Bonjour à tous… Et vous, êtes-vous normal ? C’est la question que pose PHILOSOPHIE MAGAZINE dans son numéro de mars. Avec des repères bien sûr, pour distinguer le bon citoyen respectueux des lois, du rebelle, du marginal et de l’original adapté. Umberto Eco, dans « Le Pendule de Foucault », taille plus court que PHILOSOPHIE MAGAZINE, quand il recense quatre types idéals : le crétin, l’imbécile, le stupide et le fou… Le normal selon lui, c’est le mélange équilibré des quatre ! Soit, direz-vous histoire de jouer avec le romancier italien. Nous sommes tous un peu crétin, un peu bêtassous, mais Kadhafi est franchement fou ! Fou furieux même, et l’on comprend mal comment pendant 42 ans le peuple libyen a pu supporter sa dictature. Et mal aussi, comment depuis 1969, gouvernements et hommes d’affaires occidentaux ont pu traiter et commercer avec ce diable, sans grande cuillère hélas ! Le NEW-YOK TIMES, évoquait l’autre semaine, la longue connivence entre Washington et les autocrates de la planète. Le journaliste Scott Shane expliquait que les Etats-Unis depuis Kennedy et le Shah d’Iran ont toujours fait le pari de la stabilité… Avant de récolter les révolutions ! Et nous donc, combien de fois sommes-nous passés comme les Etats-Unis à côté de l’histoire ? LE PARISIEN recensait cette semaine, photos à l’appui, les belles heures de l’amitié France-Kadhafi. 1970 : Présidence Pompidou. Kadhafi nous achète 110 Mirage V qui ne devaient pas, « juré-promis » servir aux pays du champ de bataille. Années 80 : Roland Dumas et François Mitterrand recréent les liens « Paris-Tripoli ». Michel Charasse, dans ses « Mémoires » parues chez Grasset, raconte l’entrevue secrète en Crète, entre Mitterrand et le Colonel, qui aujourd’hui, massacre son peuple, à Tripoli et Benghazi. C’était en 84, et à l’époque, il s’agissait d’empêcher le fou furieux de mettre la main sur le Nord du Tchad. Charasse était du voyage et avait pour charge de consigner les propos de Kadhafi. Lequel Kadhafi voulait bien retirer ses troupes installées au Sud du 16ème parallèle, mais réclamait en retour « l’indépendance de la Corse ». Refus de Mitterrand, naturellement ! 2004 : Cette fois, c’est Jacques Chirac qui accomplit le premier voyage d’un chef d’Etat français en Libye, depuis l’indépendance du pays. Et quinze ans après les attentats contre l’avion de la Pan Am à Lockerbie, et au Niger contre un DC-10 d’UTA. 2007… Les infirmières bulgares, libérées grâce à l’Elysée et Cécilia Sarkozy, et la contrepartie, un peu plus tard. Kadhafi sous sa tente à l’Hôtel Marigny, les protestations de Rama Yade et les assurances de Patrick Ollier : « Kadhafi a changé. Il lit Montesquieu ». Non, le dictateur libyen, avec lequel les Occidentaux et singulièrement nos voisins italiens ont fait des affaires, est resté ce qu’il était, un dictateur illuminé, comme en atteste son livre vert. Aujourd’hui, il apparaît clairement au monde entier que le fou de Tripoli va dégager, comme Ben Ali, comme Moubarak avant lui. Il est troisième de liste, et on a noté cette nuit, que l’un de ses quatre fils, a molli comme s’il sentait que les chances de survie au pouvoir de son père, étaient plutôt réduites. La liberté a gagné à Benghazi. Le Conseil de Sécurité des Nations Unies s’est prononcé pour des sanctions contre Tripoli. Embargo sur les armes, sanctions financières, et demande de saisine de la Cour Pénale Internationale, pour crimes contre l’humanité. Le journal LE MONDE détaille tout cela, dans son édition de samedi, et relève aussi que les forces fidèles à Kadhafi, ont lancé des contre-offensives à l’ouest de Tripoli. Mais l’information manque sur l’issue de ces combats. Kadhafi, combien de divisions ? En