Bonjour à tous… « Tout est affaire de décor Changer de lit, changer de corps A quoi bon puisque c’est encore Moi qui moi-même me trahis Moi qui me traîne et m’éparpille Et mon ombre se déshabille Dans les bras semblables des filles Où j’ai cru trouver un pays » "Est-ce ainsi que les hommes vivent", demandait Aragon dans un poème autocritique pour « temps déraisonnable », quand on met les morts à table et qu’on prend les loups pour des chiens ! Un temps comme aujourd’hui où « tout change de pôle et d’épaule » dans une pièce pas vraiment drôle, où l’on tient mal son rôle, quand on n’y comprend rien. Au-delà de la rumeur qui passe et s’endort comme le bruit, Dominique Strauss-Kahn a-t-il compris les Etats-Unis ? Il semble que oui, et la presse ce dimanche titre en rubrique « dernière heure », sur le directeur général du Fonds Monétaire International blanchi cette nuit. « Le Conseil d’administration du FMI », précise Dominique de Montvalon dans le PARISIEN, « a rendu public à minuit, heure française, un communiqué aux conclusions favorables à DSK ». La phrase-clé du verdict rendu après enquête, conclut en effet qu’il n’y a eu aucun harcèlement, aucun favoritisme, ni quelque abus d’autorité que ce soir de la part du Directeur général du FMI vis-à-vis de la fonctionnaire avec laquelle il a eu une aventure passagère. « DSK » commente Montvalon, « est dont conforté puisque le FMI précise qu’il veut continuer à travailler avec lui. Mais il est en même temps averti qu’une récidive ne serait pas admise ». Et mon confrère du PARISIEN de rappeler que tout a démarré il y a une semaine, quand le Wall Street journal révélait en première page que le patron du FMI faisait l’objet d’une enquête liée à ses relations intimes avec Madame Nagy, ancienne cadre d’origine hongroise du département Afrique du Fonds Monétaire. Tonalité identique au JOURNAL DU DIMANCHE et dans les quotidiens régionaux qui ont repris la dépêche Reuters de Washington. Avec deux précisions. Primo, l’enquête en question n’a pas démontré que DSK avait usé de son influence, pour faire bénéficier son ex-collaboratrice d’un traitement de faveur. Secundo. Si la décision a été rendue à l’unanimité des 24 membres du Conseil d’administration, celui-ci juge l’incident regrettable et dénonce une grave erreur de jugement de la part du directeur général. Et le communiqué de conclure « sur la crise financière qui perdure et la nécessité pour le Directeur général du FMI d’une conduite personnelle irréprochable en toutes circonstances. C’est en effet une donnée importante pour l’institution chargée d’écarter au plus tôt le spectre d’une récession durable et profonde de l’économie de la planète ». (Fin de citation). Est-ce ainsi que les hommes vivent. En France et aux Etats-Unis ? Le magazine PHILOSOPHIE de novembre propose justement à ses lecteurs un numéro spécial sur l’Amérique, avec cette question d’actualité brûlante : « Pourquoi les Américains ne pensent-ils pas comme nous ! Ni sur la politique, ni sur la morale, ni sur la justice, ni même sur les rapports entre le corps et l’esprit. Ils ont le même héritage culturel que le nôtre et pourtant un fossé sépare les Américains des Européens ». Selon PHILOSOPHIE, le puritanisme américain, leur comportementalisme, leur conservatisme et leur pragmatisme n’ont aucun équivalent chez nous. Deux visions du monde et peut-être avec l’élection envisagée d’Obama, la fin d’un cycle et la question de nos divergences reprise à la racine. Le dossier établi par PHILOSOPHIE dans son numéro de novembre, vaut le détour. Jugez-en par ce seul mot de Martin Legros, qui explique que le premier produit d’exportation des Américains, depuis la fondation de leur Nation, n’est autre que la vertu ? Pour vous mettre en appétit de lecture, je veux vous donner les têtes de chapitre qui ont raccourci ma nuit, étirée par le changement d’heure. Obama, Mac Cain. Lequel a l’étoffe d’un chef ? Hillary Clinton et Sarah Palin là-bas. Ségolène et Carla ici… Où chercher et où trouver la femme politique d’aujourd’hui ? Morale : « Pourquoi les Américains sont-ils les champions du politiquement correct ? Pourquoi aux Etats-Unis, Dieu n’est-il pas mort ? Pourquoi les Américains sont-ils puritains et cherchent la vérité face au scepticisme généralisé des Européens ? Pourquoi crient-ils au possible, à tous les possibles de l’action, alors que nous n’y croyons pas ? Pourquoi en psychologie, prennent-ils les hommes pour des souris de laboratoire ? Et enfin, pourquoi leurs juges élus sont-ils des héros de film et les procès des temps forts de la vie démocratique ? » Bonne lecture aussi, à cet égard, dans le JOURNAL DU DIMANCHE, l’interview de la Garde des Sceaux, Rachida Dati. Elle aussi se défend, face aux rumeurs qui passent et face aux méchants qui la jugent affaiblie par son bilan et le vaste mouvement de protestation des syndicats de magistrats. « Je ne suis pas affaiblie », proteste Rachida Dati, qui impute ses difficultés à l’ampleur des réformes entreprises, depuis son arrivée place Vendôme : carte judiciaire, meilleure prise en compte des victimes, réduction des délais de jugement. Et la Garde des Sceaux d’assurer qu’elle n’est pas d’accord avec l’affirmation selon laquelle les juges ne l’aiment pas. Avant de rappeler que la liste est longue des difficultés de ses prédécesseurs ministres, place Vendôme, qui voulurent eux aussi réformer. Il faut que ce qui est juste soit fort, disait Pascal et tout est affaire de décor bien sûr. Badinter, Guigou, Arpaillange, on s’en souvient, ont souffert. Les femmes, d’une façon générale, souffrent au pouvoir, et peut-être seulement d’être femme. On demandera à Tzipi Livni, victime des ultra-religieux du Shass à Jérusalem, si ce n’est pas, parce qu’elle est femme, que ceux-là refusent d’entrer dans la coalition qui lui aurait permis de constituer un gouvernement. Une femme cependant, dit son plaisir, son bonheur d’être ministre aujourd’hui, malgré la rigueur des temps. Rama Yade, secrétaire d’Etat aux droits de l’homme, qui publie au Seuil : « Les droits de l’homme expliqués aux enfants ». Rama Yade, qui dit ce matin au PARISIEN son attente d’Obama et sa passion pour Jean Ferrat, lequel a chanté la France comme personne. Dans le magazine MARIE CLAIRE, Elisabeth Alexandre s’intéresse aux seins des femmes. « Les seins des femmes ont ceci de particulier, dit-elle, « qu’ils se modèlent selon le désir des hommes, l’imaginaire d’une époque et les croquis des couturiers ». Elle cite Valérie Solvit, directrice d’une agence de communication, qui a trouvé ces mots sublimes à la gloire des seins dans « Belle du Seigneur » d’Albert Cohen : « O seins de terrible présence, hautes abondances, bouleversants étrangers devant moi intouchés, présents et défendus, cruellement montrés, trop montrés et point assez montrés, angéliques bombes, doux reposoirs dressés en leur étrange pouvoir, désirable récolte, tourmentantes merveilles et jeune fierté »

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