Bonjour à tous… « Si je suis vulgaire, déclare Jean-Marie Bigard à la dernière page de Nice-Matin, si je suis vulgaire c’est parce que le monde est vulgaire. » Manière par conséquent de se mettre à la portée des gens ! Mais les gens… demande aussi aujourd’hui Bruno Frappat, dans La Croix, c’est qui… ? C’est quoi ? Serait-ce, ce que l’on appelle le peuple ?... Où sont-ils les gens ? Que l’on nous montre des gens. Et que l’on nous présente aussi, des gens qui ne soient pas des gens ! … D’ailleurs, vous là-bas, vous êtes des gens, ou vous refusez de l’être ?... Il est urgent de clarifier cette affaire, car le sort des gens en dépend. » Le chroniqueur de La Croix, explique que c’est à partir d’un propos privé de Ségolène Royal, lors de son triomphe, qu’il est entré en méditation, sur ce passionnant sujet. Madame Royal aurait dit en effet : « Je veux être la candidate des gens. » Que signifie cette formule, interroge Frappat. Faut-il entendre, que la prochaine étape de sa conquête, consistera à passer des socialistes, aux gens ? Mais alors, si c’est le cas, est-ce que ça veut dire que les socialistes, ne sont pas des gens ? Ou pas comme les autres ? A moins qu’il faille comprendre qu’existent des candidats contre les gens. « Ah ! les fourbes, s’exclame le chroniqueur de La Croix, avant de conclure ironiquement. « Ce serait pourtant un beau duel de second tour, celui qui opposerait la candidate pour les gens, et le candidat contre les gens ! Même s’il est douteux que ses adversaires se dressent en s’écriant. « Moi, les gens, je les méprise, et je veux lutter contre eux, les décourager, les piétiner, les écraser. » Fin de citation. Les gens sont méchants disait aussi Fernand Raynaud, bien avant que le Parti communiste français, hésite à son tour, et abandonne le mot peuple, au profit « des gens », chers également à Marie-George Buffet. Méchants, très méchants ce dimanche, à l’égard de Ségolène qui sera tout à l’heure, au Palais de la Mutualité à Paris, investie candidate officielle des socialistes à l’élection présidentielle, méchants, un petit nombre, un tout petit nombre de chroniqueurs éditorialistes ou caricaturistes. Le plus sévère pour la madone des sondages, est probablement Bernard Henri Levy, en dernière page du Point. Le plus gentil, Jacques Julliard du Nouvel Observateur, qui voit en Madame Royal, celle qui va réussir, ou qui doit réussir, ce qu’a raté il n’y a pas si longtemps, Michel Rocard… Faire triompher la deuxième gauche, celle qui n’entend pas nier, les réalités du marché. Le Nouvel Observateur d’ailleurs, dans son ensemble cette semaine est émerveillé, par la vie édifiante de Ségolène Royal, et propose à ses lecteurs sur plusieurs pages et c’est passionnant, le roman de Ségolène. Son enfance de battante… Comment elle a gagné sur les autres, sur Jospin, sur Dominique Strauss Kahn, Laurent Fabius. Son plan de campagne. Jusqu’à François Bazin, qui reprend à son propos, le mot de Mitterrand en 1981, à Château-Chinon : « Quelle histoire ? Mon Dieu, quelle histoire !» Seul, seul Jean Daniel s’interroge, sur ce qu’il appelle « les incertitudes du charme », après s’être étonné lui aussi, de l’irruption dans la vie des Français, d’une femme, jeune, belle au point, écrit-il, de pouvoir incarner le buste de Marianne dans toutes les mairies. Une femme qui dit, le peuple est au cœur de ma victoire… et qui dit aussi : je resterai moi-même, je ne changerai pas. Personne, personne, conclut Jean Daniel, ne pariait sur elle, il y a moins d’un an. Mais nous sommes dans le domaine de l’image, du spectacle, de l’émotion, de l’irrationnel, pas du rationnel par conséquent. L’Express… le dit aussi, à sa façon cette semaine en faisant coup double, grâce à une photo montage, qui rassemble sur sa couverture, et Ségolène Royal, et Nicolas Sarkozy, à 150 jours de l’élection présidentielle. L’image des deux candidats en couverture de l’Express est troublante, on dirait une carte postale des années trente, avec deux fiancés rassemblés… Leurs méthodes pour vous séduire, titre l’hebdomadaire, qui publie aussi, la