La bataille du divorce.

La bataille du divorce.

Les fans de Games of Thrones compteraient-elles parmi les victimes collatérales de la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union ? Il se pourrait bien, en effet, que le programme culte ne survive pas au Brexit. C’est du moins ce qu’assure très sérieusement le quotidien anglais THE INDEPENDANT, précisant qu’une grande partie du tournage de la série américaine se déroulant en Irlande du Nord, il bénéficie ainsi de fonds européens. Or l’Irlande du Nord étant amenée à quitter l’Union européenne, ces fonds, à l’avenir, ne seraient bien sûr plus d’actualité. Une série en danger, tout comme une bonne partie de la création audiovisuelle britannique. L’Europe n’a pas que du mauvais. Elle aide aussi la création. Sans aide, pas de création. Et c’est donc l’une des conséquences du divorce annoncé.

« Divorce », c’est bien le mot qui continue de faire la Une ce matin. Et pas de journaux pour dire qu’il s’agit là d’un divorce par consentement mutuel. Bien au contraire, la tension est encore à son maximum entre les différentes parties : ceux qui s’en vont, ceux qui restent, ceux qui auraient voulu rester. Il y en a qui pétitionnent pour exiger un nouveau vote. Il y en a même qui pétitionnent afin de demander l’indépendance de Londres, ville où les partisans du maintien dans l’Union sont largement majoritaires…

D’un côté : ceux qui ont gagné, à l’image de Boris Johnson, l’ancien maire de Londres, qui pourrait succéder à David Cameron à la tête du gouvernement britannique. Il militait pour le Brexit, il est donc dans le camp des vainqueurs, mais comme l’explique le JDD, « Jonhson veut enterrer le Brexit ». En tout cas, il n’a pas l’intention de quitter l’Europe à tout prix, et il entend plutôt prendre le temps de négocier un départ qui serait le plus avantageux possible pour le Royaume-Uni.

Mais d’un autre côté, il y a ceux qui veulent aller vite. Notamment François Hollande, en faveur d’un divorce ultra-rapide, afin de ne pas laisser penser que le vote de jeudi peut rester sans conséquence… C’est l’idée qu’il défendra demain à Berlin, et il tentera de convaincre Angela Merkel, qui, elle préfère ne pas précipiter les choses – il tentera de la convaincre, tout en présentant une nouvelle vision d’une Europe « qui protège ». C’est ce qu’on confie à l’Elysée : « protéger au sens d’assurer sa sécurité et celle de ses ressortissants, mais protéger aussi en avançant dans le domaine de la défense et dans le domaine social – protéger socialement »…

Divorcer rapidement, divorcer en prenant son temps, deux visions, 100.000 inconnues : « Royaume-Uni / Europe : la bataille du divorce », titre LE JOURNAL DU DIMANCHE. Divorcer n’est pas toujours simple. Là, ça tient du sérieux casse-tête, du fait de cet article 50, celui qui prévoit le départ d’un pays de l’Union, car c’est un article qui n’est absolument pas précis. Il dit simplement que les conditions du divorce devront être négociées. On doit donc négocier. Vite pour les uns, moins vite pour les autres. Mais tous sont d’accord sur un point, et c’est l’objet de plusieurs tribunes dans la presse ce matin : l’urgence, aujourd’hui, est bien de réinventer l’Europe.

Le Brexit pourrait avoir aussi des incidences sur le vote qui se déroule aujourd’hui en Espagne. Des élections législatives, seulement six mois après un scrutin qui avait débouché sur un Parlement morcelé, et rendu impossible la formation d’un gouvernement. Quatre principaux candidats postulent aujourd’hui au poste de Premier ministre, et les partis traditionnels utilisent le vote britannique comme une arme contre Podemos, le mouvement anti-austérité de Pablo Iglesias. C’est ce qu’explique Sandrine Morel dans LE MONDE. « Ce n’est pas le moment de faire des expériences, ni d’ajouter des incertitudes » à la situation actuelle, a ainsi lancé le conservateur Mariano Rajoy, chef du gouvernement intérimaire, qui souhaite évidemment le renouvellement de son mandat.

Cependant, Podemos l’assure : « Pour la première fois, nous pouvons gagner ! » Récit de la fin de la campagne et des espoirs des partisans de Pablo Iglesias sur le site MEDIAPART, lequel Iglesias, allié à ses nouveaux alliés communistes, a promis de s’engager pour un changement de cap de l’Europe : « D’une Europe juste et solidaire, personne ne voudra s’en aller. » Réinventer l’Europe. Après le Brexit, c’est bien l’objectif de tous les leaders désormais.

C’est une voie qui compte dans la presse américaine. Lauréat du Prix Pulitzer, le célèbre éditorialiste conservateur George Will a annoncé qu’il venait de claquer la porte du Parti Républicain. Il écrit notamment dans le WASHINGTON POST et travaille également pour la chaîne FOX NEWS, mais dorénavant, il appelle à faire battre Donald Trump, quitte à prolonger le bail des démocrates à Maison Blanche. « Serrez les dents pendant quatre ans, mais ne donnez pas d’argent à Trump », a-t-il exhorté cette semaine dans une chronique de son journal, soulignant qu’une victoire du candidat républicain serait donc pire encore que celle d’Hillary Clinton.

