Bonjour à tous… La presse ne sait pas si Fillon reste ou s’en va. Elle ne sait pas non plus, si Nicolas Sarkozy lâchera un chouïa sur les retraites, et elle évite de se prononcer sur l’issue de l’affrontement « Lyon – Saint Etienne », ce soir à Gerland. Bonne occasion d’attirer votre attention sur le mensuel PHILOSOPHIE MAGAZINE qui se demande aujourd’hui : « Qu’est-ce qu’une journée réussie ? ». Est-ce une journée bien managée, bien chronométrée, ou un long moment de désemploi du temps ? Un jour où l’on flâne et l’on glisse hors de soi-même ? PHILOSOPHIE MAGAZINE propose là-dessus quelques expériences et suggère de s’en remettre à Sénèque, le stoïcien conseiller de Caligula, et précepteur de Néron. Selon lui, il fallait construite sa journée comme sa vie, sans se tourmenter de l’avenir, ni se dégoûter du présent. Application pratique de PHILOSOPHIE MAGAZINE, pour les sages de 2010. Vous considérez votre matinée comme une enfance joyeuse, avec plein de découvertes et d’apprentissages. Vous faites de l’après-midi une plage d’activités sérieuses et productives. Et le soir, vous méditez sur notre mortalité en vous préparant au sommeil. Résultat : la vie ne vous effraiera plus. Vous débarrasserez vos journées des tâches inutiles, et vos nuits seront aussi belles que vos jours. Bref, libérons-nous, apprenons à faire moins sans culpabiliser et rappelons-nous avec Nietzsche « que celui qui ne dispose pas des deux tiers de sa journée est un esclave ! ». Words… Words… Words… Jean-Claude Guillebaud philosophie lui aussi dans le NOUVEL OBSERVATEUR quand il s’inquiète du temps perdu en bavardage. Et cela vaut pour nous, gens des radios et des journaux. Nous employons trop de mots, et nous piégeons les politiques qui ont oublié la formule fameuse de Saint-Just : « Il est impossible de gouverner sans laconisme ». Les structures de l’appareil médiatique d’aujourd’hui encouragent automatiquement, selon Guillebaud, la dérive bavarde. Trop de mots, trop de redites, trop d’approximations et pas assez de sens. Selon le chroniqueur du NOUVEL OBSERVATEUR, les médias sont responsables de cette inflation verbale. C’est vrai, reconnait Guillebaud, il y a l’actualité, la nécessité de l’info… Mais pourquoi cette concurrence avec les mêmes défilés d’invités, les mêmes programmations d’éditos, la récurrence des bulletins, des flashes. Chacun s’acquittant naturellement de sa tâche. Seulement voilà, l’auditeur se retrouve mine de rien, devant un ras-de-marée. Pendant un jour ou deux, voire une semaine, plus rien ne comptera que le sujet dit d’actualité et les millions de syllabes qui lui font escorte. Et puis tout se dissipera en un clin d’œil, et après l’averse de mots, sur un fait divers, l’Afghanistan ou la mondialisation, on passera à la curiosité suivante. Didier Pourquery dans le MONDE MAGAZINE, s’amuse quant à lui de ce qu’il appelle « les coups de chaud de l’info ». Et le chroniqueur d’évoquer les logements du IVème arrondissement de Paris, qui seront chauffés l’année prochaine, grâce à la chaleur humaine captée dans le métro, station Rambuteau. Un passager, c’est 100 watts. Moi, dit Pourquery, voilà 35 ans que je prends le métro et il ne m’a pas échappé qu’il y faisait chaud. En voilà une bonne idée écolo, de récupérer des calories. Mais mon confrère du MONDE choisit de pousser la réflexion. Va pour l’hiver, écrit-il, mais que fait-on l’été ? Comment produire du frais ? Et de répondre… « Y’a qu’à miser sur l’homme aussi. Récupérons l’air de ceux qui en brassent beaucoup, et le vent de ceux qui en vendent. J’ai quelques idées là-dessus, mais elles sont désagréables ». Philosophie, parallèle de Philippe Sollers dans sa chronique du mois, que publie dès aujourd’hui le JOURNAL du DIMANCHE. Un JOURNAL du DIMANCHE, qui par parenthèse, croit au départ de Fillon et aux adieux que le premier ministre aurait fait hier, en conclusion des journées parlementaires de Biarritz. Sollers fait un pas de plus et imagine que Nicolas Sarkozy, en ayant marre, rate son remaniement, et poussé par Carla, décide de ne pas se représenter en 2012. Boudiou… quelle crise... s’écrie Sollers. Quel vide immédiat ! Et je veux le citer, car il prolonge Guillebaud et Pourquery, et permettra peut-être, au chef de l’Etat de profiter lui aussi, d’un samedi réussi. Comment, suggère l’écrivain chroniqueur… Comment, pas de Sarkozy aujourd’hui, ni demain, ni après-demain, sauf quelques reportages sur sa nouvelle vie luxueuse, aux Etats-Unis ou dans les émirats. Mais qu’allons-nous devenir. Si Sarkozy renonce à l’Elysée. Plus personne à attaquer, à contester, à déstabiliser ? Oui, l’antisarkozysme étant devenu une activité à plein temps, que vont devenir les médias. Et Sollers de conclure, affectueux : « Reste avec nous ennemi adoré. Ne fais pas baisser nos tirages. Continue à remplir nos colonnes, à illustrer nos couvertures de magazines, et à vampiriser la télé. On te pardonne tout. Woerth-Bettencourt, les Roms, les boucliers fiscaux, la réforme des retraites. Reste, car sans toi, la France serait une morne plaine ». Allons donc, rugit Jean-François Kahn dans MARIANNE, Sarkozy est pathétique, voyez comment l’on vient de vivre, deux mois de délires, au sommet de l’Etat. Correction légère de Nicolas Domenach, dans le même hebdomadaire, qui cite le Ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux : « Vous les journalistes, vous écrivez tous la même chose, et vous ne comprenez rien à rien. Vous êtes des nuls, crasses, aveuglés par la haine ou l’incompétence. Vous vous êtes toujours fourrés le stylo dans l’œil ». Et Domenach de commenter : « C’est le président qui jure contre les sondages, contre la presse, que sa stratégie de clivage est la bonne. C’est le Président qui dit aux journalistes : « Vous êtes pathétiques ». Le POINT se garde du renvoi dos à dos et s’interroge… Peut-on encore attendre un mois et demi, le remaniement promis dans cette ambiance. Et pour mon confrère, tout va s’accélérer avant novembre, vers une bonne fenêtre de tir pour remanier. Entre le 15 et le 18 octobre… Entre l’adoption de la réforme des retraites au Sénat, et le début de la discussion budgétaire à l’Assemblée. Mais de grâce, ne me demandez pas si Fillon II succèdera à Fillon I… Je n’en sais rien. Je veux vivre le week-end comme Sénèque. Difficile, quand je vois un grand magazine culturel… présenter France Inter comme un grand corps fragile. Et pourquoi pas… malade, confrère. Souvenez-vous de ce que disait le Premier Président de la Vème République, un 25 septembre : « L’essentiel pour nous, ce n’est pas ce que peuvent penser les comités Gustave, Théodule ou Hippolyte. L’essentiel c’est ce qui est utile au peuple français, ce que pense le peuple français ». Et le peuple français aime sa France Inter.

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