Avant l'Amérique sexy de Barack Obama, voici l'Amérique de la tôle. La tôle froissée de l’industrie automobile qui dérouille depuis quelques mois. Détour par Détroit, alias "Motor City". On va suivre Eric Chol de l'Express qui voit d’abord défiler sur sa route les panneaux « à vendre » devant les maisons plombées par la crise des subprimes. Mais le choc qui nous intéresse c'est celui qui a fait poser un genou à terre aux trois géants de l'automobile, General Motor, Ford, Chrysler, les big three. C'est tout frais, en juin les chiffres de ventes dévissent. Ca va de moins 18 à moins 36%. Ce qui aurait fait dire au PDG de Renault, Carlos Ghosn, il y a un mois " quelque chose va se passer". Ce qui est passé, nous explique Eric Chol, c'est le choc pétrolier, la crise financière, le désamour forcé pour les gros cubes, les 4x4, les gourmands. Aux Etats Unis, le prix du gallon a flambé, il est passé de 2 a 4 dollars en trois ans. Mais les big three sont restés pieds au plancher sur l'autoroute de leur stratégie. Ils se réveillent au pied du mur. General Motor sort d'un 2ème plan de restructuration en 6 semaines. Chrysler craint de se faire dévorer. Ford attend 2010 pour redevenir bénéficiaire. Alors dans ce contexte noir, l'étincelle viendra peut être d'un petit génie israélien. Dominique Nora dans le Nouvel Obs raconte l'ascension de Shai Agassi, un petit prodige de l'informatique qui phosphore pour que la voiture électrique devienne un bien de consommation courant. L'idée, c'est de faire des forfaits comme pour le téléphone portable. Dans la voiture électrique ce qui coûte cher, c'est la batterie. Alors Shai Agassi réunit les investisseurs pour laisser l'énergie entre les mains d'un "opérateur". On pourrait alors acheter un forfait kilométrique. Et ça intéresse Carlos Ghosn. Renault a paraît-il signé. "Quelque chose va se passer" avait dit le PDG. Carlos Gohsn qui fait des dîners off sur la Seine. En langage courant, il invite quelques journalistes sur la péniche de Renault, pour discuter à bâton rompu de sa stratégie. Marie Bordet du Point a participé à une de ces croisières... "C'était un soir d'été" nous dit elle, mystérieuse. Alors on ne sait pas trop quand c'était, mais ce qui est sûr, c'est que Carlos Gohsn a dû oublier de faire part de ses idées de restructuration. L'article tourne essentiellement autour du PDG qui est croqué en capitaine d'industrie, adepte de "la real politik". " Il nous rappelle vaguement quelqu'un" peut on lire... qui ça ? Nicolas Sarkozy, le "Point" n'arrive pas à s’en défaire. C'est le portrait croisé qui intéresse la journaliste. Carlos Gohsn serait jumeau jusque dans sa façon de surveiller sa ligne. Le Point voit du Sarkozy partout... Le mot est lâché dans le Télégramme : Amour. Il y a du sentiment dans la façon dont nos éditorialistes partout en France, nous parlent de lui... Barack Obama. La France est tombée sous le charme de l'américain, et elle se sent un peu froissée de l'avoir vu passer en comète derrière les vitres teintées des voitures, alors qu'il a donné tellement , aux allemands. L'américain à Paris, fait penser a une "star hollywoodienne, élégante et féline," écrit Hervé Canet dans la Nouvelle République du Centre. "Il a un style glamour". "La fascination égale celle qui avait entouré Kennedy" dit Jean Guisnel dans le Télégramme. "Il incarne à la fois le changement, le rêve américain" explique Franck de Bondt dans Sud-Ouest. "il n'y aurait pas de suspense si les européens avaient à voter" conclut Hervé Favre dans la Voix du Nord. Il est l'élu du coeur. Un coeur qui bat pour Obama. Un peu transit d'ailleurs cet amour pour le grand sénateur. Entre Berlin et Londres, Paris la capitale du romantisme et de l'amour s'est sentie un peut délaissée. "Différence de traitement" lit on dans Sud Ouest. "La France n'a eu droit qu'à une étape de transition" souligne la Nouvelle République du Centre