triple interview de trois stars médiatiques, trois stars d’hier et d’aujourd’hui… Sheila, Sylvie Vartan, Françoise Hardy. Photos de Jean-Marie Perier… interview de Gilles Medioni… Titre de l’ensemble… Salut les copines… Une femme, pourquoi une femme… demande également dans Marianne, Jean-François Khan, dans son éditorial intitulé, la Révolution Royal. Voyez la révolution Royal, c’est assez amusant. Et Jean-François Kahn, de s’inscrire en faux, contre cette explication un peu courte, selon lui, de tous ceux qui affirment, « ben, ça marche pour Ségolène Royal… parce que féminiser l’Elysée c’est une vraie promesse de changement. » Allons donc… proteste Jean-François Kahn, Edith Cresson, Martine Aubry ou Elisabeth Guigou, sont des femmes elles aussi… En réalité conclut-il, « ce que la base attendait, c’était la transgression au Parti Socialiste aussi des balises du passé. Voyez comment, ajoute-t-il, Ségolène Royal donne des boutons, aussi bien à la vraie droite, qu’à une partie de la gauche. Comme, comme… François Mitterrand, finalement. » Alors, on verra dans 150 jours, s’il y aura, ou pas renouvellement, suggère Jacques Espérandieu dans le Journal du Dimanche, avant de considérer, que le sacre ségolénien, tout à l’heure à la Mutualité, n’est pas forcément, une mauvaise nouvelle pour Nicolas Sarkozy… Lequel Nicolas Sarkozy selon le chroniqueur éditorialiste du Journal du Dimanche grâce à Ségolène Royal et le danger qu’elle pourrait représenter pour l’UMP dans 150 jours, eh ben, il va pourvoir demander, Sarkozy, à la droite, de resserrer davantage les rangs derrière qui ? Derrière lui. Dominique Valès, dans le journal La Montagne, va bien au-delà de cette petite question conjoncturelle, quand il écrit… Qui, mais qui sera Président en France, en 2050. Oui alors ça c’est pour une raison très simple, c’est parce qu’on va parler d’Iter cette semaine, c'est-à-dire la fusion nucléaire qui devrait nous donner de l’énergie pas chère. Quand ? Et bien en 2050, justement. 10 ans de travaux, 40 ans pour réaliser le programme et donc on sera en 2050. Au passage, mon confrère de La Montagne, Dominique Valès souligne qu’en 2050… Ségolène et Nicolas, auront respectivement 97… et 95 ans. Alors, un mot… un mot sur ceux que j’ai appelé les méchants, les deux plus méchants. Alors il y a Wolinski dans Paris-Match et il y a Bernard Henri Levy dans Le Point. Bernard Henry Lévy pose une question à propos de Ségolène Royal : qu’est-ce que cette ipinionomane ? Qu’est ce qu’elle veut dire à propos de cette nostalgie de l’ordre juste qui lui a fait commettre ses premiers faux pas sur les profs, sur les jeunes délinquants encadrés militairement, qu’est-ce que sa démocratie participative ? Qu’est-ce que c’est que ces jurys tirés au sort ? Et il ajoute : on va passer sur le personnage de Ségolène Royal elle-même, qui est, écrit-il, ce mixte instable de démagogie et de caractère, de narcissisme extrême et de véritable audace politique – passons aussi sur son côté Blanche-Neige et Dame Blanche, Jeanne d’Arc pour âge cathodique et Immaculée Conception néosocialiste, et passez aussi sur ce « ralliez-vous à mon tailleur crème ! Inscrivez-y vos rêves, vos doléances et vos désirs d’avenir ! » que décrit Marc Lambron dans son portrait qui paraît ces jours-ci « Mignonne, allons voir »… chez Grasse dont il nous recommande à tous vivement la lecture. Et c’est vrai que c’est une lecture intéressante. Enfin le méchant, le méchant des méchants, c’est Wolinski. Qui dans Paris-Match fait une petite bande dessinée. On voit Ségolène Royal tout sourire, assise dans un fauteuil. Derrière elle, François Hollande qui demande : Je voulais te dire, je voulais te féliciter… Je voulais savoir comment tu comptes travailler et je voulais savoir aussi comment on va habiter plus tard… J’ai annoncé aux journalistes que moi, je ne voulais pas vivre à l’Elysée. Et Wolinski fait répondre à Madame Royal : François, quel que soit ton choix, sache que pour toi, il y aura toujours une assiette de soupe à la cuisine.

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