Fidel Castro est mort, et sans doute son visage fera-t-il la Une d’une partie des journaux demain.

Cependant, ce matin, rien dans la presse à son sujet, car ce n’est qu’à six heures et quart que l’on a appris son décès par un ‘urgent’ de l’AFP.

Un ‘urgent’, dans le langage journalistique, c’est une nouvelle de la toute première importance. Fidel Castro est mort, et en langage journalistique, c’est donc une nouvelle de la toute première importance. Pas parce qu’il s’agit d’une surprise : il avait 90 ans. Pas non plus parce que son décès va changer la face du monde : malade depuis années, il avait abandonné ses dernières responsabilités officielles en 2011, et cédé le pouvoir à son frère dès 2006. C’est d’ailleurs lui, Raul Castro, qui a annoncé la nouvelle sur l’antenne de la télévision nationale. « Le commandant en chef de la révolution cubaine est décédé ce soir à 22H29 », a-t-il dit dans une courte allocution, conclue par un tonitruant : « Hasta la victoria, siempre ! » Jusqu’à la victoire, toujours…

Fidel Castro est mort, et sans doute son visage fera-t-il la Une d’une partie des journaux demain. Sachant qu’il fait déjà la Une des sites d’information qui, tous, reviennent sur son parcours, les grandes dates de sa vie, et sur ce qu’il a représenté à travers la planète. Sa guérilla contre le régime de Batista, et le 8 janvier 1959 : son entrée triomphale à la Havane, à la tête de ses barbudos… L’embargo des Etats-Unis contre Cuba, puis la crise des missiles, en 1962, qui mit le monde au bord d’un conflit atomique… Ensuite, Castro fonda le Parti communiste de Cuba, avant de lancer ses troupes dans deux pays d’Afrique : l’Angola et l’Ethiopie.

Fidel Castro est mort, et si l’on en croit certains analystes ce matin, c’est la page de la guerre froide qui se tourne définitivement… Et, à dire vrai, c’est certainement pour cette raison-là que cette info est de la première importance… « Mort du dernier des communistes », commente ainsi le site du POINT qui, à l’instar des autres sites, dresse donc le portrait de celui qu’on appelait le Lider Maximo Un portrait signé Dominique Audibert, qui, d’emblée prévient que « sans lui, la scène mondiale va paraître singulièrement pasteurisée… Son treillis vert olive, ses coups de gueule légendaires et sa manière unique de se prendre pour le phare de la révolution mondiale en avaient fait un monument. Et on en oublierait presque qu'en soixante ans de pouvoir absolu, Fidel Castro aura aussi été l'ultime dictateur d'Amérique latine, et le fossoyeur de la dernière utopie du siècle. Pour ceux qui avaient cru en lui, il y a bien longtemps que l'autre Fidel, celui qui avait donné aux Cubains leur indépendance et leur dignité, était mort. »

C’est également par un ‘urgent’ des dépêches d’agence qu’on a appris la mort de David Hamilton. Mais, cette fois, c’était un ‘urgent’ de 22H40, et les journaux ont donc eu le temps de se retourner. Un cliché identique dans LE FIGARO et LE PARISIEN ce matin : « David Hamilton retrouvé mort chez lui. » Accusé de viol par quatre de ses anciens modèles, dont l’animatrice Flavie Flament, le photographe a été retrouvé inanimé chez lui. Connu pour ses portraits de jeunes filles vaporeuses, souvent de très jeunes filles, souvent très dénudées et nimbées de flous artistique, il serait suicidé dans son appartement parisien. Agé de 83 ans, l’artiste britannique a toujours nié les agressions dont ces ex-modèles l’accusaient. Agressions pour lesquelles il ne pouvait d’ailleurs plus être poursuivi, en raison de la prescription. Il y a quelques jours, il avait même fait part de son intention de porter plainte pour diffamation. Dès l’annonce de sa mort, Flavie Flament s’est dite « dévastée », tandis que son éditrice faisait part de son sentiment d’immense « révolte » car, je cite, « David Hamilton n’aura pas laissé le temps à la justice de faire son œuvre. »