Ouest. "C'est a Berlin, que le candidat a choisit de prononcer son grand discours" note même pas jaloux le Républicain Lorrain qui se demande quand même "si l'équipe d'Obama n'a pas tiré les conclusions de la prédominance de l'Allemagne, et de l'affaiblissement relatif de la France". L'amour qui fait douter. Mais tout ça s'explique. "Pour lui les jeux sont loin d'être faits" écrit Rémi Godau dans l'Est Républicain. "l'Amérique profonde paraît dubitative". La France avait dit non à l'Irak. "Et a trop vouloir embrasser ses nouveaux amis, il risque de vexer son propre électorat" nous dit Philippe Palat dans le Midi Libre. Il nous aime donc en secret, mais il doit rester discret, il doit garder ses distances, alors on lui pardonne. C'est une "love sorry", en version originale. "Je suis née en France. Je suis originaire des Comores. Je m'appelle Justine. J'ai 20 ans. Depuis le mois de janvier, ma mère me disait : tu vas te marier avec un Comorien qui vit en France. Un cousin éloigné. Pour ma mère, c'est comme ça au pays. Les générations d'avant ont fait comme ça. Les générations suivantes devraient faire pareil. " C'est dans Libération, le quotidien fait sa Une sur les "mariages forcés". Il y en a beaucoup l'été, explique Catherine Coroller. En France, le seul baromètre qu'on ait, fixe à plus de 70.000 le nombre d'adolescentes concernées. Et on apprend que dans l'Hérault, l'antenne du planning familial organise, depuis maintenant 4 ans, l'hébergement des jeunes filles menacées dans des familles d'accueil. "J'ai pris un grand sac". Continue Justine. "J'ai pris mes habits, quelques photos, et je suis partie. Ca fait un mois. Pour le moment je ne me sens pas en danger. Le problème, c'est que mon oncle est parti et quand il va revenir en France, il ne va plus me lâcher". Dans l'édito, François Sergent voit dans les mariages forcés l'affrontement de deux sociétés : celle des parents, de la communauté d'origine et celle de leurs enfants, qui est celle de la France et de ses valeurs. Pour autant, Libération estime qu'il vaut mieux "renouer le dialogue" que "pénaliser les parents". C'est ce que tente de faire une association aux Pays Bas qui vient de lancer une campagne européenne. Portrait d'une fille de, toujours dans Libération. En 4ème de couverture, un regard sur Elisa Novelli. La fille aînée de Marina Petrella transférée avant-hier dans un état critique à l'hôpital psychiatrique Sainte-Anne. Comme Mélanie Bétancourt, Elisa Novelli impressionne par sa force faite de sang froid et de politesse. Ecrit Sabrina Champenois. Elisa Novelli est née il y a presque 25 ans, en prison. Sa mère, membre des Brigades Rouges, avait été condamnée, à la perpétuité, en Italie. Elisa avait 18 mois quand elle est sortie de prison. Elle a vécu dans une famille d'accueil. Elle a appris à connaître sa mère lors des parloirs. Elle l'a suivie ensuite quand elle est partie s'installer en France et elle se bat aujourd'hui pour la santé de cette Marina Petrella rattrapée par son passé. Menacée d'extradition. Menacée d'inanition. Arrivée à un "stade critique", raconte sa fille, qui veut, quoi qu'il arrive, reprendre son master de langue fin septembre pour garder malgré tout le cours de sa vie. Il paraît que ce sera le feuilleton de l'été. C'est ce qu'aurait dit François Hollande à propos du trésor de guerre de Bernard Tapie. Le Parisien fait gros sur le sujet aujourd'hui. Le journal a décroché l'une des rares interviews du héros de l'affaire, qui a signé une clause de confidentialité. Interview chaotique, puisqu'il a fallu s'y reprendre à trois fois. Bernard Tapie a quitté l'entretien au bout d'un quart d'heure, nous raconte Dominique de Montvalon. Il a fallu lui envoyer un mail, puis lui passer un coup de fil pour boucler l'interview et s'entendre dire "décidément, quelle violence dans cette affaire !"...

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