page 3 du MONDE, Jean-Philippe Rémy décrit « la légion africaine de Kadhafi » et relève que l’homme qui invitait hier, les jeunes libyens à danser et chanter, avant la victoire, dispose de 10.000 mercenaires. Il n’est pas certain, selon mon confrère, que ces troupes-immigrées en Libye, aient très envie d’en découdre. Elles vivent, selon un proche de l’ancien Président du Tchad, Goukouni Oueddeï, dans la crainte de lynchages de leurs frères, présents en Libye. LE MONDE titre d’ailleurs sur un sauve-qui-peut aux frontières… de Chinois, d’Egyptiens, de Turcs, de Tunisiens. Ces milliers de travailleurs étrangers tentent de fuir les combats sanglants, promis par Kadhafi dans son bunker. OUEST-FRANCE titre sur la menace d’un carnage en Libye. Et François-Régis Hutin dans son éditorial, rappelle que dès 73, quand Pompidou invitait Kadhafi en France, des cris s’étaient élevés : Kadhafi : nazi – Kadhafi : Hitler. Pierre Rousselin dans le FIGARO considère que les ressources militaires de Kadhafi sont suffisantes pour infliger des dégâts considérables aux opposants qui marchent sur Tripoli. SUD-OUEST redoute aussi, la loi de la terreur, que peut encore imposer un dictateur aux abois. François Sergent dans LIBERATION évoque Tiananmen et juge la communauté internationale impuissante, même si les libyens comme les Egyptiens et les Tunisiens doivent se libérer seuls. Maurice Ulrich dans l’HUMANITE, juge de peu de poids les sanctions promises par le Conseil de Sécurité contre Kadhafi. Point de vue identique de Jean-Michel Helvig dans le REPUBLIQUE des PYRENEES. Et de Yves Harté dans SUD-OUEST. Paul Quilès, qui avait souhaité, un contrôle du ciel, pour interdire aux avions de Kadhafi de décoller, et de bombarder, écrit, ce samedi dans l’HUMANITE que la diplomatie française est sans boussole ! Mais ça va changer, puisque selon la presse… Alain Juppé ou Dominique de Villepin va devenir, ce soir, ou demain, ou après-demain, ministre des affaires étrangères… A la place de Michèle Alliot-Marie… Je tiendrais plutôt pour Juppé… mais le TELEGRAMME révèle sous la plume d’Anna Cabana que Sarkozy veut Villepin au Quai d’Orsay ! Oui-da, mais est-ce que Dominique de Villepin veut bien ? A part ça… si l’hallali ne vous gêne pas, sachez que la presse annonce en manchette ce samedi : « Le départ de Michèle Alliot-Marie »… victime collatérale du printemps arabe… Celle qui disait, dans sa défense, à propos de son couple en vacances en Tunisie : « Nous nous sommes trouvés, au mauvais endroit, au mauvais moment ! ». Florilège des titres-constats dans la presse d’aujourd’hui… La REPUBLIQUE WEEK-END du CENTRE : « Michèle Alliot-Marie poussée vers la sortie ». Le JOURNAL du CENTRE : « L’inévitable renvoi d’Alliot-Marie ». Le DAUPHINE : Photo de Patrick Ollier et de Michèle Alliot-Marie « Débarqués ». En plus aimable. L’INDEPENDANT : «Alliot-Marie : la fin d’un parcours sans faute ». Le FIGARO considère que le remaniement est imminent. (Alors qu’étymologiquement imminent veut dire menaçant). Menaçant pour les dégagés ! LIBERATION, sous la plume d’Antoine Guiral préfère titrer : « Atterrissage forcé pour Michèle Alliot-Marie devenue encombrante ». Explication de mon confrère : « Des boulettes en série depuis plus d’un mois ». La clé de tout ça… dans NICE-MATIN, ou le maire Christian Estrosi déclare : « L’affaire Michèle Alliot-Marie choque les Français ». Toujours les femmes qui prennent… Bizarre tout de même. Une femme heureuse, en première page du TELEGRAMME. La Française Françoise Larribe, otage au Niger, libérée enfin, avec deux Africains. Et des Dieux et des hommes triomphant avec Michaël Lonsdale aux Césars.

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