Et en France, qui portera les couleurs de la droite pour l’élection de 2017 ? Depuis plusieurs mois, c’est Alain Juppé qui caracole en tête des sondages. Mais en ce moment, ça se resserre avec Nicolas Sarkozy. C’est ce que montre l’enquête ODOXA que publie ce matin LE PARISIEN DIMANCHE. Grande première chez les sympathisants de droite et du centre interrogés sur la primaire : Nicolas Sarkozy repasse même en tête des intentions de vote. Il gagne 5 points en un moins, tandis qu’Alain Juppé en perd 7. Et en cas de duel au second tour, le maire de Bordeaux reste, certes, devant, mais baisse de 11 points, tandis que l’ancien chef de l’Etat progresse d’autant… Chez les électeurs de droite : 53% d’intentions de vote pour Alain Juppé, et 47% pour Nicolas Sarkozy…

Dans le camp sarkozyste, on se réjouit bien sûr, expliquant que l’ex-président incarne clairement le leadership dont les Français ont besoin. Et dans le camp Juppé, on assure ne pas s’inquiéter, les sondages ne sont que des sondages et, d’après ses amis, l’Aquitain en aurait encore beaucoup sous la semelle.

Le journal revient également sur le saccage du siège de la CGT, à Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Deux jours après celui de la CFDT, des portes et des vitres cassées. Des actes fermement condamnés par le Premier ministre, d’autant que les intimidations se multiplient ces derniers temps. Le patron de la centrale, Philippe Martinez, a reçu par lettre anonyme des menaces personnelles jugées « sérieuses ». En conséquence, des mesures ont été prises pour assurer sa sécurité. Sa directrice de cabinet a également été agressées et, depuis quinze jours, plusieurs membres de la direction de la CGT ont reçu, eux aussi, des courriers anonymes, avec des photos de cercueils. La CGT, qui appelle à une nouvelle journée de mobilisation nationale mardi, contre la loi Travail. On n’en connait pas encore les conditions.

Ce dimanche, c’est par ailleurs une journée de référendum en Loire-Atlantique. « Projet d’aéroport : à vous de décider », titre PRESSE OCEAN. 967.500 électeurs sont appelés à se prononcer sur le projet de transfert de l’aéroport Nantes Atlantique à Notre-Dame-des-Landes. Scrutin hautement polémique. En cas de victoire du ‘oui’, les travaux pourraient commencer dès cet automne puis durer de trois à quatre ans. En cas de victoire du ‘non’, une indemnisation du concessionnaire Vinci paraît inévitable et elle pourrait atteindre 200 millions d’euros. A priori, ce n’est pas encore la fin des turbulences.

Deux autres infos glanées dans la presse régionale. D’abord dans MIDI LIBRE, qui s’intéresse aux très sérieux championnats de France de barbecue : « Les cadors du barbecue passent au grill ! » C’est en Camargue jusqu’à ce soir. Et puis, à la rubrique ‘tourisme’, LE COURRIER DE L’OUEST nous apprend que 7 millions de Français seraient tentés, cet été, de se mettre au naturisme… 7 millions de Français tout nus, c’est quand même énorme…

7 millions, c’est énorme, oui, mais c’est nettement moins que ceux qui seront devant leur poste de télé cet après-midi. Ils seront 15 millions, si l’on en croit LE PARISIEN : 15 téléspectateurs pour suivre le match France-Irlande, avec, en ligne de mire, une qualification pour les quarts de finale de l’Euro de football. « Faites-nous plaisir, enflammez-nous ! », exhorte le quotidien à sa Une, avant de se fendre d’une lettre à l’adresse de Didier Deschamps. « Didier, tu n’es pas sans savoir que le monde ne tourne pas rond en ce moment. Dernier épisode en date : les Britanniques nous plantent et on a toute l’Europe à reconstruire dans la foulée. Toi, Didier, c’est l’Euro que tu vis de l’Intérieur. Alors, s’il te plait, pas de ‘Frexit’ intempestif ! »

« Les Bleus ne veulent pas sortir de l’Euro », abonde à sa Une SUD OUEST, tandis que LA PROVENCE souligne qu’il y a « de l’orage dans l’Eire » - l’Eire : E.I.R.E, rapport, donc à l’Irlande. Même jeu de mot à la Une du COURRIER PICARD : « La France doit prendre l’Eire ! » - l’Eire : E.I.R.E. « Les quarts, on y croit ! », lance pour sa part LA DEPECHE DU MIDI, avec une grande photo de Dimitri Payet.

Hier, du reste, on s’étonnait de la prononciation du nom de famille du nouveau héros de l’équipe de France : Dimitri « Paillette », alors que cela s’écrit « Payet ». Or si l’on dit « Paillette », eh bien c’est parce que le joueur est natif de Saint-Pierre, sur l’île à la Réunion. Et là-bas, donc, « Payet » se prononce « Paillette ». Voilà l’explication. En revanche, si Dimitri était né à Suresnes, comme Julie Gayet, on dirait Dimitri Payet. Quant à Julie Gayet, si elle était réunionnaise, on devrait tout naturellement l’appeler Julie « Gayette ».

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