Bonjour à tous, « N’ayez pas peur »… recommandait Jean-Paul II, mais son exhortation a été oubliée par certains médiateurs, de l’image, du son et du papier ! C’est pourquoi la presse se partage nettement aujourd’hui, entre ceux qui font de la flambée de grippe porcine au Mexique un début de pandémie, et ceux qui ne veulent pas douter des capacités de la médecine. Dans la première catégorie, le JOURNAL DU DIMANCHE, nettement plus angoissé que LE PARISIEN, mais aussi la DEPECHE DU MIDI, le BIEN PUBLIC de Dijon, LA MONTAGNE de Clermont-Ferrand, dont les titres sont proprement effrayants. « Une alerte mondiale et un risque inconnu », s’écrie LA MONTAGNE, sur une photo de porcinets serrés les uns contre les autres, comme s’ils étaient déjà contaminés… En légende du cliché, l’information exacte, selon laquelle l’OMS a lancé une mise en garde contre le potentiel pandémique d’un nouveau virus de grippe porcine se transmettant d’homme à homme. Mais juste à côté, le tocsin annonçant, je cite, les premiers morts au Mexique où vingt décès avérés ont déjà été recensés. Sur la même ligne d’inquiétude, le BIEN PUBLIC de Dijon assure que la France et le monde se prépare au pire ! « Alerte mondiale », s’exclame également la DEPECHE DU MIDI, au-dessus d’une photo de l’Agence France Presse montrant les passagers masqués d’un autobus de Mexico. Cliché semblable, à la première page du JOURNAL DU DIMANCHE. Il est signé Adriana Zehbrauskas, et montre un soldat distribuant des masques de protection à la population du centre de la capitale mexicaine. En titre : « Mobilisation planétaire contre la grippe porcine ». En page intérieure, un reportage de la correspondante du JDD, Léonore Mahieux, qui rétablit l’équilibre en commençant ainsi : « Les masques bleus envahissent les rues de Mexico. Ils n’étaient jusqu’ici pas inconnus, dans cette mégalopole de 20 millions d’habitants, extrêmement polluée, où les grippes et les infections respiratoires ne sont pas rares. Mais, depuis samedi, » ajoute la journaliste sur le terrain, et les conseils de prudence du gouvernement mexicain, « ces masques sont distribués un peu partout, dans la rue, dans le métro, les boutiques, les aéroports et jusque dans les bars. Tousser dans son mouchoir, éviter de s’embrasser, se laver souvent les mains, ne pas se les serrer pour se saluer : telles sont les consignes données aux Mexicains pour leur ministre de la Santé ». Et ma consoeur du JDD, de citer le « Roselyne Bachelot d’outre-atlantique », qui s’appelle Villalobos, comme le musicien, et a décrit à la télé les symptômes du mal… Une forte fièvre soudaine, maux de tête, maux de gorge et yeux qui piquent. Dans ce cas, il est conseillé de ne pas sortir de chez soi et d’appeler le docteur. Hélas, le titreur du JOURNAL DU DIMANCHE, a mis au-dessus, de cet article rassurant, malgré les 20 décès par grippe porcine enregistrés dans un pays de cent millions d’habitants : « La fièvre monte à Mexico ! ». Mais qui sait, si, lecteurs-auditeurs mes frères, nous n’aimons pas frissonner devant les mauvaises nouvelles de l’actualité… les trains qui n’arrivent pas à l’heure, les tremblements de terre… la grippe aviaire. A noter, à ce propos, que le JOURNAL DU DIMANCHE, qui publie désormais deux éditions… Une qui parait le samedi, et sa petite sœur actualisée, que l’on retrouve partout en France dès le dimanche matin. Eh bien, l’édition d’hier titrait en manchette sur les nouvelles victoires de la médecine face au cancer avec : les taux de guérison définitive qui augmentent, les témoignages de patients qui ont vaincu le mal, et la France qui obtient des taux de guérison dépassant nettement la moyenne européenne. Ce dossier a été, Dieu merci, conservé dans l’édition d’aujourd’hui, mais la Une du JOURNAL DU DIMANCHE ajoute la peur à la peur, puisque la grippe mexicaine a pris la place des victoires sur le cancer, qui a été surtitrée d’une question : « Un « mai 2009 » est-il possible en France ? ». Interrogation classique, actualisée il y a quelques jours par Dominique de Villepin, redoutant un climat pré-révolutionnaire. Le JOURNAL DU DIMANCHE ne va pas si loin, mais après avoir donné la liste des universités qui reportent leurs examens, évoqué la montée des violences qui inquiète les syndicats, donne la parole à Martine Aubry et Laurent Wauquiez. La première ne veut pas croire, au risque révolutionnaire souligné par Monsieur de Villepin, comprend la colère des salariés, croit à la crise d’un système, et plaide pour un plafonnement des revenus. Entendez, une répartition plus juste entre le capital et le travail. Laurent Wauquiez, le secrétaire d’Etat à l’Emploi, interrogé lui aussi par Yann Philippin, doute également d’un mois de mai 2009, avec embrasement social. Il constate les tensions sociales, créées selon lui par la crise, et dénonce ceux qui soufflent sur les braises, en leur donnant un nom : Besancenot et Royal. Et quand mon confrère du JOURNAL DU DIMANCHE, demande au secrétaire d’Etat à l’Emploi, s’il ne conviendrait pas d’aller au-delà, des dispositifs d’aide à l’emploi des jeunes, annoncés vendredi par Nicolas Sarkozy, Laurent Wauquiez répond : « Il n’y a pas de tabou à ce sujet. S’il faut aller plus loin, on le fera. Avec Christine Lagarde et Brice Hortefeux nous continuerons à agir de façon pragmatique, avec des mesures efficaces qui correspondent à l’évolution de la situation sur le terrain. Je ne crois pas aux grands effets d’annonce. Il faut tenir le cap car la crise sera longue, et nous devons pouvoir ajuster le tir jusqu’au bout ». Dans LE PARISIEN, c’est Luc Chatel, secrétaire d’Etat à l’Industrie, qui se charge de diffuser une bonne nouvelle : l’Etat va aider les employés de l’équipementier automobile HEULIEZ. Rappelons que Ségolène Royal a plaidé le dossier en question, au nom de sa région, et que sur ce point, elle a gagné. Madame Royal, perd en revanche sur l’affaire des « grands pardons », si j’en crois, le sondage exclusif du PARISIEN, réalisé par CSA, et titré Ségolène désavouée… 68 % des Français considèrent, qu’elle a eu tort, de s’excuser au nom du pays, pour des propos anti-Zapatero, attribués, à Nicolas Sarkozy. Aux pages voisines, politiques elles-aussi, je vous signale un reportage sur François Bayrou qui profite d’un passage à Caen pour vanter l’Europe sociale. Un article sur Rachida Dati, en opération rattrapage avec Michel Barnier, à Neuilly-Plaisance. Une opération déminage de Xavier Bertrand dénonçant dans une interview accordée à Martine Chevalet et Dominique de Montvalon, le fatalisme et le pessimisme de Villepin, et la course du PS derrière l’extrême gauche. Ceci posé, le nouveau secrétaire général de l’UMP appuie la campagne européenne de Rachida Dati, après avoir dit son mot sur la réprimande… faite au juge Burgaud. « Allons », dit-il, « moi je pense d’abord aux victimes du procès… Et à notre réforme de la procédure pénale. Personne n’a envie que puisse se produire un nouvel Outreau ».

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