Dites-nous de quoi nous parlent les journaux ce matin ?

Vous le savez peut-être : Dieu est un DJ. C’est en tout cas ce qu’ont chanté la chanteuse Pink ou encore le groupe Faithless. Et bien ce matin, c’est l’actualité qui a joué au DJ, en mixant les deux infos essentielles de la veille : la mort de Jean-Luc Delarue et les soucis de Lance Armstrong. Ce qui mixé, mélangé, nous donne ce matin la mort d’Armstrong, Neil Armstrong, le célèbre astronaute américain.

Rappelé par Dieu donc. Mais ce matin, de très nombreux quotidiens – Ouest-France, La Provence, Presse-Océan, Le Républicain Lorrain notamment – préfèrent penser que « Neil Armstrong a rejoint les étoiles » : ce qui est faux bien sûr, Armstrong n’ayant jamais posé le pied sur une étoile, mais, comme vous le savez, sur la Lune. On ne s’en lasse pas, écoutons une nouvelle fois cette célèbre tirade…

« C’est un petit pas pour l’homme mais un bond de géant pour l’humanité ». Ce pas, l’empreinte de ce pas de Neil Armstrong à la surface de la Lune, il remplit ce matin presque toute la première page du Journal du Dimanche. Le visage de l’astronaute n’est qu’au second plan, en tout petit, en bas, à gauche.

Et vous savez quoi ? Ca lui aurait plu à l’Américain, cette « star si discrète » nous rappelle Le Parisien Dimanche. Après son exploit, il a fui les médias, refusé les sollicitations, pour choisir d’enseigner dans la faculté de son Etat natal, l’Ohio, là où il possède un grande ferme de bétail, le même Etat où il vient de mourir.

Dieu est un DJ. L’actualité est un DJ. Alors j’ai décidé d’être, moi aussi, un DJ ce matin. En hommage à Neil Armstrong, quelques notes d’un autre Armstrong, Louis, qui, comme Neil, trouvait que la Terre était décidément un monde merveilleux, « A wonderful world »… Ecoutez.

De la Lune, on revient sur Terre, à La Rochelle…

Oui, La Rochelle où se déroule l’Université d’été du PS qui, lui, n’a pas vraiment l’impression de vivre dans un « wonderful world ».

Et oui, l’état de grâce est déjà terminé pour le président Hollande. Dans le baromètre Ifop pour le Journal du Dimanche, le chef de l’Etat recule pour le 3ème mois consécutif : 54 % d’opinions positives. Beaucoup moins bien que Nicolas Sarkozy à la même période note le JDD, où Bruno Jeudy écrit : « Et si ça ne marchait pas ? Il flotte à gauche comme une étrange ambiance. Comme une vague inquiétude. La crainte des promesses non tenues est déjà perceptible chez les Français ».

Gare à ce que L’Est Républicain appelle « l’effet bicyclette » : « A pédaler trop lentement, le gouvernement risque la chute ».

Et nos voisins allemands, qu’en pensent-ils ? C’est l’hebdomadaire Courrier International qui s’est posé la question, en donnant la parole à plusieurs journalistes d’outre-Rhin. Articles dont je vous recommande la lecture si vous voulez rire un peu. Extrait de « Der Spiegel » : « L’Allemagne reste le point de référence ultime des Français, celui auquel ils ne cessent de se mesurer. Ils sont comme obsédés par leurs voisins. Ils ont toujours eu du mal à comprendre ce peuple qui leur parait tellement plus sérieux, plus carré, et plus rigide qu’eux. De toute évidence, la France souffre d’un complexe d’infériorité envers l’Allemagne ». Rien que ça !

Rions encore un peu avec un autre quotidien allemand, « Süddeutsche Zeitung », qui après avoir qualifié François Hollande d’ « hypoprésident », avertit ses lecteurs : « il ne faut pas le sous-estimer, les hippopotames ne se montrent-ils pas étonnamment agiles et agressifs dès qu’ils sortent de l’eau ? ». Hollande, l’hypoprésident hippopotame : si on en doutait, nous voilà rassurés, l’amitié franco-allemande a encore de beaux jours devant elle.

Et puisqu’on est dans les petits noms mignons, Clélie, savez-vous – c’est Le Parisien Dimanche qui le rapporte – savez-vous quel prix vient de remporter Martine Aubry à La Rochelle ?

Et bien « le prix Grognon », décerné par un jury de journalistes, manifestement un clin d’œil au caractère affirmé de la première secrétaire du PS. Réaction de Martine Aubry : « Puisque j’ai le prix Grognon, je vais le rester ».

Le Parisien qu’on évitera de lire ce matin pour éviter un coup au moral.

C’est page 5. Déjà le titre donne le ton : « La nouvelle maladie qui inquiète ». Et effectivement, plus on avance dans l’article, plus c’est inquiétant. « Cette pathologie totalement inconnue arrive d’Asie, ses symptômes sont similaires au Sida, une déficience immunitaire soudaine ». Ce n’est pas un virus. On ne sait pas comment la maladie apparaît, peut-être en raison d’un facteur génétique ou d’une cause environnementale. En fait les scientifiques savent si peu de choses de cette maladie qu’ils ne lui ont pas encore donné de nom ! Ce qu’ils savent, c’est qu’en l’espace de six mois, elle a touché au moins une centaine de personnes.

Science encore, mais dans un registre beaucoup plus positif. Je sais Clélie que vous redoutiez que je donne cette information, mais elle est très sérieuse.Le site d’information Atlantico rapporte que selon l’étude de chercheurs américains, « le sperme est un antidépresseur miracle ».

Ces chercheurs ont découvert que les femmes qui pratiquaient régulièrement le sexe non protégé – sans préservatif – étaient moins déprimées que les autres.

Explication : le sperme contient trois antidépresseurs, la mélatonine, la sérotonine et la thyrotropine.

Et ce n’est pas tout : Le liquide séminal contient d’autres agents chimiques qui – pêle-mêle – facilitent le sommeil, et rendent de bonne humeur.

Pour en savoir plus, c’est à lire dans Atlantico.

De la bonne humeur, on passe au bonheur. Clélie, je vous avais promis hier la clé du bonheur. Selon L’Express, enfin selon l’anthropologue Françoise Héritier dans son dernier essai, « Le sel de la vie ». Françoise Héritier qui, à presque 80 ans, « se roule dans l’herbe, déguste un pot-au-feu maison, laisse la pluie des moussons ruisseler sur sa peau, envoie paître les ennuis » !

Pour elle, « toutes sortes de petits bonheurs sont à notre portée immédiate, mais nous n’y prêtons pas attention » tellement nous sommes obnubilés par nos petits soucis, nos petites obsessions du jour.

Philippe Croizon, j’en profite pour vous demander votre définition du bonheur à vous. C’est quoi le bonheur, quand on a du se battre comme vous l’avez fait ?

réponse de Philippe Croizon

Merci Philippe Croizon. Le mot de la fin à l’anthropologue Françoise Héritier : le bonheur, c’est être au monde, tout simplement, pour saisir au vol les brefs plaisirs qui passent ».

© Samuel Etienne

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