LE PARISIEN revient par ailleurs sur un autre suicide. C’était le 17 décembre 2015. Ce jour-là, Jean-Louis Mégnien, cardiologue de 54 ans, père de cinq enfants, se défenestre depuis son bureau parisien, du 7ème étage de l’hôpital Georges Pompidou. Très vite, ses collègues et sa famille accusent : il aurait été harcelé par sa hiérarchie, et certains de ses pairs. Après l’enquête préliminaire, une information judiciaire a été ouverte pour « harcèlement moral », mais il n’y a eu, pour l’heure, aucune mise en examen. Cependant, il y a eu comme une prise de conscience d’un problème touchant bien plus de personnes qu’on ne le croit. Une association a même été créée, l’association Jean-Louis Mégnien, qui a décidé de recenser tous les cas de harcèlement au sein de l’hôpital public.

« Hôpital public : la carte du malaise des médecins » : c’est le titre à la Une du journal… Plus de 200 médecins et professeurs ont signalé être victime de harcèlement moral de la part de leur direction. Vexations quotidiennes, mise à l’écart, mise au placard, propos blessants… Et, juste après Paris, c’est le CHU d’Amiens qui détient le record de signalements : 18 signalements de personnels en grande souffrance. Témoignage d’un médecin : « Dans cet établissement, il suffit que vous ne soyez pas d’accord sur un point pour être dans le collimateur. D’abord, on vous ignore, puis on vous retire tout, jusqu’à votre téléphone et votre ordinateur portable. » Description que confirme un autre praticien : « A mon retour d’un arrêt de travail, raconte-t-il, j’ai été progressivement écarté. Les réunions et les formations se faisaient sans moi. On m’a effacé de l’organigramme. Je suis un filtre transparent. » D’autres confient qu’ils ne tiennent que grâce au Prozac. Mais apprenant ces témoignages, la directrice de l’hôpital a confié qu’elle tombait des nues. N’empêche, estime l’éditorial du quotidien : « Dans une activité médicale où soigner est la raison d’être, aucune supériorité intellectuelle, réelle ou supposée, n’autorise des directeurs d’hôpitaux à se comporter comme des mandarins insensibles et méprisants. »

L’autre sujet qui fait la Une, c’est évident la primaire de la droite et du centre. Le second tour à lieu demain… Deux candidats en lice : Alain Juppé, François Fillon… « Fillon va-t-il confirmer ? » s’interroge LA NOUVELLE REPUBLIQUE DES PYRENEES… « Les jeux ne sont pas faits » souligne LA PROVENCE, tandis que PARIS NORMANDIE dresse la liste des principaux points de divergence entre les deux candidats.

« La droite à l’heure du choix », titre LE FIGARO, rappelant qu’après être arrivé très largement en tête du premier tour dimanche dernier, François Fillon fait figure de grand favori. Et ce sont précisément ses électeurs que LIBERATION est allé rencontrer : de Limoges à Montpellier, en passant par Lyon, un voyage « au cœur de la droite », et au cœur d’une France de plus en plus en libérale et conservatrice. Voyage au cœur d’une France convaincue que le pays a besoin d’un traitement de choc pour « se redresser »… La preuve – et comme le relève à sa Une LE MAINE LIBRE : « les livres de Fillon s’arrachent en librairie »… Des livres qui s’arrachent : le terme est sans doute un peu exagéré… Les journaux évoquent, du reste, les derniers meetings des deux hommes hier soir… « La dernière bataille », résume LE PARISIEN… « Fillon assume sa droite dure », mais « Juppé garde la pêche quand même ! » Sachant que d’ores et déjà « la droite prépare son rassemblement », ainsi que l’explique LE MONDE. Et moi, je peux d’ores et déjà vous dire que dès que l’on aura le résultat demain soir, les agences de presse publieront des ‘urgents’…

Et c’est aussi par des ‘urgents’ que sera sans doute annoncée la candidature de François Hollande à sa réélection… Voilà maintenant des semaines que les journaux écrivent qu’elle est imminente… Ce qui donne ce titre amusant à la Une de SLATE.FR… « Exclusif : François Hollande sera candidat le 1er décembre… Ou le 2, le 4, le 5, le 6 et le 10 décembre. » Et si jamais, ce jour-là, il se permet de lancer « Hasta la victoria, siempre ! » Jusqu’à la victoire, toujours… Là encore, je fais le pari que ça fera rapidement des dépêches !

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