.

Politis dresse notammebnt le portrait d'Elliot, 14 ans, à l'époque, en Seine-Saint-Denis... ado plutôt à l'aise à l'école, mais ado à vif... lui-même est surpris quand il relit la violence des textes de rap qu'il écrivait à l'époque. Brûler et caillasser, c'était une façon de capter l'attention en se distinguant.

Justement, Elliot raconte la première fois où lui et ses copains ont voulu incendier une voiture… « on a envoyé deux mecs acheter de l’essence... mais comme ils ont vu que e diesel était moins cher, ils ont ramené une bouteille de gazole… sauf que ça brûle pas, le gazole ! »

Aujourd’hui Elliott est de venu cadre dans une entreprise de nettoyage... Il se retrouve dans la situation de celui qui doit parfois faire le "sale boulot », arnaquer des employés sur leurs indemnités de licenciement, parce qu’ils savent à peine lire ». A l’époque les émeutes c’était pour se faire entendre, en vrai, dire que chez nous c’était la merde, que 80% des gens ici vivent en-dessous du seuil de pauvreté…" "Avec la mentalité que j’ai aujourd’hui… je n’irais plus brûler des voitures… Limite, j’en aurais rien à foutre. », dit encore Eliott. En devenant un salarié, en prenant sa place dans le système, le jeune homme en est venu à se poser la question « Est-ce que je suis toujours un mec de cité ? »

Les émeutiers de 2005 n,ous disent qu'ils ont changé, mais autour d'eux, qu’est-ce qui a changé, en 10 ans ?

Pour le sociologue Fabien Truong, toujours dans Politis," Le regard négatif contre lequel les jeunes des cités voulaient s’élever en 2005, ce regard s’est encore accentué… avec la question de l’islam et de l’identité nationale qui est venue polluer encore plus les débats. Stéréotypes, stigmates ont été renforcés dans les discours des médias dominants." Le tout résumé par Naoufel, de clichy-sous-Bois, ça donne "Les mauvais regards, ça fout la haine, mais je comprends les gens... quand tu regardes la télé, tu ne peux qu'avoir peur".

Du front républicain au "flou républicain"!

A lire dansLe Journal du dimanche... et dans Le Monde , les atermoiements du PS à un gros mois du premier tour des régionales.

Que feront les socialistes si, comme l'annoncent certains sondages, ils arrivent, au soir du 6 décembre, 3e derrière le FN et les Républicains.

Le JDD pose l'équation:

"si le PS se retire, il disparaît politiquement pendant 6 ans et n'aura plus aucun élu régional. S'il se maintient, il prend, ici où là, le risque de faire gagner le FN". On va pas tourner autour du pot, "ici où là", c'est en région PACA, avec Marion Maréchal-le Pen, et en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Marine le Pen favorite du premier tour... Faire front contre le Front? L'idée semblait une évidence, il y a encore quelques années... mais "aujourd'hui quand vous voyez un Xavier Betrand qui épouse et devance les propos du Fn, on ne peut plus faire de front républicain", explique un membre du gouvernement dans le JDD... en PACA, c'est Patrick Menucci, socialiste marseillais, qui surenchérit: "Qu'on se retire pour Xavier Betrand, on peut le comprendre, mais Christian Estrosi! Estrosi, le Pen, c'est pareil!"

Dans le Monde, on s'amuse de voir que la gauche refuse de se poser la question, car ce serait anticiper la défaite. Mais on note aussi le piège schyzophrénique dans lequel les candidats Les Républicains, BErtrand et Estrosi en tête, sont en train de tomber: eux aussi ils y pensent, à l'entre-deux tours... et, après avoir lancée leur campagne sur des thèmes très très droitiers, ils se recentrent ces derniers jours... Ne pas insulter l'avenir, et braquer les voix de gauche qui seront nécessaires à la victoire finale.

Le tout, sous le regard goguenard de ce cadre du FN en PACA qui résume: "Estrosi sait qu'il a besoin de réserves à gauche, et en même temps il sait que s'il ne tient pas un discours assez à droite, il va souffrir"...

Et les journalistes du Monde de conclure, ce flou républicain... ne devrait pas se dissiper avant 2017.


Enfin, si vous nous écoutez ce matin, c'est que vous avez survécu au passage à l'heure d'hiver.

Car "le changement d'heure tue", c'est Libération.fr qui l'écrit!

Oui et c'est sur les routes que ça se passe... comme nous l'explique l'Observatoire interministériel de la sécurité routière, c'est vous dire si c'est sérieux:

"L'arrivée de l'heure d'hiver provoque instantanément une surmortalité dans les tranches horaires de transition entre les états diurnes et nocturnes". En, clair, il fait nuit plus tôt, les automobilistes sont plus nombreux à rentrer du boulot entre chien et loup... et le résultat, eh bien c'est que l'an passé, le mois de novembre, celui qui suit de quelques jours le changement d'heure, a été le plus meurtrier de l'année.

Mais... rassurez-vous libération ne nous laisse pas désarmés face à un tel péril... des solutions existent... il suffit de porter des vêtements clairs, voire des bandes réfléchissantes. "Et tant pis pour le style, nous console le quotidien... très satisfait de donner un argument imparable à ceux qui voudraient en finir avec le changements d'heure.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.